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Femmes Inspirantes 02 nov. 2026 13 min de lecture

Amina Maelainine : de la vice-présidence à la questure de la Chambre

Née en 1980 à Ait Erkha, Amina Maelainine est députée PJD d'Aïn Chock et ancienne septième vice-présidente de la Chambre des représentants. Élue questeur le 14 octobre 2026, elle signe un retour au sommet après cinq ans d'absence.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Amina Maelainine : de la vice-présidence à la questure de la Chambre
📅 Dernière mise à jour : 2 novembre 2026
🏷️ #Politique

Amina Maelainine est une femme politique marocaine née en 1980 à Ait Erkha, dans la région de Tiznit. Membre du Parti de la justice et du développement (PJD), elle siège à la Chambre des représentants depuis le 14 octobre 2016, d'abord comme députée de la circonscription de Hay Hassani, à Casablanca, puis comme députée d'Aïn Chock depuis le scrutin du 23 septembre 2026. Le 14 octobre 2026, la Chambre des représentants l'a élue questeur : elle est l'une des deux membres du bureau chargées de la gestion financière et administrative de l'institution.

Derrière ce titre se raconte une décennie de mandat faite de rebondissements. Septième vice-présidente de la Chambre à partir de 2016, elle perd cette fonction en avril 2019, au lendemain d'une polémique sur des photos prises à Paris. Non reconduite sur les listes de son parti en 2021, elle revient cinq ans plus tard : candidate du PJD dans une des circonscriptions disputées de Casablanca, élue, membre du secrétariat général du PJD, puis questeur de la Chambre. Sa trajectoire éclaire les rapports de force, les silences et les retours de la vie politique marocaine.

Origines et formation

Amina Maelainine naît en 1980 à Ait Erkha, dans la région de Tiznit, selon l'article que Wikipédia lui consacre, qui indique sa nationalité marocaine et son activité de personnalité politique. Deux portraits éditoriaux publiés en 2026 confirment l'ancrage du sud : Maroc Hebdo la dit « née en 1980 du côté de Tiznit », Actu-Maroc la présente comme originaire de la région de Tiznit. Sa fiche Wikidata lui attribue le berbère et l'arabe comme langues parlées et écrites, et le PJD comme formation politique.

Sur le plan de la formation, Actu-Maroc indique qu'elle obtient une licence en sociologie à l'université Cadi Ayyad de Marrakech, avant de poursuivre sa formation à l'École normale supérieure de Fès et d'enseigner la philosophie. Morocco World News, qui la décrit en 2019 comme une diplômée en philosophie et enseignante, retient le même trait : une femme de texte, formée aux classiques, entrée en politique après l'enseignement.

Le parti dans lequel elle s'inscrit est le Parti de la justice et du développement, formation marocaine d'idéologie islamiste fondée en 1967 sous le nom de Mouvement populaire démocratique et constitutionnel, devenue PJD en 1998 et dirigée par Abdelilah Benkirane depuis 2021, selon Wikipédia. C'est avec l'étiquette de ce parti, dont le symbole est la lampe, qu'Amina Maelainine fait son entrée à la Chambre. Lors des législatives de 2016, le PJD obtient le plus fort pourcentage de femmes élues parmi les partis marocains, avec 24 députées, selon une étude publiée dans la revue Religions.

Cette formation explique la place qu'elle a occupée dans les débats d'idées du parti : Morocco World News la présente, dès 2019, comme une défenseure assumée du discours islamiste du PJD et une critique tranchante des libéraux marocains. Elle a porté très tôt une lecture rigoureuse de l'apparence vestimentaire dans la pratique de la foi, avant de revenir ouvertement sur cette lecture.

Parcours professionnel

Le 7 octobre 2016, le Maroc renouvelle les 395 sièges de la Chambre des représentants, élus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal. Le scrutin, marqué par une participation de 42,29 %, voit le PJD arriver en tête avec 1 618 963 voix (27,88 %) et 125 sièges, devant le Parti authenticité et modernité (102 sièges) et le Parti de l'Istiqlal (46 sièges), selon Wikipédia. La liste officielle des 395 députés élus est publiée par la Chambre des représentants dix jours plus tard, le 17 octobre 2016, et reprise par Medias24.

Amina Maelainine figure parmi ces élues. Sa fiche de parlementaire la donne comme membre de la dixième législature, élue depuis le 14 octobre 2016 dans la circonscription de Hay Hassani, dans la région Casablanca-Settat, sur la liste du PJD. Elle rejoint le groupe parlementaire du parti et la Commission de justice, de législation et des droits de l'homme. Le site de la Chambre des représentants la montre également présidente du groupe de travail thématique chargé des affaires africaines pour la législature 2016-2021.

À ce mandat s'ajoute une fonction : Amina Maelainine est septième vice-présidente de la Chambre des représentants. La mention figure dans l'annuaire des parlementaires publié par l'institution en 2018 et cité par Wikipédia ; Morocco World News la confirme en la décrivant comme la septième vice-présidente du Parlement, députée du PJD pour la circonscription de Hay Hassani, dans la région Casablanca-Settat.

Le bureau de la Chambre, défini par l'article 54 de son règlement intérieur, comprend le président, huit vice-présidents, deux questeurs et trois secrétaires, élus à la proportionnelle des groupes parlementaires ; une place de questeur ou de secrétaire est réservée en priorité à un candidat de l'opposition. Les deux questeurs supervisent, aux termes de l'article 93, la gestion financière et administrative de la Chambre et préparent un rapport sur l'exécution du budget de l'institution.

Le premier mandat s'achève en 2021. Le PJD, qui perd le pouvoir et s'effondre aux urnes, retire sa candidature : Bladi.net, s'appuyant sur le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, rapporte que l'accreditation d'Amina Maelainine a été refusée et que Reda Hakim Bennani la remplace à Hay Hassani. Le parti passe ainsi de 125 sièges en 2016 à 13 sièges en 2021, avant de remonter à 54 en 2026.

Pendant cinq ans, elle reste hors hémicycle. En février 2023, le Middle East Monitor la présente comme une ancienne députée du PJD qui se dit en peine sur l'état du Parlement, où elle affirme avoir passé dix ans à défendre son indépendance, son objectivité et son rôle de contrôle. En avril 2025, le congrès du PJD la reconduit au secrétariat général, selon Maroc Hebdo, qui la compte parmi les cinq cadres de longue date du premier cercle d'Abdelilah Benkirane.

Investie dans la circonscription casablancaise d'Aïn Chock pour les législatives du 23 septembre 2026, une circonscription où le scrutin avait été partiellement annulé en 2021, elle mène une bataille serrée contre le PAM et le RNI. À 65 % du dépouillement, Medias24 la place en tête avec 6 364 voix, devant le PAM (5 542 voix). Le 29 septembre, Le Matin confirme son élection : elle fait partie des 17 femmes élues dans une circonscription locale et constitue, dans cette catégorie, la seule élue du PJD.

Le scrutin enfle le PJD de 13 à 54 sièges, la plus forte progression de la journée, avant que le parti ne choisisse de rester dans l'opposition. Le programme électoral, présenté le 7 septembre 2026, lui a été confié par Abdelilah Benkirane : elle en a ouvert la présentation en insistant sur une méthode participative, adossée à l'expérience de gestion du parti plutôt qu'à des promesses chiffrées, relate Maroc Hebdo.

Réalisations et impact

En janvier 2019, des photos la montrant à Paris, devant le Moulin Rouge, en jean et sans voile, circulent sur les réseaux sociaux. Elle nie d'abord leur authenticité, les qualifiant de montage fabriqué, avant de reconnaître qu'elles sont réelles, comme l'indiquent Morocco World News et Le 360. L'affaire divise le PJD pendant plusieurs semaines : le secrétaire général du parti et chef du gouvernement, Saad Dine El Othmani, estime qu'elle n'avait pas le droit d'enlever son voile à Paris, tandis qu'Abdelilah Benkirane prend sa défense en affirmant que ce choix ne regarde qu'elle.

Le 14 avril 2019, le parti tranche : la majorité se prononce en faveur de la déchéance de son poste de septième vice-présidente de la Chambre, annonce le numéro deux du secrétariat général du PJD sur le site du parti. Meriem Boujemaa la remplace. Morocco World News précise qu'elle conserve son siège de députée du PJD pour Hay Hassani.

Elle réagit sans détour. Dans une interview à France 24 Arabic, sa première prise de parole télévisée depuis le début de l'affaire, elle déclare qu'il y a de la lâcheté au PJD et que le PJD n'est pas un parti d'anges. En mars 2019, dans un entretien au hebdomadaire Al Ayyam rapporté par Morocco World News, elle avait déjà estimé que le voile n'est pas un pilier de l'islam et que la liberté de conscience doit être garantie à chacun ; elle y rappelle sa formation de diplômée en philosophie et d'enseignante, et refuse que sa personne soit réduite à ses choix vestimentaires.

En septembre 2019, elle apporte son soutien à la journaliste Hajar Raissouni, poursuivie pour avortement, et appelle, dans une publication sur Facebook, à un débat public sérieux sur l'avortement et sur les dispositions du code pénal susceptibles d'être utilisées pour porter atteinte à la vie privée, selon Morocco World News. Elle y décrit trois familles de positions dans le débat national — modernistes, conservateurs et hésitants — et se range elle-même du côté de ceux qui veulent rouvrir les questions.

Le cas a fait l'objet d'une analyse académique : la revue Religions consacre un article aux mouvements islamistes et aux femmes, qui rappelle que la polémique de 2019 autour d'Amina Maelainine a provoqué un émoi national, qu'Abdelilah Benkirane est intervenu en sa faveur en présentant le voile comme une affaire personnelle, tandis que le chef du gouvernement de l'époque critiquait son comportement comme inacceptable.

Retour à la Chambre : le 9 octobre 2026, à la suite du discours d'ouverture de la session parlementaire, elle déclare que le texte identifie des sujets demandant des actions de la majorité comme de l'opposition, en pointant la décentralisation administrative comme une réforme inachevée, la régionalisation avancée, les provinces du Sud et les réserves stratégiques du Royaume, selon Hespress. Cinq jours plus tard, la Chambre élit son bureau : la liste unique soumise par les groupes recueille 293 voix sur 295 suffrages exprimés, et Amina Maelainine est élue questeur aux côtés d'Houda El Maghari.

La fonction n'est pas honorifique : les questeurs supervisent la gestion financière et administrative de la Chambre et rendent compte de l'exécution de son budget. Pour le PJD, entré dans l'opposition avec 54 sièges dont le groupe est dirigé par Idriss El Azami El Idrissi, la questure est aussi l'un des rôles que le règlement intérieur réserve en priorité à l'opposition. La nouvelle Chambre compte par ailleurs 107 députées sur 395, contre 96 en 2021, et 17 femmes élues dans les circonscriptions locales, contre six cinq ans plus tôt, selon Le Matin.

Ce qu'on retient

Premier enseignement du parcours d'Amina Maelainine : au Maroc, la carrière parlementaire se mesure autant en retours qu'en mandats. Élue en 2016, privée de sa candidature en 2021, absente de l'hémicycle pendant cinq ans, elle revient en 2026 dans une autre circonscription et se retrouve au bureau de la Chambre. L'élection n'est pas une trajectoire linéaire : c'est une suite de confiance, de sanction et de reconquête.

Deuxième leçon : un parti se relève aussi par ses cadres. Le PJD passe de 13 à 54 sièges entre 2021 et 2026, et Maroc Hebdo identifie Amina Maelainine comme l'une des cinq chevilles du retour : elle porte le programme, remporte un siège urbain et accompagne la décision de siéger dans l'opposition. La remontée d'un parti ne se joue pas uniquement dans les meetings, mais dans la préparation du texte et dans le choix des terrains.

Troisième leçon : la représentation féminine progresse par à-coups. Avec 107 députées, dont 90 issues des circonscriptions régionales réservées aux femmes, la Chambre de 2026 gagne onze sièges féminins par rapport à 2021, et les 17 élues locales confirment l'ouverture des circonscriptions ouvertes. Amina Maelainine appartient à cette dernière catégorie : une femme élue dans une circonscription fermée, affrontée, disputée.

Enfin, son histoire montre la place singulière des femmes au cœur des débats de société. Interrogée sur le voile, sur l'avortement ou sur l'état du Parlement, elle a nourri le débat public sans quitter le terrain institutionnel, et son cas continue d'être étudié par les chercheurs. C'est une trajectoire de débat autant que de mandat.

Questions fréquentes

Quel est le rôle d'Amina Maelainine à la Chambre des représentants ?

Elle est questeur de la Chambre des représentants depuis le 14 octobre 2026, élue sur la liste unique des groupes avec 293 voix sur 295 suffrages exprimés. Avec Houda El Maghari (PAM), elle supervise la gestion financière et administrative de l'institution et prépare le rapport sur l'exécution du budget, conformément à l'article 93 du règlement intérieur.

Dans quelle circonscription a-t-elle été élue en 2026 ?

Elle a été élue dans la circonscription d'Aïn Chock, à Casablanca, où le PJD l'a investie pour le scrutin du 23 septembre 2026 ; à 65 % du dépouillement, Medias24 la plaçait en tête avec 6 364 voix. Elle avait été élue en 2016 dans la circonscription de Hay Hassani, où le PJD l'a remplacée en 2021.

Pourquoi a-t-elle fait l'objet d'une polémique en 2019 ?

Des photos prises à Paris la montrant sans voile ont circulé en janvier 2019 ; elle les a d'abord niées avant de reconnaître qu'elles étaient réelles. Le PJD a retiré son poste de septième vice-présidente de la Chambre en avril 2019. Elle a ensuite défendu, selon Morocco World News, la liberté de conscience et un débat public sur le voile, avant d'appeler, en septembre 2019, à discuter de l'avortement et du code pénal.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Aawatif Hayar et Asma Lamrabet.

Sources : Wikipédia — Amina Maelainine · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikipédia — Chambre des représentants (Maroc) · Wikipédia — Parti de la justice et du développement (Maroc) · Wikidata — Amina Maelainine · Chambre des représentants — Bureau de la Chambre, douzième législature · Chambre des représentants — Groupe de travail thématique sur les affaires africaines · Medias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Medias24 — À Aïn Chock, Amina Maelainine (PJD) en tête à 65 % du dépouillement · Le Matin — Élections 2026 : 107 femmes décrochent un siège · Maroc Hebdo — Percée électorale du PJD : les lieutenants d'Abdelilah Benkirane · Actu-Maroc — Législatives 2026 : qui sont les 26 élus de Casablanca ? · Bladi.net — PJD shakes up election lineup (3 août 2021) · Bladi.net — PJD women protest exclusions from 2021 election lists · Hespress — Morocco's opposition says royal speech will become test for incoming government (9 octobre 2026) · Hespress — Morocco's House of Representatives completes leadership structure (14 octobre 2026) · Morocco World News — Morocco's House of Representatives elects new bureau (14 octobre 2026) · Middle East Monitor — Ex-Morocco MP: I feel sorrow for state of parliament (13 février 2023) · Morocco World News — Maelainine affair: Morocco's PJD on defensive amid 'hypocrisy' accusations (janvier 2019) · Morocco World News — Amina Maelainine: wearing the hijab is not a religious requirement (mars 2019) · Morocco World News — Morocco's ruling PJD party punishes scarf-scandal MP Amina Maelainine (avril 2019) · Morocco World News — Scarf-scandal MP Amina Maelainine: 'There is cowardice at Morocco's PJD' (avril 2019) · Morocco World News — Controversial PJD MP Amina Maelainine voices solidarity with Hajar Raissouni (septembre 2019) · Religions (MDPI) — What Role for the Sisters? Islamist Movements between Authenticity and Equality

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