Asma Ennassifi : députée PJD, des routes rurales aux énergies
Élue en 2016 sur la liste nationale des femmes, Asma Ennassifi a siégé cinq ans à la Chambre des représentants, au sein de la commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement.
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Rédaction La Marocaine
📑 Sommaire
Asma Ennassifi est une femme politique marocaine, membre du Parti de la justice et du développement (PJD), élue députée sur la liste nationale des femmes lors des élections législatives du 7 octobre 2016. Membre du groupe parlementaire du PJD, elle a siégé à la Chambre des représentants pendant la législature 2016-2021, où elle a rejoint la commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement — le dossier qui, au Parlement marocain, rassemble les réseaux, l'eau, l'électricité, les hydrocarbures et le secteur minier. Une trajectoire qui dit beaucoup de la manière dont le Maroc a fait entrer des femmes à l'hémicycle : par la liste nationale réservée aux femmes, mécanisme créé en 2002 et porté de 30 à 60 sièges pour le scrutin de 2016.
Asma Ennassifi ne figure pas au nombre des figures médiatiques de la vie politique marocaine : ni son année de naissance, ni son parcours d'études, ni son métier antérieur à la députation ne sont documentés par les sources consultées. Ce que l'on sait d'elle est l'affaire des archives publiques — la fiche parlementaire de la Chambre des représentants, la liste officielle des députés élus, les publications du parti qui l'a investie. C'est précisément ce qui rend son portrait intéressant : il raconte, à travers une députée de la liste nationale, le fonctionnement d'un système de représentation qui a multiplié par quarante le nombre de femmes élues au Parlement marocain en vingt-trois ans.
Origines et formation
Les sources disponibles sur Asma Ennassifi commencent là où commence son mandat. La fiche publiée par la Chambre des représentants du Maroc pour la législature 2016-2021 indique son nom en arabe — اسماء الناصفي — son parti, le Parti de la justice et du développement, son groupe parlementaire, et sa circonscription : la circonscription nationale, première partie, réservée aux femmes. Wikipédia confirme l'essentiel : Asma Ennassifi est une femme politique marocaine élue sur la liste nationale lors des élections législatives de 2016, membre de la commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement. Ni date de naissance, ni diplôme, ni ville de résidence n'y figurent, et aucune des sources consultées ne les renseigne.
Ce vide n'est pas un accident : il tient à la nature même de son élection. En 2016, la Chambre des représentants compte 395 députés élus au scrutin proportionnel plurinominal, avec des listes fermées, sans panachage ni vote préférentiel. 305 de ces sièges sont pourvus dans 92 circonscriptions de deux à six sièges ; les 90 sièges restants le sont dans une unique circonscription nationale, dont 60 sont réservés aux femmes et 30 aux candidats de moins de quarante ans. C'est par ce canal — la liste nationale des femmes — qu'Asma Ennassifi accède au Parlement, au même titre que soixante autres députées cette année-là.
Le parti qui l'a investie a lui-même une longue histoire. Le PJD est né en 1967 sous le nom de Mouvement constitutionnel et démocratique avant de prendre, en 1998, sa dénomination actuelle de Parti de la justice et du développement, dont Abdelilah Benkirane a pris la tête en 2008. Formé par la fusion du Mouvement populaire démocratique et constitutionnel et du Mouvement pour l'unité et la réforme, il est devenu, au fil des scrutins de 2002, 2007 et 2011, l'une des formations majeures du paysage politique marocain, avant de remporter les élections de 2016.
Parcours professionnel
La campagne de 2016 est le premier jalon documenté du parcours d'Asma Ennassifi. Le 13 août 2016, la secrétariat général du PJD annonce la finalisation des listes locales du parti, ainsi que de sa liste nationale des jeunes et de sa liste nationale des femmes, à quelques semaines du scrutin du 7 octobre. Le 7 octobre 2016, les Marocains élisent les 395 députés de la Chambre des représentants ; Médias24 publie la liste officielle des 395 députés élus, dans laquelle figure Asma Ennassifi. Son mandat démarre officiellement le 14 octobre 2016.
Ce scrutin place le PJD en tête : le parti remporte 125 sièges sur 395 et forme le gouvernement, avec pour allié le Parti authenticité et modernité — les deux formations totalisent ensemble 227 sièges, soit 57 % de la Chambre. La participation, elle, s'établit à 43 %, un niveau que le scrutin suivant cherchera à dépasser. Dans ce Parlement, Asma Ennassifi siège au groupe parlementaire du PJD et rejoint la commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement, l'une des commissions thématiques les plus chargées de la chambre basse : y transitent les dossiers des transports, de l'eau, de l'électricité, des mines et de la gestion environnementale, autant de secteurs où l'État marocain porte des investissements lourds.
Sa présence à l'hémicycle s'accompagne d'une activité publique que le site du parti conserve. Le 1er août 2017, le PJD publie sur sa chaîne PJD TV une vidéo intitulée « Asma Ennassifi et les routes rurales », consacrée à l'un des chantiers les plus sensibles des territoires marocains : l'accès des villages aux réseaux routiers. Le thème n'est pas anodin pour une députée siégeant à la commission des infrastructures. Par ailleurs, le groupe parlementaire du PJD se distingue, sur la même période, par son volume d'interpellations : un rapport d'activité cité par le site du parti fait état de 1 726 questions adressées au gouvernement par ses membres, plus que dans aucune autre formation parlementaire.
La législature 2016-2021 s'achève avec le scrutin du 8 septembre 2021. Les sources consultées ne documentent pas de mandat ultérieur pour Asma Ennassifi : sa fiche parlementaire n'existe que pour la période 2016-2021, et aucune liste de candidats de 2021 ou de 2026 ne la mentionne. Son parcours à l'écran de la vie publique marocaine s'arrête donc, en l'état des archives disponibles, à cinq ans de députation.
Réalisations et impact
La première réalisation d'Asma Ennassifi est, au sens propre, d'avoir siégé : sa présence à la Chambre des représentants est l'une des 81 députées élues en 2016, un chiffre qui clôt une longue ascension. En 1993, le Parlement marocain ne comptait que deux femmes. Elles étaient 35 en 2002, année de l'adoption du système de quota, 67 en 2011, puis 81 en 2016 — soit une multiplication par quarante en vingt-trois ans, selon l'étude que le forum Jossour des femmes marocaines a consacrée en 2017 à l'évaluation des mécanismes de renforcement de la représentation politique des femmes. Maroc Diplomatique rappelle que ce dispositif repose sur une loi réglementaire n° 11-27 relative à la Chambre des représentants, qui a porté de 30 sièges en 2011 à 60 sièges en 2016 la part du scrutin réservée aux femmes.
Le détail compte : sur les 81 femmes élues en 2016, 71 le sont via les listes réservées et 10 seulement par les circonscriptions ordinaires ; en 2021, elles seront 96 au total, dont seulement six issues des circonscriptions locales. C'est cette dépendance au quota qu'a voulu corriger la réforme organique n° 04.21, qui a transformé la liste nationale en listes régionales et porté à 90 le nombre de sièges réservés aux femmes. Asma Ennassifi appartient donc à la génération de la liste nationale, le dispositif d'origine, avant sa disparition au profit des listes régionales.
La commission à laquelle elle a été rattachée n'est pas un décor : infrastructures, énergie, mines et environnement sont les secteurs où se joue la transformation économique du pays — réseaux ruraux, desserte en eau et en électricité, hydrocarbures, industries extractives et transition environnementale. Le choix d'y siéger, et l'intervention du PJD sur les routes rurales portant son nom, inscrivent son mandat dans une préoccupation concrète : l'accès des territoires aux services publics de base.
À l'échelle du paysage politique, son mandat s'inscrit dans un cycle contrasté. Le PJD, qui dirigeait le gouvernement depuis une décennie, subit en 2021 une défaite retentissante : de 125 sièges en 2016, il passe à 13, perdant 113 sièges. Le scrutin de 2021 se tient dans un contexte de participation en hausse — 50,18 % contre 43 % en 2016 — et sous un nouveau mode de répartition des sièges. Le Parlement marocain est à nouveau renouvelé le 23 septembre 2026, un scrutin que Le360 a suivi au jour le jour, avec au premier rang le sortant qui l'emporte. La Chambre des représentants que la députée de 2016 a connue a ainsi changé trois fois de visage en dix ans.
Au-delà des chiffres, l'héritage de ce mandat est documentaire : la fiche parlementaire publique d'Asma Ennassifi — parti, groupe, commission, circonscription, législature — fait partie de ces archives qui permettent aux citoyens de vérifier qui siège, sous quelle bannière et dans quelle commission. Dans un pays où le débat sur la représentation des femmes est permanent, cette transparence de base a autant de valeur que les lois votées.
Ce qu'on retient
On retient d'Asma Ennassifi trois choses. D'abord, une méthode d'entrée en politique : la liste nationale des femmes, créée en 2002 pour corriger l'absence chronique des femmes à l'hémicycle, qui a permis à soixante d'entre elles d'être élues en 2016, elle comprise. Ensuite, un choix de terrain : la commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement, c'est-à-dire les dossiers où l'État investit sur le long terme, et une intervention publique sur les routes rurales, publiée par son parti en 2017. Enfin, une leçon de méthode : une députation sans biographie bruyante vaut ce que valent ses archives — une fiche parlementaire exacte, une commission clairement identifiée, un mandat daté de 2016 à 2021.
Son parcours rappelle aussi que la représentation politique des femmes au Maroc est un chantier en cours : de 2 députées en 1993 à 81 en 2016, puis 96 en 2021, le chemin est réel, mais la part des femmes élues hors quota reste faible — 10 en 2016, 6 en 2021. Les portraits de celles et ceux qui siégent servent à suivre ce chantier, ligne de budget et liste de députés à l'appui.
Questions fréquentes
Quel parti et quelle circonscription pour Asma Ennassifi ?
Asma Ennassifi est membre du Parti de la justice et du développement (PJD) et siège dans son groupe parlementaire. Elle a été élue sur la circonscription nationale, première partie, réservée aux femmes, lors des élections législatives du 7 octobre 2016, pour la législature 2016-2021, selon sa fiche publiée par la Chambre des représentants et la liste officielle des 395 députés élus.
De quelle commission était-elle membre ?
Elle est membre de la commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement de la Chambre des représentants, comme l'indiquent à la fois Wikipédia et l'annuaire des parlementaires de la chambre basse. Ce dossier couvre les grands réseaux et services publics — transport, eau, électricité, hydrocarbures, industries extractives — ainsi que les questions environnementales qui s'y rattachent.
Quel est le rôle du quota des femmes dans son élection ?
Le Maroc réserve depuis 2002 une part des sièges de la Chambre des représentants aux femmes. En 2016, 60 des 90 sièges de la circonscription nationale étaient ainsi réservés, contre 30 en 2011 : ce dispositif explique que 81 femmes aient siégé cette année-là, dont 71 élues via les listes réservées. C'est par cette voie qu'Asma Ennassifi est entrée au Parlement, avant la réforme de 2021 qui a transformé la liste nationale en listes régionales.
Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Amina Faouzi Zizi et Amina Maelainine.
Sources : Wikipédia — Asma Ennassifi · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikipedia — Justice and Development Party (Morocco) · Chambre des représentants — fiche parlementaire d'Asma Ennassifi (2016-2021) · Médias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Hespress — Les listes locales, jeunesse et femmes du PJD (13 août 2016) · PJD — « Asma Ennassifi et les routes rurales », PJD TV, 1er août 2017 · PJD — Les députés du PJD, les plus nombreux à déposer des questions · Maroc Diplomatique — Le quota des femmes a connu une montée remarquable · Arab Reform Institute — Women's experiences of representation and marginalization in Morocco · France 24 — Législatives au Maroc : l'avenir des islamistes au pouvoir en jeu (6 septembre 2021) · Al Jazeera Centre for Studies — Les élections législatives marocaines de 2021 et la fin de la polarité partisane · Le360 — Législatives 2026 : les figures qui quittent le Parlement (25 septembre 2026)
À propos de l'auteure
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