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Femmes Inspirantes 31 oct. 2026 7 min de lecture

Aawatif Hayar : de l'université au ministère, un parcours de pionnière

Aawatif Hayar est une femme politique et universitaire marocaine, docteure en traitement du signal, ancienne présidente de l'université Hassan II de Casablanca et ancienne ministre de la Solidarité, de l'Insertion sociale et de la Famille.

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Rédaction La Marocaine

Aawatif Hayar : de l'université au ministère, un parcours de pionnière
📅 Dernière mise à jour : 31 octobre 2026

Aawatif Hayar est une femme politique et universitaire marocaine, docteure en traitement du signal, ancienne présidente de l'université Hassan II de Casablanca et ancienne ministre de la Solidarité, de l'Insertion sociale et de la Famille (2021-2024). Première Marocaine à obtenir l'agrégation en génie électrique, membre senior de l'IEEE et lauréate parmi les dix meilleures femmes innovantes d'Afrique en 2015, elle incarne une trajectoire qui relie la recherche scientifique, l'université et le service public.

Son parcours — de l'Institut national polytechnique de Toulouse aux bureaux du gouvernement marocain, en passant par la présidence d'une des plus grandes universités du Royaume — raconte une idée simple et exigeante : la science prépare au pouvoir, et le pouvoir engage envers les citoyens. Aux femmes qui la interrogent sur le progrès, elle répond, en référence au leadership royal, que les femmes marocaines « ont accumulé énormément de progrès ».

Origines et formation

Aawatif Hayar est née à Afourar, au Maroc. Sa formation scientifique se construit loin des amphithéâtres marocains : elle obtient un doctorat en traitement du signal et télécommunications à l'Institut national polytechnique de Toulouse, en France — une spécialité pointue, à l'intersection des mathématiques, de l'électronique et des télécommunications, qui deviendra le socle de toute sa carrière académique.

En 1992, elle franchit un premier seuil historique : elle devient la première Marocaine à obtenir l'agrégation en génie électrique à l'École normale supérieure de Cachan. Un record qui, à l'époque, la place parmi les rares femmes à accéder au plus haut niveau de la carrière enseignante et recherche en ingénierie au Maroc. Ce titre d'agrégée — le concours le plus sélectif de l'enseignement supérieur français — lui ouvre les portes de l'université marocaine, où elle mènera désormais deux vies superposées : celle de la chercheuse en communications sans fil, et celle de la bâtisseuse d'institutions.

Scientifique publiée, elle signe notamment un chapitre sur les stratégies d'allocation de ressources dans les systèmes de radio cognitive (Intech, 2012), un chapitre sur les systèmes UMTS-TDD (Hermès, 2005), et des articles scientifiques sur la détection de spectre et l'apprentissage automatique au service des villes intelligentes — dont un publié en 2021 dans le Journal of Tianjin University Science and Technology. Une production qui témoigne d'une recherche tournée vers l'application : ce qui se pense dans les laboratoires doit servir les villes et les citoyens.

Parcours professionnel

De retour au Maroc, Aawatif Hayar fait carrière dans l'université. En 2019, elle écrit une page d'histoire : elle est nommée présidente de l'université Hassan II de Casablanca, devenue la deuxième femme de l'histoire marocaine à diriger une université du Royaume, après Rahma Bourqia, nommée à la tête de l'université de Mohammedia en 2002. À la tête d'un établissement majeur, elle y défend une vision de l'université comme moteur de développement économique et social, tournée vers l'innovation et les partenariats internationaux.

Parallèlement, elle tisse un réseau scientifique et technologique de haut niveau. Membre senior de l'IEEE, la plus grande organisation professionnelle mondiale de l'électronique et des télécommunications, elle préside le projet Casablanca IEEE Core Smart City et cofonde E-madina, le pôle dédié aux villes intelligentes. Elle coordonne le projet Solar Decathlon Africa E-co Dat et dirige des projets de recherche et développement dans les domaines des villes intelligentes avec de nombreux acteurs : la ville de Casablanca, l'IRESEN (Institut de recherche en énergie solaire et en énergies nouvelles), le CNRST, Lydec, la GIZ (agence allemande de coopération) et la Fondation Hans Böckler.

Ces activités lui valent une reconnaissance continentale : en 2015, l'African Innovation Foundation la sélectionne parmi les dix meilleures femmes innovantes d'Afrique. Un prix qui consacre une recherche sans frontière entre disciplines — ingénierie, intelligence artificielle, urbanisme — et qui préfigure sa trajectoire politique.

Réalisations et impact

En octobre 2021, Aawatif Hayar entre au gouvernement. Nommée ministre de la Solidarité, de l'Insertion sociale et de la Famille dans le gouvernement d'Aziz Akhannouch, elle succède à Jamila El Moussali et défend un chantier majeur : l'extension et la consolidation de la protection sociale. Son portefeuille touche les plus vulnérables — orphelins, veuves, personnes âgées, familles monoparentales — et elle porte une réforme d'ampleur du régime de protection sociale, cohérente avec l'agenda national d'extension de la couverture sociale initié par le Royaume.

Ses prises de parole publiques dessinent une ministre qui refuse l'assistana : la protection sociale doit s'accompagner d'insertion, de formation et d'autonomisation — notamment des femmes. Dans une interview accordée à L'Opinion, elle insistait sur le fait que, sous le leadership du Roi Mohammed VI, les femmes marocaines « ont accumulé énormément de progrès », un progrès qu'elle a contribué à consolider depuis le ministère comme depuis l'université.

Elle quitte le gouvernement en 2024, lui succédant Naima Ben Yahia. Mais son action publique reste associée à deux idées-forces : une protection sociale élargie, et une exigence scientifique importée dans la fabrique de la politique publique — mesurer, évaluer, innover. Dans ses interviews, elle a insisté sur la revalorisation des prestations sociales et sur la nécessité de protéger en priorité les orphelins et les veuves, une attention particulière aux cas les plus fragibles qui a marqué son passage au ministère.

Du laboratoire toulousain au ministère rabati, Aawatif Hayar a montré qu'une femme peut diriger la science et la politique sans jamais renoncer à l'une ou à l'autre. Sa trajectoire inspire aujourd'hui une génération de chercheuses marocaines qui découvrent, grâce à elle, que l'université peut mener au pouvoir — à condition d'y porter les mêmes exigences de rigueur et de preuve.

Ce qu'on retient

Le parcours d'Aawatif Hayar est celui d'une pionnière : première Marocaine agrégée en génie électrique, deuxième femme à diriger une université marocaine, parmi les dix meilleures femmes innovantes d'Afrique, ministre de la Solidarité. Chaque étape ajoute une première — et chaque première ouvre la porte à celles qui suivent.

Dans un Maroc qui investit massivement dans l'éducation supérieure, l'intelligence artificielle et la protection sociale, sa trajectoire rappelle que les trois chantiers peuvent tenir dans une même vie, à condition d'y apporter la même rigueur : celle d'une chercheuse qui a appris, à l'École normale supérieure comme à Toulouse, que les problèmes les plus concrets se résolvent avec les outils les plus abstraits.

Questions fréquentes

Qui est Aawatif Hayar ?

Aawatif Hayar est une femme politique et universitaire marocaine, docteure en traitement du signal, ancienne présidente de l'université Hassan II de Casablanca (2019) et ancienne ministre de la Solidarité, de l'Insertion sociale et de la Famille (2021-2024).

Quelle est sa formation ?

Docteure en traitement du signal et télécommunications de l'Institut national polytechnique de Toulouse, elle est aussi la première Marocaine à avoir obtenu l'agrégation en génie électrique de l'École normale supérieure de Cachan, en 1992.

Quels postes a-t-elle occupés ?

Présidente de l'université Hassan II de Casablanca à partir de 2019, elle est nommée ministre de la Solidarité, de l'Insertion sociale et de la Famille en octobre 2021 au sein du gouvernement d'Aziz Akhannouch, avant de quitter le gouvernement en 2024.

Pour aller plus loin, découvrez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Nadia Larguet, journaliste et productrice et Ranya Zoubairi, médiatrice culturelle.

Sources : Wikipédia — Aawatif Hayar · Interview dans L'Opinion · Interview dans Le360 · Photographie : Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0, crédit Klahyani)

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La rédaction de La Marocaine explore mode, beauté, art de vivre et portraits de femmes inspirantes au Maroc et ailleurs.

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