Retour
Femmes Inspirantes 02 nov. 2026 13 min de lecture

Amina Faouzi Zizi : députée PJD, entrée à l'Hémicycle sans voile

Élue députée en octobre 2016 sur la liste nationale des femmes du PJD, lauréate d'Al Akhawayn, Amina Faouzi Zizi siège à la commission de l'enseignement, de la culture et de la communication. De la SNRT aux ministères, son parcours raconte l'entrée des femmes marocaines au Parlement par la communication.

LR

La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Amina Faouzi Zizi : députée PJD, entrée à l'Hémicycle sans voile
📅 Dernière mise à jour : 2 novembre 2026
🏷️ #Politique

Amina Faouzi Zizi est une femme politique marocaine, députée élue sur la liste nationale des femmes lors des élections législatives du 7 octobre 2016 sous les couleurs du Parti de la justice et du développement (PJD). Membre du groupe parlementaire du parti, elle siège à la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants, un poste qui répond trait pour trait à son parcours de communicateuse. Diplômée de l'Université Al Akhawayn, elle a d'abord enchaîné les stages et les responsabilités de communication — SNRT, ministère des Affaires étrangères, EuroMed, Fondation Zakoura — avant de rejoindre l'appareil gouvernemental comme conseillère, puis l'Hémicycle comme législatrice. Son parcours dit beaucoup des trajectoires professionnelles féminines dans la politique marocaine des années 2010 : une formation internationale, un métier de la parole publique, puis l'entrée en politique par la liste nationale réservée aux femmes.

Le portrait qu'en a brossé la presse marocaine à l'automne 2016 insiste sur un détail qui a fait couler beaucoup d'encre : arrivée au Parlement sans voile dans un parti souvent résumé à son islamisme, Amina Faouzi Zizi a transformé un débat d'apparence en débat de fond sur la pluralité de la société marocaine et sur la place réelle des femmes au pouvoir. Huit ans plus tard, la question n'est plus celle de l'image, mais celle du travail parlementaire : interventions sous l'Hémicycle, examen des lois en commission, et une constance revendiquée sur les dossiers de la culture, de la communication et de l'enseignement.

Origines et formation

Le360 consacre à Amina Faouzi Zizi un portrait le 12 octobre 2016, cinq jours après la publication de la liste officielle des députés. Le récit s'ouvre sur l'enfance : née à Fès, élevée à Agadir, dans une famille que la députée décrit comme heureuse et soudée, avec un père commerçant, une mère femme au foyer et une petite sœur. Le journal note que la jeune femme décroche un baccalauréat scientifique avant d'intégrer l'Université Al Akhawayn, l'université anglophone d'Ifrane fondée en 1995 et devenue une marque de fabrique de l'élite marocaine.

La fiche de Wikipédia précise la chronologie : bachelier à l'Université Al Akhawayn entre 2006 et 2011. L'entretien accordé au Site info ajoute la couleur : elle est lauréate de l'Université Al Akhawayn, promotion 2011, en sciences politiques, et elle est trilingue. C'est cette double marque — une formation entièrement anglophone, un cursus en sciences politiques — qui explique en partie la fluidité avec laquelle elle enchaîne ensuite les stages dans des environnements très différents.

En 2008, elle rejoint la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT) pour un stage de trois mois, que Le360 résume en une formule : elle s'y découvre une passion pour le journalisme. Deux ans plus tard, c'est un autre stage, au ministère des Affaires étrangères et de la coopération, qui marque son parcours selon le même portrait. L'entretien du Site info confirme ces deux passages et y ajoute une précision complémentaire : elle a effectué des stages pratiques aussi bien au ministère des Affaires étrangères et de la coopération que dans des instances et organisations internationales.

Ces quelques lignes dessinent une trajectoire classique de la génération qui sort d'Al Akhawayn dans les années 2000 : l'anglais comme langue de travail, les stages en institution comme sas d'entrée, et très vite l'écriture comme compétence centrale. Rien, dans ce parcours, ne prédestinait encore à la politique : tout y préparait, en revanche, à occuper la parole publique.

Parcours professionnel

Entre 2009 et 2011, Amina Faouzi Zizi est rédactrice en chef du magazine La vie universitaire, la publication de l'Université Al Akhawayn, selon son entretien au Site info. C'est un premier poste à responsabilité : diriger une rédaction étudiante, y tenir une ligne éditoriale, produire un numéro régulier. À la même période se termine son cursus de bachelier, et elle passe la main au professionnalisme.

Suit une série de responsabilités en communication. En 2011-2012, elle est responsable de la communication au sein d'EuroMed, puis responsable des partenariats de la Fondation Zakoura pour l'éducation. Le portrait du Site info inscrit ces deux étapes dans la même phrase que son passage au ministère des Affaires étrangères ; celui du Le360 les résume en une liste sèche — Euromed, puis la Fondation Zakoura — avant d'annoncer les ministères des Affaires générales et des Transports. Les deux journaux convergent donc sur le sens de la trajectoire : une professionnelle de la communication qui passe du secteur associatif et euro-méditerranéen à l'appareil d'État.

C'est à ce moment-là qu'elle devient conseillère en communication auprès de Najib Boulif. Le360 écrit qu'elle accompagne depuis trois ans le ministre de l'Équipement, du transport et de la logistique en qualité de conseillère en communication ; le Site info, lui, parle d'un travail au cabinet de Mohamed Najib Boulif, ex-ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Affaires générales et de la gouvernance. Les deux formulations renvoient au même homme et au même métier : traduire, en clair, ce que fait un ministère.

Dans l'entretien accordé au Le360, elle explique son entrée au PJD en des termes qui sont d'abord sociaux : « Je suis attirée par tout ce qui touche au social. C'est donc tout naturellement que j'ai intégré ce parti avec lequel je partage les valeurs d'intégrité, de loyauté et de respect pour l'humain. » Le même article raconte que début 2015, le décès de son père, qu'elle considère comme un modèle et son meilleur ami, bouleverse ce cours tranquille : un grand choc qui la conduit à vouloir honorer sa famille par le travail. Sa devise, dans le même portrait, tient en trois mots répétés : travailler, travailler et encore travailler.

La vie hors du Parlement, elle la raconte aussi : passionnée de littérature arabe, elle dévore les livres, en particulier ceux d'Elif Shafak, de Saoud Al Sanoussi et de la romancière égyptienne Radoua Achour. Le portrait, publié en octobre 2016, note enfin qu'elle vient de se marier et qu'elle n'a que peu de temps pour elle, l'emploi du temps d'une députée nouvellement élue étant déjà chargé.

Réalisations et impact

Tout commence par le scrutin du 7 octobre 2016, qui renouvelle les 395 sièges de la Chambre des représentants. La règle, pour cette dixième législature, est connue : 305 sièges à pourvoir dans 92 circonscriptions de deux à six sièges, et 90 sièges dans une unique circonscription nationale, dont 60 réservés aux femmes et 30 aux personnes de moins de quarante ans. Le seuil électoral est de 6 % dans les circonscriptions ordinaires et de 3 % pour la liste nationale. La participation s'établit à 42,29 % des inscrits, pour 5 790 552 suffrages exprimés dans les circonscriptions ordinaires.

Le Parti de la justice et du développement remporte le scrutin avec 1 618 963 voix, soit 27,88 % des suffrages, et 125 sièges au total, dont 27 sur les listes nationales. C'est dans ce contexte qu'Amina Faouzi Zizi figure sur la liste officielle des 395 députés élus, publiée par la Chambre des représentants et reprise par Médias24 le 17 octobre 2016 : elle y apparaît, pour le PJD, parmi les femmes élues au titre de la circonscription nationale. Le document institutionnel de la Chambre la place exactement au même endroit, dans la partie réservée aux femmes de la circonscription nationale, sous l'étiquette Parti de la justice et du développement.

Le360 précise la position : elle occupait la seizième place sur la liste nationale féminine du parti, une liste qui a finalement remporté vingt-cinq sièges. Wikipédia, de son côté, donne la date d'entrée en fonction : membre de la Chambre des représentants depuis le 14 octobre 2016, pour la dixième législature, au titre de la liste nationale des femmes. Elle siège au groupe parlementaire du PJD et, selon l'annuaire des parlementaires cité par Wikipédia, à la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication — l'un des postes clés pour une ancienne rédactrice en chef et conseillère en communication.

Le mandat démarre sous une polémique. Le 25 octobre 2016, Médias24 consacre un article aux brigades électroniques du PJD et signale que « la dernière attaque » a visé l'élection d'Amina Faouzi Zizi : elle est accusée d'avoir été parachutée sur la liste nationale des femmes alors qu'elle n'a jamais été encartée au PJD, et ses cheveux au vent, l'absence de voile et sa tenue sont rabattues sur elle, au point que le secrétaire général du parti doit intervenir pour affirmer que le PJD n'est pas uniquement un parti de voilées.

La députée répond elle-même, au Site info, dans un entretien intitulé « Je ne suis pas la seule ». Elle y balaye le raisonnement : « Il ne s'agit là que d'un cliché, d'un stéréotype que l'on colle au PJD », affirme-t-elle, en ajoutant que de nombreuses militantes du parti ne portent pas de voile et que son appartenance au PJD, alors qu'elle n'est pas voilée, « est la preuve tangible que le parti représente la société marocaine, non pas une quelconque autre idéologie ». Elle tourne ensuite le dos au débat d'apparence : ce qui l'intervient, dit-elle, ce sont ses interventions au Parlement et les questions essentielles qui y sont soumises, « surtout celles ayant trait aux domaines de la communication, de la culture et de la chose publique ».

Cinq ans plus tard, la même députée revient sur le fond, lors d'une émission du Site info diffusée pendant le Ramadan 2021. Elle rappelle que la Constitution de 2011 a mis en avant la promotion des droits des femmes et leur participation politique, et que ses dispositions ont permis la création de la liste nationale composée de 60 représentantes. Selon elle, ce progrès a contribué à renforcer la place des femmes au Parlement, mais l'objectif reste l'amélioration de cette présence et le rapprochement des femmes des centres du pouvoir : « la qualité de ladite présence est davantage plus importante que la quantité ». Elle en tire une conclusion de législatrice : « Les lois doivent être plus limpides et sans équivoque. Par exemple, la présence des femmes doit être concrétisée au sein des Bureaux des deux Chambres du Parlement, au lieu de se contenter de signaux. »

La même intervention montre une députée au contact des dossiers chauds de la session : sur le dossier des enseignants contractuels des Académies régionales d'enseignement et de formation, elle appelle à l'ouverture d'un dialogue sérieux et efficient, condamne les violences dont ont été victimes des enseignants devant le siège du Parlement et réaffirme la position du PJD, qui est le refus de toutes les violences, quelles que soient leurs natures. Elle souligne enfin la forte présence féminine au sein des commissions parlementaires au cours de cette session, donnant pour exemple la Commission de justice, de législation et des droits de l'Homme.

Le contexte de parti n'est pas neutre. Wikipédia décrit le PJD comme un parti politique marocain conservateur de droite, d'idéologie islamiste, fondé en 1967 par Abdelkrim El Khatib et ayant pris son nom actuel en 1998 ; parti arrivé en tête des législatives de 2011, dont le secrétaire général Abdel-Ilah Benkiran est nommé chef du gouvernement en novembre 2011, puis dirigé par Abdelilah Benkirane depuis 2021. C'est sur ce terrain-là, celui d'un parti souvent réduit à une seule image, qu'Amina Faouzi Zizi a construit sa première mandature : non pas en le reniant, mais en multipliant les preuves de ce qu'elle appelle sa fibre sociale.

Ce qu'on retient

Premier enseignement du parcours d'Amina Faouzi Zizi : on entre en politique par un métier. Avant l'Hémicycle, il y a une rédactrice en chef, une responsable de communication, une conseillère ministérielle. La liste nationale des femmes, créée pour corriger le déficit de représentation féminine, a précisément besoin de profils déjà formés à la parole publique, et son parcours montre que le chemin est professionnel avant d'être idéologique.

Deuxième leçon : le débat sur l'apparence ne dure pas, le travail parlementaire, lui, reste. En quelques semaines d'automne 2016, le voile a occupé plus de colonnes que le programme. Les archives du Site info et du Le360 montrent une élue qui a refusé de jouer le jeu du cliché, puis s'est installée sur le terrain des commissions et des textes. C'est cette conversation-là qui a survécu.

Troisième leçon : la clarté est une qualité politique. Sa formule de 2021 — les lois doivent être plus limpides et sans équivoque — vaut autant pour les textes que pour la place des femmes dans les institutions : une présence concrète dans les bureaux des deux chambres plutôt que des signaux. Une communication professionnelle, appliquée à la législation, produit de la lisibilité.

Enfin, ce portrait rappelle que la vie d'une élue se lit aussi dans ses lectures et ses deuils : la littérature arabe, Elif Shafak, Radoua Achour, et le père commerçant d'Agadir décédé en 2015 qui a accéléré le choix de la vie politique. Les carrières marocaines se racontent rarement en ligne droite ; celle-ci relie Fès, Agadir, Ifrane, les ministères et Rabat en une seule phrase.

Questions fréquentes

Qui est Amina Faouzi Zizi ?

Amina Faouzi Zizi (en arabe : امينة فوزي زيزي) est une femme politique marocaine, membre du Parti de la justice et du développement. Diplômée de l'Université Al Akhawayn, elle a été élue députée sur la liste nationale des femmes lors des élections législatives de 2016 et siège au groupe parlementaire du PJD.

Comment a-t-elle été élue députée ?

Le scrutin du 7 octobre 2016 renouvelle les 395 sièges de la Chambre des représentants, dont 90 au titre de la circonscription nationale, 60 réservés aux femmes. Amina Faouzi Zizi figure sur la liste officielle des députés publiée par la Chambre et reprise par Médias24 ; Le360 indique qu'elle occupait la seizième position sur la liste nationale féminine du PJD. Son mandat date du 14 octobre 2016.

Quelles sont ses fonctions à la Chambre des représentants ?

Elle est membre du groupe parlementaire du PJD et membre de la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, selon l'annuaire des parlementaires de la Chambre des représentants cité par Wikipédia. Ses interventions publiques portent sur la communication, la culture, la parité et les dossiers de l'enseignement.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Najat Maalla M'jid et Fatima Sadiqi.

Sources : Wikipédia — Amina Faouzi Zizi · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikipédia — Chambre des représentants (Maroc) · Wikipédia — Parti de la justice et du développement (Maroc) · Chambre des représentants — Liste officielle des députés élus en 2016 · Le360 — Amina Faouzi Zizi, la seule députée PJD non voilée se dévoile · Médias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Médias24 — Les brigades électroniques du PJD deviennent-elles incontrôlables ? · Le Site info — Amina Faouzi, députée PJDiste non voilée : « Je ne suis pas la seule » · Le Site info — Amina Faouzi Zizi : « Les lois doivent être plus limpides et sans équivoque »

LR

À propos de l'auteure

La Rédaction

La rédaction de La Marocaine explore mode, beauté, art de vivre et portraits de femmes inspirantes au Maroc et ailleurs.

Conversations & Échanges (0)

Espace réservé aux lectrices

Partager votre regard ou une expérience

Soyez la première à ouvrir la conversation sur cet article.

Dans la Même Collection

Poursuivre la Lecture