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Femmes Inspirantes 02 nov. 2026 11 min de lecture

Amal Essaqr : quatre métiers, de la série Touria à la radio

Actrice, animatrice et comédienne de doublage née à Marrakech, Amal Essaqr a marqué la télévision marocaine avec Touria et Moudawala avant de s'engager, en 2013, contre les violences faites aux enfants.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Amal Essaqr : quatre métiers, de la série Touria à la radio
📅 Dernière mise à jour : 2 novembre 2026

Amal Essaqr est une actrice, animatrice et comédienne de doublage marocaine, née en 1972 à Marrakech selon sa fiche Wikipédia — une date et une ville signalées, il est vrai, comme « réf. nécessaire » par l'encyclopédie, dont l'article sur elle reste une ébauche constituée surtout d'une filmographie. C'est par la télévision qu'elle a construit sa notoriété : un rôle principal dans la série marocaine Touria et six épisodes de l'émission Moudawala, selon cette même source. Deux rendez-vous réguliers qui ont fixé son visage dans les foyers marocains bien avant l'arrivée des réseaux sociaux.

Ce qui distingue Amal Essaqr de ses consœurs de la génération 1990-2000, c'est la multiplicité de ses casquettes. Actrice de cinéma et de fiction télévisée, animatrice d'émissions, voix des telenovelas doublées en darija, animatrice de radio, de soirées et de festivals : elle présente elle-même cette combinaison de métiers comme la réalité quotidienne d'une artiste marocaine qui refuse de se limiter à un seul format. Une réalité qu'elle a exposée sans détour lors d'un entretien accordé à Aujourd'hui le Maroc, où elle expliquait aussi pourquoi tant d'artistes de sa génération peinent à vivre de leur art.

Aujourd'hui, elle prolonge ce travail par une présence digitale considérable : près de deux millions d'abonnés sur son compte Instagram officiel, où elle répond à ses fans, annonce ses projets et dialogue avec une communauté qui la suit depuis ses débuts télévisuels. Un canal devenu, pour elle, un espace d'animation à part entière.

Origines et formation

Amal Essaqr naît à Marrakech. Sa fiche Wikipédia donne 1972 pour année de naissance, sans référence appuyée, et précise qu'elle est de nationalité marocaine ; d'autres bases de données cinématographiques reprennent la même ville sans s'accorder toutes sur l'année, ce qui invite à prendre ces éléments avec la prudence qui sied aux biographies d'artistes marocains peu documentées par la presse écrite. Ce que les fiches professionnelles s'accordent à décrire, en revanche, est un parcours de formation cohérent, construit en trois temps.

Premier temps : le lycée à Marrakech, puis, dans la même ville, des études dans un institut de théâtre marocain, où elle s'initie au plateau. Second temps : le déménagement pour Casablanca, où elle étudie les arts à l'institut Sidi Belyout, structure de formation culturelle de la capitale économique. Troisième temps : Paris et le Cours Florent, école d'art dramatique connue pour accélérer l'apprentissage des comédiens francophones. Ce triptyque — Marrakech, Casablanca, Paris — explique la plasticité de son jeu et sa capacité à passer de la fiction marocaine aux productions internationales tournées au Maroc.

Le catalogue elcinema, l'une des bases les plus complètes du cinéma arabe, la décrit comme une actrice de la télévision, du cinéma, du doublage et de la radio née à Marrakech, et rattache déjà son nom à des productions de la fin des années 2000, dont le film Al Matmora (2009). C'est le point de départ d'une filmographie qui, sur Wikipédia, compte neuf titres entre 2010 et 2017, dont plusieurs courts métrages sélectionnés en festival.

Parcours professionnel

La télévision marque la vraie entrée dans la carrière. Amal Essaqr se fait connaître par son rôle principal dans la série marocaine Touria, puis par sa participation à six épisodes de l'émission Moudawala, comme le rappelle son article Wikipédia, qui référence pour cela sa fiche IMDb. Moudawala n'est pas un titre quelconque : il figure au programme quotidien d'Al Aoula, la chaîne publique, dans la grille publiée par la SNRT, ce qui donne la mesure du type d'audience atteint par cette actrice de fiction marocaine. Elle apparaît ensuite dans d'autres productions télévisées : Zinat Al Hayat (2011), où elle incarne Farida Zitouni, ou encore la série Homeland (2013), créditée du rôle de Bahar sur IMDb.

Le cinéma vient ensuite, avec deux titres mis en avant par Wikipédia comme « films notables ». Le premier, Goodbye Morocco (2012), est un film français de Nadir Moknèche tourné à Tanger, Casablanca et Lyon à l'automne 2011, sorti en France le 13 février 2012 et sélectionné au festival Doha Tribeca en 2012, où il a reçu une mention spéciale dans la catégorie meilleur film. Amal Essaqr y joue la journaliste. Le deuxième, Razzia (2017), est un drame marocain de Nabil Ayouch présenté en première mondiale au festival de Toronto le 9 septembre 2017 puis sorti au Maroc le 14 février 2018 ; le film a été choisi pour représenter le Maroc à la 90e cérémonie des Oscars dans la catégorie meilleur film en langue étrangère. Elle y tient le rôle de la mère d'Inès.

Sa filmographie Wikipédia s'étale sur une période dense : 30s de Galia Qissi (2011), Zman l3ager de Mohamed Smaïl (2010), The Search for Khowledge de Teresa Griffiths (2010), Casa Riders de Youssef Brittel (2010), Le Petit Ange de Zakaria Naciri (2010, sélectionné au festival Lumières d'Afrique), Face à face de Mourad El Khawdi (2010) et Sage Femme de Rachid Hamdi (2010). Le catalogue elcinema complète la liste avec des téléfilms et séries plus récents : Al Zaman Al Akir (2013), Alwan fi Al Manfa (2014), Wissal (2015), Marhba Bshabi 2 (2016), ainsi qu'une réalisation, Akher El-Romanseyeen (2012).

L'entretien accordé à Aujourd'hui le Maroc donne l'arrière-boutique de cette période. Elle y évoque deux téléfilms tournés, quatre épisodes d'une émission télévisée, une apparition dans l'épisode Sa3a Fe Jahim (« Une heure dans l'enfer ») réalisé par Wahid Motana, un premier rôle aux côtés de Kamal Kadimi dans Alwan Fe Manfa, réalisé par Mostapha Madmoun, et un autre premier rôle dans Wissal de Hakim Kebabi, aux côtés de Yassine Ahajjam. Elle y décrit aussi son travail de doublage en arabe dialectal et affirme être la première actrice de doublage de telenovelas au Maroc, tout en continuant le doublage de la série Lara. « Je suis également animatrice de télé, radio, soirées et festivals », résume-t-elle : la phrase qui définit le mieux son modèle économique d'artiste.

En juin 2023, elle confie à LeSiteinfo, via une story Instagram, réfléchir à un retour à l'animation télévisée après de longues années d'absence en tant que comédienne. Une admiratrice lui rappelle avec nostalgie son émission sur Chada TV ; elle répond : « Pourquoi pas un de ces jours ! Belle expérience que celle de présentatrice, ayant beaucoup plu aux téléspectateurs ! Si Dieu le veut bien, je la referai au sein d'une chaîne de télévision sérieuse ». Elle précise avoir reçu plusieurs propositions de retour à l'interprétation, dont un long métrage étranger et un feuilleton d'un pays du Golfe, tous déclinés « pour des raisons personnelles ».

Réalisations et impact

Amal Essaqr n'a pas toujours été associée à l'engagement : le printemps 2013 l'y a convertie, publiquement. Après l'agression de la petite Wiam, une fillette de neuf ans, une marche blanche rassemble, le 5 mai 2013, près de 5 000 personnes le long de la corniche de Casablanca, majoritairement des femmes, pour demander la criminalisation effective de la pédophilie. Le collectif annoncé dès le lendemain, baptisé « Fi9ou » (« Réveillez-vous ! ») puis « N'Fi9ou », réunit sept membres selon le communiqué relayé par Médias24 : l'actrice Amal Essaqr, l'animateur et producteur Rachid El Idrissi, l'artiste Taoufik Hazeb (Don Bigg), la journaliste Valérie Attias, le réalisateur Noureddine Lakhmari, l'écrivain Driss Jaydane et l'acteur social Ahmed Ghayat.

Son rôle n'était pas décoratif. Le360 rend compte, début mai 2013, que la petite Wiam a été prise en charge par Amal Essaqr et le docteur Tazi à Casablanca, lui permettant de bénéficier des soins nécessaires. Afrik précise, de son côté, que l'engagement de l'actrice a permis à la jeune fille d'être opérée du visage dans une clinique privée de Casablanca. C'est ce type d'action, silencieuse et directe, qui a transformé une comédienne connue pour ses rôles en figure de la société civile artistique marocaine, aux côtés de noms comme Don Bigg ou Nour-Eddine Lakhmari.

Le collectif a ensuite institutionalisé son combat : lobbying pour l'inscription du crime de pédophilie dans le code pénal, propositions contre les violences urbaines et rurales, actions d'éducation et de prévention, accompagnement des associations de terrain et organisation de manifestations artistiques et culturelles, selon le communiqué du 6 mai 2013. Yabiladi rapporte qu'il s'agissait de « servir de porte-voix » aux associations déjà présentes sur le terrain plutôt que de se substituer à elles. Une méthode d'influence, construite sur la visibilité des artistes, que le diagnostic de l'époque résumait ainsi : artistes, intellectuels et sportifs sont des vecteurs de sensibilisation essentiels, parce que ce sont des visages connus que le public écoute volontiers.

Impact mesurable, ensuite : une carrière qui a duré plus de trente ans sur quatre métiers différents — plateau, animation, doublage, radio — et une audience sociale de près de deux millions d'abonnés, autant de relais pour les messages qu'elle choisit de porter aujourd'hui.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : la diversification est une stratégie de survie. Amal Essaqr a refusé l'enfermement dans un seul format, refus d'ailleurs assumé publiquement : face à l'observation d'une journaliste d'Aujourd'hui le Maroc selon laquelle elle fait « beaucoup de métiers à la fois », elle répond que les artistes marocains ne peuvent pas toujours vivre de leur seul métier de comédien, réservant le mot de « chanceux » aux noms anciens ayant gagné une célébrité qui leur permet d'obtenir des cachets élevés. Quatre métiers ne sont donc pas un luxe, mais une architecture.

Deuxième leçon : le doublage est un métier méconnu qui fabrique une postérité. En se présentant comme la première actrice de doublage de telenovelas au Maroc, elle a rendu visible une couche de l'industrie audiovisuelle marocaine qui n'existe ni dans les palmarès de festivals, ni dans les rubriques people — et pourtant touche, chaque soir, des millions de téléspectateurs.

Troisième leçon : l'engagement se mesure en actes concrets. Dans l'affaire Wiam, ce n'est pas une déclaration qui a fait la différence, mais une prise en charge effective, organisée avec un médecin, dans une clinique de Casablanca, et relayée par Le360, Yabiladi, Médias24 puis Afrik. La visibilité médiatique, mise au service d'un dossier précis, a produit un résultat vérifiable.

Quatrième leçon : la continuité vaut autant que les sommets. Une série comme Touria, six passages dans Moudawala, un rôle dans Razzia, une réalisation, un retour d'animation envisagé à plus de cinquante ans : la carrière d'Amal Essaqr se lit comme une ligne tenue, faite de reprises plutôt que de ruptures, et c'est peut-être cela, au fond, qui la rend si familière au public marocain.

Questions fréquentes

Qui est Amal Essaqr ?

Amal Essaqr est une actrice, animatrice et comédienne de doublage marocaine, née en 1972 à Marrakech selon Wikipédia. Formée dans un institut de théâtre de Marrakech, puis à l'institut Sidi Belyout de Casablanca et au Cours Florent à Paris, elle s'est fait connaître par son rôle principal dans la série Touria et six épisodes de l'émission Moudawala.

Quels sont ses rôles les plus connus ?

Wikipédia retient deux films notables : Razzia de Nabil Ayouch (2017), où elle joue la mère d'Inès, et Goodbye Morocco de Nadir Moknèche (2012), où elle tient le rôle de la journaliste. Sa filmographie compte aussi Zinat Al Hayat (2011), Casa Riders (2010), Le Petit Ange (2010) et plusieurs téléfilms évoqués dans son entretien à Aujourd'hui le Maroc.

Quel a été son engagement en dehors de l'écran ?

En mai 2013, elle a participé à la marche blanche contre la pédophilie de Casablanca et a rejoint le collectif « Fi9ou » / « N'Fi9ou » comme membre fondateur, aux côtés de Rachid El Idrissi, Don Bigg, Valérie Attias, Noureddine Lakhmari, Driss Jaydane et Ahmed Ghayat. Elle a pris en charge la petite Wiam avec le docteur Tazi ; son engagement a permis l'opération de la jeune fille dans une clinique de Casablanca.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Ahlam Lemseffer et Aicha Tachinouite.

Sources : Wikipédia FR — Amal Essaqr · Wikipédia FR — Goodbye Morocco · Wikipedia EN — Razzia (2017 film) · IMDb — Amal Essaqr · elcinema — Amal Essaqr · Aujourd'hui le Maroc — Un café avec…Amal Essaqr · LeSiteinfo — Amal Essaqr se confie à ses fans · Médias24 — Un collectif contre toutes les formes de violences · Le360 — Le collectif « N'Fi9ou » se mobilise · Le360 — Wiam sortie d'affaire · Yabiladi — La marche blanche devient le collectif Fi9o · Afrik — Maroc : une marche blanche contre le viol et la pédophilie · SNRT — Grille des programmes Al Aoula (Moudawala) · Instagram — Amal Essaqr (@essaqramal) · Photo : Lalla plus, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0, page du fichier « أمال صقر.jpg »

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