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Femmes Inspirantes 01 nov. 2026 11 min de lecture

Aicha Tachinouite : la diva chleuh qui fait danser le Souss

Chanteuse et danseuse née en 1968 à Inzegane, elle a fait du chleuh une langue de scène, de Timitar à l'Olympia, jusqu'au clip Wach Katfham Laarbia, vu plus de 2 millions de fois en 2017.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Aicha Tachinouite : la diva chleuh qui fait danser le Souss
📅 Dernière mise à jour : 1er novembre 2026

Aicha Tachinouite est une chanteuse et danseuse marocaine chleuh du Souss, née à Inzegane en 1968, dont la carrière s'étend sur plus de trois décennies de scènes nationales et internationales. Formée auprès des plus grands rwaiss amazighs, elle s'est imposée comme l'une des voix de la chanson amazighe du Sud, avec des passages au Zénith de Paris, à l'Olympia — dont elle est la première artiste berbère du Souss à franchir les portes — et sur les scènes de Timitar, de Mawazine et du Festival international de Fès des musiques sacrées.

Sa trajectoire raconte un déplacement permanent : d'Inzegane, au sud d'Agadir, au Japon où la danseuse Sumiko la repère en 2003 et la produit sur vingt-cinq spectacles ; de la danse des raïs Soussis, son point de départ, au chant populaire ; d'un répertoire en chleuh à un clip bilingue arabe-amazigh, « Wach Katfham Laarbia », qui dépasse le million de vues en quatre jours en août 2017. À chaque étape, elle refuse l'exil sans jamais cesser de voyager : elle décline la proposition de rester un an au Japon pour ne pas se séparer trop longtemps du Maroc.

Derrière la scène, la construction est artisanale : elle participe à la composition de ses chansons, prépare elle-même ses tenues, investit la décoration de sa scène, et voyage avec son groupe et sa troupe. C'est cette autonomie — celle d'une artiste qui produit son propre spectacle — qui explique, d'après la presse marocaine, la longévité d'une carrière lancée au début des années 1990 et encore active sur les affiches, jusqu'à un concert annoncé en novembre 2026 à Épinay-sur-Seine, près de Paris.

Origines et formation

Aicha Tachinouite naît à Inzegane, petite ville du Souss-Massa à proximité d'Agadir, en 1968 : c'est la date de naissance portée par l'infobox de Wikipédia en français, qui indique aussi une période d'activité à partir de 1994. Son nom d'état civil y figure comme Aicha Ziti, tandis qu'Article19, en août 2017, l'écrit Aïcha Zaiti. Dans les deux cas, le prénom artistique — Tachinouite — vient du tamazight : il signifie « la Chinoise », un surnom que l'Aujourd'hui le Maroc de 2007 impute à ses yeux bridés.

Rien dans son enfance ne prédestine à la scène internationale, si ce n'est l'habitude du chant : Wikipédia raconte qu'à Inzegane, elle « n'hésitait pas à chanter et danser pendant la récréation ». Le même article précise que son surnom se lit aussi dans ses chorégraphies, dont la rapidité et la finesse rappellent, selon le magazine, « les gestes minutieux et doux des mains et des bras des danseuses asiatiques ». L'apparence et la danse fusionnent ainsi très tôt dans une identité de scène qui porte son nom.

La formation proprement dite se fait par apprentissage auprès des rwaiss. La page officielle de Mawazine la décrit comme « very popular with Moroccans », formée auprès des plus grands rwaiss amazighs, tels que Hassan Arsmouk et Outaleb El Mzoudi : native d'Inzegane, elle met en scène des spectacles uniques et voyage avec son groupe pour la promotion de la musique amazighe. La version anglaise de Wikipédia situe ce démarrage au début des années 1990 : elle commence alors à danser et à chanter avec de grandes figures amazighes de l'époque, avant de devenir très populaire au Maroc et de se produire à travers le monde.

Le premier geste professionnel est la danse. Article19 rappelle qu'elle « a entamé sa carrière artistique en tant que danseuse avec des raïs Soussis avant de passer au chant populaire », et parle d'une « self-made woman » qui a vécu dans des conditions difficiles en France avant de rentrer au pays et de faire son chemin dans le milieu artistique amazigh. Cette double formation — corps d'abord, voix ensuite — reste la signature de ses concerts, où le chant et la chorégraphie ne se dissocient pas.

Parcours professionnel

La montée en puissance se fait par les festivals marocains. Wikipédia cite Timitar et Mawazine parmi les festivals où elle s'est produite, ainsi que des salles mythiques comme le Zénith de Paris ; elle y est présentée comme la première artiste berbère du Souss à se produire à l'Olympia. En 2009, la BBC l'inclut dans les temps forts du Timitar Festival d'Agadir, aux côtés de Samira Said : un épisode de World Routes consacré à « Raissa Aicha Tachinouite and Samira Said at Timitar Festival 2009 ».

La scène marocaine lui ouvre aussi les grandes affiches populaires. En juillet 2007, l'Aujourd'hui le Maroc la décrit en tournée dans plusieurs villes du Royaume avec son mari, qui est aussi son manager : elle doit ainsi assister à Guelmim, du 18 au 21 juillet, à la semaine du dromadaire, où se retrouvent Faudel, Réda Taliani, Daoudi et d'autres stars de la chanson arabe — c'est elle qui apporte « la touche amazighe » à la manifestation. Le même article la situe à Casablanca, où sa famille est installée, et raconte qu'elle laisse son fils Hamza à Agadir pendant les vacances d'été.

L'international vient tôt. En 2003, elle part pour la première fois au Japon, où elle est repérée par une danseuse professionnelle du nom de Sumiko, qui finit par la produire sur pas moins de vingt-cinq spectacles au Japon. On lui propose de rester vivre là-bas un an pour donner des cours de danse : elle décline, « car elle ne souhaite pas se séparer si longtemps de son pays, le Maroc ». Elle donne tout de même des cours aux Japonaises, qui apprennent avec elle les bases de la danse berbère, de la danse orientale et le style de Tachinouite.

Le voyage se poursuit en Asie et ailleurs : Wikipédia évoque l'Europe, l'Amérique et surtout l'Asie, et la version anglaise de son article mentionne des participations à des festivals internationaux au Japon comme en Chine. En avril 2014, Morocco World News consacre un article à son accueil à Hong Kong, où elle est reçue par le plus haut responsable de la ville, sous la plume de Youssef Sourgo. Quelques mois plus tard, en août 2017, TelQuel comme 2M relaient l'exploit de son dernier clip, et le site Article19 recense près de 2,5 millions de vues à la date du 8 août.

Réalisations et impact

Le tournant de la dernière décennie porte un titre : « Wach Katfham Laarbia », sorti le 1er août 2017. Wikipédia retient qu'il dépasse le million de vues en quatre jours ; TelQuel, le 8 août 2017, titre sur les deux millions de vues atteintes « en seulement une semaine », et le site 2M annonce que le clip s'approche des deux millions de vues sur YouTube. Morocco World News, le 10 août, confirme plus de deux millions de vues en une semaine pour une vidéo lancée le 1er août, avec 19 190 likes.

Le contenu du clip est documenté : il est réalisé par Nabil Belhrich et mixe amazigh et sons modernes, comme l'écrit Morocco World News, qui décrit la chanteuse chantant et dansant avec quatre danseuses d'accompagnement, entrecoupé d'interactions humoristiques entre trois autres personnages et l'artiste. Article19, sous le titre « Le nouveau tube en Darija/Tamazight de Tachinouite fait un tabac sur la Toile », rappelle que le titre s'écrit aussi « Wach Kataaraf Alaarbia », soit « Est-ce que tu comprends ce que je dis en arabe », et confirme près de 2,5 millions de vues depuis le début du mois.

La reconnaissance institutionnelle vient des grandes scènes. La page Mawazine consacrée à l'artiste la range « regularly ranked among the favorite Moroccan artists », qui a conquis le public rassemblé devant la scène de Salé : accompagnée de sa troupe, la chanteuse et danseuse amazighe y a donné, d'après le festival, un « masterful show ». Le festival de Fès des musiques sacrées du Monde, Timitar ou Mawazine figurent au répertoire des plateformes qui ont servi de vitrines à sa carrière, aux côtés du Zénith de Paris et de l'Olympia.

Sur le plan de la création, l'impact est autant musical que scénique. L'Aujourd'hui le Maroc de 2007 insiste sur le fait qu'elle participe à la composition de ses chansons, qu'elle s'investit dans la décoration de la scène et qu'elle prépare elle-même ses tenues scintillantes : « Elle veut faire de chaque show un événement particulier. » Le magazine la range alors parmi les raïssat les plus appréciées de la scène artistique amazighe à travers le pays, soulignant qu'en quelques années elle a imposé son propre style. Ce travail de production artisanale explique la cohérence d'un spectacle qui n'a cessé d'évoluer sans perdre son ancrage chleuh.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : la fidélité au territoire. Partie d'Inzegane, formée par les rwaiss du Souss, elle refuse en 2003 de s'installer un an au Japon malgré une proposition de production, et reste au Maroc. Le refus n'arrête pas la carrière internationale : le Japon revient, les tournées continuent, et l'export se fait sans exil. C'est le premier paradoxe d'un parcours construit sur la mobilité et sur le refus de l'installation.

Deuxième leçon : le nom fait partie de l'œuvre. « Tachinouite », la Chinoise, désigne à la fois un physique, une manière de danser et une signature commerciale ; le clip de 2017 joue d'ailleurs sur la question compréhensive du titre — « est-ce que tu comprends ce que je dis en arabe ? ». Une artiste qui transforme une étiquette populaire en identité de scène illustre une économie de la notoriété très marocaine : partir de ce que le public dit déjà de vous.

Troisième leçon : la scène avant l'écran. Là où d'autres construisent leur carrière sur le clip, Aicha Tachinouite arrive au million de vues en 2017 avec déjà plus de vingt ans de scène derrière elle, des festivals, des Zéniths et une pédagogie de la danse donnée à l'étranger. Le succès numérique est l'aboutissement d'un métier, pas son point de départ.

Enfin, la durée. En activité depuis le début des années 1990, présente sur les affiches de Timitar et de Mawazine, réapparue sur les plateformes en 2017 et annoncée pour un concert les 21 et 22 novembre 2026 à l'Espace Lumière d'Épinay-sur-Seine, aux côtés de Zakaria Ghafouli et d'Ali El Khrigbi, elle appartient à la génération qui a fait de la chanson amazighe un répertoire de fête nationale autant que de patrimoine. C'est peut-être là son apport le plus durable : avoir rendu le chleuh dansable sur toutes les scènes où passent les Marocains.

Questions fréquentes

D'où vient Aicha Tachinouite ?

Elle est née à Inzegane, au sud d'Agadir, en 1968, selon l'infobox de Wikipédia en français. Elle y a vécu ses années d'école, où elle chantait et dansait déjà pendant la récréation. Son nom civil est donné comme Aicha Ziti par Wikipédia et Aïcha Zaiti par Article19, et son nom de scène, Tachinouite, signifie « la Chinoise » en tamazight.

Quel est son plus gros succès sur YouTube ?

Le clip « Wach Katfham Laarbia », publié le 1er août 2017, mélangeant amazigh et sons modernes. Il dépasse le million de vues en quatre jours selon Wikipédia, puis deux millions de vues en une semaine selon TelQuel et 2M, et près de 2,5 millions de vues selon Article19 au 8 août 2017. Il a été réalisé par Nabil Belhrich et compte plus de 19 000 likes à la date du 10 août selon Morocco World News.

Où Aicha Tachinouite s'est-elle produite ?

Elle a chanté dans les festivals marocains Timitar et Mawazine, au Zénith de Paris, à l'Olympia — première artiste berbère du Souss à y passer — et à l'étranger, notamment au Japon à partir de 2003 et à Hong Kong en 2014. Elle a également donné des cours de danse au Japon et a été reprise par la BBC dans un épisode de World Routes consacré au Timitar Festival 2009.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Asmaa Lamnawar et Ahlam Lemseffer.

Sources : Wikipédia — Aicha Tachinouite · Article19 — Le nouveau tube en Darija/Tamazight de Tachinouite fait un tabac sur la Toile · Morocco World News — Aicha Tachinouite's latest music video exceeds 2 million views in one week · Aujourd'hui le Maroc — Tachinouite : « Je prends mes vacances en hiver » · Mawazine — Aicha Tachinwit · TelQuel — Tachinouite dépasse les 2 millions de vues en une semaine · Wikipédia (en) — Aicha Tachinouite · BBC World Routes — Timitar Festival 2009 · Morocco World News — archives Aicha Tachinouite · Photo : MoulayAchinoui, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

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