Amal Arbouch : députée PAM, de Berkane à l'hémicycle
Portrait d'Amal Arbouch, députée du PAM élue en 2016 sur la liste nationale des jeunes : mandat, commission de l'enseignement et initiatives parlementaires.
La Rédaction
Rédaction La Marocaine
📑 Sommaire
Amal Arbouch est une femme politique marocaine, née à Berkane selon sa biographie en arabe sur Wikipédia, élue députée en octobre 2016 au titre de la deuxième partie de la circonscription nationale — celle réservée aux jeunes — sous les couleurs du Parti authenticité et modernité (PAM). Membre du groupe parlementaire du même parti, elle a siégé à la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants.
Sa trajectoire tient en une ligne : la liste nationale des jeunes. Ce dispositif électoral, trente sièges réservés aux moins de quarante ans, a été créé par la loi électorale de 2011 et n'a été ouvert aux femmes qu'à partir du scrutin de 2016. C'est par cette porte qu'une candidate de l'Est du Maroc est entrée à l'hémicycle sans avoir à conquérir une circonscription locale, et c'est de ce siège qu'elle a fait un usage précis : une demande de prise de parole adressée au président de la Chambre en janvier 2021, une participation au débat public sur la loi-cadre de l'éducation en 2019, et une représentation du Maroc auprès de l'Union parlementaire arabe.
Dix ans plus tard, le parti qu'elle a porté en 2016 arrive en tête des élections législatives de septembre 2026 avec 97 sièges sur 395 et offre au pays sa première femme cheffe du gouvernement. Dans ce décor, le portrait d'Amal Arbouch raconte moins une trajectoire de star qu'une idée simple : le mandat parlementaire comme métier de dossier, d'écoute et de questions posées au bon moment.
Origines et formation
Wikipédia en français consacre à Amal Arbouch une notice courte : une femme politique marocaine, dont le nom s'écrit en arabe امال عربوش, élue députée sur la liste nationale en 2016 avec le Parti authenticité et modernité. La version arabe de l'encyclopédie ajoute les détails biographiques : sa ville de naissance est Berkane, dans l'Oriental marocain, et sa langue maternelle est l'amazigh ; elle parle également l'arabe. La fiche Wikidata associée (Q96758646) confirme le pays de citoyenneté, le parti et le siège détenu à la Chambre des représentants depuis le 14 octobre 2016.
Sur son diplôme, son année de naissance ou son métier avant le Parlement, aucune des sources consultées ne dit rien : Wikipédia n'enregistre ni formation, ni activité antérieure, et aucune biographie officielle n'est disponible en ligne. Ce silence mérite d'être dit plutôt que comblé par une invention. Ce que les documents établissent en revanche, c'est la formation institutionnelle qui l'a conduite à la Chambre, et elle est d'abord électorale.
En 2011, le Parlement marocain adopte une loi électorale qui introduit, dans la Chambre des représentants, un quota jeunesse de trente sièges réservés aux candidats de moins de quarante ans. Au départ, ce contingent est réservé aux seuls hommes ; en 2016, il s'ouvre aux femmes. La même loi organise une circonscription nationale unique de quatre-vingt-dix sièges, dont soixante réservés aux femmes et trente aux jeunes, le reste des trois cent quatre-vingt-quinze sièges étant pourvu dans les circonscriptions locales. Le seuil électoral y est de 3 %, contre 6 % dans les circonscriptions ordinaires.
Les législatives du 7 octobre 2016 se tiennent dans un contexte de forte abstention : 15 702 592 inscrits, 6 640 626 votants, soit 42,29 % de participation. Le Parti authenticité et modernité, formation créée en 2008 par l'entourage de Fouad Ali El Himma, recueille 1 216 552 voix, soit 20,95 % des suffrages, et 102 sièges, derrière le PJD de Abdel-Ilah Benkiran (125 sièges). C'est dans ce paysage que la candidature d'Amal Arbouch trouve sa place : une liste nationale, un parti en croissance, et un quota qui vient d'ouvrir sa porte aux jeunes femmes.
Parcours professionnel
Le 17 octobre 2016, dix jours après le scrutin, la Chambre des représentants publie la liste officielle et complète des 395 députés élus. Médias24 la reprend intégralement, et l'on y lit, dans la section « Liste des jeunes (30 sièges) », le nom du PAM : Ghita Badroune, Amal Arbouch, Zhour El Ouahabi, Mouna Achrit, Meryem Ouahssat, Aicha Farah, Ibtissam Azaoui. Sept noms, une seule formation, sur trente sièges réservés aux moins de quarante ans. Le mandat d'Amal Arbouch démarre officiellement le 14 octobre 2016, au début de la dixième législature.
À la Chambre, elle rejoint le groupe parlementaire du PAM et la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, une commission permanente dont le périmètre recouvre précisément ces trois champs de politique publique. C'est la référence que Wikipédia emprunte à l'Annuaire des parlementaires de la Chambre des représentants : une affectation de travail, pas un titre honorifique. La version arabe de Wikipédia complète le tableau en indiquant qu'elle a représenté le Maroc en qualité de membre de l'Union parlementaire arabe, rattachée à la Ligue des États arabes — une fonction de délégation qui se traduit par des rencontres interparlementaires régionales.
Deux interventions publiques permettent de voir comment cette mandataire a utilisé sa tribune. Le 22 juillet 2019, Monte Carlo Doualiya la reçoit comme invitée dans « معك حول الحدث » (« Avec vous autour de l'événement »), émission politique quotidienne, au cours d'un débat sur la loi-cadre de réforme du système éducatif marocain, adoptée à la Chambre des représentants par la majorité malgré l'opposition du PJD et de l'Istiqlal. Elle y figure comme « نائبة عن حزب الأصالة والمعاصرة » — députée du Parti authenticité et modernité — aux côtés d'un professeur de sciences politiques, d'un journaliste et d'un responsable syndical.
Le 15 janvier 2021, le site Al Aoum (العمق) rapporte une démarche parlementaire plus directe : Amal Arbouch adresse une écrite au président de la Chambre des représentants pour demander de prendre la parole sur le sujet « le refus des conseils régionaux de délivrer aux notaires docteurs leur lettre d'autorisation d'exercer ». Elle sollicite que le point soit inscrit à l'ordre du jour de la séance hebdomadaire des questions orales, qu'elle qualifie d'affaire importante et urgente. Dans le même fil d'actualité, un député du PJD dépose, de son côté, une question écrite au ministre de la Justice sur le même dossier. C'est l'image exacte du travail parlementaire : un texte, un destinataire, un délai.
La version arabe de Wikipédia situe cette mandature entre 2016 et 2021. La loi qui a ouvert le chemin des jeunes femmes à la Chambre ne survivra pas à ce cycle : le quota jeunesse est supprimé pour les élections de 2021. Le siège d'Amal Arbouch appartient donc à la dernière législature où le dispositif existait.
Réalisations et impact
Pour mesurer ce que vaut un siège gagné sur une liste nationale, il faut regarder les chiffres du dispositif. Selon l'étude du Youth Democracy Cohort sur la participation politique des jeunes au Maroc, le quota a quasi doublé la présence des jeunes députés à la Chambre basse, de 12 % en 2007 à 22 % en 2011, tout en suscitant des controverses sur le clientélisme de la liste nationale. Les jeunes, y est-il noté, n'entrent en politique qu'avec difficulté lorsqu'ils n'ont ni réseau influent ni famille puissante — l'argument exact qui justifie l'existence d'un tel contingent.
La dimension genrée de l'ouverture de 2016 est documentée par l'Arab Reform Institute : sur les 81 femmes élues cette année-là à la Chambre des représentants, 60 le sont au titre de la liste nationale des femmes, 11 au titre de la liste nationale des jeunes, et 10 dans des circonscriptions ouvertes. Amal Arbouch fait donc partie des onze femmes qui sont entrées au Parlement par la porte jeunesse, une porte alors ouverte pour la première fois. Le même institut note que ce mode de scrutin a produit 96 femmes députées en 2021, quand le quota avait été redéployé sur les listes régionales.
Sur le plan parlementaire, sa contribution se lit dans les dossiers qu'elle a choisis de porter : la formation et l'exercice des notaires docteurs, dont elle a réclamé le traitement en urgence en janvier 2021, et la réforme de l'éducation, sur laquelle elle s'est exprimée publiquement en 2019 alors que la loi-cadre divisait la Chambre. Elle s'inscrit ainsi dans la tradition de la commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, où se croisent les trois sujets qui structurent le débat national sur la jeunesse : école, identité et information.
Le contexte partisan a, lui, basculé. Le PAM, qui avait obtenu 102 sièges en 2016, remporte 97 des 395 sièges des élections du 23 septembre 2026, dans un scrutin marqué par une participation de 38 %, au plus bas depuis près de vingt ans. Le 29 septembre suivant, le roi Mohammed VI charge Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale du PAM et maire de Marrakech, de former le gouvernement : c'est la première fois qu'une femme dirige l'exécutif marocain. La formation à laquelle Amal Arbouch a été élue en 2016 est donc devenue, dix ans plus tard, la première force du Royaume avec une femme à sa tête.
Reste la part de visibilité : une mandature de la liste nationale ne fabrique pas toujours de portrait médiatique. Aucune photo libre de sa personne n'est disponible sur Wikimedia Commons ni sur Openverse sous licence ouverte, et c'est la raison pour laquelle ce portrait est publié sans image. Le vide iconographique est, à lui seul, un signe : il dit le statut des femmes élues sur les listes de quotas, peu couvertes par la iconographie officielle alors même que leur siège est acquis.
Ce qu'on retient
Premier enseignement : une liste nationale n'est pas un complément de décor, c'est un accès réel au pouvoir législatif. Le dispositif des trente sièges jeunes, réservé d'abord aux hommes puis ouvert aux femmes en 2016, a permis à une candidate de Berkane de siéger sans machine électorale locale. On peut discuter le caractère non concurrentiel de cette entrée ; on ne peut pas nier le siège, la commission et la parole qui en découlent.
Deuxième enseignement : le mandat se juge aux gestes vérifiables. Une écrite au président de la Chambre pour inscrire un dossier urgent à l'ordre du jour des questions orales, une participation à un débat radiophonique sur la loi-cadre de l'éducation, une délégation auprès de l'Union parlementaire arabe : trois actes datés, trois sources, aucune prétention. C'est la matière dont est faite la représentation, bien plus que les comptes rendus de séance.
Troisième enseignement : les femmes du PAM ont pesé dans l'histoire récente du Parlement marocain. Sur les sept noms de la liste jeunes du parti en 2016 figurent Amal Arbouch, Ghita Badroune, Zhour El Ouahabi, Mouna Achrit, Meryem Ouahssat, Aicha Farah et Ibtissam Azaoui — autant de trajectoires parallèles, nées du même scrutin, dont Wikipédia n'a conservé que quelques notices. La documentation est un enjeu politique en soi : sans notice, sans photo libre, sans biographie officielle, le récit public laisse la place à la seule mémoire partisane.
Enfin, la trajectoire d'Amal Arbouch se lit dans la courbe du parti et du pays : un PAM sorti deuxième en 2016, premier en 2026 avec 97 sièges, et une femme nommée à la tête du gouvernement pour la première fois. Ce que la liste nationale des jeunes a ouvert en 2016 — une génération de femmes élues sans patrimoine familial ni circonscription — se mesure aujourd'hui au plus haut niveau de l'exécutif. Le souvenir de ces sièges discrets est aussi l'affaire des Marocaines du XXIe siècle.
Questions fréquentes
Comment Amal Arbouch est-elle devenue députée ?
Elle est élue le 7 octobre 2016 au titre de la deuxième partie de la circonscription nationale, réservée aux jeunes de moins de quarante ans, sur la liste du Parti authenticité et modernité. Son nom figure dans la liste officielle des 395 députés publiée par la Chambre des représentants le 17 octobre 2016 et reprise par Médias24 ; son mandat prend cours le 14 octobre 2016, au début de la dixième législature.
Quelle commission a-t-elle suivie à la Chambre ?
Elle a fait partie du groupe parlementaire du PAM et de la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, selon l'Annuaire des parlementaires cité par Wikipédia. La version arabe de l'encyclopédie indique en outre qu'elle a représenté le Maroc en qualité de membre de l'Union parlementaire arabe, rattachée à la Ligue des États arabes.
Quelles initiatives parlementaires sont documentées ?
Deux éléments sont attestés par la presse : en janvier 2021, elle adresse une écrite au président de la Chambre pour demander de parler du refus des conseils régionaux de délivrer aux notaires docteurs leur lettre d'autorisation d'exercer, à traiter en séance de questions orales ; en juillet 2019, elle intervient sur Monte Carlo Doualiya dans le débat sur la loi-cadre de réforme du système éducatif, adoptée à la Chambre malgré l'opposition du PJD et de l'Istiqlal.
Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Farida Amrani et Aawatif Hayar.
Sources : Wikipédia — Amal Arbouch · Wikipédia en arabe — أمال عربوش · Wikidata — Q96758646 · Médias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Al Aoum — Le PAM et le PJD sur le dossier des notaires docteurs · Monte Carlo Doualiya — « Avec vous autour de l'événement », 22 juillet 2019 · Aujourd'hui le Maroc — Législatives 2016 : les résultats de la liste nationale · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Youth Democracy Cohort — Morocco: Youth Political Participation · Arab Reform Institute — L'impact du système de quota sur la représentation des femmes · RTS — Élections au Maroc : une femme nommée cheffe du gouvernement
À propos de l'auteure
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