Abla Bouzekri : députée et présidente du groupe Istiqlal à Fès-Meknès
De la liste nationale des femmes à la présidence du groupe Istiqlal au conseil régional de Fès-Meknès, le parcours d'une élue qui cumule deux mandats.
La Rédaction
Rédaction La Marocaine
📑 Sommaire
Abla Bouzekri est une femme politique marocaine membre du Parti de l'Istiqlal, élue députée sur la liste nationale des femmes lors des élections législatives du 7 octobre 2016 et installée à la Chambre des représentants le 14 octobre suivant. Membre de la Commission de justice, législation et des droits de l'homme, elle a aussi présidé, du côté régional, le groupe Istiqlal du conseil régional de Fès-Meknès, où quinze conseillers siégeaient dans l'opposition face à une majorité Justice et développement, selon la page consacrée à cette assemblée.
Son parcours raconte la place que les listes réservées aux femmes ont ouverte dans la vie politique marocaine : soixante sièges sur les 395 de la Chambre, réservés aux femmes au titre de la liste nationale du scrutin de 2016, et sept noms pour l'Istiqlal seul, dont le sien. Elle cumule alors deux mandats, l'un à Rabat, l'autre à Fès, dans un parti historique du Royaume qui construit son opposition sur les bancs régionaux autant que nationaux.
De la liste nationale à la présidence d'un groupe régional de quinze élus, Abla Bouzekri illustre une méthode de travail discrète et consensuelle, celle des commissions parlementaires où se fabrique le texte de loi, et celle des assemblées territoriales où se négocient les budgets d'une région de près de cinq millions d'habitants.
Origines et formation
Wikipédia FR consacre à Abla Bouzekri une notice sobre, publiée en juin 2024, qui la présente comme « une femme politique marocaine » et donne pour seule date de fonction le 14 octobre 2016, début de la dixième législature de la Chambre des représentants. L'article précise sa nationalité, son activité de personnalité politique et son parti, le Parti de l'Istiqlal, sans indiquer ni date de naissance ni ville d'origine : ces éléments ne figurent dans aucune des sources consultées, et il serait inventé de les combler.
Ce que l'on sait du cadre dans lequel elle s'inscrit vient des institutions. La Chambre des représentants, dont le siège est à Rabat, compte 395 députés élus pour cinq ans au suffrage universel direct, au scrutin de liste à la proportionnelle. Une partie des sièges y est réservée : la liste nationale des femmes en concentre soixante, complétée par trente sièges réservés aux jeunes. C'est par cette porte d'entrée, la première partie réservée aux femmes de la circonscription nationale, qu'Abla Bouzekri fait son entrée au Parlement marocain.
Le Parti de l'Istiqlal, formation à laquelle elle appartient, est un parti fondé pour obtenir l'indépendance du Maroc, classé à droite et d'idéologie nationaliste et royaliste selon Wikipédia. À la Chambre des représentants, ses députés siègent dans le groupe « istiqlalien de l'unité et de l'égalitarisme », présidé pour la législature 2016-2021 par Nourdin Moudian, élu dans la circonscription d'Al Hoceïma. Le site officiel de la Chambre y recense Abla Bouzekri, élue de la première partie réservée aux femmes, affectée à la Commission de justice, législation et des droits de l'homme.
Le document officiel de la liste des élus publié par la Chambre confirme le classement : dans le bloc « Parti de l'Istiqlal » de la première partie réservée aux femmes, sept noms apparaissent, celui d'Abla Bouzekri en troisième position, entre Aziza Abba et Imane Ben Rabia. La même source officielle attribue au Parti authenticité et modernité quatorze noms sur ce même segment, illustrant le poids relatif des deux formations dans la conquête des sièges féminins.
Parcours professionnel
Le scrutin du 7 octobre 2016 est le fait fondateur du parcours parlementaire d'Abla Bouzekri. Médias24 a publié le 17 octobre 2016 la liste officielle et complète des 395 députés élus, rendue publique par la Chambre des représentants dix jours après le scrutin, au moment où le ministère de l'Intérieur n'avait même pas encore publié les résultats globaux par parti. Dans la rubrique « Liste des femmes (60 sièges) », la section PI porte les sept noms de l'Istiqlal : Saida Ait Bouali, Aziza Abba, Abla Bouzakri, Imane Ben Rabia, Khadija Radouani, Mounira Rahoui, Rafia Mansouri.
Les chiffres du scrutin, relevés sur la page Wikipédia des élections législatives marocaines de 2016, situent le rapport de forces dans lequel elle siège : le Parti de la justice et du développement arrive en tête avec 125 sièges sur 395, le Parti authenticité et modernité en obtient 102, et l'Istiqlal 46, dont 11 sur la liste nationale. Le scrutin totalise 6 640 626 voix dans les circonscriptions locales et 5 806 004 voix dans les circonscriptions nationales, pour 90 sièges à pourvoir au niveau national. La législature s'ouvre officiellement le 14 octobre 2016.
À la Chambre, Abla Bouzekri rejoint le groupe parlementaire istiqlalien et la Commission de justice, législation et des droits de l'homme, l'une des commissions permanentes chargées de l'examen des textes législatifs et du contrôle de la conformité des lois. Ce choix de commission, relevé par l'annuaire des parlementaires cité par Wikipédia, la place au cœur du travail de codification : projets de loi, révisions du code de la famille, questions relatives aux droits fondamentaux et à l'accès à la justice y sont débattus.
En parallèle, son mandat régional se lit dans la page Wikipédia du conseil régional de Fès-Meknès. Cette assemblée, composée de 69 conseillers régionaux élus pour six ans au suffrage universel direct, est structurée en sept commissions permanentes. La composition du conseil sur la mandature 2015-2021 y est détaillée : le groupe Istiqlal, avec quinze conseillers, est présidé par Abla Bouzekri et figure en statut d'opposition, face au groupe Justice et développement, majoritaire avec vingt-deux sièges et présidé par Mohammed El Harti.
Réalisations et impact
La réalisation la plus documentée d'Abla Bouzekri est cette présidence de groupe régional. Présider le groupe Istiqlal au conseil régional de Fès-Meknès, c'est coordonner l'opposition de quinze conseillers sur les dossiers d'une région qui regroupe Fès, Meknès et leurs provinces, dotée depuis la décentralisation de compétences en matière de développement économique, d'infrastructures et de gestion des ressources. La même page indique que le conseil est présidé depuis 2021 par Abdelouahad El Ansari, élu à la tête de l'assemblée le 22 septembre 2021, tandis que la mandature antérieure était dirigée par Mohand Laenser, du Mouvement populaire, de 2015 à 2021.
L'ancienneté du groupe dans l'opposition est un autre fait mesurable : le tableau d'historique de Wikipédia montre que l'Istiqlal disposait déjà de quinze conseillers régionaux en 2015, au moment où le Mouvement populaire et le Rassemblement national des indépendants entraient dans la majorité avec le Parti de la justice et du développement. La stabilité de ces quinze sièges sur la mandature témoigne d'une implantation régionale que la présidence de groupe traduit en influence sur l'ordre du jour.
Au niveau national, l'impact se mesure au travers de la Commission de justice, législation et des droits de l'homme, où s'élaborent les textes qui touchent aux libertés publiques. La Chambre des représentants indique par ailleurs que le groupe istiqlalien, pour la même période, est présidé par Nourdin Moudian : Abla Bouzekri y siège aux côtés d'élues et d'élus comme Aziza Abba ou Allal Amraoui, dont le nom apparaît dans les mêmes listings officiels.
Enfin, son profil entre dans une dynamique plus large relevée par Wikipédia : l'article « Abla Bouzekri » est classé dans les catégories « Femme politique marocaine », « Député marocain » et « Personnalité du Parti de l'Istiqlal », et il est relié à la liste des femmes politiques marocaines du parti, aux côtés d'Aawatif Hayar, de Rafia El Mansouri, de Monira Rahoui ou de Khadija Ridouani. Cette indexation collective rappelle que sa trajectoire s'inscrit dans une génération d'istiqlaliennes entrées à la Chambre par les listes réservées.
Ce qu'on retient
Premier enseignement du parcours d'Abla Bouzekri : les listes nationales réservées aux femmes ont produit des mandats réels et cumulés. Loin d'un simple quota d'affichage, le dispositif a permis à sept istiqlaliennes d'entrer à la Chambre en 2016, et à l'une d'entre elles, Abla Bouzekri, de présider un groupe de quinze conseillers régionaux dans la région de Fès-Meknès. Le double mandat, national et territorial, est la marque de cette génération.
Deuxième leçon : l'ancrage local compte autant que l'étiquette nationale. Le groupe Istiqlal conserve quinze conseillers à Fès-Meknès entre 2015 et 2021, un socle constant qui explique qu'une élue issue de la liste nationale se retrouve à la tête du groupe régional. Sans les communes et les provinces, pas de présidence de groupe : la politique marocaine se joue aussi dans les assemblées de région.
Troisième leçon : la commission fait le parlementaire. Membre de la Commission de justice, législation et des droits de l'homme, Abla Bouzekri travaille sur le terrain technique du droit, là où les textes sont amendés avant le vote. C'est un rôle peu spectaculaire, souvent invisible dans la presse, mais décisif pour qui veut peser sur la législation plutôt que sur le commentaire.
Enfin, sa trajectoire rappelle la place de l'Istiqlal, parti historique du Royaume, dans l'opposition régionale comme nationale après 2016. Quarante-six sièges à la Chambre, quinze conseillers à Fès-Meknès, un groupe parlementaire présidé par un autre élu : Abla Bouzekri est l'un des visages discrets de cette reconstruction, celui d'une élue qui travaille la structure avant la tribune.
Questions fréquentes
Dans quel parti siège Abla Bouzekri ?
Abla Bouzekri siège au Parti de l'Istiqlal. Elle a été élue députée sur la liste nationale des femmes sous cette étiquette lors des élections législatives du 7 octobre 2016, et elle appartient au groupe parlementaire istiqlalien de la Chambre des représentants, dont la présidence était assurée pour la législature 2016-2021 par Nourdin Moudian.
Quelle commission parlementaire a-t-elle intégrée ?
Elle est membre de la Commission de justice, législation et des droits de l'homme de la Chambre des représentants, selon l'annuaire des parlementaires cité par son article de Wikipédia. Cette commission traite des projets et propositions de loi relatifs au droit, aux libertés publiques et à la protection des droits fondamentaux.
Quel rôle a-t-elle au conseil régional de Fès-Meknès ?
Elle a présidé le groupe Istiqlal du conseil régional de Fès-Meknès, qui réunissait quinze conseillers régionaux en statut d'opposition sur la mandature 2015-2021. L'assemblée compte au total 69 élus, et le groupe majoritaire, Justice et développement, en comptait vingt-deux sous la présidence de Mohammed El Harti.
Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Asmaa Chaâbi et Aawatif Hayar.
Sources : Wikipédia — Abla Bouzekri · Médias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikipédia — Conseil régional de Fès-Meknès · Chambre des représentants — Groupe istiqlalien de l'unité et de l'égalitarisme · Chambre des représentants — Liste officielle des élus 2016
À propos de l'auteure
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