Aicha Farih : la députée PAM élue par la liste des jeunes
Élue en 2016 sur la liste nationale jeunes du PAM, elle a siégé cinq ans à la commission enseignement, culture et communication et à la mission sur l'Agence marocaine de presse.
La Rédaction
Rédaction La Marocaine
📑 Sommaire
Aicha Farih est une femme politique marocaine, originaire de Casablanca, membre du Parti authenticité et modernité (PAM). Le 7 octobre 2016, elle fait son entrée à la Chambre des représentants au titre de la circonscription électorale nationale, deuxième partie, réservée aux jeunes des deux sexes, et rejoint le groupe parlementaire du PAM ainsi que la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication. Sa fiche officielle sur le site de la Chambre des représentants situe ce mandat dans la législature 2016-2021.
Le parcours d'Aicha Farih est d'abord celui d'une élue venue des listes nationales, c'est-à-dire d'un scrutin qui ne se joue ni dans une circonscription locale ni sur un fief, mais sur la capacité d'un parti à présenter un visage jeune et crédible au niveau du Royaume. Cette voie, plus discrète que les batailles municipales, lui a permis de siéger dans une commission qui touche à trois chantiers sensibles de la vie publique marocaine : l'école, la culture et les médias. Elle y a croisé, au fil des années, des dossiers aussi différents que la politique de presse nationale ou la disponibilité des équipements de protection sanitaire.
Sa trajectoire s'inscrit aussi dans l'histoire récente d'un parti, le PAM, créé en 2008 et longtemps placé dans l'opposition, avant de participer au gouvernement en 2021 puis de remporter les élections du 23 septembre 2026 avec 97 sièges sur 395. Comprendre Aicha Farih, c'est donc lire une génération de femmes parlementaires marocaines qui ont appris leur métier dans une opposition devenue, sept ans plus tard, la première force politique du Royaume.
Origines et formation
Aicha Farih est originaire de la ville de Casablanca, la métropole économique du Maroc et l'un des deux pôles autour desquels s'organise la vie politique nationale. C'est cette ville, devenue en 2015 une région à part entière, Casablanca-Settat, qui a façonné son environnement militant. Selon les données associées à sa notice sur Wikidata, elle parle l'arabe et l'amazigh, cette dernière langue étant indiquée comme sa langue maternelle : un détail qui rappelle que le Maroc parlementaire reste un carrefour de langues et de territoires, où l'identité régionale n'est jamais un simple décor.
La formation qui compte dans sa trajectoire n'est pas universitaire mais partisane. C'est le Parti authenticité et modernité qui a fait d'elle une parlementaire, en retenant son nom en 2016 pour sa liste nationale « jeunes ». Ce parti a été créé le 7 août 2008 par Fouad Ali El Himma, alors conseiller du roi Mohammed VI, par la fusion de cinq formations politiques marocaines. Il se positionne officiellement au centre gauche, affiche une identité moderniste et libérale sur les questions de société, et s'est donné pour vocation de constituer une alternative à la montée du Parti de la justice et du développement. Ses adversaires lui ont reproché sa proximité avec le pouvoir, au point de le qualifier de « parti du Palais ».
Dans la hiérarchie interne du PAM, la formation passe par plusieurs étapes : les congrès nationaux, les commissions thématiques, puis les organisations parallèles, notamment l'organisation des femmes et celle de la jeunesse, chargée de recruter les profils jeunes du parti. Aicha Farih est l'une de ces profils retenus par l'organisation de jeunesse. Depuis son cinquième congrès national, en février 2024, le PAM est dirigé par une direction collégiale, une première dans l'histoire des partis marocains : une mutation d'organisation qui s'est produite après le mandat parlementaire d'Aicha Farih, mais qui prolonge la dynamique de renouvellement dont elle est issue.
Le cadre institutionnel de son élection mérite d'être rappelé. La Chambre des représentants compte 395 sièges, répartis entre des circonscriptions locales et des circonscriptions nationales, ces dernières comportant une première partie réservée aux femmes et une deuxième partie réservée aux jeunes des deux sexes. Aicha Farih a été élue dans cette deuxième partie. En 2016, le scrutin a placé le PJD en tête et le PAM en deuxième position ; le PJD a formé le gouvernement, d'abord sous la direction d'Abdel-Ilah Benkiran, puis, à partir du 17 mars 2017, sous celle de Saâdeddine El Othmani, tandis que le PAM basculait dans l'opposition.
Parcours professionnel
Pendant la législature 2016-2021, Aicha Farih exerce son mandat au sein du groupe Authenticité et modernité et de la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, l'une des commissions permanentes chargées du cadre scolaire et universitaire, des industries culturelles et du secteur des médias. Ce positionnement l'a conduite à suivre de près la politique de communication publique du Royaume, notamment à travers la mission que la Chambre des représentants a confiée à plusieurs de ses membres sur l'Agence marocaine de presse.
La mission exploratoire temporaire sur l'Agence marocaine de presse (MAP) a été mise en place au début de l'année 2019, avec une première réunion de ses membres le 14 janvier 2019. Elle était présidée par Hanane Rahhab et avait pour rapporteure Fatima Saadi ; Aicha Farih en faisait partie, aux côtés de collègues venus de plusieurs groupes, parmi lesquels Abderrahman El Amri, Rachid El Kabil, Manina Mouaden, Amina Fouzizizi, Monira Rahoui, Khadija Ziyani, Amal Arbouch, Abdemajid Fassi-Fihri, Jamal Benchekroun Krimi et Mustapha El Bakkouri. Le travail de la mission s'est étiré sur plus de deux ans : réunions périodiques en salle de la Chambre, visite du siège de la MAP le 23 mai 2019, deuxième visite le 26 juin 2019, visite du bureau de l'agence à Casablanca le 27 juin 2019, puis de nouvelles séances en janvier, février, mai et mai 2021. Le 24 mai 2021, les membres se sont réunis avec le bureau de la commission de l'enseignement, de la culture et de la communication pour l'adoption du rapport final de la mission.
En parallèle, Aicha Farih s'est investie dans la coopération parlementaire internationale. En février 2019, elle rejoint une délégation de femmes parlementaires marocaines envoyée au Pays basque, dans le nord de l'Espagne, à l'invitation du Parlement de cette communauté autonome. La délégation réunissait sept députées venant de tous les groupes : Naima Bihich (PJD), Naima Zidane (Rassemblement constitutionnel), Zineb Kayouh (Istiqlal), Aicha Farih (PAM), Ibtissam Merrass (USFP), Laila Ahkim (Mouvement populaire) et Souad Zaidi (PPS). Les parlementaires ont été reçues par Bakartxo Tejeria, présidente du Parlement basque, en présence de Fatiha El Kamouri, consul général du Maroc à Bilbao. Les échanges ont porté sur la régionalisation avancée lancée par Mohammed VI, la décentralisation, la bonne gouvernance et la participation des femmes à la vie politique. Une réunion a également eu lieu avec la commission des Affaires européennes et de l'action extérieure du Parlement basque, présidée par Jone Berriozabal, avant que la délégation ne poursuive sa visite en Cantabrie.
Sur le terrain national, Aicha Farih a usé des instruments classiques du contrôle parlementaire. Le 4 mars 2020, au tout début de l'épidémie de Covid-19, elle adresse une question écrite au ministre de la Santé pour alerter sur la raréfaction des masques médicaux dans les pharmacies et la hausse brutale de leur prix, provoquée par des spéculations, et pour demander quelles mesures le ministère mettait en œuvre afin de garantir leur disponibilité à un prix accessible aux citoyens. Elle est par ailleurs indiquée comme membre de l'union des parlements des pays membres de l'Organisation de la coopération islamique, une instance de coopération entre assemblées.
Réalisations et impact
Le 29 janvier 2020, Aicha Farih représente le PAM et le Maroc à la neuvième conférence des parlementaires musulmanes, organisée à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Dans son intervention, elle retrace les rôles tenus par les femmes dans les sociétés musulmanes depuis les premiers siècles — poétesses, reines, juristes, guerrières, artistes — avant de revenir à la place centrale de la famille et à l'éducation des générations. Son argument principal tient en une idée : les progrès accomplis, notamment l'intégration des femmes dans la prise de décision, n'effacent pas les difficultés rencontrées dans les zones de conflit.
De cette tribune, elle tire trois revendications concrètes : soutenir les femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux, sur la base de l'égalité ; renforcer leur position économique par des programmes d'insertion dans le marché du travail ; et donner la priorité à l'emploi féminin dans les zones marginalisées et pauvres. Elle y présente l'expérience marocaine comme un exemple, en soulignant notamment la place conquise par les femmes dans les conseils régionaux et communaux, ainsi que l'adoption de la loi criminalisant les violences faites aux femmes.
La mission sur l'Agence marocaine de presse constitue l'autre volet tangible de son mandat. En inspectant, avec ses collègues, le siège de l'agence à Rabat et son bureau de Casablanca, en interrogeant ses dirigeants et en adoptant un rapport final au printemps 2021, la mission a produit un travail d'évaluation sur une institution majeure de la communication publique, dont la modernisation est un sujet récurrent du débat public marocain. Pour une commission qui regroupe enseignement, culture et communication, il s'agissait de traiter l'information comme un service public autant que comme une industrie.
Le bilan de cette mandature se lit aussi dans le contexte politique. Après les élections du 8 septembre 2021, le PAM obtient 87 sièges et entre pour la première fois de son histoire au gouvernement, dans une coalition formée avec le Rassemblement national des indépendants et le Parti de l'Istiqlal, sous la direction d'Aziz Akhannouch. Après cinq années d'opposition, la formation issue de la liste des jeunes d'Aicha Farih devenait ainsi un pilier de la majorité.
Le mouvement s'est confirmé en 2026. Lors des élections législatives du 23 septembre 2026, le PAM arrive en tête avec 97 sièges sur 395, loin devant le RNI, l'Istiqlal et le PJD, et le roi Mohammed VI confie à Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du parti, le soin de former le premier gouvernement dirigé par une femme dans l'histoire du Maroc. Le parcours d'Aicha Farih s'inscrit dans cette trajectoire : une formation partisane enracinée dans l'organisation de jeunesse, un mandat de cinq ans dans les commissions clés, puis une présence régulière sur les scènes parlementaires étrangères.
Ce qu'on retient
Premier enseignement du parcours d'Aicha Farih : les listes nationales ont été, pour toute une génération de femmes marocaines, la porte d'entrée dans la vie publique. La deuxième partie de la circonscription nationale, réservée aux jeunes des deux sexes, permet à des profils sans assise municipale d'accéder à l'hémicycle et d'y apprendre un métier, celui du député : rédiger des questions écrites, suivre une commission, préparer un rapport, défendre une position en séance publique.
Deuxième leçon : l'ancrage partisan compte autant que le mandat. Membre du PAM dans une période où le parti était dans l'opposition, Aicha Farih a travaillé dans une formation qui se transformait en profondeur, jusqu'à l'adoption d'une direction collégiale en 2024 et à la victoire de 2026. Une carrière parlementaire se construit aussi dans les moments où l'on n'est pas au pouvoir.
Troisième leçon : les sujets techniques font des différences. Saisir la question des masques en mars 2020, siéger dans une mission d'inspection sur l'agence de presse nationale, siéger dans une commission qui supervise l'école et les médias : ce sont des dossiers d'apparence austère qui décident de la qualité du service rendu aux citoyens. C'est là que se joue le travail parlementaire le plus concret.
Enfin, la coopération internationale n'est pas un ornement. La délégation basque de 2019 et la conférence de Ouagadougou de 2020 ont permis à une députée marocaine de porter, devant des pairs étrangers, le récit des réformes du Royaume et des revendications des femmes des zones périphériques. C'est cette capacité à faire dialoguer l'échelle locale et l'échelle continentale qui distingue aujourd'hui les parlementaires marocaines les plus visibles.
Questions fréquentes
Quel poste Aicha Farih a-t-elle occupé au Parlement marocain ?
Aicha Farih a été députée à la Chambre des représentants de 2016 à 2021, élue au titre de la circonscription électorale nationale, deuxième partie, réservée aux jeunes des deux sexes, pour le Parti authenticité et modernité. Elle siégeait au sein du groupe parlementaire du PAM et de la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, selon sa fiche officielle publiée par la Chambre des représentants.
Quelle mission parlementaire Aicha Farih a-t-elle menée sur l'Agence marocaine de presse ?
Elle a fait partie de la mission exploratoire temporaire sur l'Agence Marocaine de Presse, mise en place en janvier 2019 sous la présidence de Hanane Rahhab et avec Fatima Saadi comme rapporteure. Entre 2019 et 2021, la mission a tenu de nombreuses réunions, visité le siège de l'agence à Rabat et son bureau de Casablanca, puis adopté son rapport final le 24 mai 2021.
Aicha Farih a-t-elle représenté le Maroc à l'étranger ?
Oui, à deux reprises au moins, selon les sources consultées. En février 2019, elle rejoint une délégation de sept femmes parlementaires marocaines reçue au Pays basque par la présidente du Parlement régional, Bakartxo Tejeria. En janvier 2020, elle représente le PAM à la neuvième conférence des parlementaires musulmanes, tenue à Ouagadougou, où elle plaide pour l'égalité, l'insertion professionnelle des femmes et la priorité à l'emploi féminin dans les zones marginalisées.
Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Aawatif Hayar : de l'université au ministère, un parcours de pionnière et Najat Maalla M'jid : des rues de Casablanca à la tribune de l'ONU.
Sources : Wikipédia — Aicha Farih · Chambre des représentants — fiche parlementaire d'Aicha Farih · Chambre des représentants — mission exploratoire temporaire sur l'Agence Marocaine de Presse · Le Libre — Des députées marocaines en visite au Pays basque · PAM — Aicha Farih au sein du député féminin marocain au Pays basque · PAM — Aicha Farih à la 9e conférence des parlementaires musulmanes · Voix du Souss — Question écrite d'Aicha Farih au ministre de la Santé sur les masques · Arabica — Aicha Farih · Wikidata — Aicha Farih · Wikipédia — Parti authenticité et modernité · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2021
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