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Femmes Inspirantes 06 nov. 2026 10 min de lecture

Fatima Taoussi : au Parlement arabe, une loi contre les violences

Députée PAM dès 2016, Fatima Taoussi siège au Parlement arabe, où elle dirige la commission chargée d'un projet de loi contre les violences faites aux femmes.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Fatima Taoussi : au Parlement arabe, une loi contre les violences
📅 Dernière mise à jour : 6 novembre 2026
🏷️ #Politique

Fatima Taoussi est une femme politique marocaine, élue députée sur la liste nationale lors des élections législatives de 2016 avec le Parti authenticité et modernité. Membre du groupe parlementaire du même parti, elle fait partie, selon son article de Wikipédia, de la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants, et l'entrée Wikidata de la personnalité situe le début de son mandat au 14 octobre 2016. C'est une parlementaire de la troisième législature du Parlement arabe, où elle a été choisie, en décembre 2020, pour diriger la commission chargée d'élaborer un projet de loi arabe sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes.

Deux traits structurent sa carrière telle que la documentent les sources : un ancrage dans les instances parlementaires marocaines — commissions, missions d'exploration, délégations officielles — et une projection vers les instances arabes, où les parlementaires marocains siègent au titre d'une représentation nationale tripartite.

Aucune source publique ne donne sa date de naissance ni son parcours d'études : ce silence, qu'il faut assumer plutôt que combler, ne dit rien de la substance de son action. Voici, fait par fait et source par source, ce que l'on peut établir de ce parcours.

Origines et formation

Les sources disponibles sur Fatima Taoussi sont muettes sur son origine familiale et sur sa formation. Son article de Wikipédia se contente de la présenter comme une femme politique marocaine, élue députée dans la liste nationale en 2016 avec le Parti authenticité et modernité, membre du groupe parlementaire du même parti et membre de la Commission des secteurs sociaux. L'entrée Wikidata ajoute le pays de citoyenneté, le parti, la profession de femme politique et les langues parlées — l'arabe et l'amazigh, cette dernière étant indiquée comme langue maternelle. Toute autre précision biographique serait inventée.

Ce que l'on peut reconstituer, c'est le chemin institutionnel qui mène au siège. La Chambre des représentants, chambre basse du Parlement du Maroc, compte 395 membres élus au suffrage universel direct au scrutin de liste à la proportionnelle. 305 sièges sont pourvus dans 92 circonscriptions locales et 90 au titre d'une circonscription nationale unique, dont 60 réservés aux femmes et 30 aux personnes de moins de quarante ans. C'est par cette première partie — la liste nationale des femmes — que la candidate est élue.

Le parti, lui, est récent et identifiable. Le Parti authenticité et modernité est un parti politique marocain de centre gauche créé le 7 août 2008 par Fouad Ali El Himma, conseiller du roi Mohammed VI, par la fusion de cinq formations politiques. Après avoir siégé dans l'opposition entre 2011 et 2021, il participera pour la première fois au gouvernement à la suite des élections de 2021, puis arrivera en tête des élections de 2026 avec 97 sièges sur 395. Lors du scrutin de 2016, le PAM avait obtenu 1 216 552 voix, soit 20,95 % des suffrages, et 102 sièges, dont 21 au titre de la circonscription nationale, selon Wikipédia.

Parcours professionnel

La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016, rendue publique par la Chambre des représentants le 17 octobre, porte dans la rubrique « Liste des femmes (60 sièges) » le nom de Fatima Toussi parmi les quatorze élues du PAM, rapporte Médias24. Le document officiel de la Chambre confirme la même inscription à la circonscription nationale, première partie réservée aux femmes. La graphie « Toussi », utilisée par la Chambre et par les communiqués du Parlement arabe, renvoie à la même personne que la graphie « Taoussi » de Wikipédia.

Élue, la députée siège au sein de la Commission des secteurs sociaux, l'une des neuf commissions permanentes créées par le Règlement intérieur de la Chambre, dans sa version de janvier 2017. Sa présence dans l'appareil législatif se mesure aussi à une mission concrète : elle fait partie, depuis son acceptation le 1er décembre 2020, des membres de la mission d'exploration temporaire chargée de l'Administration des médicaments, de sa situation financière et administrative, de ses relations avec les firmes pharmaceutiques et de son respect des dispositions de la loi 17.04 portant code des médicaments et de la pharmacie. La mission, présidée par Ibtissam Merras et dont Ismail Bekkali est le rapporteur, a programmé des réunions de travail de décembre 2020 à juin 2021, une audition du ministre de la Santé, et des visites dans les laboratoires Pharma 5, Sothema, Cooper Maroc, Pharmaprom, Sun Pharma, Mylan, PHI et GSK, entre Casablanca et Aïn Aouda.

Parallèlement, Fatima Taoussi est l'une des trois représentantes de la Chambre au Parlement arabe, aux côtés d'Abdellatif Ben Yaacoub, du groupe Justice et Développement, et de Bouselham Dich, du groupe du Rassemblement national des indépendants. La délégation a participé, du 7 au 10 avril 2021, à la quatrième séance de la première session de la troisième législature du Parlement arabe, au Caire, ainsi qu'à une réunion d'urgence de l'instance, indique la Chambre des représentants.

Réalisations et impact

La consécration la plus visible de ce parcours est intervenue le 16 décembre 2020. Le Parlement arabe a désigné la parlementaire marocaine Fatima Taoussi pour diriger la commission chargée d'étudier la préparation d'un projet de loi sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes dans le monde arabe. Les membres de la commission des affaires sociales, éducatives, culturelles, féminines et de la jeunesse ont porté leur choix sur « Taoussi du Parti Authenticité et Modernité », précise le communiqué rapporté par l'agence Maghreb Arabe de presse et repris par LeSiteinfo. Le président du Parlement arabe, Adel Ben Abderrahman Al-Asoumi, l'a félicitée « pour la confiance placée en elle » et a exprimé sa confiance « en ses compétences pour accomplir comme il se doit les tâches qui lui ont été confiées ». Hespress a consacré le lendemain le même récit à la désignation.

La décision a été prise en marge de la deuxième session du Parlement arabe, qui a notamment discuté des procédures de création d'une commission mixte de lutte contre le terrorisme et de la coordination des efforts parlementaires arabes dans la lutte contre l'extrémisme. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que la députée est associée à ce dossier : Maghreb Daily News signale, à la première session de la troisième législature, sa désignation comme membre de la commission mixte de lutte contre le terrorisme.

Le contexte donne sa portée à cette mission. Une étude du Réseau des femmes parlementaires arabes pour l'égalité, publiée en février 2020 et rapportée par TelQuel, établit que 79,6 % des femmes parlementaires dans les pays arabes — le Maroc compris — ont déjà subi au moins une forme de violence dans le cadre de leur engagement politique : 47,1 % déclarent des violences verbales ou des propos sexistes et 32,9 % des menaces de mort, de viol, d'enlèvement ou de coups. L'enquête porte sur 210 répondantes issues de quinze pays. La mission confiée à Fatima Taoussi s'inscrit donc dans un chantier législatif régional dont la demande est documentée.

Le Parlement arabe lui-même est une instance encore jeune : créé à l'issue du sommet de la Ligue arabe de 2001, il est décrit par Wikipédia comme un parlement provisoire visant à mettre sur pied un parlement permanent, où les députés seraient élus sur le modèle du Parlement européen. Porter un projet de loi type au sein d'une telle instance revient à poser un socle commun là où la coordination reste en construction.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : une députée de la liste nationale peut devenir une voix régionale. Élue au titre d'un dispositif interne, Fatima Taoussi a été choisie par ses pairs arabes pour diriger une commission chargée d'un texte de loi — une responsabilité qui dépasse largement le cadre national.

Deuxième leçon : le mandat se construit dans les missions de fond. Une mission d'exploration temporaire sur l'Administration des médicaments, avec auditions, visites de laboratoires et travail de commission, est le versant peu médiatique mais déterminant du métier de parlementaire. C'est là que se façonne l'expertise.

Troisième leçon : la délégation parlementaire est un poste d'observation. En siègeant au Parlement arabe aux côtés de deux autres députés issus de groupes différents, la députée du PAM illustre la façon dont le Maroc envoie ses représentants dans les instances régionales, au-delà des clivages partisans.

Enfin, la désignation de décembre 2020 rappelle que la lutte contre les violences faites aux femmes est devenue un objet législatif régional, et que des parlementaires marocaines y occupent une place visible. L'enquête du réseau Ra'Edat, avec ses 79,6 % de témoignages, explique pourquoi ce chantier ne souffre aucun délai.

Questions fréquentes

Quel rôle Fatima Taoussi a-t-elle joué au Parlement arabe ?

Le 16 décembre 2020, les membres de la commission des affaires sociales, éducatives, culturelles, féminines et de la jeunesse du Parlement arabe l'ont choisie pour diriger la commission chargée d'élaborer un projet de loi sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes dans le monde arabe. Elle a été félicitée par le président de l'instance, Adel Ben Abderrahman Al-Asoumi.

Quelle fonction a-t-elle occupée à la Chambre des représentants ?

Élue en 2016 sur la liste nationale des femmes du Parti authenticité et modernité, elle est membre de la Commission des secteurs sociaux, l'une des neuf commissions permanentes instituées par le Règlement intérieur de la Chambre en janvier 2017. Elle a également siégé dans la mission d'exploration temporaire chargée de l'Administration des médicaments et du code des médicaments, la loi 17.04.

Représente-t-elle le Maroc dans des instances internationales ?

Oui. Elle est l'une des trois représentantes de la Chambre des représentants au Parlement arabe, avec Abdellatif Ben Yaacoub et Bouselham Dich, et a participé à la quatrième séance de la première session de la troisième législature, tenue au Caire du 7 au 10 avril 2021, ainsi qu'à une réunion d'urgence de l'instance. Elle a aussi été désignée membre de la commission mixte de lutte contre le terrorisme.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Najat Maalla M'jid et Asmaa Chaâbi.

Sources : Wikipédia — Fatima Taoussi · Wikidata — Fatima Taoussi · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikipédia — Parti authenticité et modernité · Wikipédia — Parlement arabe · Chambre des représentants — Liste officielle des députés 2016 · Chambre des représentants — Commissions permanentes · Chambre des représentants — Mission d'exploration sur l'Administration des médicaments · Chambre des représentants — Participation à la troisième législature du Parlement arabe · Chambre des représentants — Réunion d'urgence du Parlement arabe · Médias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · LeSiteinfo avec MAP — Le Parlement arabe charge la Marocaine Fatima Taoussi de cette mission · Hespress — Morocco's Fatima Taoussi Chairs Arab Parliament Committee · Maghreb Daily News — Arab Parliament welcomes HM the King's efforts · TelQuel — Près de 80 % des femmes parlementaires arabes ont subi des formes de violence

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