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Femmes Inspirantes 01 nov. 2026 11 min de lecture

Aicha Sayah : karatéka marocaine, l'or africain à domicile

Née le 10 juin 1998, Aicha Sayah est spécialiste du kumite des moins de 50 kg : argent à Tarragona en 2018, or à Gaborone puis doublé d'or aux Jeux africains de Rabat en 2019.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Aicha Sayah : karatéka marocaine, l'or africain à domicile
📅 Dernière mise à jour : 1er novembre 2026
🏷️ #Sport

Aicha Sayah est une karatéka marocaine née le 10 juin 1998, spécialiste du kumite dans la catégorie des moins de 50 kg. En deux saisons, elle est passée de la finale perdue des Jeux méditerranéens de 2018 à Tarragona au doublé continental remporté à domicile, en août 2019, sur les tatamis du Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat. La Fédération Royale Marocaine de Karaté et Disciplines Associées l'a alignée aussi bien en compétition individuelle qu'en équipes, où elle a partagé le titre continental avec Khawla Ouhammad, Fatima-Zahra Chajai et Btissam Sadini.

Sa trajectoire se lit comme une progression régulière : une médaille d'argent en Espagne, deux médailles aux Championnats d'Afrique de Kigali, un titre continental au Botswana, puis un doublé d'or aux Jeux africains organisés par le Maroc. À chaque étape, la même adversaire revient au tableau : l'Égyptienne Radwa Sayed, finaliste battue puis deux fois, en finale des Jeux africains de 2019 puis au tournoi UFAK de Tanger en février 2020.

Le cadre général est celui d'une nation qui domine le karaté continental : au terme des Jeux africains de 2019, la presse marocaine recense quinze médailles pour le royaume, dont neuf en or, et la fédération mondiale publie un classement où le Maroc occupe la première place. Aicha Sayah est l'une des trois championnes individuelles de ce bilan, aux côtés de Sanae Agalmam au kata et de Nisrine Brouk en kumite.

Origines et formation

Les sources disponibles sur Aicha Sayah sont d'abord des sources sportives : Wikipédia en français lui donne une date de naissance, le 10 juin 1998, et une nationalité marocaine, tandis que sa fiche Wikidata précise qu'elle parle arabe et berbère et qu'elle est karatéka de haut niveau. Aucun des articles consultés ne raconte son enfance, son club d'origine ou le nom de son premier entraîneur : c'est un parcours qui se documente par le palmarès, pas par la biographie familiale. Rien n'est donc avancé ici sur ces points.

Ce que l'on sait, c'est le système dans lequel elle s'inscrit. Le karaté marocain de haut niveau est piloté par la Fédération Royale Marocaine de Karaté et Disciplines Associées, dont le secrétaire général, Abdelhay El Kantaoui, a décrit à l'agence MAP les conditions de la performance nationale : plusieurs phases de préparation, dont le championnat d'Afrique organisé au Botswana — où le Maroc a raflé onze médailles d'or — et le championnat arabe organisé en Tunisie, où il a gagné quatre médailles d'or. Il a également souligné le rôle de la « symbiose » entre les membres de l'équipe nationale et un staff technique renforcé par le recrutement d'entraîneurs égyptiens.

La catégorie des moins de 50 kg est la plus légère du kumite féminin, et c'est celle que Wikipédia, la fédération mondiale et les bases de résultats attribuent toutes à Aicha Sayah. Deux disciplines se distinguent dans ces compétitions : le kata, forme exécutée seule et notée par un jury, et le kumite, le combat opposant deux karatékas sur le tatami, dont les épreuves se disputent en individuel et par équipes. Aicha Sayah évolue en kumite, en individuel comme dans la composition par équipes que le Maroc a alignée aux Jeux africains de 2019.

Son apparition sur la scène continentuelle est datée : en 2018, elle est déjà décrite comme championne continentale en titre par la fédération mondiale, qui la présente comme la « promising local karateka » de la finale des moins de 50 kg aux Jeux africains. Cette réputation se construit donc avant le titre de Rabat, sur les titres remportés aux Championnats d'Afrique et sur une série de victoires en finale ou en demi-finale qui l'ont installée en tête de sa catégorie.

Parcours professionnel

La saison 2018 ouvre le palmarès international d'Aicha Sayah. Aux Jeux méditerranéens de Tarragona, en Espagne, elle conquiert la médaille d'argent des moins de 50 kg, perdant en finale face à la Serbe Jelena Milivojčević. La même année, elle se rend aux Championnats d'Afrique de Kigali, au Rwanda, d'où elle repart avec deux médailles : l'argent en moins de 50 kg et le bronze du kumite par équipes. Deux podiums en une année, sur deux continents de compétition différents, posent la base de la saison suivante.

2019 commence par un titre. Aicha Sayah remporte la médaille d'or du kumite des moins de 50 kg aux Championnats d'Afrique de karaté de Gaborone, au Botswana. La fédération mondiale note alors que la finale des Jeux africains, trois semaines plus tard, sera la répétition de celle qui s'était jouée à l'UFAK quelques mois plus tôt : elle opposera la Marocaine à l'Égyptienne Radwa Sayed, médaille d'argent continentale. La préparation marocaine passe d'ailleurs par ce même championnat d'Afrique du Botswana, dont le secrétaire général de la fédération a fait un jalon de la préparation des Jeux.

La demi-finale des Jeux africains à Rabat oppose Aicha Sayah à la Congolaise Fatoumata Diabaté Pembe, qu'elle bat 3 à 0. Elle se qualifie ainsi pour la finale du 26 août, en même temps que Radwa Sayed, finaliste de l'édition précédente. La veille de cette finale, la presse marocaine annonce le bilan de la huitième journée des Jeux : quinze médailles pour le karaté marocain, dont neuf d'or, dont celle de Sayah Aicha dans la catégorie moins de 50 kg. L'équipe nationale dames a par ailleurs remporté le kumite par équipes et le kata par équipes, tandis que Nisrin Brouk (-68 kg), Sanae Agalmam (kata individuel), Achraf Ouchene (+84 kg), Abderrahmane Eddaqaq (-67 kg) et Mohamed El Hanni (kata individuel) complètent la liste des titres.

Après Rabat, le cycle international se poursuit : le 9 février 2020, aux Championnats d'Afrique UFAK Senior & Junior de Tanger, Aicha Sayah choque à nouveau la favorite égyptienne Radwa Sayed en finale des moins de 50 kg, cette fois sur le score de 1 à 0. Le Maroc termine ce tournoi en tête du tableau des médailles, avec trente-six médailles dont quatorze en or. Le même article de la fédération mondiale cite Adnane Elhakimi, Giana Lotfy et Feryal Abdelaziz parmi les autres têtes d'affiche du tournoi marocain.

Réalisations et impact

Le titre qui compte est celui de Rabat. Le 26 août 2019, aux Jeux africains organisés par le Maroc sous le haut patronage du roi Mohammed VI, Aicha Sayah s'impose en finale des moins de 50 kg face à Radwa Sayed sur le score de 4 à 0. La fédération mondiale décrit la scène ainsi : « Aicha Sayah surprised favourite Radwa Sayed of Egypt and won the crown in Female Kumite -50kg with a 4-0 triumph in the final. » Le tableau final de l'épreuve confirme l'ordre : Aicha Sayah (MAR) devant Sayed Radwa (EGY), avec l'Algérienne Imane Taleb et la Congolaise Fatoumata Diabaté Pembé à la troisième place.

La journée est aussi celle de l'équipe. Le kumite par équipes féminin se remporte avec Khawla Ouhammad, Fatima-Zahra Chajai, Btissam Sadini et Aicha Sayah dans la composition marocaine, face aux équipes de la République du Congo, de l'Algérie et du Sénégal. Le Maroc a alors déjà acquis la première place du tableau des médailles de l'épreuve de karaté, neuf titres au compteur, et la fédération mondiale rappelle que le royaume a réuni quatorze médailles au total dans sa compétition, contre onze à l'Égypte et quatre à l'Algérie selon le décompte qu'elle publie. Les médias marocains, eux, annoncent quinze médailles — neuf d'or, quatre d'argent, deux de bronze — à l'issue de la huitième journée.

Au-delà du chiffre, la portée est collective : les résultats ont été salués par Abdelhay El Kantaoui, secrétaire général de la Fédération Royale marocaine de karaté, qui a vu dans ces performances la preuve de phases de préparation menées à bien, du Botswana à la Tunisie, et d'un staff technique renforcé. Les Jeux africains de 2019 se déroulaient du 19 au 31 août dans les villes de Rabat, Salé, Témara, Casablanca, Benslimane et El Jadida, avec près de 6 500 athlètes : le titre de Sayah s'inscrit donc dans une compétition continentale de grande ampleur, organisée à domicile.

Le palmarès complet de l'athlète, tel qu'il figure sur Wikipédia et dans les bases de résultats, tient en cinq lignes majeures : l'argent méditerranéen de 2018 à Tarragona, l'argent et le bronze africains de Kigali en 2018, l'or de Gaborone en 2019, les deux ors de Rabat en 2019, et un titre UFAK obtenu à Tanger en 2020. Il faut y ajouter la place de finaliste qu'elle a occupée deux fois de suite face à la même adversaire, signe d'une domination de catégorie plus que d'un succès isolé.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : le temps court du sport de haut niveau. Entre la finale perdue à Tarragona, en 2018, et l'or remporté à Rabat, en août 2019, il s'écoule à peine plus d'une année. La séquence est classique dans les sports de combat — un revers en finale, puis une revanche contre la même adversaire — mais elle suppose une progression mesurée au demi-point :3 à 0 en demi-finale, 4 à 0 en finale, puis 1 à 0 un an plus tard à Tanger.

Deuxième leçon : la performance individuelle ne se sépare pas de l'équipe. Aicha Sayah a gagné en individuel et dans la composition par équipes du kumite, au même tournoi, avec Khawla Ouhammad, Fatima-Zahra Chajai et Btissam Sadini. Le bilan marocain de ces Jeux africains — neuf titres, dont ceux de Sanae Agalmam, de Nisrine Brouk et de plusieurs karatékas masculins — est le résultat d'un collectif, ce que la fédération elle-même a présenté comme une « symbiose » entre athlètes et staff technique.

Troisième leçon : la régularité vaut autant que le titre. Un seul sacre aurait pu être un accident de parcours ; le dossier en révèle plusieurs, répartis sur trois compétitions différentes — méditerranéenne, continentale, africaine — et sur trois années consécutives. C'est cette continuité qui a conduit la fédération mondiale à la décrire, avant la finale de Rabat, comme la championne continentale en titre de la catégorie.

Enfin, son parcours rappelle que le sport féminin marocain s'appuie sur des filières identifiées : une fédération nationale, un staff technique renforcé, des tournois de préparation et des compétitions organisées à domicile. La génération à laquelle appartient Aicha Sayah — avec Nisrine Brouk, Sanae Agalmam, Khawla Ouhammad, Btissam Sadini — a profité de ce dispositif pour convertir des phases de préparation en médailles, du Botswana à Rabat en passant par Kigali et Tarragona.

Questions fréquentes

Quel est le palmarès d'Aicha Sayah ?

Aicha Sayah est médaillée d'argent du kumite des moins de 50 kg aux Jeux méditerranéens de 2018 à Tarragona, puis médaillée d'argent et de bronze aux Championnats d'Afrique de Kigali la même année. Elle remporte l'or du kumite des moins de 50 kg aux Championnats d'Afrique de 2019 à Gaborone, l'or en individuel et l'or par équipes aux Jeux africains de 2019 à Rabat, et l'or des moins de 50 kg aux Championnats UFAK de Tanger en février 2020.

Contre qui Aicha Sayah a-t-elle gagné la finale des Jeux africains de 2019 ?

Elle a battu l'Égyptienne Radwa Sayed sur le score de 4 à 0 en finale des moins de 50 kg, le 26 août 2019, au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat. La même adversaire avait été battue en demi-finale la veille — Aicha Sayah l'avait emporté 3 à 0 sur la Congolaise Fatoumata Diabaté Pembe — et elle sera de nouveau battue par la Marocaine en finale du tournoi UFAK de Tanger, en février 2020, sur le score de 1 à 0.

Dans quelle catégorie Aicha Sayah évolue-t-elle ?

Elle combat dans la catégorie des moins de 50 kg, la plus légère des épreuves de kumite féminin, et elle représente le Maroc tant en compétition individuelle qu'en kumite par équipes. Sa fiche Wikidata indique qu'elle est karatéka de nationalité marocaine et que ses langues parlées sont l'arabe et le berbère.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Hasna Benhassi et Najat El Garaa.

Sources : Wikipédia — Aicha Sayah · WKF — Moroccan karatekas leave their mark in day 1 of Karate at African Games · WKF — Morocco top medal table of Karate at African Games · WKF — Kings and queens of African Karate crowned in Tangier · Libération — Bonne performance des karatékas marocains · Atlas Info — Jeux africains 2019 : le Maroc rafle 15 médailles dont 9 en or · Wikipédia — Karaté aux Jeux africains de 2019 · Wikidata — Aicha Sayah (Q60036071)

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