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Femmes Inspirantes 31 oct. 2026 11 min de lecture

Hasna Benhassi : d'Athènes à Pékin, dix ans de podiums au 800 m

Portrait de la championne olympique du 800 m, médaillée à Athènes et Pékin.

LR

La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Hasna Benhassi : d'Athènes à Pékin, dix ans de podiums au 800 m
📅 Dernière mise à jour : 31 octobre 2026

Hasna Benhassi est une athlète marocaine, spécialiste des courses de demi-fond, née le 1er juin 1978 à Marrakech. Médaillée d'argent olympique du 800 mètres à Athènes en 2004, médaillée de bronze sur la même distance à Pékin en 2008, championne du monde en salle du 1 500 mètres à Lisbonne en 2001 et deux fois vice-championne du monde en pleine piste, elle a monté sur les podiums des plus grandes compétitions internationales pendant plus d'une décennie.

Sa trajectoire raconte une histoire de patience et de régularité plutôt que d'éclat instantané. Installée au sommet du demi-fond mondial féminin aux côtés de la Mozambicaine Maria Mutola, qu'elle côtoyait et affrontait au quotidien, elle a obtenu quatre médailles majeures sur quatre championnats consécutifs — l'argent à Athènes 2004, à Helsinki 2005 et à Osaka 2007, le bronze à Pékin 2008 — sans jamais perdre sa place parmi les meilleures. C'est cette longévité, plus encore qu'un titre unique, qui a fait d'elle l'une des figures les plus respectées de l'athlétisme marocain et une référence pour les coureuses qui ont suivi.

Origines et formation

Hasna Benhassi naît à Marrakech le 1er juin 1978. Mesurant 1,66 m pour 47 kilos selon sa fiche olympique, elle est avant tout une coureuse de fond, spécialiste des 800 et 1 500 mètres, deux distances qui demandent à la fois la vitesse du sprinter et l'endurance du fondiste. Ses premiers pas sur les pistes se font au club de Sidi Youssef Ben Ali, un quartier populaire de Marrakech, avant qu'elle ne rejoigne l'Institut national d'athlétisme de Rabat en 1996, la structure qui a formé la plupart des grands talents de l'athlétisme marocain.

La même année 1996, à peine installée dans ce nouveau cadre, elle se qualifie pour les demi-finales du 800 mètres des championnats du monde juniors à Sydney : un premier signe, à dix-huit ans, qu'elle appartient déjà au groupe des athlètes les plus prometteuses de sa génération. L'année suivante vient la première véritable consécration. Aux Jeux méditerranéens de Bari, en 1997, elle décroche la médaille d'or du 800 mètres — le Comité national olympique marocain inscrit d'ailleurs cette performance à son palmarès olympique officiel. Quelques semaines plus tard, elle ajoute un nouveau métal lors des championnats des Jeux panarabes, organisés au Liban.

La confirmation arrive à Dakar, en 1998, où elle monte sur la deuxième marche du 800 mètres des championnats d'Afrique. Puis, en l'an 2000, à Alger, elle devient championne d'Afrique du 800 mètres et vice-championne d'Afrique du relais 4 × 400 mètres. C'est dans cette foulée qu'elle franchit un cap décisif : après des débuts marqués par la découverte des grands rendez-vous, la Marrakchia est désormais comptée parmi les athlètes redoutées du continent.

De Sydney à Athènes, la route du podium

Sydney, en 2000, est son premier Jeux olympiques d'été. Elle s'y classe huitième du 800 mètres en finale et déclare forfait sur 1 500 mètres. C'est une déception, qu'elle racontera plus tard sans détour : elle attribue cette finale manquée à son manque d'expérience à l'époque, elle qui arrivait pour la première fois dans un tel rendez-vous. Elle garde de Sydney une leçon qu'elle emporte dans ses valises, et qu'elle aura quatre ans plus tard l'occasion d'appliquer.

Entre-temps, elle se fait remarquer sur la piste couverte. En 2001, aux championnats du monde en salle de Lisbonne, elle s'impose sur le 1 500 mètres en 4 min 10 s 83 et devient championne du monde en salle. Cette médaille d'or, la première grande consécration internationale de sa carrière, démontre qu'elle n'est pas une spécialiste étroite du seul 800 mètres : elle court aussi loin, et elle gagne. En 2002, à Tunis, elle complète son palmarès africain par une médaille de bronze sur 1 500 mètres (4 min 20 s 15), avant d'établir, en 2003, sa meilleure performance sur la distance : 4 min 02 s 54.

Puis vient Athènes, le 23 août 2004. Dans une finale olympique du 800 mètres où se retrouvent les meilleures spécialistes du moment, Hasna Benhassi termine deuxième en 1 min 56 s 43, un nouveau record national du Maroc. Seulement cinq dixièmes de seconde séparent la vainqueur, la Britannique Kelly Holmes, de ses deux poursuivantes : la Marocaise et la Slovène Jolanda Čeplak, créditées exactement du même temps, l'argent pour l'une, le bronze pour l'autre selon l'ordre d'arrivée. L'agence MAP, relayée par Le Matin, souligne à l'époque qu'elle « s'entraîne régulièrement avec la grande favorite » de l'épreuve, la Mozambicaine Maria Mutola : la finale athénienne se joue donc aussi dans un environnement qu'elle connaît mieux que quiconque.

Athènes 2004 : l'argent et la reconnaissance

Cet argent olympique est un événement national. Le Matin, dans son édition du 23 août 2004, titre que Hasna Benhassi « offre la première médaille au Maroc » lors de ces Jeux, et qualifie son exploit d'« extraordinaire », notant qu'il marque son retour après une maladie. Pour une athlète qui avait manqué la médaille quatre ans plus tôt à Sydney, la boucle se referme dans les meilleures conditions possibles : le chrono, la médaille et le record national.

La reconnaissance institutionnelle suit de près. Le 8 septembre 2004, lors d'une cérémonie au palais royal, le roi Mohammed VI décore Hicham El Guerrouj et Hasna Benhassi ; l'athlète marocaine reçoit l'Ordre du Mérite national au grade d'officier, distinction confirmée ensuite par son palmarès officiel. Quelques semaines plus tard, elle est élue sportive marocaine de l'année, au titre d'un palmarès organisé par la fédération internationale d'athlétisme à partir d'un sondage mené auprès d'une quarantaine de médias.

La saison 2005 qui suit est l'une des plus régulières de sa carrière. Seconde de la Finale mondiale d'athlétisme, elle remporte sept des neuf meetings auxquels elle participe et prend, après le meeting de Madrid, la première place du classement mondial du 800 mètres — un trône occupé par Maria Mutola depuis la création des classements mondiaux, le 1er janvier 2001. Lors du palmarès annuel de l'Agence marocaine de presse, auquel participent 43 médias, elle l'emporte chez les femmes avec 194 points, très loin devant ses concurrentes. C'est l'année où la Marocaine cesse d'être une médaillée ponctuelle pour devenir une constante du circuit mondial.

2005-2008 : l'obstination récompensée

Le demi-fond mondial de cette époque est un terrain très disputé, et les finales se jouent à quelques dixièmes. C'est précisément là que Hasna Benhassi excelle : elle y revient, encore et encore. Vice-championne du monde du 800 mètres à Helsinki en 2005 (1 min 59 s 42), elle décroche le bronze de la même distance aux championnats du monde en salle de Moscou, en 2006 (2 min 00 s 34), puis décroche une nouvelle médaille d'argent aux championnats du monde d'Osaka, en 2007, en 1 min 56 s 99. À Osaka, elle offre au Maroc l'unique médaille de sa délégation, comme le rappelle la presse marocaine de l'époque.

À Pékin, le 18 août 2008, la finale olympique du 800 mètres se déroule devant un stade immense et devant une affiche devenue légendaire : la championne kényane Pamela Jelimo, la tête d'affiche, et Maria Mutola, en quête d'un dernier grand sacre. Partie presque en fond de peloton, la Marocaine remonte à l'entrée du virage, aligne ses rivales épaule contre épaule et, disposant de la pointe de vitesse, conserve sa place sur la ligne. Elle finit troisième en 1 min 56 s 73, derrière Jelimo (1 min 54 s 87) et Janeth Jepkosgei Busienei (1 min 56 s 07), et devant Mutola, cinquième. Surtout, ce bronze met fin à une longue série : il arrive après l'argent des trois grandes compétitions précédentes — Athènes, Helsinki, Osaka. Quatre podiums, quatre années de suite, sur la même distance, dans un domaine où la moindre baisse de régime se paie cash.

La suite est plus difficile. En 2010, une blessure à la cuisse droite la contraint à déclarer forfait pour les championnats du monde en salle de Doha. Ses fiches de performances, elles, témoignent d'une carrière qui continue de courir jusque dans la deuxième partie des années 2000 : 1 min 56 s 43 au 800 mètres (record national, établi à Athènes en 2004) et 2 min 33 s 15 au 1 000 mètres (également record national, en 1999) restent ses meilleures marques personnelles.

Ce qu'on retient

On retient de Hasna Benhassi une manière de courir autant qu'un palmarès : une athlète régulière, patiente, qui a su rester au premier plan pendant plus de dix ans, des championnats du monde juniors de Sydney en 1996 jusqu'aux saisons de fin de carrière. On retient aussi une trajectoire qui a contribué à rendre le 800 mètres marocain visible dans un domaine historiquement dominé par d'autres nations africaines, à côté de figures comme Hicham El Guerrouj ou Jaouad Gharib.

On retient enfin une vie de sportive construite dans la durée, loin des récits de percée soudaine. Mariée à un autre athlète olympique marocain, Mouhssin Chehibi, avec qui elle a une fille prénommée Farah, elle incarne une génération qui a professionnellement établi ce que les générations précédentes commençaient à peine : le sport de haut niveau comme métier, comme projet de vie et comme source d'exemplarité. Pour les jeunes filles qui découvrent aujourd'hui la piste, son nom reste une réponse concrète à une question récurrente : combien de temps faut-il pour y arriver ? Chez elle, la réponse tient en une phrase — du club de Sidi Youssef Ben Ali aux podiums olympiques, il a fallu du temps, de la ténacité, et jamais, jamais l'abandon.

Questions fréquentes

Quel est le palmarès olympique de Hasna Benhassi ?

Hasna Benhassi a participé à trois Jeux olympiques d'été et remporté deux médailles sur 800 mètres : l'argent à Athènes en 2004, en 1 min 56 s 43, un nouveau record national, puis le bronze à Pékin en 2008, en 1 min 56 s 73. À Sydney en 2000, elle s'était classée huitième de la finale.

Quels records Hasna Benhassi détient-elle encore au Maroc ?

Ses meilleures performances, qui font aussi office de records nationaux selon World Athletics, sont 1 min 56 s 43 au 800 mètres, réalisé le 23 août 2004 en finale olympique d'Athènes, et 2 min 33 s 15 au 1 000 mètres, couru le 17 juillet 1999. Au 1 500 mètres, sa meilleure marque est de 4 min 02 s 54, réalisée en 2003.

Hasna Benhassi a-t-elle été championne du monde ?

Oui, sur piste couverte : elle est devenue championne du monde en salle du 1 500 mètres à Lisbonne en 2001, en 4 min 10 s 83. En pleine piste, elle a été vice-championne du monde du 800 mètres à deux reprises, à Helsinki en 2005 (1 min 59 s 42) et à Osaka en 2007 (1 min 56 s 99), ainsi que championne d'Afrique du 800 mètres à Alger en 2000.

Sources

Photo : Eckhard Pecher (utilisateur Arcimboldo) — Wikimedia Commons, licence CC BY 2.5.

Lire aussi : Aawatif Hayar : de l'université au ministère, un parcours de pionnière, l'histoire d'une autre Marocaine qui a ouvert la voie dans un monde d'hommes — la science, là où le sport ouvrait la sienne ; et Nadia Larguet, celle qui, depuis les vestiaires et les terrains, a fait du football marocain son terrain de jeu.

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