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Femmes Inspirantes 02 nov. 2026 11 min de lecture

Amal Boukir : à 24 ans, l'étudiante devenue députée de Larache

Élue députée de Larache en 2016 à 24 ans alors qu'elle était étudiante chercheuse, Amal Boukir siège au groupe parlementaire du PAM et à la Commission des finances et du développement économique.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Amal Boukir : à 24 ans, l'étudiante devenue députée de Larache
📅 Dernière mise à jour : 2 novembre 2026
🏷️ #Politique

Amal Boukir est une femme politique marocaine, membre de la Chambre des représentants pour la circonscription de Larache depuis le 14 octobre 2016. Wikipédia la décrit ainsi : « Amal Boukir (en arabe : امال بوكير) est une femme politique marocaine. Alors qu'elle était étudiante chercheur âgée de 24 ans, Amal Boukir a été élue députée de la circonscription de Larache, lors des élections législatives marocaines de 2016 avec le Parti authenticité et modernité. » Cette phrase, courte comme souvent sur les jeunes parcours parlementaires marocains, contient pourtant déjà trois informations rares : un âge, un statut d'étudiante et une circonscription. Avoir 24 ans en octobre 2016 signifie une naissance aux environs de 1992 — déduction simple, mais déduction : aucune des sources consultées ne donne sa date de naissance exacte.

Ce que l'on sait avec certitude tient en peu de lignes, et c'est précisément ce qui rend le portrait intéressant. Amal Boukir n'est pas une héritière de dynastie politique, du moins rien ne le documente ; elle n'est pas non plus une cadre de parti déjà installée : elle se présente comme étudiante chercheuse, et elle l'emporte dans l'une des provinces les plus disputées du nord du Maroc. La suite — un siège à la Commission des finances et du développement économique, un groupe parlementaire au PAM, une législature entière dans l'hémicycle — se lit dans les registres officiels de la Chambre et dans la presse de la période.

Origines et formation

Sur ses origines, le silence des sources est presque total, et il vaut mieux le dire franchement que de le masquer. L'article de Wikipédia consacré à Amal Boukir ne donne ni lieu de naissance, ni université, ni diplôme, ni discipline de recherche. Sa fiche Wikidata (Q56304128) se limite à quatre éléments : sexe féminin, nationalité marocaine, appartenance au Parti authenticité et modernité et fonction de membre de la Chambre des représentants depuis le 14 octobre 2016. Aucune des sources de presse consultées n'ajoute de détail biographique. Rien ne permet donc d'affirmer qu'elle est née à Larache, ni dans quelle institution elle a mené ses recherches : ce serait inventer.

En revanche, le contexte dans lequel elle émerge est bien documenté. La circonscription de Larache est une circonscription législatives marocaines située dans la province de Larache, en région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Elle compte quatre sièges, pourvus le 7 octobre 2016 au scrutin proportionnel de liste. À la législature précédente, la IXe, elle était représentée par Mohamed Hammani (USFP), Said Khairoun (PJD), Abdallah Elbakkali (Istiqlal) et Mohamed Simou (Mouvement populaire) : aucun siège ne revenait alors au PAM. C'est dans ce paysage, à la fois concurrentiel et sans tradition de victoire pour son parti, qu'Amal Boukir mène sa première campagne.

Le statut d'étudiante chercheuse, précisé par la dépêche de l'Agence Maghreb Arabe Presse du 26 septembre 2016 citée par Wikipédia, n'est pas un détail de communication. Il la range dans la catégorie des candidates jeunes que les partis ont cherché à mettre en avant à partir des réformes de représentation des années 2000 et 2010. TelQuel rappelle que le Maroc a instauré un quota obligatoire de femmes en 2002, complété en 2011 par une disposition en faveur des jeunes : deux mécanismes qui ont structuré l'accès des femmes et des jeunes à la Chambre des représentants. Amal Boukir se situe exactement à la croisée de ces deux filets, mais elle ne leur doit pas son siège : elle le gagne sur une liste locale, c'est-à-dire sans protection de liste nationale.

Parcours professionnel

La campagne d'octobre 2016 se joue à Larache, dans le cadre de quatre sièges à pourvoir et de neuf listes en lice, comme le rappelle l'Agence Maghreb Arabe Presse. Le 5 octobre 2016, le secrétaire général du PAM, Ilyas El Omari, tient un meeting dans la ville et promet de défendre « les attentes de la population de Larache », liées notamment à la promotion d'un enseignement de qualité et à la création d'emplois pour les jeunes ; il qualifie la situation de la ville de « marginalisée » et propose une contractualisation sociale fondée sur le dialogue et la « responsabilisation de la femme ». Le slogan national du parti pour ce scrutin est « Le changement c'est maintenant ». C'est en tête de liste du PAM dans cette province qu'Amal Boukir est présentée au suffrage.

Le scrutin du 7 octobre 2016 renouvelle les 395 sièges de la Chambre des représentants, sur un corps électoral de 15 702 592 inscrits dont 6 640 626 votants, soit 42,29 % de participation. Le Parti de la justice et du développement arrive en tête avec 1 618 963 voix et 125 sièges ; le PAM signe sa meilleure performance de l'époque avec 1 216 552 voix, 20,95 % des suffrages et 102 sièges. À Larache, les quatre élus sont Mohamed Simou (Mouvement populaire), Abdelaziz El Ouadgui (Union constitutionnelle), Mohamed Hamdaoui (PJD) et Amal Boukir (PAM). Wikipédia donne le détail de son score : 11 740 voix, soit 14,25 % des suffrages exprimés dans la circonscription, pour un seul siège au PAM sur les quatre en jeu. Médias24 reprendra le même chiffre en 2021 en la citant parmi les députés sortants de la circonscription.

À partir du 14 octobre 2016, Amal Boukir siège à la Chambre des représentants au titre de la Xe législature, pour la circonscription de Larache. Elle rejoint le groupe parlementaire du PAM et, selon l'annuaire des parlementaires cité par Wikipédia, entre à la Commission des finances et du développement économique. Le règlement intérieur de la Chambre indique que cette commission est composée de 44 membres et traite notamment du projet de loi de finances, de la première partie à la loi de règlement, ainsi que des conventions et accords internationaux à caractère financier. C'est l'une des neuf commissions permanentes de l'institution, la plus exposée au calendrier budgétaire national.

Le parti lui-même est une formation récente : le Parti authenticité et modernité est créé le 7 août 2008 par Fouad Ali El Himma, par la fusion de cinq formations politiques, avec le tracteur pour symbole électoral et un positionnement de centre gauche. Après avoir siégé dans l'opposition entre 2011 et 2021, le PAM entre au gouvernement en 2021 dans une coalition avec le RNI et l'Istiqlal. Amal Boukir appartient donc, à l'arrivée, à un groupe parlementaire qui passe de l'opposition à la majorité au cours de la décennie — un contexte qui encadre son mandat sans que les sources disponibles détaillent son action propre à la Chambre.

Réalisations et impact

Le fait marquant du parcours d'Amal Boukir tient moins à un texte de loi qu'à un rapport de forces. En 2016, TelQuel note que « seulement 10 sièges ont été remportés par des femmes sur les listes locales », en plus des 60 sièges assurés par le quota obligatoire et des quelques élues issues de la liste nationale des jeunes. Amal Boukir figure dans la liste des dix : elle est l'une des cinq candidates du PAM élues dans une circonscription locale, avec Fatima Zahra Mansouri et Jamila Afif à Marrakech, Asmae Chaabi à Essaouira et Wiaam Lmharchi à Ouazzane. La revue de presse de Le360, reprenant Assabah, écrit qu'elle « a tenu tête à l'un des ténors du Mouvement de l'Unité et de la Réforme (MUR) à Larache » : le siège a été arraché, pas hérité.

Le contexte national éclaire la portée de ce résultat. Le même texte de TelQuel rappelle qu'en 2011 les femmes occupaient 67 sièges sur 395, soit 17 %, plaçant le Maroc au 109e rang mondial du classement de l'Union interparlementaire au 1er août 2016. Le quota créé en 2002 a été le levier de ce rattrapage, mais il ne suffit pas : c'est le combat sur les listes locales qui distingue les élues comme Amal Boukir. Le360, de son côté, compte 80 femmes à l'hémicycle à l'issue du scrutin du 7 octobre, dont 20 issues des listes des jeunes et des listes locales, et souligne que neuf femmes ont été élues sur des listes locales — les « plus grandes victoires » du scrutin selon Assabah. À elle seule, la province de Larache apporte une de ces neuf victoires.

Le mandat s'inscrit dans une législature bornée : la Xe législature de la circonscription de Larache court du 8 octobre 2016 au 8 septembre 2021. Le bilan chiffré de la députée au quotidien de l'hémicycle — interventions, questions, votes — n'est pas documenté par les sources consultées, et il serait malhonnête d'en fabriquer un. En revanche, la trajectoire électorale du siège est claire : en août 2021, Médias24 la recense encore parmi les députés sortants de Larache, élue en 2016 avec 11 740 voix ; la même source indique que le scrutin de 2021 voit le PAM céder son quatrième siège de la circonscription à Mohamed Hommani, élu avec 14 510 voix. En 2026, le parti investit de son côté Zineb Simou sur la liste de Larache, dans une province où quatre sièges restent en jeu.

Au-delà des chiffres, l'impact d'un tel parcours se mesure à ce qu'il rend visible : une étudiante chercheuse élue dans une province rurale et urbaine du nord, membre d'une commission réputée technique, dans un hémicycle resté majoritairement masculin. Le portrait d'Amal Boukir rejoint ainsi celui d'autres élues marocaines documentées sur ce site, de Asmaa Chaabi, sa contemporaine élue à Essaouira sous les mêmes couleurs en 2016, à Aawatif Hayar, ingénieure et femme politique, qui ont ouvert la voie d'un mandat féminin moins dépendant des listes nationales.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : l'âge n'est pas un handicap dans la conquête d'un siège. Amal Boukir avait 24 ans et le statut d'étudiante chercheuse lorsqu'elle a été élue, dans une circonscription disputée où le PAM n'avait aucun député sortant. La jeunesse de l'élu marocain n'a rien d'impossible : elle se paie en campagne, en implantation et en capacité à tenir un face-à-face avec des adversaires installés.

Deuxième leçon : le siège local vaut plus que la protection nationale. Le Maroc a construit l'accès des femmes au Parlement sur des listes nationales depuis 2002 ; les dix femmes élues sur listes locales en 2016, dont Amal Boukir, ont obtenu un mandat différent, directement adossé à une circonscription et à ses habitants. C'est ce type d'élection qui transforme une candidate en interlocutrice territoriale.

Troisième leçon : la commission fait le parlementaire. Entrer à la Commission des finances et du développement économique, l'une des neuf commissions permanentes de la Chambre et la plus sollicitée par le calendrier de la loi de finances, c'est accepter un travail de fond, répétitif, peu médiatique mais décisif sur les arbitrages budgétaires du Royaume.

Enfin, l'histoire d'Amal Boukir rappelle que les archives politiques marocaines sont incomplètes : une page Wikipédia de quatre phrases, une fiche Wikidata de quatre lignes, un score, une commission. C'est peu pour faire un bilan, mais assez pour dessiner une trajectoire — celle d'une chercheuse devenue députée d'une province du nord, dans un parlement qui n'a cessé de se féminiser depuis 2002.

Questions fréquentes

Comment Amal Boukir est-elle devenue députée ?

Étudiante chercheuse âgée de 24 ans, elle a été élue députée de la circonscription de Larache le 7 octobre 2016, en tête de liste du Parti authenticité et modernité, avec 11 740 voix et 14,25 % des suffrages exprimés. Son mandat à la Chambre des représentants a commencé le 14 octobre 2016.

À quelle commission parlementaire siège-t-elle ?

Selon l'annuaire des parlementaires de la Chambre des représentants cité par Wikipédia, elle siège à la Commission des finances et du développement économique, composée de 44 membres selon le règlement intérieur de la Chambre, qui étudie notamment le projet de loi de finances. Elle appartient au groupe parlementaire du PAM.

Combien de sièges compte la circonscription de Larache ?

Quatre sièges, en région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. En 2016, ils sont partagés entre Mohamed Simou (Mouvement populaire), Abdelaziz El Ouadgui (Union constitutionnelle), Mohamed Hamdaoui (PJD) et Amal Boukir (PAM) ; neuf listes s'étaient présentées pour les pourvoir.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Asmaa Chaabi et Aawatif Hayar.

Sources : Wikipédia — Amal Boukir · Wikipédia — Circonscription de Larache · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikipédia — Résultats par région des élections législatives de 2016 · Wikipédia — Parti authenticité et modernité · Maroc Diplomatique — Le PAM s'engage à défendre les attentes de la population de Larache · TelQuel — Législatives 2016 : une timide avancée pour les femmes parlementaires · Le360 — Le nouveau Parlement compte 80 femmes · Médias24 — Élections 2021 : où se présentent les chefs de partis ? · Médias24 — À Larache, le RNI parie sur un jeune · Chambre des représentants — Règlement intérieur

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