Khadija Salah-Eddine, ancienne chargée de coordination aux Nations Unies : « Elles ne soupçonnent jamais leur fort potentiel »
Après trente ans de services aux Nations Unies, Khadija Salah-Eddine goûte aujourd’hui une retraite gagnée sur le terrain. Elle a exercé au Bureau du Coordonnateur résident, comme chargée de la coordination, un poste de…
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Rédaction La Marocaine
Après trente ans de services aux Nations Unies, Khadija Salah-Eddine goûte aujourd’hui une retraite gagnée sur le terrain. Elle a exercé au Bureau du Coordonnateur résident, comme chargée de la coordination, un poste de liaison où se croisent agences, bailleurs et gouvernements. De cette longue carrière, elle retient moins les organigrammes que les visages : les rencontres, les peuples, les cultures qui lui ont appris à voir le monde autrement.
Son parcours l’a conduite dans les arènes où se négocient les grandes orientations du développement. Elle a participé aux COP 7 et COP 22, cette dernière à Marrakech, en présence du Secrétaire général des Nations Unies, ainsi qu’à plusieurs retraites des coordonnateurs des pays arabes, à Marrakech, Rabat et Casablanca. Développement durable, Objectifs du millénaire puis Objectifs de développement durable, lutte contre la pauvreté, préservation de l’environnement, inégalités et droits des femmes : autant de thématiques débattues dans ces forums et inscrites dans les conventions internationales signées par le Maroc.
Deux missions l’ont particulièrement marquée. Haïti d’abord, deux ans entre 2004 et 2006, dans un pays d’une pauvreté extrême où le rôle des bailleurs était crucial. La République centrafricaine ensuite, à Bangui en 2013, pays pauvre et politiquement instable, où la Mission de maintien de la paix a contribué à la stabilité régionale ; elle y a porté une action humanitaire auprès des populations démunies, entre aide matérielle et programmes de développement. À ces engagements s’ajoutent deux défis sportifs : le Rallye Aïcha des Gazelles en 2003, sous la bannière des Objectifs du millénaire, et l’ascension du Kilimandjaro en mars 2012 pour dire non à la violence faite aux femmes.
Ces expériences lui ont enseigné le dépassement de soi et l’énergie que l’on ignore détenir. Elle en tire un conseil précis pour les plus jeunes : croire en elles, travailler dur, s’entourer de personnes fiables et bienveillantes. Celle qui a choisi l’humanitaire par vocation et n’a jamais cessé de considérer l’autre comme une priorité le regrette pour elles : « Elles ne soupçonnent jamais leur fort potentiel. »
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