Fadila El Gadi, styliste et designer : « La femme doit compter sur elle, ne compter que sur elle-même »
Styliste et designer, Fadila El Gadi est née à Salé, entre des métiers à tisser et des ateliers de broderie. Cette enfance passée dans un univers de tissus, de costumes traditionnels et de gestes féminins a fait d’elle,…
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Rédaction La Marocaine
Styliste et designer, Fadila El Gadi est née à Salé, entre des métiers à tisser et des ateliers de broderie. Cette enfance passée dans un univers de tissus, de costumes traditionnels et de gestes féminins a fait d’elle, avant même d’en décider, une héritière de savoir-faire. Elle évoque une ambiance simple et raffinée, où l’élégance allait de soi.
La passion est née tôt. À dix ans, elle regarde autour d’elle avec émerveillement : la finesse des costumes, les tissus soyeux, l’habileté des femmes du quartier. Pendant les vacances scolaires, elle rejoint les ateliers de broderie de Salé, comme le voulait l’usage du temps, qui envoyait les filles apprendre le r’bati, le zemmouri ou le fassi. C’est là, dans ces pièces où l’on travaillait la matière, que se sont noués son goût de la couture et son désir de créer. Les femmes de sa famille, très manuelles, portées sur les belles étoffes et les belles robes, ont achevé de lui transmettre ce réflexe.
En 1990, elle s’inscrit dans une école de stylisme à Rabat. Son diplôme en poche, elle installe un petit atelier chez elle, avec la hâte de commencer à créer. Ses premières collections y voient le jour, portées par une exigence qui n’était alors pas toujours assidue, pour des raisons familiales. Puis le travail, la rigueur et la persévérance ont fait leur œuvre : elle vend d’abord ses collections en Italie et ailleurs, avant de développer son activité au Maroc, à Rabat, Tanger et Marrakech.
Sur son secteur, elle porte un regard lucide. La création marocaine connaît une véritable effervescence, avec des talents reconnus ici et ailleurs, mais les structures restent artisanales et la jonction avec l’industrie textile ne s’est pas encore opérée, ce qui limite l’accès aux marchés étrangers. Son ambition est de faire connaître le vêtement marocain à l’international et de protéger un héritage ancestral qui ne demande qu’à être exploité. « La femme doit compter sur elle, ne compter que sur elle-même », insiste-t-elle.
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