Asadullah Nahid, directrice de projets et de communication : « Ce qui résiste persiste, ce que j’embrasse s’efface. »
Asadullah Nahid, quarante-neuf ans, mariée, mère de quatre enfants, franco-maroco-pakistanaise, est directrice de projets et de communication. Son parcours commence à l’écart des sentiers tracés : elle prépare son année…
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Rédaction La Marocaine
Asadullah Nahid, quarante-neuf ans, mariée, mère de quatre enfants, franco-maroco-pakistanaise, est directrice de projets et de communication. Son parcours commence à l’écart des sentiers tracés : elle prépare son année de baccalauréat par correspondance avec le CNED et l’obtient en candidate libre, convaincue très tôt que le système éducatif français tel qu’il fonctionnait ne lui convenait pas. Un semestre en faculté de géographie à Mont-Saint-Aignan, en Seine-Maritime, confirme son sentiment d’être en marge d’un enseignement qui ne la retient pas. Elle se tourne alors vers la sécurité, par goût de servir son pays, intègre une école de formation de police et exerce comme gardienne de la paix.
De cette expérience, elle garde une connaissance aiguë de la complexité du monde social et de la difficile réconciliation entre raison sécuritaire et raison sociale, celle qui exige de comprendre les souffrances des populations en quête d’ascension. Convaincue de la nécessité d’agir à sa place dans l’engagement citoyen, elle quitte la police et fonde l’association Réunis et Rassemblés 2R. Alphabétisation, aide aux devoirs, médiateurs sociaux et sportifs : les programmes se déploient dans le bassin de Mantes-la-Jolie, l’un des espaces urbains où l’assise citoyenne est la plus abîmée. Grâce à des financements croisés des pouvoirs publics et des collectivités, elle recrute dix-huit salariés.
Femme issue d’une minorité dite visible, née et socialisée en France, avec des racines de l’autre côté de la Méditerranée, elle a rejoint l’action collective comme une évidence, au nom d’une société respectueuse des droits humains et méritocratique. Son association a inauguré un cycle de conférences destiné à rapprocher les Marocains de France et d’Europe des débats sur leur pays d’origine, et porte deux projets de fond : des cliniques de la femme en milieu rural et un festival de l’Atlas à l’Himalaya. « Ce qui résiste persiste, ce que j’embrasse s’efface. »
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