Amale El Atrassi, auteure de récits sociétaux : « Le destin traite les gens selon l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes »
Amale El Atrassi est l’auteure de Louve musulmane, un récit dans lequel elle revient sur les moments les plus difficiles de son existence et démonte les absurdités d’une culture dont elle cherche à s’affranchir. Née le…
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Rédaction La Marocaine
Amale El Atrassi est l’auteure de Louve musulmane, un récit dans lequel elle revient sur les moments les plus difficiles de son existence et démonte les absurdités d’une culture dont elle cherche à s’affranchir. Née le 10 juin 1975 à Bourges, dans le Cher, elle est la fille de parents marocains immigrés en France dans les années 1960, son père travaillant à l’usine d’électroménager de Rosières. Elle est mère de quatre enfants et de dix ans l’aînée de son frère Mustapha, comique et animateur de télévision.
Son parcours personnel et familial a été chaotique, la conduisant par les cases de la délinquance et de la prison. L’écriture intervient comme une manière de panser ses plaies et de repartir. Le titre s’impose un jour qu’elle aide son fils Nassim, alors en sixième, à réviser une leçon d’histoire consacrée à la mythologie romaine : un paragraphe évoque la louve, animal nourricier et protecteur, solitaire et chef de meute. Une image qui dit assez, selon elle, son rôle au sein de sa famille d’origine et de celle qu’elle a construite avec son compagnon.
Réédité en format poche le 3 septembre 2014, l’ouvrage se veut sociétal, porteur de plusieurs messages, et susceptible d’aider de nombreuses jeunes femmes. Elle le défend sur les salons du livre et dans les lycées, aime aller à la rencontre des lecteurs ; le livre lui a permis d’avancer et de prendre confiance. Le chemin reste escarpé : elle dit demeurer blacklistée par certains médias français, et raconte être bannie de sa famille, une seule de ses sœurs la soutenant, tandis que son père est revenu vers elle pour lui dire sa fierté.
Un projet d’adaptation cinématographique de son livre la mobilise aujourd’hui. À celles qui veulent réussir, elle affirme d’abord que la femme est un homme comme les autres, avant de renvoyer chacune à l’idée qu’elle se fait d’elle-même. C’est à sa mère, Karima, puis à toutes les femmes, qu’elle destine cette phrase de Louve musulmane : « Le destin traite les gens selon l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. »
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