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Femmes Inspirantes 15 oct. 2026 5 min de lecture

Sofiia Manousha, comédienne installée à Paris : « du chaos naissent les étoiles »

Comédienne installée à Paris, Sofiia Manousha a construit en quelques années une filmographie et une présence publique qui imposent son nom au panorama du cinéma français contemporain. Formée d'abord par seize ans de…

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Rédaction La Marocaine

Sofiia Manousha, comédienne installée à Paris : « du chaos naissent les étoiles »

Comédienne installée à Paris, Sofiia Manousha a construit en quelques années une filmographie et une présence publique qui imposent son nom au panorama du cinéma français contemporain. Formée d'abord par seize ans de piano, elle a débuté au cinéma un peu par hasard, mais cela a été, dit-elle, une évidence. Elle s'est fait connaître avec le film Le noir te vous va si bien, de Jacques Bral, pour lequel elle a obtenu le prix d'interprétation au festival d'Agadir — meilleure actrice —, ainsi que des nominations aux Césars 2013 et aux French Golden Globes. Ces distinctions précoces lancent une trajectoire qu'elle poursuit avec constance, entre cinéma engagé, écriture et projets personnels. Son rôle le plus marquant à ce jour est peut-être celui de Laila dans le film Insoumise, qu'elle vient de tourner. Laila est une jeune révolutionnaire qui se retrouve dans une ferme en Belgique à la suite d'une altercation avec la police au Maroc, et qui va dénoncer l'exploitation des saisonniers dans les fermes agricoles. Pour Sofiia Manousha, c'est un film social engagé qui montre un Maroc moderne et libre — une vision qu'elle défend publiquement et qui s'inscrit dans son attachement au royaume et à ses mutations. Le choix de ce rôle n'est pas un hasard : il prolonge la fascination ancienne qu'elle porte aux histoires et aux personnages qui refusent la résignation. Cette passion pour le cinéma est, selon elle, très ancienne. Elle a toujours voulu être Pocahontas, Mulan, ou une super guerrière avec des super pouvoirs ; faire du cinéma lui permet de rester enfant, et surtout, l'envie de raconter des histoires est toujours très présente — par le piano, la danse, et désormais le cinéma. Elle a grandi avec La Belle et la Bête de Jean Cocteau, Les Choses de la vie de Claude Sautet, bercée par les films de Truffaut et de Bergman. Le cinéma a toujours fait partie de sa vie, et l'écriture vient s'y ajouter : elle travaille à l'écriture de son prochain film, et a réalisé un court métrage, Brûle, avec Willy Cartier, alors en montage. Elle annonce également un tournage avec Talal Selhami, le réalisateur de Mirage, qu'elle apprécie beaucoup. Sofiia Manousha est également l'égérie de la marque de maquillage Niwel, une collaboration qu'elle décrit comme une évidence heureuse. La marque l'a choisie, elle en était très heureuse et très surprise, mais il y a, dit-elle, une cohérence : ce sont des produits sans parabènes, non testés sur les animaux, une marque qui se veut éthique, donc proche des valeurs qu'elle défend. Végétarienne, très concernée par la protection des animaux et de l'environnement, elle trouve dans ce partenariat une continuité entre ses convictions personnelles et son travail d'égérie — une position de plus en plus courante dans l'industrie de la beauté, mais qu'elle revendique comme un choix personnel. Son conseil aux femmes tient en une devise : « du chaos naissent les étoiles ». Il ne faut pas avoir peur de vivre ses rêves, affirme-t-elle ; être actrice est un métier qui repose sur la croyance que l'on a de soi et qu'on transmet aux autres. Sur la femme au Maroc, elle se montre admirative : elle trouve les femmes marocaines modernes, fortes, belles et talentueuses. Elle a rencontré la créatrice Fouzia Naciri, dont elle est absolument fan — une beauté et une élégance, dit-elle —, et soutient également la jeune créatrice Kenza Chaoui, qui est une amie. Elle voit dans le magazine qui la reçoit une belle image de la femme marocaine, moderne et forte. Le parcours de Sofiia Manousha dessine ainsi le portrait d'une artiste qui refuse les frontières : entre France et Maroc, entre piano et cinéma, entre jeu et écriture, entre engagements éthiques et ambitions artistiques. Elle incarne une génération de comédiennes qui ne sépare plus leur carrière de leurs convictions, et pour qui le succès n'est pas une fin, mais un moyen de continuer à raconter des histoires — ces histoires qu'elle voulait toujours raconter, depuis l'enfance, depuis le piano, depuis le rêve de devenir une héroïne de conte. Son conseil aux femmes, sa devise « du chaos naissent les étoiles », n'est pas une formule creuse : c'est le principe qui a guidé sa propre reconversion du piano vers le cinéma, et qui continue de nourrir ses projets d'écriture et de réalisation. En refusant de choisir entre les genres, entre les cultures et entre les métiers de l'image, Sofiia Manousha rappelle que la création, pour une femme marocaine, est aussi un acte de liberté — et qu'une comédienne peut être à la fois une artiste du plateau et une voix de son époque.

LR

À propos de l'auteure

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La rédaction de La Marocaine explore mode, beauté, art de vivre et portraits de femmes inspirantes au Maroc et ailleurs.

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