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Femmes Inspirantes 16 oct. 2026 3 min de lecture

Selma Bennis, citoyenne du monde : « Le plus important, c'est de trouver une paix intérieure »

Née à Djeddah, formée à Paris et installée à Casablanca depuis huit ans, Selma Bennis a fait de ses cultures multiples une force. De la finance parisienne à l'accompagnement d'entrepreneurs, elle raconte un parcours guidé par une seule boussole : la liberté.

LR

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Selma Bennis, citoyenne du monde : « Le plus important, c'est de trouver une paix intérieure »

Selma Bennis, 34 ans, est une professionnelle de l’entrepreneuriat et de l’innovation installée à Casablanca depuis huit ans, mariée et maman de deux enfants. Née en Arabie saoudite d’un père traducteur et d’une mère professeure de philosophie, elle se définit comme une « citoyenne du Monde » : un parcours international qui a façonné sa quête de liberté et son engagement auprès des entrepreneurs.

Enfant d’expatriés à Djeddah, elle grandit entre la mission française et une gated community où les expatriés vivaient à l’écart du monde local. Très tôt, elle apprend à faire l’équilibriste entre ces deux univers et transforme ce paradoxe — quand pour le reste du monde « sortir » signifiait liberté, pour elle c’était le fait de ne pas sortir de ces enceintes — en une leçon d’ouverture. Le contact avec la réalité du pays, où la place de la femme est bafouée, et la frustration de sa mère, privée d’exercer son métier à la hauteur de ses compétences, forgent sa détermination : liberté et statut féminin deviennent pour elle des notions existentielles.

Après le lycée au Lycée Lyautey de Casablanca, elle s’envole à 17 ans pour Paris, où elle obtient un diplôme en finance à Dauphine, rencontre son mari et démarre sa carrière dans un cabinet de conseil, conseillant des fonds d’investissement. De retour au Maroc, elle participe à l’introduction en bourse d’une compagnie d’assurance puis devient responsable de la recherche et des investissements non cotés. Un tournant s’opère quand elle rejoint la fondation d’un grand groupe marocain qui monte un programme dédié à l’entrepreneuriat : créer de l’emploi partout au Maroc en renforçant l’écosystème. Depuis, elle développe une expertise en développement d’écosystème, en responsabilité sociétale et en entrepreneuriat : elle noue des partenariats, sensibilise les jeunes et coache bénévolement des startups, dont beaucoup sont issues de régions reculées ou portées par des femmes analphabètes. « Mon travail est aujourd’hui une leçon d’humilité, de give-back et de reconnaissance envers la vie pour la chance qu’elle m’a donnée. »

Elle poursuit trois ambitions : aider des entrepreneurs, avoir un impact, et pourquoi pas entreprendre un jour à son tour. Son regard sur la femme au Maroc est lucide : si des progrès ont été accomplis, d’importantes inégalités persistent, entre citadines qui disposent d’une petite part d’autonomie et femmes rurales privées d’éducation et de services vitaux ; tant qu’on ne change pas les mentalités, les inégalités persisteront. Pour elle, la réussite est une notion relative : « Le plus important, c’est de trouver une paix intérieure ».

LR

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La rédaction de La Marocaine explore mode, beauté, art de vivre et portraits de femmes inspirantes au Maroc et ailleurs.

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