Saloua Chaaibi, ingénieure d'État et poétesse : « Osez, on ne vivra qu'une fois »
Ingénieure d'État en informatique passée par l'ENSIAS et l'EHTP, Saloua Chaaibi met depuis 14 ans son expertise au service de projets Tech et Digital d'envergure. De la Grande Vitesse au recueil de poésie, elle raconte un parcours où la rigueur technique côtoie la fibre artistique.
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Rédaction La Marocaine
Ingénieure d’État en informatique et poétesse, Saloua Chaaibi, 36 ans, fait cohabiter deux univers que tout semble opposer : la rigueur des systèmes d’information et la liberté de l’écriture. Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Information et d’Analyse des Systèmes (ENSIAS), promotion 2009, elle a prolongé ce parcours technique de haut niveau par un diplôme supérieur en ingénierie de projets à l’École Hassania des Travaux Publics (EHTP), en partenariat avec le Collège Polytechnique de Paris. Parallèlement, elle suit une formation certifiante en design de l’intérieur au Collège La Salle, pour nourrir sa fibre artistique.
Dès 2010, elle obtient la certification Professional Scrum Master à l’issue d’une formation certifiante à Microsoft Chicago — une longue longueur d’avance sur un secteur en mutation. Depuis, elle consacre quatorze ans au service de la technologie et du digital, dans le secteur privé comme public, auprès d’organismes nationaux et internationaux. Parmi les projets qui portent sa signature : le Système d’Information Ligne Grande Vitesse du Maroc et les plateformes digitales du Centre Régional d’Investissement Marrakech-Safi. Le digital n’est pas une mode, loin de là : « C’est un secteur qui ne mourra pas bientôt, c’est plutôt l’avenir », la pandémie de COVID-19 n’ayant fait que le prouver et le propulser.
La perte de son père, dans un accident tragique, a fait basculer son regard sur l’existence. Plongée dans le deuil, elle découvre que l’écriture devient une thérapie et fait paraître un premier recueil de poésie en arabe, Ya Waja3i (« Oh ma douleur ! »). Deux autres rencontres ont marqué sa trajectoire : celle d’un mentor qui lui a fait aimer encore davantage le domaine de la technologie et du digital, et la naissance de son fils, qui lui a donné encore plus d’élan pour poursuivre ses rêves. À ses yeux, la femme marocaine est « une dame exceptionnelle, sacrifiante, aimante et emblématique », qui sait renaître de ses cendres — à condition de l’aider à trouver sa voie et de la laisser faire entendre sa voix.
Reste le message qu’elle adresse à toutes celles qui s’apprêtent à tracer leur chemin, forgé par sa propre expérience : « D’où vous venez ne définit pas ce que vous serez. Tenez à vos rêves comme vous tenez à la vie ». Son programme de vie tient en deux mots, de l’intention à l’acte — « Niya », la sincérité de l’intention, puis « Siiiir », le passage à l’action — et en une exhortation ultime : « Osez, on ne vivra qu’une fois ».
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