Ghita Badroun : la présidente du rapport sur l'école préscolaire
Élue députée PAM en 2016, Ghita Badroun a présidé le groupe thématique de la Chambre des représentants chargé d'évaluer les politiques publiques relatives à l'enseignement préscolaire.
La Rédaction
Rédaction La Marocaine
📑 Sommaire
Ghita Badroun est une femme politique marocaine, membre du Parti authenticité et modernité (PAM), élue députée lors des élections législatives du 7 octobre 2016 au titre d'une liste nationale. Membre de la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants, elle a également présidé, au cours de la dixième législature, le groupe thématique chargé d'évaluer les politiques publiques relatives à l'enseignement préscolaire — un travail présenté devant l'hémicycle le 15 juin 2021, sous la présidence du président de la Chambre, Habib El Malki, et en présence du ministre de l'éducation nationale.
Son parcours s'inscrit dans un scrutin de refondation pour la vie politique marocaine. Le 7 octobre 2016, 15 702 592 inscrits étaient appelés à désigner 395 députés parmi 6 992 candidats répartis sur 1 385 listes de circonscription et 25 listes nationales ; la participation s'est établie à 42,29 %. Le Parti authenticité et modernité, deuxième formation au tableau général avec 1 216 552 voix et 102 sièges, a placé l'une de ses femmes sur la voie parlementaire nationale — celle qui fait l'objet de ce portrait.
Ce que l'on retient d'abord de Ghita Badroun, c'est une députée de terrain et de méthode : une élue de la jeunesse devenue cheffe d'un travail d'évaluation parlementaire, dans une maison où la prérogative d'évaluation des politiques publiques ne compte que quelques exercices. Les sources biographiques ouvertes sur sa personne restent brèves — l'article de Wikipédia qui lui est consacré tient en deux paragraphes —, et c'est dire si chaque détail confirmé ici mérite d'être documenté plutôt qu'enjolivé.
Origines et formation
Aucune des sources consultées ne donne de date de naissance, de lieu de naissance ni de parcours de formation pour Ghita Badroun. Ces informations ne figurent ni dans son article de Wikipédia, qui se contente de la qualifier de « femme politique marocaine », ni dans l'annuaire de la Chambre des représentants, ni dans les articles de presse qui la citent. Il serait donc inventé de lui attribuer un diplôme, une ville d'origine ou une profession antérieure à son entrée au Parlement. Le silence des archives n'est pas un vide : il dit le profil discret d'une élue dont la visibilité publique s'est construite sur des dossiers, non sur une biographie médiatisée.
Ce que les sources établissent avec certitude, c'est le cadre dans lequel elle a été élue. La liste officielle des élus publiée par la Chambre des représentants distingue deux parties dans le scrutin national : la première, réservée aux femmes, et la seconde, « réservée aux jeunes des deux sexes ». C'est dans cette seconde partie que le Parti authenticité et modernité porte Ghita Badroun, aux côtés d'Amal Arbouch, de Zohour El Wahabi, de Mouna Achrait, de Meriem Ouhssat, d'Aicha Farih et d'Ibtissame Azzaoui. Le site de la Chambre précise, pour sa fiche, que sa circonscription est « la partie nationale réservée aux jeunes des deux sexes », et l'annuaire des jeunes parlementaires la présente ainsi : Ghita Badroun, Parti authenticité et modernité, Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, groupe Authenticité et modernité.
Les chiffres du scrutin donnent la mesure de ce mandat. Sur les 21 sièges nationaux obtenus par le PAM en 2016, quatorze revenaient à la liste des femmes et sept à la liste des jeunes : Ghita Badroun fait donc partie de ce petit groupe de sept élus nationaux du parti. Dans l'hémicycle, le PAM siège avec 102 députés, deuxième formation derrière le Parti de la justice et du développement (125 sièges). Sur le plan des convictions, la députée est présentée, sur la scène internationale, comme une défense des droits des femmes et des filles, qui plaide pour les soins de santé, l'éducation et l'égalité des genres : le programme du Nairobi Summit on ICPD+25 la cite comme membre du Parlement du Maroc et lui confie une session intitulée « Young Parliamentarians ».
Parcours professionnel
La première marche du parcours de Ghita Badroun est la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, l'une des commissions permanentes de la Chambre des représentants, où siègent les textes relatifs à l'école, aux universités, aux médias et à la culture. Wikipédia en fait la seule fonction précise de sa fiche, et l'annuaire de la Chambre la confirme pour la législature 2016-2021. C'est au sein de ce bureau de commission qu'elle intervient publiquement, à l'été 2019, lors d'une séquence parlementaire agitée : le projet de loi-cadre sur l'enseignement, adopté en Conseil des ministres, bute sur la langue d'enseignement des matières scientifiques. Le texte privilégie les langues étrangères, notamment la française, ce que refusent les députés du PJD, partisans de l'arabisation.
Contactée par Médias24 le 14 juillet 2019, Ghita Badroun (PAM), membre du bureau de la commission, décrit alors une séance de vote arrivée sans préparation : « Nous avons reçu une lettre officielle du président de la commission, fixant la date du vote. Quant au pourquoi, nous en saurons un peu plus lors d'une réunion du bureau prévue lundi. » Sa déclaration, aux côtés de celle de Rachid Mofidi (PJD), documente la mécanique parlementaire ordinaire : le calendrier du bureau, les positions des groupes, l'absence de compromis depuis la rétractation du PJD sur l'accord du 25 mars. Le président de la commission était alors Mohamed Malal (USFP), qui, de son côté, rappelait que le 15 juillet avait été fixé comme date butoir lors d'une réunion antérieure du bureau.
Parallèlement, Ghita Badroun s'inscrit dans la vie de son parti, le PAM, formation créée en 2008 et devenue, en 2016, la deuxième force du pays. Son profil de jeune parlementaire la rend légitime pour porter, au sein du parti comme au Parlement, le dossier de la jeunesse et de l'éducation — les deux thématiques qui structurent l'essentiel de ses interventions connues. C'est cette accumulation — une commission, un bureau, un dossier de société — qui prépare la responsabilité la plus visible de son mandat : la présidence d'un groupe thématique d'évaluation.
Réalisations et impact
La réalisation majeure du mandat de Ghita Badroun est la présidence du groupe thématique de la Chambre des représentants chargé d'évaluer les politiques publiques relatives à l'enseignement préscolaire. La fiche officielle de la Chambre la nomme « présidente du groupe thématique » pour la législature 2016-2021, aux côtés des membres Hassan Adili et Saadia Benshili, tous deux issus de la même circonscription nationale des jeunes. Le groupe produit un rapport, puis demande la parole à l'hémicycle.
Le 15 juin 2021, la séance plénière se tient « conformément aux dispositions de l'article 101 de la Constitution » et à l'article 278 du règlement intérieur. Le président de la Chambre, Habib El Malki, souligne qu'il s'agit du quatrième événement de ce genre depuis l'introduction de la prérogative d'évaluation dans le texte constitutionnel, avant de rappeler le message de Mohammed VI adressé aux participants de la Journée nationale de l'enseignement préscolaire : « Vous n'ignorez pas l'importance de l'enseignement préscolaire dans la réforme du système éducatif. » Puis Ghita Badroun, « présidente du groupe thématique », et les rapporteurs Jamal Benchekroun Krimi et Hassan Adili présentent un résumé du rapport, sa méthodologie de travail et les critères d'évaluation retenus, en mentionnant les contraintes liées à la propagation de la Covid-19. La séance réunit le ministre de l'éducation nationale, Said Amzazi, porte-parole du gouvernement, et le ministre de la culture, de la jeunesse et des sports, Othman El Ferdaous.
Le rapport s'appuie sur du terrain. Les membres du groupe ont visité « une trentaine d'établissements » dans quatre régions — Rabat-Salé-Kénitra, l'Oriental, Dakhla-Oued Eddahab et Casablanca-Settat — et rencontré plusieurs responsables du département de l'éducation nationale, du département de la jeunesse et des sports, ainsi que des représentants d'associations civiles concernées. Les dépêches de la Chambre situent des visites antérieures dans la région de Dakhla-Oued Eddahab fin décembre 2019, puis en janvier 2020, et une réunion de suivi présidée par Habib El Malki le 2 juin 2021. Des missions dans l'Oriental, jusqu'à Oujda et Nador, ont été relayées par Assabah puis par Bladi.net, qui précisaient la visite de plusieurs établissements scolaires dans les provinces de Nador et de Driouch, en compagnie de fonctionnaires de la Chambre.
Au-delà du rapport, Ghita Badroun porte une ligne cohérente : l'éducation comme levier, l'égalité des genres comme principe, la jeunesse comme légitimité politique. Sa participation au Nairobi Summit on ICPD+25, où elle est présentée comme une ardente défenseure des droits des femmes et des filles et comme membre de la société d'amitié Maroc-Belgique, prolonge au plan international un travail d'abord parlementaire. C'est là une trajectoire à l'opposé de la politique-spectacle : un mandat documenté par des rapports, des visites et des comptes rendus de séance.
Ce qu'on retient
Premier enseignement : les listes nationales ont ouvert le Parlement à des profils que le scrutin de circonscription ignore souvent. Réservée en 2016 à une seconde partie « réservée aux jeunes des deux sexes », la liste nationale a conduit Ghita Badroun à l'Assemblée sans machine électorale locale préalable. Sept sièges jeunes pour le PAM, sur 21 sièges nationaux : la place est étroite, la représentation réelle.
Deuxième leçon : dans une Chambre, un mandat se mesure à la présidence d'un dossier. La présidence d'un groupe thématique d'évaluation n'a rien d'honorifique : elle implique une méthodologie, des critères, des déplacements dans quatre régions, des auditions d'administrations et de société civile, puis la défense du rapport devant l'hémicycle et deux ministres. L'article 101 de la Constitution n'est pas un ornement : Ghita Badroun en a fait un outil.
Troisième leçon : la cohérence compte plus que le volume. Des commissions de l'enseignement et de la communication aux dossiers de la jeunesse, puis à l'enseignement préscolaire, la députée PAM reste sur un seul terrain — l'école — et sur une seule méthode — l'évaluation. Cette spécialisation est rare dans une assemblée où les généralistes dominent.
Enfin, ce portrait rappelle que la transparence des sources fait partie du récit. L'absence de biographie détaillée n'empêche pas de rendre compte d'un mandat : tout ce qui a été écrit ici est rattaché à une dépêche de la Chambre, à un article de Wikipédia, à une enquête de presse ou à un programme international. C'est la discipline qui rend un parcours crédible — et, à sa manière, inspirant.
Questions fréquentes
Quel est le parti et la commission de Ghita Badroun ?
Ghita Badroun est une femme politique marocaine du Parti authenticité et modernité (PAM). Élue députée en 2016 au titre d'une liste nationale, elle siège à la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants, au sein du groupe Authenticité et modernité, selon Wikipédia et l'annuaire des jeunes parlementaires de la Chambre.
Quel rapport Ghita Badroun a-t-elle présenté à l'Assemblée ?
Elle a présidé le groupe thématique chargé d'évaluer les politiques publiques relatives à l'enseignement préscolaire. Le rapport a été présenté en séance plénière le 15 juin 2021, sous la présidence d'Habib El Malki, avec les rapporteurs Jamal Benchekroun Krimi et Hassan Adili, après la visite d'une trentaine d'établissements dans quatre régions du Royaume.
Quel rôle a-t-elle joué dans la loi-cadre de 2019 ?
Membre du bureau de la Commission de l'enseignement, elle a été auditionnée par Médias24 le 14 juillet 2019 sur le calendrier du vote du projet de loi-cadre sur l'enseignement, alors que le texte était bloqué par le débat sur la langue d'enseignement des matières scientifiques.
Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Aawatif Hayar et Asma Ennassifi.
Sources : Wikipédia — Ghita Badroun · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Chambre des représentants — Liste officielle des élus de 2016 · Chambre des représentants — Annuaire des jeunes parlementaires · Chambre des représentants — Séance plénière sur l'enseignement préscolaire · Chambre des représentants — Groupe thématique d'évaluation (fiche) · Médias24 — Loi-cadre sur l'enseignement : vers un vote sans compromis ? · Bladi.net — Déplacements de la commission d'évaluation (d'après Assabah) · Nairobi Summit on ICPD+25 — Ghita Badroun
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