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Femmes Inspirantes 07 nov. 2026 11 min de lecture

Ghita Ait Ben Lmadani : du Parlement marocain aux femmes rurales

Élue députée sur la liste nationale des femmes en 2016 pour le PAM, elle a siégé à la commission de l'Intérieur et représente le Maroc au conseil panafricain des femmes rurales.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Ghita Ait Ben Lmadani : du Parlement marocain aux femmes rurales
📅 Dernière mise à jour : 7 novembre 2026

Ghita Ait Ben Lmadani est une femme politique marocaine. Elle a été élue députée sur la liste nationale des femmes lors des élections législatives du 7 octobre 2016, avec le Parti authenticité et modernité (PAM), et elle siège à la Chambre des représentants du 14 octobre 2016 au 15 juillet 2021 au sein de la dixième législature. Membre du groupe parlementaire de son parti, elle rejoint la Commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville.

À cette vie parlementaire s'en ajoute une autre, plus discrète mais tout aussi concrète : depuis 2016, elle représente le Maroc au sein du Conseil panafricain des femmes rurales, l'instance de direction de l'Initiative Kilimandjaro, une mobilisation continentale pour les droits fonciers des femmes d'Afrique. Députée d'un scrutin national et porte-parole des femmes rurales du Nord de l'Afrique, elle incarne deux entrées possibles dans la vie publique marocaine : la liste réservée et la société civile organisée.

Son parcours se lit donc à double face, d'un scrutin national de 395 sièges à une charte continentale signée au pied du mont Kilimandjaro — sans que les sources disponibles en disent davantage sur son enfance ou ses diplômes.

Origines et formation

La première leçon de ce portrait est d'honnêteté : les sources publiques consultées — Wikipédia en français, Wikipédia en arabe, l'entrée Wikidata qui lui est consacrée et l'annuaire de la Chambre des représentants — ne donnent ni sa date de naissance, ni son lieu de naissance, ni son parcours d'études. Il serait inventé de lui en attribuer un. Ce que l'on sait tient en quelques lignes sûres : une nationalité marocaine, une activité de femme politique, l'appartenance au Parti authenticité et modernité, et la pratique de l'arabe et de l'amazigh, langue maternelle indiquée par Wikidata.

Le nom lui-même porte une géographie. En arabe, elle est écrite غيتة ايت بن المدني, et les transcriptions de la presse varient — Ghita Ait Ben Lmadani, Ghita Ait Ben Elmadani, Ghita Aït Ben Lmadani — ce qui explique pourquoi sa présence dans les listes officielles n'est pas toujours repérée au premier coup d'œil.

Pour comprendre comment une femme devient députée du Maroc en 2016, il faut connaître l'architecture du scrutin. La Chambre des représentants compte 395 sièges, dont 305 pourvus dans 92 circonscriptions de deux à six sièges et 90 dans une unique circonscription nationale. Sur ces 90 sièges nationaux, 60 sont réservés aux femmes et 30 aux personnes de moins de quarante ans. C'est dans cette première tranche — la « première partie réservée aux femmes » de la circonscription nationale — que Ghita Ait Ben Lmadani se présente.

Ce dispositif de quotas, en vigueur pour le scrutin de 2016, est la porte d'entrée de nombreuses parlementaires marocaines. Il n'a rien d'honorifique : les listes nationales sont fermées, les voix s'y cumulent à l'échelle du pays, et le résultat dépend de la stratégie nationale du parti autant que du travail de terrain.

Parcours professionnel

Le scrutin a lieu le 7 octobre 2016, au terme d'une campagne ouverte le 24 septembre et close le 6 octobre. Sur 15 702 592 inscrits, 6 640 626 votent, soit une participation de 42,29 % ; 6 992 candidats se répartissent en 1 385 listes de circonscription et 25 listes nationales. Le seuil est de 6 % dans les circonscriptions ordinaires et de 3 % pour la circonscription nationale.

Le bilan national place le Parti de la justice et du développement en tête avec 125 sièges et 1 618 963 voix (27,88 %), devant le Parti authenticité et modernité, qui obtient 102 sièges pour 1 216 552 voix (20,95 %) : 81 sièges de circonscription et 21 sièges nationaux. C'est dans ce groupe national de 21 que se glissent les 14 femmes élues au titre de la liste réservée, parmi lesquelles Ghita Ait Ben Lmadani.

La liste officielle des 395 députés est rendue publique par la Chambre des représentants dix jours après le scrutin, le 17 octobre 2016, et reprise le jour même par Medias24. Sous l'intitulé « Liste des femmes (60 sièges) », la ligne du PAM la cite nommément : « Ghita Ait Ben Elmadani ». Wikipédia, de son côté, précise la date d'entrée en fonction : le mandat court du 14 octobre 2016 au 15 juillet 2021.

Une fois élue, elle s'inscrit dans l'appareil parlementaire. Selon Wikipédia, qui s'appuie sur l'annuaire des parlementaires de la Chambre des représentants, elle fait partie du groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité et siège à la Commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville — l'une des commissions les plus sollicitées, puisqu'elle traite de l'administration territoriale, du logement et de la politique urbaine, exactement les chantiers où se joue le développement rural.

La dixième législature s'achève en 2021, dans un contexte réformateur : la loi électorale de cette année-là remplace la liste nationale par douze circonscriptions régionales, comme l'explique l'article de Wikipédia consacré à la circonscription de Drâa-Tafilalet. Le mandat de Ghita Ait Ben Lmadani prend fin le 15 juillet 2021.

La suite, plus récente, est connue par la seule version arabe de Wikipédia, qui s'appuie sur la presse régionale de Drâa-Tafilalet : elle y est décrite comme secrétaire régionale du Front des forces démocratiques pour la Drâa-Tafilalet et comme candidate de ce parti aux élections législatives de 2026, en tête de liste à Midelt. Un passage de casquette qui n'a rien d'anormal dans la vie politique marocaine, où les transferts d'étiquette sont fréquents — mais qui ne doit être affirmé qu'avec cette réserve de source.

Réalisations et impact

Le second volet du parcours commence en 2016, dans un tout autre décor : l'Initiative Kilimandjaro. Conçue en 2012 lors d'une rencontre de femmes rurales et d'organisations de la société civile à Dar-es-Salaam, elle vaut aux femmes rurales africaines un moment symbolique au pied du mont Kilimandjaro, en octobre 2016 : une mobilisation pour accéder aux processus de décision concernant le foncier et les ressources naturelles.

C'est dans ce cadre que Ghita Ait Ben Lmadani apparaît. La « Charte des revendications des femmes africaines sur les droits foncières », proclamée à Arusha du 14 au 16 octobre 2016, a été élaborée par un processus consultatif impliquant les assemblées de femmes rurales et les forums des femmes agricultrices de plus de 22 pays. Dans la table des signataires, elle figure pour l'Afrique du Nord (Maroc) en qualité de membre du Conseil panafricain des femmes rurales. Et dans la section « Mécanismes de coordination », le groupe directeur — cinq femmes représentantes régionales — la désigne pour l'Afrique du Nord : « Maroc – Ghita Aït Ben Lmadani ».

Le document est signé dans les tout premiers jours de son mandat : le scrutin a lieu le 7 octobre 2016, l'assemblée d'Arusha se tient du 14 au 16 octobre, la même semaine où elle entre à la Chambre des représentants. La trajectoire dit la vitesse à laquelle les mandats marocains se croisent avec les mobilisations africaines.

Le contenu de la charte donne la mesure de ce qu'elle défend. Les femmes réunies à Arusha demandent notamment une participation à 50 % dans les organes de prise de décision liés au foncier, l'inventaire numérique ventilé par sexe du patrimoine foncier, la traduction des politiques et des lois foncières en langues locales, ou encore l'interdiction des investissements qui déplacent de force les communautés rurales. Le document s'inscrit dans le prolongement d'une recommandation du comité technique spécial de l'Union africaine sur l'agriculture, l'eau et l'environnement, qui préconisait en octobre 2015 que les États membres attribuent au moins 30 % des terres aux femmes.

La présence marocaine dans ce dispositif n'est pas symbolique : l'article que le site NaijaAgroNet consacre à l'initiative, en juin 2016, cite déjà « la Marocaine Ghita Ait Ben Lmadani » comme membre du conseil représentant l'Afrique du Nord, aux côtés de représentantes de Tanzanie, du Cameroun, du Nigeria et du Malawi. Le même nom se retrouve dans la version anglaise de la charte, ActionAid documentant l'architecture complète du conseil et de son groupe de pilotage inter-organisations, qui réunit notamment ActionAid, l'International Land Coalition, Oxfam et la Tanzania Gender Networking Program.

Deux impacts se dégagent. Le premier est une double légitimité : une députée qui siège dans une commission de l'administration territoriale et qui travaille par ailleurs sur la propriété foncière des femmes rurales traite deux fois le même problème — l'accès à la terre, à l'habitat et à la décision locale. Le second est la visibilité : le Maroc est présent dans une gouvernance africaine des droits fonciers à travers son nom, dans un conseil de cinq femmes pour tout le continent.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : la liste nationale est un chemin réel de l'échiquier politique marocain. 60 sièges sur 395 sont réservés aux femmes dans une seule circonscription nationale, et c'est par là qu'entre Ghita Ait Ben Lmadani, dont le nom figure sur la liste officielle publiée par la Chambre des représentants dix jours après le scrutin.

Deuxième enseignement : le mandat se lit aussi à travers la commission. Intégrer la Commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville, c'est travailler sur les questions où se concentrent les attentes des communes rurales : l'administration, le logement, l'urbanisation. C'est exactement le terrain que documente l'autre moitié de son engagement.

Troisième enseignement : une carrière politique peut se doubler d'un travail continental sans rien de spectaculaire. Cinq femmes pour tout un continent dans le groupe directeur du Conseil des femmes rurales, une charte signée par plus de 22 pays, des revendications précises sur la terre : l'action politique se mesure aussi à la capacité d'occuper un siège dans une instance où le Maroc est présent.

Enfin, ce portrait rappelle la prudence nécessaire avec les sources. Ni date de naissance, ni diplôme, ni circonscription d'origine n'apparaissent dans les documents publics ; le passage au Front des forces démocratiques ne se trouve que dans la version arabe de Wikipédia. Une biographie honnête dit ce qu'elle sait, cite ce qu'elle cite et laisse le reste à d'autres recherches.

Questions fréquentes

Comment Ghita Ait Ben Lmadani est-elle devenue députée ?

Élue le 7 octobre 2016 sur la liste nationale des femmes réservée aux femmes (60 sièges sur 395) avec le Parti authenticité et modernité, elle entre à la Chambre des représentants le 14 octobre 2016 pour un mandat courant jusqu'au 15 juillet 2021. Son nom figure dans la liste officielle des 395 députés publiée par la Chambre et reprise par Medias24 le 17 octobre 2016.

Dans quelle commission a-t-elle siégé ?

Elle est membre de la Commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville, au sein du groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité, selon Wikipédia qui renvoie à l'annuaire des parlementaires de la Chambre des représentants.

Quel est son rôle dans l'Initiative Kilimandjaro ?

Elle représente le Maroc, pour l'Afrique du Nord, au sein du Conseil panafricain des femmes rurales : elle y est membre signataire de la charte proclamée à Arusha du 14 au 16 octobre 2016 et siège au groupe directeur, qui réunit cinq représentantes régionales. L'initiative porte sur les droits fonciers des femmes en Afrique et rassemble des assemblées de plus de 22 pays.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Aawatif Hayar et Najat El Garaa.

Sources : Wikipédia — Ghita Ait Ben Lmadani · Wikipédia (arabe) — غيتة ايت بن المدني · Wikidata — Ghita Ait Ben Lmadani · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Medias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Chambre des représentants — Annuaire des parlementaires 2016-2021 · CoordinationSUD — Charte des revendications des femmes rurales (Arusha, octobre 2016) · ActionAid — Charter of demands (Kilimanjaro Initiative) · NaijaAgroNet — Kilimanjaro Initiative gathers momentum · Wikipédia — Circonscription de Drâa-Tafilalet

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