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Femmes Inspirantes 07 nov. 2026 11 min de lecture

Fatima Zahra Barassat : pour des élites féminines au Parlement

Élue députée en 2016 sur la liste nationale des jeunes, la militante du PPS plaide pour une représentation féminine durable au Parlement et pour un dialogue réel avec la jeunesse.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Fatima Zahra Barassat : pour des élites féminines au Parlement
📅 Dernière mise à jour : 7 novembre 2026

Fatima Zahra Barassat est une femme politique marocaine, née en 1986 à Fès, membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Élue députée en octobre 2016 au titre de la liste nationale réservée aux jeunes, elle siège à la Chambre des représentants au sein de la commission de la justice, de la législation et des droits de l'homme, où elle accompagne l'examen du texte qui introduit dans le code pénal marocain la définition des crimes internationaux.

Figure du renouvellement générationnel à gauche, elle est aujourd'hui l'une des voix les plus lisibles du PPS sur les questions de représentation des femmes et de dialogue avec la jeunesse. Dans un entretien accordé au 360, elle résume sa ligne : ne pas se contenter d'une « augmentation quantitative » de femmes élues, mais « ancrer durablement » leur présence au Parlement. Ce portrait retrace son parcours, de Fès au quartier des députés, uniquement à partir des sources citées en fin d'article.

Origines et formation

Wikipédia FR donne pour seule donnée biographique une naissance en 1986 à Fès, et la qualifie de « personnalité politique » marocaine ; Wikidata confirme sa nationalité marocaine et renvoie à son identifiant parlementaire à la Chambre des représentants. Aucune des sources consultées ne détaille ses études supérieures ou son métier antérieur au mandat : c'est un angle mort du dossier public, que ce portrait signale plutôt qu'il ne comble.

Ce qui est documenté, c'est l'entrée en politique et le ton. Dans l'entretien que lui consacre TelQuel le 4 juin 2021, elle raconte avoir dû s'imposer dans un milieu où le langage lui servait de barrière : « Quand j'ai commencé à faire de la politique, on m'appelait weldi, et non plus benti », dit-elle, le « weldi » (mon fils) adressé aux femmes qui s'engagent résumant, selon elle, la manière dont le système traite les militantes. Elle y déplore aussi qu'« il n'y a pas de véritable renouvellement des élites ».

Son parti est le Parti du progrès et du socialisme, héritier du parti communiste marocain, dont elle figure au bureau politique aux côtés de dirigeants comme Rachid Hammouni, Aicha Lablak ou Touria Skalli. C'est aussi par le PPS qu'elle accède à la vie parlementaire : la formation conduit sa députation dans la continuité d'une tradition de femmes élues qui compte, au sein du même groupe, Aicha Lablak, Souad Zaidi ou encore Touria Skalli, comme le montre la liste officielle des 395 députés publiée par Médias24.

Parcours professionnel

Tout commence le 7 octobre 2016, date des élections législatives marocaines qui renouvellent les 395 sièges de la Chambre des représentants. Le mode de scrutin est expliqué par Wikipédia : scrutin de liste à un tour, représentation proportionnelle, seuil de 3 %. Mais c'est la composition des listes nationales qui fait la différence pour Barassat. Jeune Afrique le rappelle : sur les 395 sièges, 305 sont répartis dans 92 circonscriptions locales, et les 90 restants vont à une liste nationale de femmes (60 sièges) et de jeunes de moins de 40 ans (30 sièges).

Ce double quota a une histoire : l'rapport d'observation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe précise que la loi électorale a été modifiée en 2016 pour ouvrir aux femmes la deuxième liste nationale, qui était en 2011 « exclusivement réservée aux jeunes hommes ». Le même rapport note que 81 femmes sont élues en 2016, dont 71 sur les listes nationales — 60 sur la liste des femmes et 11 sur les listes de jeunes —, et se félicite du « choix fait par certains partis d'inclure une majorité de femmes dans leurs listes de jeunes ».

C'est précisément sur cette deuxième liste que le PPS présente Fatima Zahra Barassat. Wikipédia indique qu'elle est élue « dans la liste nationale, lors des élections législatives marocaines de 2016 », qu'elle siège « depuis le 14 octobre 2016 » et qu'elle appartient à la « liste nationale des jeunes ». L'annuaire des jeunes parlementaires de la Chambre confirme : « FATIMA ZAHRA BARASSAT, Parti du progrès et du socialisme, Commission de justice, de législation et des droits de l'homme, Groupement du progrès et du socialisme ». Elle siège donc au sein du groupe PPS, présidé par Aicha Lablak, et plus précisément dans la commission qui traite du droit pénal, des libertés fondamentales et des droits de l'homme.

C'est d'ailleurs en qualité de membre de cette commission qu'elle est repérée au-delà du Maroc. Du 17 au 19 février 2020, Parliamentarians for Global Action (PGA) organise la visite à La Haye d'une délégation de la Chambre des représentants : Amina Maelainine, Mohammed Benjalloul, Fatima Zahra Barassat et Zohour el Wahabi, tous membres de la commission de la justice et de la législation et des droits de l'homme, rencontrent des représentants de la Cour pénale internationale et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Le sujet : le projet de loi déposé le 24 juin 2016 devant la Chambre, qui fait entrer dans le code pénal marocain la définition des crimes internationaux, et que la commission examine. Le PGA résume l'ambition des parlementaires marocains : « déterminer quelles initiatives le Parlement et le gouvernement marocains pourraient soutenir ou introduire, une fois le nouveau code pénal adopté, pour renforcer encore le cadre juridique du pays ».

Réalisations et impact

Le premier chantier de Barassat est la représentation des femmes. Dans l'entretien accordé au 360, elle présente une initiative féminine lancée par huit partis politiques — opposition et majorité confondues — pour élargir la représentativité des femmes sur les listes locales et régionales. Le réseau rassemble Khadija Zoumi (Istiqlal), Khadija El Kour (MP), Kouloub Faitah (PAM), Hanane Rihab (USFP), Fatiha Chtatou (RNI), Hakima Fadli (PJD), Najat Simo (UC) et elle-même (PPS). Leur méthode : rencontrer un à un les chefs de parti. Elle cite les rendez-vous déjà obtenus avec Nabil Benabdellah (PPS), Nizar Baraka (Istiqlal), Mohamed Ouzzine (MP) et Abdelilah Benkirane (PJD).

Sa position de principe est de dépasser le quota : « Nous ne réclamons pas uniquement une augmentation quantitative », insiste-t-elle, avant de proposer un objectif chiffré : « Nous pourrions atteindre 34 %, voire 40 % de femmes au Parlement si les partis osaient les présenter dans les circonscriptions locales. » Elle ajoute que « la femme est appelée à être plus expérimentée politiquement » — et elle précise, dans le même entretien, avoir « déjà siégé en tant que députée ».

Le second chantier est le diagnostic politique de la jeunesse. Le 7 octobre 2025, à l'occasion d'une conférence organisée par le secteur des avocats du PPS sur le thème « Protestations de la jeunesse : quelles lectures politiques et juridiques ? », elle livre une lecture de la conjoncture que TelQuel a reprise le 8 octobre 2025 : le concept de « démocratie protestataire » est « devenu mondial », et le Maroc a connu « à différentes périodes diverses dynamiques sociales, liées à des revendications qui recoupent ou dépassent celles portées aujourd'hui par les jeunes de la Génération Z ». Sa mise en garde est directe : « Certains ministres prennent le risque de compromettre la stabilité du pays en continuant à multiplier les promesses plutôt qu'en proposant des solutions concrètes. »

Elle prolonge le diagnostic par une explication structurelle : « un fossé profond sépare les jeunes des institutions élues, qu'il s'agisse du Parlement, des partis ou des syndicats », une fracture qu'elle attribue « à des causes internes, liées à l'incapacité des partis à se renouveler et à attirer la jeunesse ». Elle dénonce des « débats parlementaires » perçus « comme des mises en scène » et « des pratiques électorales dépourvues de transparence », tout en reconnaissant que les manifestations récentes « ont eu le mérite de pousser certains ministres à sortir de leur silence et à dialoguer avec les citoyens, même tardivement ».

À ce jour, aucune source consultée ne documente une réélection de Fatima Zahra Barassat lors du scrutin de 2021 : Wikipédia s'arrête au mandat commencé le 14 octobre 2016, et Le 360 parle d'elle comme d'une membre du bureau politique du PPS qui « a déjà siégé en tant que députée ». Le reste de son activité relève du parti et du plaidoyer, pas de la fonction parlementaire.

Ce qu'on retient

Premier point : son mandat est né d'une réforme électorale. Sans l'ouverture aux femmes de la liste nationale des jeunes, votée en 2016, la trajectoire n'aurait pas eu la même porte d'entrée — et le rapport du Conseil de l'Europe en fait explicitement une avancée de la loi électorale marocaine.

Deuxième point : elle travaille dans la commission la moins spectaculaire mais la plus technique de la Chambre, celle de la justice, de la législation et des droits de l'homme, et y porte un sujet international, la définition des crimes internationaux dans le code pénal, avec une délégation reçue à La Haye par la CPI et l'OPCW en février 2020.

Troisième point : sa méthode est transpartisane. Huit partis, des rendez-vous un à un avec les secrétaires généraux, un objectif chiffré de 34 à 40 % de femmes au Parlement : le plaidoyer de Barassat se fait en réseau, pas en tribune.

Enfin, son actualité récente est un travail d'analyse plutôt que de loi : lecture des mobilisations de la Génération Z, critique de la gouvernance des secteurs sociaux, alerte sur le « fossé profond » entre jeunes et institutions. C'est un profil de dirigeante de parti autant que d'ancienne députée, et c'est ainsi qu'il faut le lire.

Questions fréquentes

Qui est Fatima Zahra Barassat ?

Une femme politique marocaine née en 1986 à Fès, membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme. Élue députée en octobre 2016 sur la liste nationale des jeunes, elle a siégé à la Chambre des représentants au sein de la commission de la justice, de la législation et des droits de l'homme.

Comment est-elle devenue députée ?

Lors des élections législatives du 7 octobre 2016, le PPS l'a placée sur la liste nationale réservée aux jeunes, ouverte aux femmes depuis la réforme de la loi électorale de cette même année. Cette liste comptait 30 sièges, pour 60 sièges réservés à la liste des femmes, sur un total de 395 députés.

Sur quelles causes milite-t-elle aujourd'hui ?

Sur la place des femmes au Parlement : elle anime avec sept autres partis un réseau qui pousse les formations à présenter davantage de femmes dans les circonscriptions locales, en visant 34 à 40 % de femmes élues. Elle travaille aussi sur la lecture politique des mobilisations de la jeunesse, qu'elle analyse publiquement depuis 2025.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Aawatif Hayar et Najat Maalla M'jid.

Sources : Wikipédia — Fatima Zahra Barassat · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikidata — Fatima Zahra Barassat · Médias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Jeune Afrique — Maroc : mode d'emploi des législatives 2016 · Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe — Observation des élections législatives au Maroc (7 octobre 2016) · Chambre des représentants — Annuaire des jeunes parlementaires · Chambre des représentants — Groupement du progrès et du socialisme · Chambre des représentants — Commission de justice, de législation et des droits de l'homme · Parliamentarians for Global Action — Moroccan MPs Reiterate Commitment to International Justice (2020) · Le 360 — Entretien : « Nous voulons de véritables élites féminines au Parlement » · TelQuel — Fatima Zahra Barassat, PPS : « Certains ministres prennent le risque de compromettre la stabilité du pays » (2025) · TelQuel — « Quand j'ai commencé à faire de la politique, on m'appelait weldi, et non plus benti » (2021) · PPS — Le bureau politique

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