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Femmes Inspirantes 05 nov. 2026 14 min de lecture

Fatiha Choubani : de la liste nationale aux ODD d'Alexandrie

Élue députée du PJD en 2016 sur la liste nationale des femmes, Fatiha Choubani siège à la Commission des secteurs sociaux. Trois questions écrites restées sans réponse et une mission parlementaire à Alexandrie résument son mandat.

LR

La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Fatiha Choubani : de la liste nationale aux ODD d'Alexandrie
📅 Dernière mise à jour : 5 novembre 2026

Fatiha Choubani est une femme politique marocaine du Parti de la justice et du développement (PJD), élue députée le 7 octobre 2016 au titre de la liste nationale des femmes de la Chambre des représentants, avec un mandat de membre de la Chambre daté du 14 octobre 2016. Elle appartient au groupe parlementaire du PJD et siège à la Commission des secteurs sociaux, que son article de Wikipédia, s'appuyant sur l'Annuaire des parlementaires de la Chambre, crédite de la présidence. Elle est la sœur de l'homme politique El Habib Choubani.

Le dossier public de Fatiha Choubani est bref : une notice encyclopédique de cinq phrases, sans date de naissance ni formation. Compléter ce silence par une biographie d'enfance serait inventer. Ce que les documents établissent, en revanche, est précis et vérifiable : deux listes officielles d'élus, trois questions écrites publiées par la Chambre des représentants, une fiche parlementaire et une mission internationale à Alexandrie en septembre 2018. C'est avec ces pièces, et elles seules, que se raconte ce mandat.

Origines et formation

La première leçon de ce dossier tient dans un aveu : les sources sont lacunaires. L'article de Wikipédia consacré à Fatiha Choubani se réduit à son élection de 2016, à son parti, à sa commission et à sa filiation avec El Habib Choubani. On y lit son nom en arabe, فاتحة شوباني, mais ni sa date de naissance, ni son lieu d'enfance, ni son parcours d'études. Aucun article de presse consulté ne comble le vide. La fiche Wikidata qui lui est consacrée ne renseigne que le nationalité, le parti, la fonction et les langues : l'arabe et l'amazigh, cette dernière indiquée comme langue maternelle. Rien d'autre.

Le nom de la famille circule sous plusieurs graphies et deux langues. Wikipédia FR écrit « Fatiha Choubani », Wikipédia AR « فاتحة الشوباني », Wikidata « Lahbib Choubani » pour le frère à côté de « Fatiha Choubani », et la liste officielle publiée par la Chambre des représentants reprend « Fatiha Choubani » sans ambiguïté. Derrière ces variantes se trouve la même députée du PJD : le rapprochement n'est pas une hypothèse, il est confirmé par la référence bibliographique de Wikipédia, qui renvoie à la liste Médias24 des 395 élus du 7 octobre 2016.

Quant au frère, sa biographie est documentée page par page, et il serait abusif de la transposer sur elle. El Habib Choubani, né à Bejaâd le 14 septembre 1963, est licencié en sciences physiques et chimiques de l'École normale supérieure de Marrakech (1985), professeur de physique dans plusieurs lycées d'Errachidia de 1985 à 2002, puis député d'Errachidia à partir du 27 septembre 2002, ministre chargé des Relations avec le Parlement et la société civile du 3 janvier 2012 au 20 mai 2015 dans les gouvernements Benkiran I et II, et président du conseil régional de Drâa-Tafilalet du 14 septembre 2015 au 20 septembre 2021. Vice-président du conseil national du PJD depuis 2008, il est l'aîné d'un fratrie dont Fatiha fait partie : c'est la seule chose que l'on puisse dire de ses origines, et c'est déjà un ancrage politique.

La candidature, elle, est datée. Le 20 septembre 2016, le PJD rend publics les soixante noms de sa liste nationale. Article19, qui commente alors la composition de cette liste, rapporte que « l'ex-ministre controversé, El Habib Choubani a confirmé la candidature de sa sœur Fatiha Choubani sur cette liste qui a beaucoup de chances de passer ». La liste passe : le PJD arrive en tête du scrutin national avec 1 618 963 voix, soit 27,88 %, et 27 sièges sur les 90 de la circonscription nationale.

Le cadre institutionnel de cette entrée au Parlement mérite d'être rappelé, car il explique tout le mandat. La Chambre des représentants compte 395 sièges : 305 pourvus dans 92 circonscriptions locales, 90 dans une unique circonscription nationale, dont 60 réservés aux femmes et 30 aux candidats de moins de quarante ans. Le scrutin est proportionnel plurinominal, avec un seuil de 6 % dans les circonscriptions ordinaires et 3 % pour la circonscription nationale. Le 7 octobre 2016, sur 15 702 592 inscrits, 6 640 626 votants portent la participation à 42,29 %. Fatiha Choubani entre au Parlement par la porte étroite des 60 sièges féminins de la liste nationale, une voie qui n'est pas anodine : c'est historiquement celle par laquelle les femmes marocaines accèdent à l'hémicycle.

Parcours professionnel

Sur le plan institutionnel, le mandat s'organise autour de trois piliers. Le premier est l'appartenance au groupe parlementaire du PJD et à la Commission des secteurs sociaux : la fiche de ses questions publiées par la Chambre des représentants porte, sous son nom, la mention « Circonscription Nationale - 1ère partie réservée aux femmes » puis « Commission des secteurs sociaux ». Le second est l'activité de contrôle parlementaire, à travers des questions écrites. Le troisième est la représentation diplomatique du Royaume, à travers une mission parlementaire internationale.

Le 17 octobre 2016, dix jours après le scrutin, la Chambre des représentants rend publique la liste officielle des 395 élus, reprise le jour même par Médias24. Dans la rubrique « Liste des femmes (60 sièges) », à côté de Souad Laamari, Khadija Chami, Amina Faouzi Zizi ou Majda Benarbia, le nom de « Fatiha Choubani » apparaît sous la bannière PJD. Le document PDF de la Chambre, lui, la classe dans la « Circonscription nationale », « Première partie réservée aux femmes », colonne « Parti de Justice et du Développement ». Dix-huit femmes du PJD figurent sur cette liste : Fatiha Choubani en fait partie, sans y être signalée par un rang particulier dans les sources consultées.

Trois questions écrites de Fatiha Choubani figurent sur la page consultée du site de la Chambre des représentants, et toutes trois portent la mention « pas de réponse » dans la case « Date réponse ». La première vise un dépôt de déchets sauvage, « تاجموت », qui, selon sa question, « reçoit des tonnes de déchets mixtes » à proximité d'habitations dans la province de Khémisét, transformant le site en « source de jus pourris » et en danger sanitaire pour la population ; elle interroge le ministère de l'Intérieur sur les mesures prises ou envisagées, notamment la proposition de solutions alternatives ou la construction d'un dépôt aux « spécifications techniques et environnementales ». La deuxième vise les enseignants-chercheurs : elle y dénonce une situation matérielle qui « connaît une dégradation importante » au regard des efforts fournis, du fait d'un « système de rémunération déséquilibré et inadapté », et demande les mesures destinées à améliorer leur grille salariale « pour développer et améliorer le service public de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et l'innovation ». La troisième, postérieure à la session extraordinaire du conseil communal de Rabat du 28 octobre 2021, interroge le ministère de l'Intérieur sur « les circonstances et les modalités de l'expulsion de conseillers municipaux d'une réunion officielle » : son texte y dénonce l'insulte et l'expulsion du conseiller du PPS Mustapha Jiaf pendant la discussion du budget 2022 de la commune, et demande l'application correcte de l'organique 113.14. Les trois portent le logo du groupe Justice et Développement.

Ces questions dessinent le périmètre d'une commission dont le règlement intérieur de la Chambre dit simplement qu'il existe neuf commissions permanentes, et que la « Commission des Secteurs sociaux » est « composée de 44 membres ». Déchets et santé publique, enseignement supérieur et condition des chercheurs, fonctionnement des conseils communaux : le champ est celui du quotidien administratif, pas celui des grands textes. C'est le terrain ordinaire d'une députée de liste nationale, qui n'a ni la circonscription, ni le réseau électoral des élus locaux, et dont le pouvoir de nuisance passe par l'écrit.

Le volet international du mandat se joue à Alexandrie. Du mardi 18 septembre 2018, les délégations parlementaires de la zone MENA se réunissent trois jours autour de l'objectif 16 de développement durable — paix et justice — et de l'égalité des sexes, sous l'égide de l'Union interparlementaire et de l'Union des parlements arabes. L'Observateur et Maroc-Diplomatique donnent la composition de la délégation marocaine : Fatiha Choubani (Parti de la justice et du développement), Touria Faraj (Parti authenticité et modernité), Soumia Allal (Union constitutionnelle) et Abderahmane Khayir (Parti de l'Istiqlal). Lors de la séance d'ouverture, la représentante de l'Union interparlementaire, Ulrika Carlsson, souligne l'importance de la rencontre ; le président de l'Union des parlements arabes, Ali Abdel Aal, insiste sur le rôle de la femme dans la réalisation du développement.

Réalisations et impact

Trois questions écrites déposées, trois silences administratifs en retour : les trois questions retrouvées portent la mention « pas de réponse ». La mécanique est connue de tous les parlementaires marocains — la question écrite oblige le ministère à répondre par écrit, ou à ne pas répondre, mais laisse une trace publique. La députée choisit donc de documenter des nuisances concrètes : un dépôt de déchets qui empoisonne une population, une catégorie professionnelle — les enseignants-chercheurs — dont la rémunération décroche, un incident de gouvernance locale à Rabat.

Le deuxième impact est l'expertise sociale. Présidente — selon Wikipédia et l'Annuaire des parlementaires — de la Commission des secteurs sociaux, l'une des neuf commissions permanentes, composée de 44 membres, Fatiha Choubani travaille sur un périmètre qui recouvre directement les deux premiers sujets de ses questions : la santé de l'environnement et la condition des travailleurs du savoir. Le lien entre la commission et les questions écrites n'est pas anodin : c'est le même champ, pratiqué sous deux formes, l'une collégiale, l'autre individuelle.

Le troisième impact est diplomatique et symbolique. En septembre 2018, à Alexandrie, une parlementaire marocaine du PJD siège dans une délégation mixte de quatre membres — deux femmes sur quatre — pour porter devant l'Union interparlementaire et l'Union des parlements arabes la question de l'inclusion des objectifs de développement durable dans les législations nationales. Le Matin, dans son édition du 19 septembre 2018, rapporte qu'à cette occasion Fatiha Choubani a mis en exergue, dans une déclaration à l'Agence maghrébine de presse, « les acquis cumulés par le Maroc pour promouvoir la parité et l'égalité des chances pour la femme », tout en rappelant que le Royaume dispose d'une stratégie nationale pour le développement durable. Une déclaration de méthode : parler des acquis, pas des promesses.

Quatrième impact, plus large : l'appartenance à un vivier qui a pesé. En 2016, le PJD obtient 125 sièges sur 395 et forme le gouvernement ; sur les 90 sièges de la circonscription nationale, il en décroche 27, dont 18 au titre des femmes. Fatiha Choubani est l'une de ces dix-huit. Le poids d'une députée de liste nationale se mesure ainsi rarement à un nom de loi : il se mesure à la place qu'occupe son groupe, et à la constance de ses interventions dans les commissions et par questions écrites. C'est exactement ce que documente le dossier public de cette députée.

Ce qu'on retient

Premier point : une entrée par la liste nationale des femmes. Les 60 sièges réservés aux femmes dans la circonscription nationale de 2016 ont accueilli 18 élues du PJD, dont Fatiha Choubani. La candidature a été confirmée publiquement par son frère, El Habib Choubani, le 20 septembre 2016, et le nom figure sur les deux listes officielles publiées dix jours après le scrutin. Comprendre cette mécanique, c'est comprendre pourquoi son mandat commence le 14 octobre 2016.

Deuxième point : le silence des sources comme signature. Une notice encyclopédique de cinq phrases, aucune date de naissance, aucune formation publiée — et pourtant trois questions écrites, une fiche parlementaire, deux listes officielles et une mission internationale. C'est la contre-preuve qu'un bilan ne se mesure pas à la longueur d'une notice, mais à la densité des pièces retrouvables dans les archives institutionnelles.

Troisième point : la méthode du contrôle écrit. Déchets sauvages dans la province de Khémisét, rémunération des enseignants-chercheurs, expulsion de conseillers municipaux à Rabat : trois questions, trois ministères interpellés, deux réponses absentes. Rien de spectaculaire, et c'est précisément ce qui fait un mandat ordinaire — celui où la députée documente ce qui échappe au citoyen.

Quatrième point : une parlementaire utilisable dans deux registres, local et international. Du dépôt de déchets de Khémisét à la conférence interparlementaire d'Alexandrie sur l'objectif 16 et l'égalité des sexes, le même fil se retrouve : les conditions sociales concrètes, traitées à la tribune nationale par l'écrit et à la tribune internationale par la parole. C'est cette cohérence, plus que l'accumulation de titres, qui donne à Fatiha Choubani sa place dans la rubrique Femmes inspirantes de La Marocaine.

Questions fréquentes

Quel est le parcours politique de Fatiha Choubani ?

Femme politique marocaine du Parti de la justice et du développement, elle est élue députée le 7 octobre 2016 sur la liste nationale des femmes, avec un mandat de membre de la Chambre des représentants daté du 14 octobre 2016. Elle siège au groupe parlementaire du PJD et à la Commission des secteurs sociaux, dont Wikipédia, sur la base de l'Annuaire des parlementaires, la donne pour présidente. Elle est la sœur de l'homme politique El Habib Choubani, ancien ministre chargé des Relations avec le Parlement et la société civile.

Quelles questions a-t-elle posées à la Chambre des représentants ?

Trois questions écrites figurent à son nom sur le site de la Chambre des représentants. La première porte sur un dépôt de déchets sauvage dans la province de Khémisét et interpelle le ministère de l'Intérieur ; la seconde sur l'amélioration de la situation matérielle et de la considération des enseignants-chercheurs ; la troisième sur les circonstances de l'expulsion de conseillers municipaux d'une réunion officielle du conseil communal de Rabat. Les trois portent la mention « pas de réponse ».

Pour quelle mission internationale est-elle partie en 2018 ?

En septembre 2018, elle représente le Maroc à une conférence régionale de trois jours à Alexandrie, en Égypte, consacrée à l'inclusion des objectifs de développement durable dans les législations nationales et à l'égalité des sexes, organisée conjointement par l'Union interparlementaire et l'Union des parlements arabes. La délégation marocaine réunit quatre parlementaires, dont deux femmes, et Fatiha Choubani y défend les acquis du Royaume en matière de parité.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Aawatif Hayar et Najat Mjid.

Sources : Wikipédia — Fatiha Choubani · Wikipédia — El Habib Choubani · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikidata — Fatiha Choubani · Médias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Chambre des représentants — Liste officielle des élus de 2016 · Chambre des représentants — Questions écrites · Chambre des représentants — Question écrite sur le dépôt de déchets de Tajemout · Chambre des représentants — Question écrite sur les enseignants-chercheurs · Chambre des représentants — Question écrite sur l'expulsion de conseillers municipaux à Rabat · Chambre des représentants — Règlement intérieur · Article19 — Nabila Benkirane s'intéresse à la politique · L'Observateur — Égypte : la zone MENA se rassemble pour discuter ODD · Maroc Diplomatique — Le Maroc à une conférence régionale en Égypte sur les ODD et l'égalité des sexes · Le Matin — Le Maroc présente en Égypte son expérience en matière de développement durable et d'égalité des sexes

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