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Femmes Inspirantes 03 nov. 2026 13 min de lecture

Asma Lazreq : de Taroudant au Caire, la messagère du malhoun

Chanteuse marocaine née en 1986 à Taroudant, elle s'est révélée à Studio 2M en 2005 avant de devenir l'une des grandes voix du malhoun. Installée au Caire, elle autoproduit ses titres pour faire connaître la chanson marocaine à l'étranger.

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Rédaction La Marocaine

Asma Lazreq : de Taroudant au Caire, la messagère du malhoun
📅 Dernière mise à jour : 3 novembre 2026

Asma Lazreq, également écrite Asmae Lazreq, est une chanteuse marocaine née le 22 juin 1986 à Taroudant, dans le Souss. C'est en 2005, lors de la saison 2 de Studio 2M, qu'elle se fait connaître du grand public marocain ; elle enchaîne ensuite les festivals, notamment le Festival de Fès des musiques sacrées du monde, ainsi que des scènes en France et en Tunisie, avant de porter sa voix jusqu'au Caire. De Taroudant à Casablanca, en passant par Beyrouth, Dubaï et le Caire, elle a fait de la promotion de la chanson marocaine une ligne de conduite qu'elle résume elle-même en une phrase : « je me considère comme une messagère de la chanson marocaine ».

Ce portrait retrace le parcours d'une artiste qui a bâti sa carrière hors des circuits de production habituels. Sans label au départ, elle a produit elle-même ses titres, écrit ou co-composé ses textes, tourné ses clips et multiplié les passages télévisés avant de s'installer en Égypte pour élargir son répertoire. Elle chante le malhoun, le tarab, l'andalou et l'oriental, mais aussi le dialecte égyptien : une amplitude vocale qui lui a valu d'être repérée aussi bien sur les plateaux marocains que dans les salles d'opéra d'Alexandrie.

Son histoire est aussi celle d'une transmission familiale. Le malhoun, genre patrimonial du chant savant marocain, lui a été transmis par son grand-père, professionnel du style, avant que son père ne lui en fasse écouter les « qassaids » de son enfance. Cette filiation, ajoutée à une formation nourrie de répertoire classique et soufi, donne à sa voix une couleur que la critique marocaine a rapidement distinguée.

Origines et formation

Asma Lazreq naît le 22 juin 1986 à Taroudant, ville du Souss selon son article de Wikipédia, qui précise aussi sa nationalité marocaine et son activité de chanteuse. Le site Bladi, qui lui consacre une fiche dès 2007, indique qu'elle est née à Taroudant « où elle vit et est lycéenne », et note qu'elle « puise sa créativité dans le répertoire classique et soufi », avec déjà à son actif une participation au Festival des musiques sacrées de Fès. La biographie d'artiste publiée par InfoConcert ajoute le décor de cette enfance : une ville « rayonnant du Souss » où elle « vécut une enfance heureuse bercée par les chants soufis et le tajwid », ce qui l'amène à participer à de multiples cérémonies de tajwid et à des spectacles scolaires.

C'est dans ce milieu que se construit son oreille. Dans l'entretien accordé au Matin le 8 mai 2011, elle explique que son intérêt pour le malhoun « s'est fait spontanément » : « Mon père disait que c'est naturel vu que mon grand-père était un professionnel du style. Depuis mon jeune âge, je le côtoyais pour l'écouter interpréter certains “qassaids”, j'en ai appris quelques unes et j'ai essayé de me perfectionner dans ce genre que j'aime beaucoup et que j'aimerais faire connaître en tant que patrimoine marocain dans d'autres pays. » Cette phrase résume à elle seule la double dimension de sa formation : une technique héritée, et une ambition de transmission.

Le passage par les émissions de télévision marque une première consécration. Selon InfoConcert, elle participe à l'émission « Noujoum wa Noujoum » sur 2M et remporte un deuxième prix ; son titre « Sbaha Lkhir » est ensuite diffusé sur 2M dans l'émission « Sahran Maak Lila ». Wikipédia, de son côté, date de 2005 son passage dans la saison 2 de Studio 2M, émission qui la révèle au public de tout le pays. Le Matin confirme que « le public l'a découverte en 2005 sur le plateau de Studio 2M », et Libe.ma la donne pour lauréate de l'édition 2005 de « Studio 2M », saluant « des débuts très prometteurs » et une voix « qui rappelle celles qui ont marqué la chanson classique arabe et le “tarab” ».

Cette formation informelle mais rigoureuse explique ensuite la diversité de son répertoire. Jamais limitée à un seul genre, elle revendique cette pluralité : « Je fais de tout et j'essaye de ne pas me limiter à un seul genre », affirme-t-elle au Matin. Le tarab l'a d'abord fait remarquer, le malhoun est devenu sa signature, et la chanson populaire égyptienne viendra plus tard enrichir la palette. Aucune école de musique formalisée n'apparaît dans les sources consultées : ce qui se transmet ici passe par la famille, la télévision et les festivals.

Parcours professionnel

Après Studio 2M, Asma Lazreq enchaîne les plateaux. Elle raconte au Matin avoir « gagné les cœurs du public » et acquis « une certaine notoriété » qui lui permet de faire de nombreuses émissions, qu'elle cite elles-mêmes : Chada Al Alhane, Sahrane maâk lilla, Khalidate, Naghma watay. Elle participe en parallèle à de nombreux festivals, dont celui des musiques sacrées de Fès, déjà mentionné par Wikipédia et par Bladi. Le calendrier se remplit : un spectacle à Mawazine, où elle chante le malhoun avec « un groupe de chanteurs venus du monde entier et qui présenteront chacun un répertoire traditionnel de leur pays d'origine », un concert qui se tient à la villa des arts de Rabat.

La scène internationale vient tôt. Wikipédia signale sa participation à des festivals en France et en Tunisie ; elle précise au Matin avoir chanté le malhoun « à Bruxelles, en Tunisie, à Paris », ajoutant que « le public même étranger apprécie énormément ». Le Matin évoque pour sa part une géographie qui va « de Taroudant à Casablanca en passant par Beyrouth, Dubaï, le Caire », et InfoConcert mentionne des prestations internationales à Tunis et à Dubaï. Le Caire, ville qui deviendra plus tard sa base, apparaît donc très tôt dans son itinéraire.

En 2011, elle sort « Liam », décrit par le Matin comme son troisième single, une autoproduction née d'une rencontre avec le jeune parolier Zakaria Krimbo : elle en a composé elle-même la musique, mêlant « des sonorités marocaines revisitées, de l'andalous et de l'oriental », pour une ode à l'amour qui raconte l'histoire d'une femme abandonnée par son amoureux. Le clip est tourné entre Rabat et Aïn Aouda sous la direction du jeune réalisateur Mohamed Raïd Miftahi. Sans producteur, elle a tout coordonné : « Vu que je n'ai pas de producteur, je ne voulais pas rester les bras croisés et attendre que mon destin change tout seul, alors j'ai décidé de le forcer un peu en prenant l'initiative de produire ce titre toute seule. »

La décennie suivante, elle bascule vers la scène égyptienne tout en restant marocaine. Aujourd'hui le Maroc consacre un article à la sortie, le 25 février 2022, de son single « Hali tlakhbat » (« Je suis confuse »), réalisé en dialecte égyptien : paroles de Mohamed El Bougha, composition de Cherif Ismail, arrangement de Tarek Abd El Jaber, clip de Jamil Jamil El Magahzi. L'article précise que la chanteuse est « installée au Caire », qu'elle a déjà collaboré avec le même réalisateur sur « El Aâcham » (L'espoir) et « Emchy » (Va-t'en), et qu'elle travaille avec des compositeurs égyptiens comme Mustapha Morsi, Cherif Kacem et Mohamed Mustapha. Elle s'est aussi attaché les services de Rifâat Ahmed comme manager et a animé un concert à la maison d'opéra d'Alexandrie.

Le même article rappelle qu'elle est « lauréate des émissions Studio 2M et “Najm El Khalij” (La star du Golfe) », qu'elle a tourné d'autres clips et qu'elle a donné, au Maroc, une soirée diffusée sur 2M ainsi qu'une soirée du malhoun sur Al Aoula, sans oublier des soirées privées dans différents pays, dont la Tunisie. Cinq ans plus tard, Le360 lui consacre une vidéo, « Les confidences d'Asmaa Lazreq », en annonçant qu'« après une longue absence de la scène artistique, Asmaa Lazreq fait son come-back pour le plus grand bonheur de ses fans » : l'artiste y évoque son parcours, ses nouveautés et ses projets.

Réalisations et impact

La première réalisation d'Asma Lazreq est d'avoir fait du malhoun un argument de scène, alors même que le genre relève du patrimoine plus que du hit-parade. « Je m'intéresse au malhoun en tant que genre et patrimoine ancestral », rappelle-t-elle ; son grand-père en était professionnel, elle en a appris les « qassaids » enfant et souhaite désormais « faire connaître [ce] patrimoine marocain dans d'autres pays ». De ce point de vue, sa participation au Festival de Fès des musiques sacrées du monde, reprise par Wikipédia, s'inscrit dans la continuité d'une vie : elle y a chanté bien avant que la fédération de festivals ne devienne un passage obligé de sa carrière.

La seconde tient au modèle économique qu'elle a inventé faute de soutien. Sans producteur, elle autoproduit : c'est le cas de « Liam » en 2011, dont elle revendique la composition et la production, mais aussi de ses titres égyptiens, montés avec des équipes qu'elle assemble elle-même. Le Matin parle d'un « parcours de combattante », et Libe.ma insiste sur la même volonté : « la volonté et le talent sont là », pour une artiste qui « entend se donner tout le temps pour s'affirmer avec la chanson marocaine ». Ce mode de production, rarement mis en avant dans les portraits d'artistes marocaines, mérite d'être signalé : il explique la régularité de sa production, du troisième single de 2011 aux sorties égyptiennes de 2022.

La troisième réalisation est l'ampleur de son répertoire. Elle passe du tarab au malhoun, de l'andalou au dialecte égyptien, sans jamais rompre avec l'identité marocaine de son chant. Les titres cités par Aujourd'hui le Maroc — « Maghroum » (Amoureux), « Halty Ennafsai » (Mon état psychique), « Hali tlakhbat », « Emchy », « El Aâcham » — dessinent un catalogue qui traverse les frontières linguistiques du monde arabe. Elle affirme au Matin ne pas être « intéressée par une carrière au Moyen-Orient ou en Europe si ce n'est pas pour faire connaître la chanson marocaine », préférant « rester dans mon pays, développer ce répertoire et participer à la promotion de la chanson marocaine à l'étranger ».

Cet impact se mesure aussi à la façon dont elle ouvre la voie. En produisant elle-même, en écrivant ses textes, en choisissant ses réalisateurs de clips, elle a constitué une méthode d'indépendance qui a précédé l'ère des plateformes. Sa présence sur les antennes nationales — 2M, Al Aoula — puis sur les scènes égyptiennes et tunisiennes a rendu le malhoun audible pour des publics qui ne le connaissaient pas, tout en maintenant une exigence artistique : « le public même étranger apprécie énormément », observe-t-elle après ses passages à Bruxelles, Tunis et Paris. Le regard porté sur elle n'a pas changé de nature depuis ses débuts : celui d'une artiste qui fait porter à sa voix une responsabilité culturelle.

Ce qu'on retient

Premier trait : une artiste née d'un héritage. Le malhoun est arrivé par le grand-père professionnel, écouté par le père, puis réinventé par la petite-fille. Cette chaîne familiale donne à la voix d'Asma Lazreq une légitimité qui ne vient d'aucune école : elle vient de la maison et de la scène, avant les caméras.

Deuxième trait : la méthode de l'autoproduction. Quand aucun producteur ne se présente, elle produit elle-même, compose, co-écrit et organise le tournage de ses clips. « Je n'ai pas de producteur, je ne voulais pas rester les bras croisés » : la formule, datant de 2011, décrit encore sa manière de travailler dix ans plus tard, quand elle assemble autour d'elle des paroliers, des arrangeurs et des réalisateurs égyptiens pour « Hali tlakhbat ».

Troisième trait : la fidélité à un objectif unique. Faire connaître la chanson marocaine, voilà la boussole. Elle l'affirme sans détour, elle l'applique en chantant le malhoun à Fès, à Rabat, à Bruxelles, à Tunis et à Paris, elle l'étend en s'installant au Caire pour porter la voix marocaine sur des scènes étrangères. Le titre de « messagère de la chanson marocaine » qu'elle se donne n'est pas une formule d'usage : c'est la grille de lecture de toute sa carrière.

Enfin, son parcours rappelle que la télévision reste, au Maroc, une école de la chanson. De « Noujoum wa Noujoum » à Studio 2M, des émissions de variétés aux soirées du malhoun sur Al Aoula, c'est par le plateau que le public l'a apprivoisée, avant de la suivre sur les scènes de festivals. Quarante ans après ses débuts enfantins dans les cérémonies de tajwid du Souss, Asma Lazreq occupe toujours cette place : celle d'une voix qui relie le patrimoine à l'actualité.

Questions fréquentes

Où et quand Asma Lazreq est-elle née ?

Asma Lazreq, aussi appelée Asmae Lazreq, est née le 22 juin 1986 à Taroudant, dans le Souss, au sud du Maroc. Selon Bladi, elle y vit et y fait ses études secondaires ; elle est chanteuse marocaine de nationalité, comme le précise son article de Wikipédia.

Quels genres Asma Lazreq chante-t-elle ?

Elle interprète le malhoun, le tarab et la chanson classique arabe, ainsi que des titres en dialecte égyptien. Formée au répertoire classique et soufi et à ses origines dans les chants du Souss, elle revendique de ne pas se limiter à un seul genre : « Je fais de tout et j'essaye de ne pas me limiter à un seul genre », confie-t-elle au Matin en 2011.

Quels sont ses titres les plus connus ?

Parmi ses titres cités par la presse : « Liam » (2011, single autoproduit dont le clip est tourné entre Rabat et Aïn Aouda), « Maghroum », « Halty Ennafsai », « Emchy », « El Aâcham » et « Hali tlakhbat » (2022), ce dernier réalisé en dialecte égyptien. Elle a été lauréate de Studio 2M et de l'émission « Najm El Khalij » (La star du Golfe).

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Asmaa Lamnawar et Ahlam Lemseffer.

Sources : Wikipédia — Asma Lazreq · Le Matin — « Je me considère comme une messagère de la chanson marocaine » (8 mai 2011) · Aujourd'hui le Maroc — Asma Lazreq lance « Hali tlakhbat » (25 février 2022) · Bladi — Asma Lazreq · Libe.ma — Asma Lazrek, des débuts très prometteurs · Le360 — Les confidences d'Asmaa Lazreq · InfoConcert — Biographie d'Asmaa Lazrak · Photo : achewa9e3Tv - آش واقع تيفي, Wikimedia Commons, licence CC BY 3.0, lien vers la page du fichier

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