Ghita ZAKANY, juriste d’affaires et styliste : « Le bon juriste n’est pas un béni oui oui »
À vingt-cinq ans, Ghita Zakany exerce comme juriste d’affaires au sein d’un cabinet de consulting et de commissariat aux comptes. Native de la capitale économique du Maroc, elle a fait du droit une discipline de…
La Rédaction
Rédaction La Marocaine
À vingt-cinq ans, Ghita Zakany exerce comme juriste d’affaires au sein d’un cabinet de consulting et de commissariat aux comptes. Native de la capitale économique du Maroc, elle a fait du droit une discipline de précision, où chaque dossier demande de lire les textes, de comprendre l’entreprise et d’anticiper le risque. En marge de ce métier, elle cultive une autre facette, plus intime : celle de styliste, pendant son temps libre.
Son parcours s’est construit par strates plutôt que par ligne droite. Après une licence en droit public, elle intègre un premier master en droit public, spécialité droit administratif, avant de s’orienter, à posteriori, vers un second master consacré au droit des affaires et à la fiscalité. Ce choix répond à une conviction : la frontière entre droit public et droit privé ne résiste plus à l’interpénétration des deux domaines, et le juriste complet est celui qui sait lire l’économie autant que la règle. Elle observe que d’autres pays, les États-Unis notamment, ont compris la nécessité de mêler droit privé, droit public et économie, le droit n’étant plus seulement un instrument de justice mais une discipline pragmatique.
De cette double formation est née une pratique. Le juriste d’affaires, rappelle-t-elle, n’est pas seulement celui qui plaide : il assure une veille juridique, conseille, expertise, accompagne les projets des entreprises et vérifie leur conformité à la réglementation. Sa mission tient en trois gestes — détecter le risque, l’évaluer, le couvrir — et s’étend à des terrains nouveaux, du cloud au big data en passant par la protection des données. Un métier d’indépendance, qui exige rigueur intellectuelle et force de conviction.
Son propre chemin, elle le doit à une persévérance éprouvée. Les concours publics, les résultats qui traînent, les présélections franchies puis les portes qui se ferment : elle a connu la déception avant de trouver, dans le second master, la sortie du marasme. « Le bon juriste n’est pas un béni oui oui qui va dire oui à ses clients ou à son supérieur, c’est un métier qui impose d’avoir une rigueur intellectuelle, une force de conviction », dit-elle.
À propos de l'auteure
La Rédaction
La rédaction de La Marocaine explore mode, beauté, art de vivre et portraits de femmes inspirantes au Maroc et ailleurs.
Conversations & Échanges (0)
Espace réservé aux lectricesSoyez la première à ouvrir la conversation sur cet article.