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Femmes Inspirantes 08 nov. 2026 9 min de lecture

Hakima Bel-Kassaoui : de députée à vice-présidente du conseil régional

Du doctorat de physique à la Chambre des représentants, puis au conseil régional de Fès-Meknès : une trajectoire qui éclaire le débat marocain sur le quota des femmes.

LR

La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Hakima Bel-Kassaoui : de députée à vice-présidente du conseil régional
📅 Dernière mise à jour : 8 novembre 2026

Hakima Bel-Kassaoui est une femme politique marocaine, docteure en physique, élue députée en octobre 2016 sur la liste nationale des femmes au titre du Mouvement populaire, puis vice-présidente du conseil régional de Fès-Meknès depuis septembre 2021. Scientifique de formation devenue parlementaire, elle s'est fait entendre sur la question qui structure la présence des femmes au Parlement marocain : celle du quota, dont elle a salué l'effet d'entraînement tout en déplorant qu'il ne se prolonge pas, une fois les sièges gagnés, en implantation locale et en responsabilités partisanes durables.

Sa trajectoire suit en sens inverse celle que décrivent habituellement les études sur la représentation des femmes au Maroc : elle entre au Parlement par la liste nationale réservée aux femmes, y siège pendant la dixième législature au sein de la commission des finances, puis rejoint l'exécutif d'une région de69 élus, où elle devient la cinquième vice-présidente du conseil et membre de la commission des relations extérieures et de la coopération.

Cette double casquette — législatif puis régional, parti puis collectivité — donne à son parcours une lecture concrète des débats marocains sur la parité : une affaire de chiffres, certes, mais aussi de formation, de réseaux locaux et de volonté des partis. Législative et régionale, Hakima Bel-Kassaoui reste également une femme de science, qui n'a jamais rompu avec la physique.

Origines et formation

Les sources publiques disponibles sur Hakima Bel-Kassaoui restent sobres sur ses origines : ni sa date de naissance ni son lieu de naissance ne figurent dans son article de Wikipédia, dont la mise en avant signale par ailleurs le besoin de sources secondaires. Préférer l'aveu d'une lacune à une biographie inventée est ici la seule méthode honnête : ce que l'on sait de sa formation vient de son profil professionnel et des institutions qu'elle a servies.

Sur son profil LinkedIn, elle se présente comme docteure en physique de l'université Mohammed V à Rabat, avec un doctorat en sciences physiques suivi en partie au Muséum national d'histoire naturelle et une thèse en grande partie réalisée à l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II. Cette formation longue, au croisement de la recherche et de l'ingénierie, est le premier pilier d'un parcours qui ne s'est jamais présenté comme un métier de politique à plein temps.

Deuxième pilier : l'expertise technique. Le même profil indique qu'elle exerce depuis janvier 2022 comme administrateur principal à l'ARM Maroc, l'agence de régulation des marchés basée à Rabat. La combinaison d'un doctorat de physique et d'une fonction de régulation financière explique l'orientation de son travail parlementaire vers la commission des finances et du développement économique, où l'annuaire des parlementaires la compte comme membre active dès 2018.

Parcours professionnel

Hakima Bel-Kassaoui fait son entrée au Parlement marocain lors des élections législatives du 7 octobre 2016. Elle y est élue au titre de la liste nationale des femmes, la circonscription réservée créée par le système de quota, avec l'étiquette du Mouvement populaire. La liste officielle des395 députés publiée par Médias24 la compte parmi les cinq femmes du parti élues ce jour-là, aux côtés de Laila Ahkim, Fatima Zahra Nazih, Loubna Tahiri et Ghita El Hatimi.

Elle siège à la Chambre des représentants pendant la dixième législature, au sein du groupe parlementaire du Mouvement populaire — le groupe Haraki — pour la première partie de la circonscription nationale réservée aux femmes. L'annuaire des parlementaires de la Chambre la situe à la commission des finances et du développement économique, un poste qui lui donne voix sur le budget de l'État et sur les textes économiques, dans une legislature où la représentation féminine atteint son plus haut niveau historique à l'époque.

En septembre 2021, elle rejoint l'exécutif régional : le site officiel du conseil régional de Fès-Meknès la présente comme la cinquième vice-présidente du conseil, sous les couleurs du Rassemblement national des indépendants (RNI), et membre de la commission des relations extérieures et de la coopération. Le conseil, composé de69 membres élus au suffrage universel direct, compte parmi ses vice-présidents des élus du Parti de l'indépendance, du Parti authenticité et modernité et du Mouvement populaire — Hakima Bel-Kassaoui y retrouve ainsi plusieurs anciens collègues d'hémicycle, dans une région où la décentralisation concentre depuis les réformes de2015 des compétences nouvelles en matière d'équipements, de développement économique et d'action sociale.

Le passage d'un mandat national à un mandat régional est aussi celui d'un rapport différent au terrain : siège à Rabat et responsabilité d'un territoire de plusieurs millions d'habitants, dont Fès et Meknès. C'est précisément le basculement que la députée décrivait comme manquant, de son propre aveu, dans la formation des femmes élues par liste nationale.

Réalisations et impact

Le cœur de l'apport de Hakima Bel-Kassaoui tient à sa parole publique sur le quota. Interrogée par l'Agence marocaine de presse dans un dossier consacré au système de représentation des femmes, elle affirme que le quota « a permis de dégager une élite politique féminine présente au sein du parlement », mais constate que « peu de députées travaillent au niveau local, en coordination avec la société civile ou les collectivités territoriales ». Autrement dit : le siège est gagné, l'ancrage reste à construire.

Sa déclaration va plus loin en nommant trois freins — l'absence d'un véritable marché du travail politique pour les femmes dans l'entourage des électeurs, le poids des traditions et le type d'élection en vigueur — et en pointant « l'absence d'une véritable volonté des partis politiques pour réussir la contribution politique de la femme ». Elle invite enfin à se poser la question des ex-députées élues par les listes nationales, c'est-à-dire de ce qu'il advient des femmes quand le quota ne les porte plus.

Ces propos prennent tout leur sens dans les chiffres rappelés par les mêmes sources. Le Maroc adopte le quota en2002, à la suite de la quatrième conférence mondiale sur les femmes de Pékin de1995 : la loi réglementaire n°11-27 de la Chambre des représentants fixe à30 le nombre de sièges réservés aux femmes en2011, puis à60 en2016. Le nombre de députées passe de2 en1993 à35 en2002, à67 en2011 et à81 en2016, selon une étude de2017 de l'association Jossour, forum des femmes marocaines — sur395 représentants au total.

Le même dossier rappelle un autre chiffre, plus rude : à travers les circonscriptions locales, le nombre de femmes élues ne dépasse pas six. Le débat se poursuit après son passage à l'Assemblée : au lendemain des législatives de septembre2021, Yabiladi rapporte que, sans les listes régionales, seuls2% des sièges auraient été remportés par des femmes et que six seulement l'auraient été par des listes locales. Le quota demeure donc la principale porte d'entrée des femmes au Parlement marocain, ce que Hakima Bel-Kassaoui a dit en le regardant à la fois comme une réussite et un plafond.

Sur le terrain régional, son rôle s'inscrit dans une assemblée de69 élus où les femmes occupent plusieurs vice-présidences. À la commission des relations extérieures et de la coopération, elle travaille sur un dossier qui a pris de l'ampleur pour les régions marocaines depuis l'ouverture des compétences décentralisées : les partenariats internationaux des collectivités, jumelages, appuis européens et coopération décentralisée. Une fonction où l'expérience parlementaire du texte budgétaire et la rigueur d'une formation scientifique se rejoignent naturellement.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : le quota fabrique des mandats, pas automatiquement des carrières. Hakima Bel-Kassaoui a occupé les deux versants de la représentation féminine marocaine — la liste nationale qui fait entrer, et le terrain local qui fait rester — et sa critique du système vient de l'intérieur. Une docteure en physique devenue vice-présidente de conseil régional rappelle que la vie publique marocaine s'est enrichie de profils issus de la recherche, bien loin de l'image d'un Parlement réservé aux professionnels du parti.

Deuxième enseignement : la trajectoire compte autant que la fonction. De la commission des finances à la commission des relations extérieures et de la coopération, en passant par un siège d'administrateur à l'ARM Maroc, son parcours additionne des responsabilités où l'on juge des textes, des budgets et des coopérations. Pour les femmes qui visent la vie publique au Maroc, il offre un modèle simple : se former longuement, s'appuyer sur une expertise reconnue, puis négocier le mandat — et ne pas confondre l'élection avec l'implantation.

Questions fréquentes

Quel est le parcours de Hakima Bel-Kassaoui ?

Docteure en physique de formation, elle est élue députée en octobre 2016 sur la liste nationale des femmes avec le Mouvement populaire, siège à la commission des finances et du développement économique pendant la dixième législature, puis devient en septembre 2021 cinquième vice-présidente du conseil régional de Fès-Meknès, sous les couleurs du RNI.

Que dit-elle sur le quota des femmes ?

Elle reconnaît au quota d'avoir « dégagé une élite politique féminine présente au sein du parlement », mais estime que peu de députées travaillent ensuite au niveau local avec la société civile et les collectivités, imputant ce résultat au poids des traditions et à l'absence de volonté des partis politiques.

Quelle fonction occupe-t-elle aujourd'hui ?

Elle est la cinquième vice-présidente du conseil régional de Fès-Meknès, élu à partir de69 membres, et membre de la commission des relations extérieures et de la coopération ; son profil professionnel indique par ailleurs une fonction d'administrateur principal à l'ARM Maroc depuis janvier 2022.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Aawatif Hayar et Badia Skalli.

Sources : Wikipédia — Hakima Bel-Kassaoui · Médias24 — La liste officielle des395 députés élus le7 octobre 2016 · Chambre des représentants — fiche parlementaire de Hakima Bel-Kassaoui · MAP — Le quota des femmes, entre la discrimination positive et les limites du leadership féminin · Maroc Diplomatique — Le quota des femmes au niveau de la scène politique · Région Fès-Meknès — composition du conseil régional · Yabiladi — Législatives Maroc : sans les listes régionales,2% de sièges remportés par des femmes · LinkedIn — profil de Hakima Bel-Kassaoui

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La rédaction de La Marocaine explore mode, beauté, art de vivre et portraits de femmes inspirantes au Maroc et ailleurs.

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