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Femmes Inspirantes 07 nov. 2026 13 min de lecture

Fatima-Ezzahra Nazih : d'Ouarzazate au groupe thématique de la parité

Élue députée en 2016 sur la liste nationale des femmes pour le Mouvement populaire, Fatima-Ezzahra Nazih a siégé à la commission de la justice et présidé le groupe thématique de la parité à la Chambre des représentants.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Fatima-Ezzahra Nazih : d'Ouarzazate au groupe thématique de la parité
📅 Dernière mise à jour : 7 novembre 2026

Fatima-Ezzahra Nazih est une femme politique marocaine, née en 1988 à Ouarzazate, qui a été élue députée le 7 octobre 2016 au titre de la liste nationale des femmes, pour le Mouvement populaire. Membre du groupe parlementaire du parti, elle a siégé à la Commission de justice, de législation et des droits de l'homme de la Chambre des représentants, et elle a présidé le groupe thématique de la Chambre chargé de l'égalité et de la parité.

Son parcours se lit d'abord dans les listes : celui des candidates du Mouvement populaire sur les soixante sièges réservés aux femmes dans la circonscription nationale, puis celui des parlementaires qui représentent le Maroc auprès de leurs homologues étrangers. En octobre 2016, son nom figure parmi les trente-neuf femmes élues pour son parti à la chambre basse, aux côtés de Laila Ahkim, Hakima Bel-Kassaoui, Loubna Tahiri et Ghita El Hatimi, selon la liste officielle des 395 députés publiée par Médias24 dix jours après le scrutin.

Deux ans plus tard environ, une délégation de trois parlementaires marocains est invitée par le projet européen EU-JDID en Jordanie. Fatima-Ezzahra Nazih y est la seule femme du groupe, et elle y intervient sur un sujet précis : la participation des femmes à la vie politique au Maroc et la place des députées à la Chambre des représentants. C'est cette dimension-là — une élue de la liste nationale devenue relais international de la parité — que retrace ce portrait, uniquement à partir des sources institutionnelles et encyclopédiques disponibles.

Origines et formation

Fatima-Ezzahra Nazih naît en 1988 à Ouarzazate. La date et le lieu figurent sur sa fiche de Wikipédia FR, reprises par l'infobox « Biographie2 » de l'article, et confirmés par l'élément Wikidata associé (Q50825311), qui enregistre comme pays de citoyenneté le Maroc et comme parti politique le Mouvement populaire. La page encyclopédique arabe, plus détaillée, précise qu'elle est née « في مدينة ورزازات » — dans la ville d'Ouarzazate — et qu'elle est « سياسية ونائبة برلمانية مغربية », une femme politique et parlementaire marocaine.

Ouarzazate, elle, n'est pas une ville anonyme. Selon l'article que Wikipédia lui consacre, c'est une ville et commune, chef-lieu de la province du même nom, dans la région Drâa-Tafilalet. Surnommée « la Porte du désert », elle est située à 1 150 mètres d'altitude, à la confluence des oueds Dadès et Imini qui forment le Drâa, sur le piémont sud du Haut-Atlas central. La ville est un carrefour : vers le nord-ouest, Marrakech par les cols du Haut-Atlas dont le Tizi n'Tichka ; vers l'est, le Tafilalet ; vers le sud, la moyenne vallée du Drâa et au delà le désert saharien ; vers l'ouest, la vallée du Souss et la côte atlantique. Une géographie de passage, donc, entre montagne, palmeraie et Sahara.

Sur sa formation, en revanche, la prudence s'impose : aucune des sources consultées — ni l'article francophone, ni l'article arabe, ni les listes parlementaires, ni les pages de la Chambre des représentants — ne précise ses diplômes, son université ou son métier avant l'élection. Lui en attribuer un serait inventer. Ce que les sources établissent, c'est le cadre dans lequel elle s'inscrit : une femme née à la fin des années 1980 dans une ville de l'Anti-Atlas, arrive au Parlement par la voie des listes nationales, c'est-à-dire par un dispositif électoral pensé pour corriger l'under-représentation des femmes dans les circonscriptions ordinaires.

Ce dispositif existe depuis 2002 : la loi électorale réserve alors 30 des 90 sièges de la circonscription nationale aux femmes, puis 60 des 90 à partir de la réforme de 2021, comme le rappelle l'article de Wikipédia sur la Chambre des représentants du Maroc. Les élections de 2016 se tiennent encore sous l'ancien découpage : 395 députés, dont 305 élus dans 92 circonscriptions locales de 2 à 6 sièges, et 90 élus dans une unique circonscription nationale, répartis entre 60 sièges réservés aux femmes et 30 aux personnes de moins de quarante ans, avec un seuil électoral de 3 % pour la liste nationale contre 6 % pour les circonscriptions ordinaires. C'est par cette porte d'entrée que Fatima-Ezzahra Nazih entre à la Chambre.

Parcours professionnel

Les élections législatives marocaines du 7 octobre 2016 renouvellent la Chambre des représentants. Le scrutin est un scrutin de liste proportionnel plurinominal, sans panachage ni vote préférentiel : les listes sont fermées, et la répartition des sièges se fait selon la règle de la plus forte moyenne pour toutes les listes ayant franchi le seuil. Le Mouvement populaire y obtient 27 sièges au total, dont 20 dans les circonscriptions locales et 7 sur la liste nationale, selon le tableau des résultats publié par Wikipédia. Cinq de ces sept sièges nationaux vont à des femmes, et l'un d'eux porte le nom de Fatima-Ezzahra Nazih.

La liste officielle des 395 députés, rendue publique par la Chambre des représentants le 17 octobre 2016 et reprise par Médias24, inscrit « Fatima Zahra Nazih » dans le bloc « Liste des femmes (60 sièges) », pour le MP. Le document PDF de la Chambre intitulé « liste_2016 », qui détaille la circonscription nationale partie réservée aux femmes, mentionne de son côté « Fatima Ezzahra Nazih » au titre du Parti du Mouvement Populaire, entre Hakima Bel Qsaoui et Loubna Tahiri. Le nom varie donc d'une source à l'autre — Fatima-Ezzahra, Fatima Zahra, Fatima Ezzahra — mais l'identité est la même, et la qualité d'élue est confirmée par trois documents indépendants.

Le parti lui-même est ancien et identifiable. Le Mouvement populaire (en amazigh ⴰⵎⵓⵙⵙⵓ ⴰⵎⴷⵏⴰⵏ, en arabe الحركة الشعبية) est fondé en 1957 par Abdelkrim El Khatib et Mahjoubi Aherdane, avec pour symbole l'épi et pour couleurs le jaune. Sa page de Wikipédia le situe à droite sur l'échiquier politique, le décrit comme amazighiste, royaliste, libéral-conservateur et agrariste, le rattache à l'Internationale libérale et au Réseau libéral africain, et donne pour secrétaire général Mohammed Ouzzine. Son siège est au 66 rue Patrice Lumumba, à Rabat. C'est cette formation que représente Fatima-Ezzahra Nazih, au sein du groupe parlementaire du même nom.

À la Chambre, elle est membre de la Commission de justice, de législation et des droits de l'homme, selon son article de Wikipédia, qui s'appuie sur l'« Annuaire des parlementaires » de la Chambre. La page anglaise de l'institution, consacrée aux commissions de la législature 2016-2021, la liste explicitement : « NAZIH FATIMA-EZZAHRA », circonscription nationale partie réservée aux femmes, commission Justice, législation et droits de l'homme. Cette commission est l'une des neuf commissions permanentes prévues par l'article 59 du règlement intérieur de la Chambre ; elle est composée de 44 membres, et l'article 65 réserve sa présidence à l'opposition.

La version arabe de Wikipédia ajoute une précision importante sur son mandat : elle est élue « من الدائرة الانتخابية الوطنية الجزء الأول المخصص للنساء » — au titre de la première partie de la circonscription nationale réservée aux femmes — pour la période 2016-2021, au sein du bloc parlementaire du Mouvement populaire, et elle est membre de la commission de la justice, de la législation et des droits de l'homme. La même source indique qu'elle a été présidente du groupe thématique de la Chambre des représentants chargé de l'égalité et de la parité (المجموعة الموضوعاتية المكلفة بالمناصفة والمساواة), une fonction qu'elle a exercée notamment lors du premier Forum latino-marocain organisé par l'ambassade du Maroc au Pérou et en Bolivie, le 24 février 2021, consacré à l'autonomisation de la femme et à sa participation à la vie politique.

Un autre épisode, mieux documenté encore, montre sa casquette d'interparlementaire. Le projet européen EU-JDID (European Centre for Electoral Support) invite en Jordanie une délégation de trois parlementaires marocains, composée de Khalid Boukarai (Parti de la justice et du développement), de Fatima Ezzahra NAZIH (Mouvement populaire) et de Salek BOLON (Parti de l'Istiqlal), soit la majorité gouvernementale et l'opposition réunies. Les trois présentent à leurs homologues jordaniens l'organisation des groupes parlementaires marocains, leurs stratégies, leurs liaisons avec les partis et la division du travail au sein des groupes. Le deuxième jour est entièrement consacré à un tableau rond intitulé « Renforcer la participation politique des femmes : leçons de la Jordanie et du Maroc », où la députée du Mouvement populaire partage son expérience de la participation féminine à la vie politique marocaine et de la position des femmes députées à la Chambre des représentants. Le débat qui suit porte sur l'équilibre entre carrière et famille dans une culture politique traditionnelle, et sur les opportunités ouvertes par la participation des femmes dans l'éducation, l'économie et la politique.

Réalisations et impact

Pour mesurer ce qu'a représenté l'élection de 2016, il faut la remettre dans la série. Le Maroc compte 67 députées après le scrutin de 2011, 81 après celui de 2016, et 96 après celui du 8 septembre 2021, soit 24,3 % des 395 sièges de la Chambre des représentants : c'est Yabiladi qui publie ces chiffres, en ajoutant un détail plus fin — sur les seules circonscriptions locales, les femmes élues sont 7 en 2011, 10 en 2016, puis 6 en 2021. Autrement dit, la progression globale des femmes à la chambre basse repose presque entièrement sur les listes régionales et nationales, celles-là mêmes par lesquelles Fatima-Ezzahra Nazih est entrée au Parlement.

Sa contribution personnelle se mesure donc en trois registres documentés. Le premier est l'appartenance à une commission de travail : la Commission de justice, de législation et des droits de l'homme, qui traite du cadre législatif marocain et des droits fondamentaux, et dont le règlement intérieur réserve la présidence à l'opposition, ce qui en fait un lieu de bilan partisane autant que technique. Le second registre est la parité : en présidant le groupe thématique chargé de l'égalité et de la parité, selon Wikipédia AR, elle a porté la question de la représentation égale au sein même de l'institution, puis en représentant ce groupe au premier Forum latino-marocain de février 2021, consacré à l'autonomisation de la femme.

Le troisième registre est la diffusion d'expérience. La mission EU-JDID en Jordanie montre un fonctionnement précis : le Parlement marocain est présenté comme un modèle d'organisation de groupes parlementaires, et la délégation marocaine y expose la coexistence de la majorité et de l'opposition, la stratégie de groupe, les liens avec les partis et la visibilité des groupes. Dans ce dispositif, une élue de la liste nationale devient formatrice de ses homologues. La table ronde sur la participation des femmes, qui lui est confiée le second jour, aborde les obstacles concrets — l'équilibre entre carrière et vie familiale dans une culture politique traditionnelle — et les opportunités dans l'éducation, l'entreprise et la politique.

Il faut aussi dire ce que les sources ne disent pas : aucun des documents consultés ne publie le détail de ses interventions à la tribune, le nombre de textes votés dont elle est rapportrice, ou son bilan électoral ultérieur. Le mandat documenté court de 2016 à 2021 selon la Wikipédia arabe. Ces lacunes sont réelles, et préférer les combler par des estimations serait trahir le propos même de ce portrait : raconter une trajectoire vérifiable, ligne à ligne, avec pour seule autorité des documents que le lecteur peut ouvrir.

Reste le contexte plus large. La Chambre des représentants compte neuf commissions permanentes — affaires étrangères, intérieur, justice, finances, secteurs sociaux, secteurs productifs, infrastructures, enseignement, contrôle des finances publiques — et la représentation proportionnelle qui les alimente est la règle. Dans cet appareil, la place conquise par les femmes par les listes réservées constitue un acquis fragile, régulièrement discuté, que l'article de Yabiladi de septembre 2021 résume avec amertume : « Dix ans donc après les appels à la parité, les élues décrochent à peine un quart des sièges de la chambre basse. »

Ce qu'on retient

Premier enseignement : les listes nationales ont une fonction de recrutement. Sans les soixante sièges réservés aux femmes, une candidate née en 1988 à Ouarzazate n'aurait probablement pas siégé à la Chambre en 2016. Le dispositif existe pour cela, et il produit des profils que le scrutin local ne fait pas émerger. La progression de67 à 96 députées entre 2011 et 2021 passe presque intégralement par ces listes.

Deuxième leçon : une mandature se lit aussi à ses fonctions internes. Membre d'une commission de justice et présidente d'un groupe thématique sur la parité, Fatima-Ezzahra Nazih a occupé deux espaces complémentaires — le travail législatif de fond et la revendication d'égalité — au sein d'une Chambre dont le règlement intérieur distribue soigneusement les rôles, jusqu'à réserver la présidence de la commission de la justice à l'opposition.

Troisième leçon : la diplomatie parlementaire est une vitrine. Invitée avec deux autres députés par un projet de l'Union européenne, elle a présenté à la Chambre des représentants jordanienne l'organisation des groupes parlementaires marocains et animé un échange sur la participation des femmes au pouvoir. L'échange d'expérience entre législatures, souvent invisible des médias, fait partie du travail réel d'un parlementaire.

Enfin, ce portrait rappelle une méthode : dire ce qu'on sait, et dire ce qu'on ignore. La formation de Fatima-Ezzahra Nazih n'est documentée nulle part dans les sources consultées ; son mandat, lui, l'est trois fois — par Wikipédia FR, par Wikipédia AR et par les listes officielles de la Chambre des représentants. C'est sur ce socle, et sur ce socle seulement, que repose l'histoire racontée ici.

Questions fréquentes

Où et en quelle année Fatima-Ezzahra Nazih est-elle née ?

Elle est née en 1988 à Ouarzazate, ville chef-lieu de la province du même nom, dans la région Drâa-Tafilalet, surnommée « la Porte du désert ». La date et le lieu figurent sur sa fiche de Wikipédia FR et sur l'élément Wikidata Q50825311 ; la version arabe de l'article précise qu'elle est née dans la ville d'Ouarzazate.

Comment est-elle devenue députée ?

Lors des élections législatives du 7 octobre 2016, elle est élue au titre de la liste nationale, première partie réservée aux femmes, pour le Mouvement populaire. Sa figure sur la liste officielle des 395 députés publiée par la Chambre et reprise par Médias24 le 17 octobre 2016, ainsi que sur le document PDF de la Chambre listant la circonscription nationale féminine.

Quelles fonctions a-t-elles exercées à la Chambre ?

Elle a siégé dans le groupe parlementaire du Mouvement populaire et été membre de la Commission de justice, de législation et des droits de l'homme pour la législature 2016-2021, selon Wikipédia et l'annuaire des commissions de la Chambre des représentants. Wikipédia AR indique en outre qu'elle a présidé le groupe thématique chargé de l'égalité et de la parité.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Aawatif Hayar et Badia Skalli.

Sources : Wikipédia — Fatima-Ezzahra Nazih · Wikipédia AR — فاطمة الزهراء نزيه · Wikidata — Fatima-Ezzahra Nazih · Wikipédia — Ouarzazate · Wikipédia — Mouvement populaire (Maroc) · Wikipédia — Élections législatives marocaines de 2016 · Wikipédia — Chambre des représentants (Maroc) · Médias24 — La liste officielle des 395 députés élus le 7 octobre 2016 · Chambre des représentants — Liste des élus 2016 (PDF) · Chambre des représentants — Justice, Legislation and Human Rights Committee (2016-2021) · ECES / EU-JDID — Moroccan MPs visit · Yabiladi — Législatives Maroc : seulement 2 % de sièges remportés par des femmes

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