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Femmes Inspirantes 04 nov. 2026 12 min de lecture

Chaimae El Hayti : de l'argent de Santiago à l'or de Tarente

Née le 8 mai 2001, la karatéka marocaine a conquis l'or du kumite des moins de 55 kg aux Jeux méditerranéens de Tarente 2026, sept ans après son argent mondial U21 à Santiago.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Chaimae El Hayti : de l'argent de Santiago à l'or de Tarente
📅 Dernière mise à jour : 4 novembre 2026
🏷️ #Sport

Chaimae El Hayti est une karatéka marocaine née le 8 mai 2001, spécialiste du kumite, la discipline du combat au karaté. En une dizaine d'années de compétition internationale, elle est passée de la médaille d'argent des Championnats du monde U21 de 2019 à Santiago à l'or des Jeux méditerranéens de 2026 à Tarente, en battant l'Italienne Veronica Brunori 3 à 2 en finale des moins de 55 kg. Un palmarès qui en fait l'une des karatékas marocaines les plus régulièrement présentes sur les podiums continentaux, mondiaux et régionaux depuis la fin de la décennie 2010.

Sa trajectoire se lit comme une ligne continue : chaque saison, une sélection, une médaille, un tableau des épreuves relevé. De Santiago en octobre 2019 à Alger en septembre 2026, elle a enchaîné les compétitions sous les couleurs du Maroc, dans deux catégories de poids différentes, sans jamais disparaître des radars de la Fédération royale marocaine de karaté et disciplines associées ni du Comité national olympique marocain. Ce portrait retrace son parcours, compétition par compétition, uniquement à partir des sources publiques disponibles : articles de Wikipédia, communiqués du CNOM, résultats de la Fédération mondiale de karaté et dépêches de la presse marocaine et internationale.

Origines et formation

Chaimae El Hayti naît le 8 mai 2001. La date et la nationalité marocaine figurent sur sa fiche biographique de Wikipédia, qui la présente simplement comme une karatéka marocaine, sans autre précision sur son club d'origine ou son lieu de formation. C'est une limite qu'il faut assumer : aucune des sources consultées — l'article encyclopédique, les dépêches du Comité national olympique marocain, les communiqués de la Fédération royale marocaine de karaté relayés par la presse — ne donne de nom de club formateur ni de ville natale. Il serait donc inventé de lui en attribuer un. Le silence des sources dit cependant quelque chose de la manière dont se construit aujourd'hui une carrière de karatéka au Royaume : par la sélection fédérale, puis par l'équipe nationale, plutôt que par la renommée d'un club unique.

Ce que l'on sait, c'est le cadre dans lequel elle s'inscrit. Le karaté marocain s'appuie sur une équipe nationale préparée toute l'année : à l'occasion des Championnats d'Afrique de septembre 2026, la Fédération royale marocaine de karaté et disciplines associées a indiqué que sa délégation s'était préparée « à travers un programme d'entraînement intensif toute l'année au centre de Bouznika », axé sur la préparation physique, technique et mentale des athlètes. C'est dans ce circuit fédéral que la jeune karatéka a mûri, d'une catégorie de poids à l'autre.

Elle découvre les grands rendez-vous mondiaux tôt. En octobre 2019, elle fait partie de la délégation marocaine envoyée aux Championnats du monde de karaté cadets, juniors et U21, organisés du 23 au 27 octobre à Santiago, au Chili : une équipe d'une vingtaine d'athlètes, 13 garçons et 11 filles, encadrée par la fédération. La compétition, qui réunit 96 nations, voit le Maroc terminer quatrième du classement général des médailles avec dix médailles, derrière l'Égypte, la Turquie et la France. Dans ce bilan, une ligne porte son nom : l'argent de l'épreuve U21 des moins de 50 kg.

La catégorie de poids est elle-même un élément de trajectoire. Jusqu'en 2023, elle combat dans les moins de 50 kg ; à partir de 2024, elle évolue dans les moins de 55 kg. Le changement, documenté par les tableaux des épreuves, correspond à une montée en puissance de la karatéka sur les scènes continentale et méditerranéenne, où elle retrouve, catégorie après catégorie, les mêmes adversaires de tête.

Parcours professionnel

Tout commence par un titre mondial junior manqué de peu. Le 27 octobre 2019, à Santiago, Chaimae El Hayti atteint la finale de l'épreuve U21 féminine des moins de 50 kg et s'incline 4 à 1 face à la Française Niswa Ahmed, selon le compte rendu de la Fédération mondiale de karaté. La médaille d'argent est confirmée par le CNOM, qui la place au second rang du palmarès marocain de l'épreuve, derrière Yassine Sekouri, champion du monde U21 des moins de 75 kg. La presse nationale retient le même bilan : Morocco World News et Yabiladi soulignent que le Maroc termine quatrième mondial avec dix médailles, dont deux argents — Abdel Ali Jina chez les juniors et Chaimae El Hayti chez les U21.

La saison 2021 se termine sans médaille mondiale : d'après la version anglaise de Wikipédia, elle perd le combat pour la médaille de bronze aux Championnats du monde 2021 à Dubaï. Deux ans plus tard, la même page mentionne une élimination dès le premier match aux Mondiaux 2023 à Budapest. Ces deux contretemps ne rompent pas la dynamique : entre les deux, elle décroche l'une de ses médailles les plus précieuses.

Les Jeux méditerranéens de 2022, à Oran, lui offrent le bronze des moins de 50 kg, le 26 juin 2022. Le Matin titre alors : « Jeux méditerranéens : le karaté rapporte la première médaille pour le Maroc » — la compétition ouvre le compteur marocain de ces Jeux. Le tableau des épreuves montre un parcours en deux temps : victoire 2 à 1 sur l'Croatie Iris Ćorić en huitièmes, défaite 1 à 5 face à l'Égyptienne Reem Salama, puis victoire 2 à 0 sur la Turque Serap Özçelik dans le combat pour le bronze, disputé le même jour. Deux mois plus tard, du 17 au 21 août 2022, elle est sacrée championne d'or des moins de 50 kg aux Jeux de la solidarité islamique de Konya, une compétition dont Le Matin rend compte le 18 août en annonçant que le karaté rapporte trois nouvelles médailles d'or au Maroc.

Le calendrier continental confirme la régularité. Aux Championnats d'Afrique 2022 de Durban, disputés du 28 novembre au 4 décembre 2022, elle est médaillée d'argent en kumite par équipes aux côtés de Sawsane Benchbab, Nisrine Brouk et Fatima-Zahra Chajai. En 2023, l'année est à la fois méditerranéenne et africaine : l'argent des moins de 50 kg aux Jeux panarabes d'Alger, puis l'argent des moins de 50 kg aux Championnats d'Afrique 2023 de Casablanca, organisés du 14 au 20 août avec un millier de sportifs venus de 27 pays, où l'Égyptienne Reem Salama l'emporte et l'Algérienne Cylia Ouikene complete le podium.

La migration vers les moins de 55 kg intervient en mars 2024, aux Jeux africains d'Accra : elle y décroche deux médailles de bronze, en kumite individuel puis en kumite par équipes. En juillet 2025, aux Championnats d'Afrique d'Abuja (25-27 juillet, plus de 400 karatékas de 28 pays, épreuve qualificative pour les Mondiaux 2025), elle monte sur la troisième marche du podium des moins de 55 kg, derrière l'Égyptienne Ahlam Youssef et la Nigériane Godfirst Orie Ukoha-Sampson. En novembre 2025, la version anglaise de Wikipédia lui attribue l'argent des moins de 55 kg aux Jeux de la solidarité islamique de Riyad.

L'année 2026 est celle de la consécration méditerranéenne. Les 1er et 2 septembre, lors des 20e Jeux méditerranéens de Tarente, Chaimae El Hayti remporte l'or du kumite des moins de 55 kg en battant l'Italienne Veronica Brunori 3 à 2 en finale : le CNOM, Le360 et Aujourd'hui le Maroc décrivent la même victoire, qui intervient le deuxième jour de compétition et porte le bilan du karaté marocain à cinq médailles, dont deux ors. Dix jours plus tard, du 10 au 13 septembre, elle complète son palmarès d'un bronze aux Championnats d'Afrique d'Alger, en moins de 55 kg, médaille annoncée dès la première journée par Le360 et Yabiladi au nom de la fédération.

Réalisations et impact

Le premier constat est d'ordre arithmétique. En additionnant les résultats publiés par Wikipédia, le CNOM, la Fédération mondiale de karaté et la presse, on dénombre douze médailles à son nom entre 2019 et 2026 : un argent mondial U21, un or et deux bronzes méditerranéens, un or et un argent aux Jeux de la solidarité islamique, trois argents continentaux, trois bronzes continentaux. Aucune de ces médailles n'est un fait isolé : elles se répartissent sur huit saisons consécutives, ce qui en fait moins un exploit ponctuel qu'une trajectoire de fond.

Le second constat est celui de la diversité des compétitions. Chaimae El Hayti a monté sur les podiums de quatre circuits différents : les Championnats du monde par âge, les Jeux méditerranéens, les Jeux de la solidarité islamique et les Championnats d'Afrique, auxquels s'ajoutent les Jeux africains et les Jeux panarabes. Peu d'athlètes marocaines peuvent démontrer une telle couverture du calendrier. Cette polyvalence explique aussi sa valeur pour les sélections : elle court en individuel et par équipes, comme l'attestent les bronzes d'Accra 2024 et l'argent de Durban 2022.

Le troisième constat est la lisibilité de son parcours pour la jeune génération. La transition vers les moins de 55 kg, en 2024, n'a pas interrompu la série de médailles : bronze à Accra, argent à Riyad, bronze à Abuja, or à Tarente, bronze à Alger. Le passage de catégorie, souvent périlleux parce qu'il impose un nouveau rapport à l'adversaire, s'est fait dans la continuité des résultats. À Tarente, la finale remportée 3 à 2 montre par ailleurs un style adapté aux formats serrés, décidés à un ou deux points.

Enfin, l'impact se mesure à l'attention institutionnelle qu'elle suscite. Sa victoire de Tarente fait l'objet d'une dépêche du Comité national olympique marocain, qui la cite nommément dans le bilan de la délégation, d'un article de Le360 et d'un suivi d'Aujourd'hui le Maroc ; ses résultats africains sont relayés par Le360 et Yabiladi au nom de la fédération. Ce suivi régulier, espacé de quelques jours seulement entre les annonces, témoigne d'un statut de cadre de la sélection féminine de kumite.

Ce qu'on retient

Premièrement, la constance vaut autant que les titres. Huit saisons consécutives sur les podiums, de Santiago à Alger, sans interruption documentée : c'est ce rythme, plus que la médaille unique, qui définit une carrière de haut niveau. Le palmarès de Chaimae El Hayti se construit par accumulation, médaille après médaille, compétition après compétition.

Deuxièmement, les contretemps ne signent pas la fin d'une trajectoire. Une défaite en demi-finale de remise des médailles à Dubaï en 2021, une élimination au premier match à Budapest en 2023 : les Mondiaux seniors lui ont parfois tourné le dos, sans interrompre la série continentale et régionale. Elle y est revenue chaque fois par les autres portes.

Troisièmement, changer de catégorie peut être une stratégie, pas un risque. Le passage des moins de 50 aux moins de 55 kg, en 2024, s'accompagne d'un or méditerranéen et de plusieurs finales continentales. La progression se lit alors non pas dans un palmarès qui se vide, mais dans un palmarès qui se déplace.

Enfin, l'histoire de Chaimae El Hayti rappelle que les karatékas marocaines écrivent aujourd'hui une partie de l'identité du sport national. Elle partage ses podiums africains avec Sawsane Benchbab, Fatima-Zahra Chajai ou Aya En-Nesyry, et ses podiums mondiaux juniors avec des coéquipières comme Fatima-Zahra Chajai à Santiago. Les archives du karaté marocain se lisent désormais en noms féminins.

Questions fréquentes

Quel est le palmarès de Chaimae El Hayti ?

Les sources consultées recensent douze médailles entre 2019 et 2026 : l'argent des Mondiaux U21 2019 à Santiago, l'or des Jeux de la solidarité islamique de Konya, l'argent et le bronze des Jeux méditerranéens (Tarente 2026 et Oran 2022), les argents de Durban 2022 (par équipes), d'Alger 2023 et de Casablanca 2023, l'argent de Riyad 2025, les bronzes d'Accra 2024 (individuel et par équipes), d'Abuja 2025 et d'Alger 2026.

Que s'est-il passé aux Jeux méditerranéens de Tarente 2026 ?

Le 2 septembre 2026, elle remporte la médaille d'or du kumite des moins de 55 kg en battant l'Italienne Veronica Brunori 3 à 2 en finale. Selon le CNOM, la décision intervient au terme d'une compétition de deux jours qui offre au karaté marocain cinq médailles, dont deux d'or.

Dans quelle catégorie de poids évolue-t-elle ?

Elle a couru dans les moins de 50 kg jusqu'en 2023, puis dans les moins de 55 kg à partir des Jeux africains de mars 2024. C'est dans cette catégorie qu'elle a été sacrée championne méditerranéenne à Tarente en 2026 et médaillée de bronze aux Championnats d'Afrique d'Alger la même année.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Hasna Benhassi et Aawatif Hayar.

Sources : Wikipédia — Chaimae El Hayti · Wikipedia — Chaimae El Hayti (EN) · Wikipedia — Karate at the 2022 Mediterranean Games, Women's 50 kg · Wikipédia — Championnats d'Afrique de karaté 2023 · Wikipédia — Championnats d'Afrique de karaté 2022 · Wikipédia — Championnats d'Afrique de karaté 2025 · CNOM — Le karaté marocain aux championnats du monde cadet, junior et U21 du Chili · WKF — Egypt top medal table of 2019 World Cadet, Junior & U21 Championships · Morocco World News — Morocco wins 10 medals in junior world karate championships · Yabiladi — Mondiaux de karaté des jeunes au Chili · Le Matin — Jeux méditerranéens : le karaté rapporte la première médaille pour le Maroc · Le Matin — Jeux de la solidarité islamique : trois nouvelles médailles d'or · CNOM — Taranto 2026: Morocco's karate team concludes campaign with five medals · Le360 — Chaimae El Hayti wins karate gold at Taranto 2026 · Aujourd'hui le Maroc — La moisson marocaine s'accélère aux Jeux méditerranéens de Tarente 2026 · Le360 — Morocco wins three medals on opening day of African Karate Championships · Yabiladi — Morocco wins three bronze medals at African Karate Championship · Photo : Astro medya Org. Ltd. ŞTİ., Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0

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