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Femmes Inspirantes 04 nov. 2026 12 min de lecture

Btissam Sadini : de Tétouan aux JO, première karatéka de l’histoire

Karatéka marocaine née à Tétouan, Btissam Sadini a monté sur les podiums continentaux et mondiaux avant de décrocher, à Paris en 2021, le premier billet olympique de l’histoire du karaté marocain.

LR

La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Btissam Sadini : de Tétouan aux JO, première karatéka de l’histoire
📅 Dernière mise à jour : 4 novembre 2026
🏷️ #Sport

Btissam Sadini est une karatéka marocaine née le 9 février 1998 à Tétouan, spécialiste du kumite dans la catégorie des moins de 61 kg. En quatre saisons, de 2018 à 2021, elle a fait passer le karaté marocain d'un premier podium mondial à une première qualification olympique : l'argent des Championnats d'Afrique de Kigali, le bronze des Championnats du monde de Madrid, l'or par équipes des Jeux africains de Rabat, puis l'or du tournoi qualificatif de Paris.

Le titre signé le samedi 12 juin 2021 au stade Pierre de Coubertin fait d'elle la première karatéka de l'histoire du Maroc à composer son billet pour les Jeux olympiques. À Tokyo, elle prend la neuvième place du kumite féminin moins de 61 kg et reçoit une distinction que peu d'athlètes marocains ont portée : celui de porte-drapeau du Royaume à la cérémonie de clôture des Jeux.

Son parcours se lit donc comme une montée régulière, médaille après médaille, jusqu'au seul événement où le karaté figurait au programme olympique. Ce portrait retrace cette trajectoire, de ses débuts dans le nord du Maroc aux podiums continentaux et mondiaux, en passant par la soirée de qualification qui a tout changé.

Origines et formation

Btissam Sadini naît le 9 février 1998. La date figure à l'identique dans son article de Wikipédia en français et dans sa fiche olympique d'Olympedia, qui indique également Tétouan, dans le nord du Maroc, comme lieu de naissance, et le Maroc comme comité national olympique. Wikipédia en anglais la décrit comme une karatéka marocaine engagée en kumite et en kumite par équipes, deux épreuves qui coexistent dans son palmarès.

La catégorie des moins de 61 kg est l'une des plus disputées du kumité féminin : elle exige à la fois la vitesse d'attaque et l'endurance nécessaire à plusieurs combats menés dans la même journée, souvent en poules puis en tableau éliminatoire. C'est dans cette catégorie qu'elle évolue, en individuel comme en équipe, pendant toute la période considérée ici.

Les sources disponibles ne précisent ni son club d'origine, ni le nom de son entraîneur, ni le parcours scolaire qui accompagne ses débuts : il serait inventé de lui en attribuer un. Ce que l'on sait, c'est qu'elle rend publiquement hommage à son entourage au moment de la plus grande victoire de sa carrière : sur le site de la Fédération internationale de karaté, elle remercie « ses parents et son entraîneur », qui lui « ont donné la force de gagner ce tournoi », ainsi que le président de la Fédération royale marocaine de karaté.

Elle s'inscrit par ailleurs dans un karaté marocain organisé et structuré. La Fédération royale marocaine de karaté et disciplines associées est l'instance qui monte les grandes compétitions nationales : en février 2020, elle accueille à Tanger le Championnat d'Afrique, réunissant 400 karatékas de 29 pays africains à la salle couverte Ziaten, pour la dix-neuvième édition senior de l'épreuve, en présence des meilleurs praticiens du continent et avec en ligne de mire les points de qualification pour les Jeux de Tokyo. Avant même l'été 2021, la Fédération internationale présente d'ailleurs Btissam Sadini comme la dauphine des Championnats d'Afrique, « runner-up » des Championnats d'Afrique de l'Union africaine de karaté (UFAK), un statut qui la désigne déjà comme l'une des meilleures du continent.

Parcours professionnel

2018 est l'année de la révélation. Aux Championnats d'Afrique de Kigali, au Rwanda, Btissam Sadini décroche la médaille d'argent des moins de 61 kg et celle du bronze du kumite par équipes. La même année, elle franchit un cap supérieur à Madrid, où se déroulent les Championnats du monde de karaté : elle y monte sur la troisième marche du podium des moins de 61 kg. C'est la première consécration mondiale que lui reconnaissent à la fois Wikipédia en français et Wikipédia en anglais, ce dernier ajoutant le détail de l'épreuve, le kumite moins de 61 kg.

La saison 2019 confirme la régularité. Aux Championnats d'Afrique de Gaborone, au Botswana, elle obtient le bronze des moins de 61 kg. Puis viennent les douzièmes Jeux africains, organisés au Maroc du 19 au 31 août 2019 : les épreuves de karaté se tiennent du 24 au 26 août au complexe sportif Prince Moulay-Abdallah de Rabat. Btissam Sadini y décroche deux médailles, l'or en kumite par équipes et le bronze en individuel. Son équipe de poule est composée de Khawla Ouhammad, Fatima-Zahra Chajai, Btissam Sadini et Aicha Sayah. Au tableau final de la discipline, le Maroc termine premier avec quinze médailles, dont neuf d'or, quatre d'argent et deux de bronze : jamais le karaté marocain n'avait été aussi présent sur un même podium continental.

En février 2020, à Tanger, elle ajoute deux argent continentaux : celui des moins de 61 kg et celui du kumite par équipes, aux Championnats d'Afrique organisés du 7 au 9 février. Le bilan de la délégation marocaine y est de trente-sept médailles, dont quinze d'or, ce qui lui permet de s'emparer du titre général devant l'Égypte et l'Algérie. Ces championnats, précise Maroc Hebdo, constituent l'un des derniers rendez-vous continentaux comptant pour la qualification aux Jeux de Tokyo : les deux médailles d'argent de Btissam Sadini sont donc aussi des points acquis.

Vient alors la soirée qui bascule l'histoire. Du 11 au 13 juin 2021, le tournoi qualificatif mondial se tient au stade Pierre de Coubertin de Paris, dernière fenêtre ouverte avant les Jeux. Le samedi 12 juin, Btissam Sadini remporte la médaille d'or des moins de 61 kg et, avec elle, le ticket olympique. Selon Hespress, elle domine sa poule finale avec cinq points : victoire contre la Kazakhstan Sania Kazakhova, match nul face à l'Ukrainienne Anita Serogina, victoire contre la Vénézuélienne Claudymar Garces. Le tournoi réunit 494 athlètes de 98 pays ; Le Matin, de son côté, évoque 1 100 participants répartis en huit catégories olympiques, seuls les trois meilleurs de chaque catégorie étant qualifiés pour le Japon.

La Fédération internationale de karaté commente alors la performance en ces termes : « La finaliste du championnat d'Afrique, Ibtissam Sadini, a surpris les favoris et s'est qualifiée pour les Jeux olympiques après avoir signé deux victoires et un match nul dans la poule finale. » Le lendemain, Le Matin titre sur un fait inédit : « Ibtissam Sadini, première karatéka de l'histoire du Maroc à accéder aux JO. » Elle devance dans sa catégorie l'Ukrainienne Anita Serogina et la Vénézuélienne Claudymar Garces, et devient l'une des principales candidates à une médaille olympique.

Les Jeux de Tokyo, tenus en 2021 en raison de la pandémie, se soldent pour elle par la neuvième place ex æquo du kumite moins de 61 kg, selon Olympedia. Mais c'est à la cérémonie de clôture qu'elle inscrit son nom dans les archives : elle est choisie comme porte-drapeau du Maroc. La Fédération internationale de karaté a d'ailleurs compté, ce jour-là, treize karatékas parmi les porte-drapeaux de la cérémonie, Btissam Sadini figurant parmi eux au titre du Maroc.

La saison suivante reste marquée par la transition. En mai 2022, la Coupe internationale Mohammed VI de karaté, étape du circuit mondial Karaté 1-Premier League, revient au complexe Moulay-Abdellah de Rabat pour sa seizième édition, avec 240 karatékas. Le Matin révèle alors que la première karatéka olympique marocaine n'a pas été retenue parmi les treize athlètes de la sélection nationale, mais qu'elle sera néanmoins engagée en kumite moins de 61 kg : le directeur technique national, Yannick Piersotte, confirme sa participation tout en affirmant « faire entièrement confiance » à la karatéka retenue dans sa catégorie, Fatima-Zahra Chajaï.

Réalisations et impact

Le fait le plus lourd du dossier tient en une ligne : Btissam Sadini est la première karatéka marocaine de l'histoire à s'être qualifiée pour des Jeux olympiques. Jusqu'alors, le karaté marocain comptait des médailles continentales et un podium mondial, mais jamais le ticket. La journée du 12 juin 2021 a ouvert une porte que la délégation n'avait jamais franchie, et elle l'a ouverte par un titre, pas par une repêchage.

Le deuxième fait est la médaille mondiale de Madrid, en 2018. Un bronze des moins de 61 kg aux Championnats du monde constitue, pour une karatéka marocaine de vingt ans, une validation internationale : elle ne se contente plus de dominer l'Afrique, elle se mesure au reste du monde et y tient. Cette médaille précède de trois ans la qualification olympique et explique pourquoi elle est déjà présentée, avant Paris, comme une candidate crédible.

Le troisième fait est l'or par équipes des Jeux africains de 2019, remporté à domicile. Devant le public de Rabat, l'équipe composée de Khawla Ouhammad, Fatima-Zahra Chajai, Btissam Sadini et Aicha Sayah s'impose dans une épreuve où la médaille se joue sur la complémentarité de quatre combattantes. Le bilan global du karaté marocain à ces Jeux, neuf médailles d'or pour quinze au total, donne la mesure de ce que cette génération a représenté pour la discipline.

Enfin, la distinction de porte-drapeau à la cérémonie de clôture de Tokyo dépasse le cadre du résultat sportif. Elle reconnaît à une athlète le rôle de représentante d'une délégation entière. Pour un karaté marocain qui vivait ses premiers Jeux, cette responsabilité confirme que l'arrivée de Btissam Sadini à Tokyo n'était pas un accident de calendrier, mais l'aboutissement d'un cycle de quatre ans de médailles.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : un parcours se construit par paliers, pas par saut. Argent à Kigali, bronze à Madrid, bronze à Gaborone, double médaille à Rabat, double argent à Tanger, or à Paris : chaque compétition a préparé la suivante, et aucune n'a été sautée. La qualification olympique de 2021 n'est compréhensible que rétroactivement, comme la dernière marche d'un escalier entièrement gravi.

Deuxième leçon : la fenêtre de qualification ne pardonne pas l'hésitation. Le tournoi de Paris est le dernier rendez-vous avant les Jeux, il se joue dans la capitale française, dans un stade mythique du sport mondial, et seuls les trois premiers de chaque catégorie partent au Japon. Y arriver en forme, après quatre années de podiums, suppose une préparation continue : c'est là que se lit la différence entre un bon résultat et un ticket.

Troisième leçon : le collectif précède l'individuel. L'or en kumite par équipes à Rabat, les médailles d'équipe de Kigali et de Tanger montrent que la réussite de Btissam Sadini s'inscrit dans un groupe : Khawla Ouhammad, Fatima-Zahra Chajai, Aicha Sayah, et derrière elles une fédération qui organise les championnats et prépare les déplacements. Une karatéka ne se qualifie jamais seule pour les Jeux.

Ce qui reste, au-delà des médailles, c'est un précédent : désormais, le karaté marocain a une référence, une première, un nom à imiter. Btissam Sadini a ouvert la porte olympique de sa discipline ; l'histoire du sport marocain retient rarement les premières sans aussi retenir celles qui viendront après elles.

Questions fréquentes

Quel est le palmarès de Btissam Sadini ?

Son palmarès continental et mondial se compose, selon Wikipédia, de l'argent des moins de 61 kg et du bronze du kumite par équipes aux Championnats d'Afrique 2018 à Kigali, du bronze des moins de 61 kg aux Championnats du monde 2018 à Madrid, du bronze des moins de 61 kg aux Championnats d'Afrique 2019 à Gaborone, de l'or par équipes et du bronze individuel aux Jeux africains 2019 à Rabat, puis de l'argent individuel et de l'argent par équipes aux Championnats d'Afrique 2020 à Tanger. S'y ajoute l'or du tournoi olympique qualificatif de Paris en juin 2021.

Comment s'est-elle qualifiée pour les Jeux de Tokyo ?

Le 12 juin 2021, au stade Pierre de Coubertin de Paris, elle remporte la médaille d'or des moins de 61 kg lors du tournoi qualificatif mondial, la dernière porte ouverte avant les Jeux. Selon Hespress, elle termine en tête de sa poule finale avec cinq points, après une victoire contre Sania Kazakhova, un match nul face à Anita Serogina et une victoire contre Claudymar Garces, dans un tournoi réunissant 494 athlètes de 98 pays.

A-t-elle représenté le Maroc en tant que porte-drapeau ?

Oui. Aux Jeux olympiques de Tokyo, elle a pris la neuvième place du kumite moins de 61 kg et a été choisie comme porte-drapeau du Maroc à la cérémonie de clôture, une distinction que la Fédération internationale de karaté a relevée en comptant treize karatékas parmi les porte-drapeaux de cette journée.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Hasna Benhassi et Najat El Garaa.

Sources : Wikipédia (FR) — Btissam Sadini · Wikipedia (EN) — Btissam Sadini · Olympedia — Btissam Sadini · Le Matin — Ibtissam Sadini, première karatéka de l’histoire du Maroc à accéder aux JO · Hespress — Moroccan Gold Medalist Btissam Sadini Qualifies for Tokyo Olympics · Fédération internationale de karaté — Btissam Sadini parmi les qualifiés de ParisKarate2021 · Fédération internationale de karaté — 13 karatékas porte-drapeaux à la clôture de Tokyo · Wikipedia (EN) — Karate at the 2019 African Games · Maroc Hebdo — Championnat d’Afrique de karaté : le Maroc remporte le titre · Le Matin — Coupe Mohammed VI de karaté : le Maroc engage 13 karatékas, mais sans Ibtissam Sadini

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