Bahija Fadil : trois bronzes africains soulevés à Tunis
Trois médailles de bronze à Tunis en 2004, puis une participation aux Championnats d'Afrique 2008 à Strand : le parcours continental d'une haltérophile marocaine née en 1976.
La Rédaction
Rédaction La Marocaine
📑 Sommaire
Bahija Fadil est une haltérophile marocaine née le 5 février 1976. Aux Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2004, organisés à Tunis du 3 au 6 mai, elle est médaillée de bronze à l'arraché, à l'épaulé-jeté et au total dans la catégorie des plus de 75 kg : trois médailles remportées dans la même compétition, sur les trois épreuves de comptage de sa catégorie. C'est le palmarès que retient Wikipédia, et c'est autour de lui que se construit le portrait d'une sportive marocaine dont les bases de données internationales conservent la trace, faute de grands articles de presse.
Le récit mérite un préalable technique. L'haltérophilie consiste à soulever des poids fixés aux deux extrémités d'une barre et à les propulser au-dessus de la tête, bras tendus. Deux mouvements principaux peuvent être exécutés : l'arraché, effectué en une fois, et l'épaulé-jeté, qui se déroule en deux temps, la barre devant être posée sur le haut de la poitrine puis sur les épaules avant d'être repoussée. Le total additionne les deux meilleures performances. Rédigeant depuis les Jeux africains de Rabat 2019, RFI rappelle que l'haltérophilie est un sport olympique depuis les Jeux d'Athènes de 1896 et qu'elle est pratiquée sur tout le continent africain, dominé par l'Égypte.
Ce contexte éclaire la performance : Bahija Fadil a monté sur les trois marches possibles d'un podium continental dans la catégorie la plus lourde, alors que la délégation marocaine de l'époque évolue dans une discipline décrite par la presse nationale comme « un sport jusque-là réservé aux hommes » et « qui souffre du manque de moyens et d'équipements ».
Origines et formation
Bahija Fadil naît le 5 février 1976. Sa nationalité est marocaine et son activité, l'haltérophilie, selon sa fiche de Wikipédia, qui ne précise pas son lieu de naissance. La base sportive InterSportStats lui donne le code fédéral WLT-F-000908, le genre féminin, le nom d'usage « Bahija Fadil » et la même date de naissance, au 5 février 1976. La base indique également le pays qu'elle représente, le Maroc, pour chacune de ses deux participations internationales recensées.
Aucune des sources consultées ne nomme le club d'origine, la ville d'entraînement ou l'entraîneur de Bahija Fadil. Ni son article de Wikipédia, ni les fiches d'InterSportStats, ni les tableaux de résultats des championnats d'Afrique ne le renseignent. Il serait inventé de lui en attribuer un. Ce que documentent les sources, c'est le cadre dans lequel elle s'est formée : une discipline féminine récemment ouverte, une fédération nationale en construction et un calendrier continental qui s'est structuré par éditions successives.
Les femmes n'intègrent les Championnats d'Afrique d'haltérophilie qu'en 1998, rappelle Wikipédia en présentant l'historique de la compétition : première édition en mars 1979 pour les hommes, entrée des femmes en 1998, puis éditions annuelles ou bisannuelles à Yaoundé, Stellenbosch, Nairobi, Tunis, Kampala. La cohérence des chiffres se vérifie par un autre bout : Le Matin, rendant compte du Championnat d'Afrique organisé à Casablanca en août 2006, indique que les catégories sénior hommes en sont à leur 18e édition et les catégories sénior dames à leur 7e. Compter les éditions féminines de 1998 à 2006 donne bien sept rencontres.
Le mouvement féminin marocain se construit alors à vue d'œil. Le Matin consacre, le 7 août 2004, un article à la qualification olympique d'Athènes de la discipline : il y présente l'haltérophilie comme un sport « jusque-là réservé aux hommes », annonce l'envoi d'un entraîneur national, Bouchaîb Aouzane, et cite le vice-président de la Fédération royale marocaine d'haltérophilie, Jilali Khaldi, pour qui la présence marocaine aux Jeux « est un acquis pour ce sport qui souffre du manque de moyens et d'équipements ». La préparation de cette délégation olympique se partage alors entre le centre de Bourgogne à Casablanca, l'institut Moulay Rachid à Salé et un stage en Bulgarie. C'est le décor dans lequel une haltérophile des plus de 75 kg dispute, trois mois plus tôt, les Championnats d'Afrique de Tunis.
Parcours professionnel
Le rendez-vous est la 16e édition des Championnats d'Afrique d'haltérophilie, organisée par la Fédération africaine d'haltérophilie à Tunis, en Tunisie, du 3 au 6 mai 2004. La base InterSportStats en donne le décompte : 45 épreuves, 53 compétiteurs, 9 pays participants. La note de Wikipédia, elle, renvoie aux résultats publiés par le site de l'université de Leipzig, consulté le 8 septembre 2020.
Dans la catégorie des plus de 75 kg, le podium se décompose ainsi. À l'arraché : Kheïra Hamani, d'Algérie, 90 kg ; Manal Hasnawi, de Tunisie, 90 kg ; Bahija Fadil, du Maroc, 75 kg. À l'épaulé-jeté : Kheïra Hamani 105 kg, Manal Hasnawi 100 kg, Bahija Fadil 92,5 kg. Au total : Kheïra Hamani 195 kg, Manal Hasnawi 190 kg, Bahija Fadil 167,5 kg. Trois troisièmes places consécutives, derrière l'Algérie et la Tunisie, deux puissances historiques de la discipline sur le continent.
La fiche InterSportStats consacrée à Bahija Fadil confirme le triptyque : une médaille de bronze au total, une à l'arraché, une à l'épaulé-jeté, toutes aux Championnats d'Afrique 2004 de Tunis, toutes pour le Maroc. Deux bases indépendantes — Wikipédia FR et InterSportStats — produisent donc le même résultat, ce qui est la meilleure garantie disponible pour un fait de cette nature.
Quatre ans plus tard, la même athlète reparaît dans les tableaux. Les Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2008 se tiennent à Strand, en Afrique du Sud, en mai 2008. Dans la catégorie des plus de 75 kg, Bahija Fadil y termine 5e : 65 kg à l'arraché, 97 kg à l'épaulé-jeté, 162 kg au total, pour un poids de corps de 109,73 kg, dans le groupe A. Le podium est composé de Maryam Usman (Nigeria, 265 kg), Sally El Sayed (Égypte, 227 kg) et Afaf Ibrahiem Mohamed (Égypte, 205 kg), devant la Mauricienne Shalinee Valaydon, 4e avec 164 kg, soit 2 kg de plus que Bahija Fadil. Le total de 162 kg est inférieur aux 167,5 kg de 2004, mais l'écart se joue surtout au-delà : la Nigériane Usman dépasse 265 kg, un niveau que la compétition africaine n'atteignait pas en 2004.
Entre les deux dates, aucune source consultée ne documente une autre compétition majeure de Bahija Fadil. Les archives disponibles s'arrêtent à ces deux rendez-vous continentaux, quatre ans l'un de l'autre, et c'est sur cette trame que se fonde toute reconstitution de sa carrière.
Réalisations et impact
La portée de ces trois bronzes se mesure au classement général de la compétition. À Tunis 2004, le Maroc termine 8e du tableau des médailles avec 12 médailles de bronze, 0 or et 0 argent — derrière la Tunisie, l'Algérie, le Cameroun, la Libye, l'Afrique du Sud, le Nigeria et les Seychelles, et devant l'Ouganda, dernier. Dans une délégation qui n'a ramené que du bronze, Bahija Fadil en a apporté trois : un quart de la moisson marocaine de l'édition.
Le détail des douze médailles marocaines se reconstitue événement par événement sur la même base. Côté femmes : Hafida Samlali, deux bronzes (arraché et total, moins de 58 kg), Islam Majidi, un bronze (épaulé-jeté, moins de 58 kg), Wafa Ammouri, trois bronzes (arraché, épaulé-jeté et total, moins de 63 kg), Bahija Fadil, trois bronzes (plus de 75 kg). Côté hommes : Mustapha Buihamghit (arraché, moins de 56 kg), Nabil Bouhouch (épaulé-jeté, moins de 69 kg) et Abdelmajed Wahmane (épaulé-jeté, moins de 77 kg). Le décompte ferme à douze, exactement le chiffre du classement.
Hafida Samlali, née le 5 mars 1973, fait l'objet d'un article Wikipédia qui confirme sa médaille de bronze à l'arraché et au total, en moins de 58 kg, aux mêmes championnats de Tunis. Les deux noms se lisent donc ensemble : une équipe féminine marocaine présente sur plusieurs catégories, de la plus légère à la plus lourde, dans un championnat où les femmes n'existaient pas avant 1998.
La dimension institutionnelle compte autant que le geste sportif. Le Matin, en août 2006, décrit un Championnat d'Afrique de Casablanca rassemblant quelque 350 haltérophiles de 16 pays, dont la cérémonie d'ouverture a réuni le secrétaire général du Secteur du Sport, Abderrahmane Zidouh, Gamil Hanna, Égypte, président de la Confédération africaine d'haltérophilie, et Kamal Lahlou, président de la Fédération royale marocaine d'haltérophilie. Vingt ans après, la même fédération aligne encore des athlètes sur le continent : Le Matin rend compte, en mai 2023, de la 22e édition, tenue du 14 au 18 mai à la salle Hamadi Ben Ammar de La Goulette, près de Tunis, avec 127 haltérophiles de 21 pays et une délégation marocaine de 8 athlètes, dont 3 filles, qui ramène sept médailles — deux d'or, trois d'argent, deux de bronze — dont deux signées Maha Fajr Islam en moins de 49 kg.
Trajectoire suivie par la presse nationale : en 2016, Le Matin explique que la qualification de deux haltérophiles marocains pour les Jeux de Rio repose sur « les neuf médailles de bronze remportées » au Championnat d'Afrique des nations de Yaoundé, et cite le directeur technique national de la Fédération royale marocaine d'haltérophilie, Mohamed Nouhassi. RFI décrit, pour les Jeux africains de Rabat 2019, une salle où « l'haltérophilie reste une affaire de spécialistes », avec un public absent et des passants indifférents. Entre ces deux témoignages, la discipline marocaine reste une niche — une niche qui produit pourtant des médailles continentales depuis vingt ans.
Ce que le parcours de Bahija Fadil documente, au fond, c'est cela : une athlète née en 1976, trois médailles à Tunis en 2004, une reprise à Strand en 2008, aucune notoriété médiatique, et pourtant une ligne inscrite dans trois bases de données différentes — Wikipédia, InterSportStats et la base de l'université de Leipzig, celle-là même dont Wikipédia tirait sa référence en 2020. Le sport de haut niveau marocain se compose aussi de ces fiches précises et anonymes.
Ce qu'on retient
Premier enseignement : trois médailles à une même compétition, ce n'est pas un exploit isolé. C'est la régularité sur les trois épreuves de comptage — arraché, épaulé-jeté, total — qui prouve une maîtrise complète du mouvement. Beaucoup d'athlètes négocient un seul geste ; Bahija Fadil a valu sur les trois, à Tunis, dans la catégorie la plus lourde.
Deuxième leçon : le niveau se lit au podium, pas à la couleur. Les médailles de Tunis 2004 sont de bronze, mais derrière elles se tiennent Kheïra Hamani et Manal Hasnawi, et la palette complète montre la hiérarchie du continent à l'époque : Algérie, Tunisie, puis le reste. Monter trois fois sur la troisième marche, c'est être la meilleure du reste.
Troisième leçon : une carrière se mesure aussi à sa continuité. Entre mai 2004 et mai 2008, quatre ans séparent deux participations au même championnat continental, dans la même catégorie, pour le même pays. Cette régularité, dans une discipline sans moyens, relève d'un investissement que les résultats seuls ne disent pas.
Quatrième leçon : les archives font les carrières. Sans article de presse la nommant, Bahija Fadil existe parce que trois référentiels — Wikipédia, InterSportStats et la base de Leipzig — conservent ses performances. À l'heure où le Maroc aligne encore des athlètes aux Championnats d'Afrique, cette mémoire documentaire est la preuve qu'un palmarès, même modeste en médailles d'or, ne se perd pas.
Questions fréquentes
Quels résultats Bahija Fadil a-t-elle obtenus en 2004 ?
Aux Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2004, à Tunis, du 3 au 6 mai, elle est médaillée de bronze dans la catégorie des plus de 75 kg : 75 kg à l'arraché, 92,5 kg à l'épaulé-jeté et 167,5 kg au total. Elle est devancée par l'Algérienne Kheïra Hamani (90, 105 et 195 kg) et la Tunisienne Manal Hasnawi (90, 100 et 190 kg).
Quelle différence entre arraché et épaulé-jeté ?
Le but est dans les deux cas de propulser la barre au-dessus de la tête, bras tendus. L'arraché s'effectue en une seule fois ; l'épaulé-jeté se déroule en deux temps, la barre devant d'abord être posée sur le haut de la poitrine puis sur les épaules avant d'être repoussée. Le total additionne les deux meilleures performances, selon la description donnée par RFI à l'occasion des Jeux africains de Rabat 2019.
A-t-elle concouru après 2004 ?
Oui. Elle est inscrite aux Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2008, tenus à Strand, en Afrique du Sud, en mai 2008, où elle termine 5e de la catégorie des plus de 75 kg avec 65 kg à l'arraché, 97 kg à l'épaulé-jeté et 162 kg au total, pour un poids de corps de 109,73 kg. L'épreuve est remportée par la Nigériane Maryam Usman.
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Sources : Wikipédia — Bahija Fadil · Wikipédia — Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2004 · Wikipédia — Championnats d'Afrique d'haltérophilie · Wikipédia — Hafida Samlali · Wikipedia — 2008 African Weightlifting Championships · InterSportStats — Bahija Fadil · InterSportStats — 2004 African Weightlifting Championships · Le Matin — Une première pour l'haltérophilie féminine · Le Matin — Six médailles pour les haltérophiles marocains · Le Matin — Le Maroc rafle sept médailles · RFI — Jeux africains : l'haltérophilie, une passion continentale
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