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Femmes Inspirantes 03 nov. 2026 10 min de lecture

Assia Kadihaya : l'argent de Yaoundé, 143 kilos soulevés

Née le 6 mars 1989, Assia Kadihaya est une haltérophile marocaine médaillée d'argent dans les moins de 53 kg aux Championnats d'Afrique 2010 à Yaoundé, où elle a soulevé 143 kg au total.

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La Rédaction

Rédaction La Marocaine

Assia Kadihaya : l'argent de Yaoundé, 143 kilos soulevés
📅 Dernière mise à jour : 3 novembre 2026
🏷️ #Sport

Assia Kadihaya est une haltérophile marocaine née le 6 mars 1989, médaillée d'argent à l'arraché, à l'épaulé-jeté et au total dans la catégorie des moins de 53 kg aux Championnats d'Afrique 2010 à Yaoundé. Trois médailles d'argent en une seule compétition : jamais, dans les bases de données sportives consultées, sa carrière internationale n'a produit davantage — mais jamais non plus elle n'a été aussi dense.

Les archives de cette haltérophile sont en effet remarquablement précises là où la biographie se tait. Trois compétitions internationales, du 10 mai 2008 au 2 août 2010, dix essais réussis sur dix-huit, une médaille continentale : la fiche d'Assia Kadihaya tient en quelques lignes chiffrées, et c'est précisément cette économie de matière qui rend le portrait intéressant. On n'écrit pas ici une légende, on lit un tableau de résultats.

Cette parcimonie n'est pas propre à elle. L'haltérophilie féminine marocaine reste, dans les sources publiques, un territoire documenté par à-coups : quelques noms, quelques classements, rarement de récits. Assia Kadihaya appartient à cette génération d'athlètes dont la performance survit dans les tableaux de médailles avant de survivre dans la mémoire sportive, et ce portrait s'attache à restituer exactement ce que les documents établissent — pas un gramme de plus.

Origines et formation

Assia Kadihaya naît le 6 mars 1989. La date et la nationalité figurent sur son article de Wikipédia en français, qui la présente comme une haltérophile marocaine, et sont confirmées par la base Wikidata, qui lui consacre la notice Q98967964 : sexe féminin, pays de citoyenneté Maroc, occupation d'haltérophile, sport d'haltérophilie, date de naissance du 6 mars 1989. Aucune des deux sources ne précise de lieu de naissance.

Ce que les sources ne disent pas doit être dit aussi : aucun club d'origine, aucun centre d'entraînement, aucune fiche du Comité national olympique marocain n'ont été trouvés pour Assia Kadihaya. Inventer un club ou une ville serait exactement le type d'erreur que ce portrait refuse. Ce que l'on sait, c'est le cadre dans lequel elle s'est formée : une discipline codifiée, un calendrier continental exigeant, et des compétitions où la moindre erreur d'essai coûte une place au classement.

L'haltérophilie, en effet, est un sport de puissance musculaire qui consiste à soulever des poids au-dessus de la tête ; en compétition, deux mouvements sont évalués, l'arraché et l'épaulé-jeté, et l'athlète dispose de trois essais pour chacun. La somme du meilleur essai à l'arraché et du meilleur essai à l'épaulé-jeté donne le total olympique : c'est ce total qui départage les athlètes dans une même catégorie de poids de corps. Présent depuis les premiers Jeux olympiques modernes, en 1896, et unique sport de force inscrit au programme olympique, l'haltérophilie est régie par la Fédération internationale d'haltérophilie, fondée en 1905.

Assia Kadihaya évolue dans la catégorie des moins de 53 kg. Les bases de résultats la placent, au pesage, autour de 51 à 53 kg selon les compétitions : 52,39 kg en mai 2008, 55,88 kg en juin 2009, 51,73 kg en août 2010. Cette variation de plus de quatre kilos en deux ans dit quelque chose des passages de catégorie et des mises en forme qui jalonnent une carrière de poids légers, où la pesée est elle-même une épreuve.

Parcours professionnel

Le début du parcours se joue en Afrique du Sud. Les Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2008, dix-neuvième édition chez les hommes et huitième chez les femmes, se tiennent à Strand du 10 au 16 mai 2008. Assia Kadihaya y prend part dans les moins de 53 kg et se classe huitième : 55 kg à l'arraché, 70 kg à l'épaulé-jeté, soit un total de 125 kg pour un poids de corps de 52,39 kg. Première compétition internationale recensée, premier classement du top dix continental.

Un an plus tard, la scène change d'échelle. Les Jeux méditerranéens de 2009 se déroulent à Pescara, en Italie, et les épreuves d'haltérophilie s'y disputent du 30 juin au 5 juillet. La Marocaine concourt alors dans la catégorie des 58 kg : 60 kg à l'arraché, 75 kg à l'épaulé-jeté, total de 135 kg, sixième place. Ce déplacement vers une catégorie supérieure, avec un poids de corps de 55,88 kg, montre une athlète qui teste ses marges sur une compétition multi-disciplines où 33 hommes et 25 femmes prennent le départ, selon les statistiques de la compétition.

Vient l'été 2010, celui de la consécration continentale. Les Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2010 sont la vingt-et-unième édition de la compétition : ils se déroulent du 3 au 6 août 2010 à Yaoundé, au Cameroun, sous l'égide de la Fédération africaine d'haltérophilie. Dans les moins de 53 kg, le tableau des médaillées est sans ambiguïté. L'or revient, dans les trois épreuves, à la Tunisienne Soumaya Fatnassi : 75 kg à l'arraché, 95 kg à l'épaulé-jeté, 170 kg au total. L'argent, dans les trois mêmes épreuves, revient à Assia Kadihaya : 63 kg, 80 kg, 143 kg. Le bronze échoit à la Seychelloise Juliette Malvina : 60 kg, 75 kg, 135 kg.

Le détail des essais donne le rythme de cette finale. À l'arraché, la Marocaine manque son premier essai à 60 kg, le réussit au second, puis pousse à 63 kg au troisième : son meilleur essai est validé. À l'épaulé-jeté, elle valide 76 kg puis 80 kg et manque 85 kg. Le total de 143 kg est ainsi construit sans à-coup, sur quatre essais réussis sur six au moment décisif. Un total de 143 kg pour 51,73 kg de poids de corps : la barre pèse près de 2,8 fois le poids de l'athlète.

Après Yaoundé, le tableau s'arrête. Les bases sportives recensent trois compétitions internationales pour Assia Kadihaya, entre mai 2008 et août 2010, et une seule médaille, continentale. Dix essais réussis sur dix-huit au total, soit un taux de réussite de 56 %. Aucune compétition mondiale, aucune participation olympique n'apparaît dans ces fiches. La carrière internationale documentée se joue donc en vingt-six mois, entre l'Afrique du Sud, l'Italie et le Cameroun.

Réalisations et impact

Le fait majeur du parcours tient en une ligne : triple médaille d'argent aux Championnats d'Afrique 2010 de Yaoundé. Trois médailles parce que l'haltérophilie compte trois classements distincts dans une même catégorie — arraché, épaulé-jeté, total — et que l'athlète qui finit deuxième dans chacune les cumule. Derrière Assia Kadihaya, seule Soumaya Fatnassi avait fait mieux, en balayant les trois épreuves : le podium de 2010 est donc un face-à-face tuniso-marocain, doublé d'un bronze séchellois.

Les performances de Yaoundé sont aussi ses meilleurs chiffres de carrière : 63 kg à l'arraché, 80 kg à l'épaulé-jeté, 143 kg au total, tous atteints le 2 août 2010. Rapportés à son poids de corps du jour, ces totaux équivalent à 2,76 fois sa masse, avec un ratio d'arraché de 1,218 et un ratio d'épaulé-jeté de 1,546. Le score Sinclair, qui corrige les performances des différences de poids de corps, atteint 216 sur cette compétition, sa meilleure valeur de carrière selon OWLstats.

La fiabilité compte autant que la charge. Les analyses de la base Ironwise indiquent zéro forfait complet et zéro forfait partiel sur deux compétitions à fort niveau, une constance placée au 97ᵉ percentile des athlètes comparées et une efficacité de pesée de 97,6 % — l'athlète reste, en moyenne, très proche de la limite de sa catégorie. Aucun dossier de sanction pour dopage n'est enregistré pour elle dans les sources suivies par la plateforme. Autrement dit : des chiffres propres, tenus sans passement de compte.

Ce qui frappe, au regard des bases consultées, c'est la rareté du document. Là où d'autres trajectoires se lisent en articles de presse, celle-ci se lit en tableaux : Wikipédia, Wikidata, les statistiques olympiques de la haltérophilie, une base d'analyse de performance. La médaille de Yaoundé n'a pas nourri de récit national — elle n'a même pas alimenté de galerie photo libre : aucune image sous licence libre d'Assia Kadihaya n'a été trouvée sur Wikimedia Commons ni sur Openverse, et ce portrait paraît donc sans photographie, conformément à la règle qui interdit d'illustrer une athlète avec la photo d'une autre. L'honneur de l'archive tient alors à la donnée elle-même.

Ce qu'on retient

Premier enseignement : une carrière courte peut être une carrière nette. Vingt-six mois séparent la première compétition internationale recensée d'Assia Kadihaya de sa médaille continentale, et trois participations suffisent à laisser une empreinte dans les classements. Le sport de haut niveau n'est pas toujours une affaire de décennies : parfois, c'est une affaire de trois bons rendez-vous tenus.

Deuxième leçon : le podium se travaille dans le détail. À Yaoundé, la Marocaine réussit cinq essais sur six au moment où tout se joue, après avoir raté son premier arraché. La progression60-63 à l'arraché et 76-80 à l'épaulé-jeté décrit une gestion d'épreuve méthodique, la même efficacité de pesée et la même absence de forfait que l'on retrouve sur l'ensemble de sa fiche.

Troisième leçon : la donnée est une forme de mémoire. Sans article de presse retrouvé, sans photographie libre, sans fiche olympique, ce sont les bases de résultats — Wikipédia, Wikidata, les statistiques de la Fédération internationale reconstituées par les spécialistes — qui permettent de raconter le parcours. Documenter les athlètes féminines, c'est déjà leur rendre justice.

Enfin, l'histoire d'Assia Kadihaya rappelle que les médailles africaines se gagnent loin des projecteurs. L'or de Soumaya Fatnassi, l'argent de Kadihaya, le bronze de Juliette Malvina, à Yaoundé en août 2010, forment un podium dont chaque ligne est aujourd'hui vérifiable au kilo près. Pour une haltérophile marocaine née en 1989, cette précision-là vaut autant qu'un récit.

Questions fréquentes

Quel est le palmarès d'Assia Kadihaya ?

Elle est médaillée d'argent à l'arraché (63 kg), à l'épaulé-jeté (80 kg) et au total (143 kg) dans la catégorie des moins de 53 kg aux Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2010, disputés du 3 au 6 août à Yaoundé. Devant elle, la Tunisienne Soumaya Fatnassi réalise le triplé (75 kg, 95 kg, 170 kg) ; derrière elle, la Seychelloise Juliette Malvina prend le bronze (60 kg, 75 kg, 135 kg).

Quelles charges a-t-elle soulevées ?

Ses records sont de 63 kg à l'arraché, 80 kg à l'épaulé-jeté et 143 kg au total, tous réalisés le 2 août 2010 à Yaoundé pour un poids de corps de 51,73 kg. Le total correspond à 2,76 fois sa masse corporelle, avec un score Sinclair de 216, sa meilleure valeur enregistrée.

Où a-t-elle concouru à l'international ?

Trois compétitions figurent dans les bases : les Championnats d'Afrique 2008 à Strand, en Afrique du Sud (huitième, total 125 kg), les Jeux méditerranéens de 2009 à Pescara, en Italie (sixième, total 135 kg dans les 58 kg) et les Championnats d'Afrique 2010 à Yaoundé (argent dans les trois épreuves des moins de 53 kg). Dix essais réussis sur dix-huit sont recensés sur l'ensemble de sa carrière.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres portraits de femmes inspirantes sur La Marocaine, notamment Hasna Benhassi et Najat El Garaa.

Sources : Wikipédia — Assia Kadihaya · Wikipédia — Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2010 · Wikipédia — Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2008 · Wikipédia — Haltérophilie aux Jeux méditerranéens de 2009 · Wikipédia — Haltérophilie · Wikidata — Q98967964 Assia Kadihaya · OWLstats — Assia Kadihaya, résultats et records · Ironwise — Assia Kadihaya, analyse de performance · Photo : aucune (aucune image libre trouvée sur Wikimedia Commons ni Openverse)

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La rédaction de La Marocaine explore mode, beauté, art de vivre et portraits de femmes inspirantes au Maroc et ailleurs.

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