Zakya Daoud

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Zakya Daoud est née en France, à Bernay, en 1937, elle effectue des études de journalisme, et épouse un marocain : ils s’installent à Casablanca.

En tant que journaliste, elle est rédactrice à L’Avant-Garde, revue de l’Union marocaine du travail, travaille pour la radio et également pour le magazine Jeune Afrique. Elle obtient la nationalité marocaine en 1959 et adopte le nom de plume de Zakya Daoud.

Elle observe, pendant une trentaine d’années, la vie politique du Royaume, avec un esprit critique sans complaisance. En 1966, elle fonde Lamalif, un magazine d’études et de réflexion, tiré à 12.000 exemplaires, dont elle est la rédactrice en chef jusqu’à son arrêt en 1988.

Elle publie plusieurs ouvrages sur les thèmes qui lui sont chers, notamment l’immigration et la citoyenneté, comme Gibraltar, improbable frontière en 2002, Travailleurs marocains en France, mémoire restituée en 2003, De l’immigration à la citoyenneté en 2003 toujours, et Marocains de l’autre rive en 2004.

Elle s’intéresse à la cause des femmes dans les trois pays du Maghreb dans Féminisme et politique au Maghreb publié en 1994

Elle est aussi une historienne. Elle aborde avec Maâti Monjib, le parcours politique de Ben Barka, son enfance et son destin tragique. Avec Benjamin Stora, elle publie, toujours en 1995 Ferhart Abbas, une utopie algérienne. Puis en 1999, elle se penche sur l’histoire méconnue de l’émir Abdelkrim el-Khattabi, le premier indépendantiste marocain, à l’origine de la révolte du Rif dans les années 1920, jusqu’à créer une éphémère république. L’ouvrage est intitulé Abdelkrim. Une épopée d’or et de sang. Elle s’essaye également au roman historique avec Zaynab, reine de Marrakech, publié en 2004.

 

Abdelkrim. Une épopée d’or et de sang.

 

Maroc, 1921. Au cœur des montagnes du Rif, à seulement dix-sept kilomètres des côtes ibériques, un surprenant stratège, Abdelkrim, entame une extraordinaire épopée. A la tête d’une troupe de paysans pauvres, il défait une imposante armée espagnole et construit, en terre d’islam, un Etat moderne et révolutionnaire pour son temps. Pendant cinq ans, de 1921 à 1926, l’Emir rifain va mettre en péril l’ordre colonial alors à son apogée. Son action aura un retentissement mondial et sera saluée par Lénine, Hô Chi Minh, Sultan Galiev, Chakib Arslan, Mao Tsé-Toung, Tito… En 1925, lors de la seconde guerre du Rif qui l’opposera au maréchal Lyautey, puis au maréchal Pétain à la tête d’une coalition militaire de cinq cent mille hommes et de quarante-deux généraux, Abdelkrim bénéficiera du soutien du Parti communiste français, de la IIIe Internationale et des surréalistes, que la haine des boucheries guerrières conduisit dans les rangs de l’anticolonialisme militant. Mais la disproportion des forces matérielles était trop importante et l’Emir fut vaincu. Abdelkrim est alors relégué pendant vingt et un ans dans l’île de la Réunion. En 1947, il s’enfuit, gagne Le Caire et y devient, avant de mourir, président du Comité de Libération du Maghreb. C’est cette formidable épopée, complexe et controversée, débordante de personnages que l’on croirait évadés d’un roman qui est ici exposée par Zakya Daoud avec vie et passion, sans jamais faillir à l’impératif de  » l’exactitude des faits « .

D’importantes annexes (notes, bibliographie, chronologie, glossaire, cartes, index, etc.) complètent l’ouvrage.

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