Samia JIRARI

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Bonjour Samia, avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?

Je m’appelle Samia JIRARI, je suis cadre supérieur au Ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration à Rabat. Je suis aussi Vice-Président de l’Association Burkinabè de l’Innovation et de l’Intelligence Economique (ABIIE) et Doctorante en Science de gestion à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech.

Racontez-nous un peu votre parcours :

Après l’obtention de mon diplôme de l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion de Settat en Gestion Financière et Comptable, j’ai choisi d’intégrer directement la fonction publique plus précisément le MEFRA, après une petite expérience en audit (dans un cabinet parmi les Big 4).

Merci Dieu et la persévérance, j’ai pu accumuler durant mon parcours en sus de mon diplôme Grande Ecole de Commerce de l’ENCG ; deux licences dont une française (Université d’Auvergne), et un Master 1 en Comptabilité Contrôle de Gestion et Audit (IAE Grenoble). Des formations menées en même temps ; une expérience aussi bien délicate qu’enrichissante qui m’a permis de mener un parcours atypique, et de forger la personne que je suis aujourd’hui.

Actuellement, doctorante chercheure en Sciences de Gestion à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech.

Pourquoi le choix de la Finance ?

Comme cela a été mentionné en évoquant mon parcours, ma passion pour la finance ne date pas du hasard. C’est un choix bien réfléchi auquel j’ai abouti après un parcours agrémenté d’une formation qui m’a permis d’acquérir un savoir polyvalent dans le domaine de la gestion. Avec une spécialisation dans la finance et la comptabilité, dans lesquelles j’ai excellé durant mon parcours.

Parlez-nous de vos actions associatives ?

Je me suis toujours intéressée au bénévolat et aux actions associatives. En effet, quand j’étais étudiante j’ai eu l’occasion d’être membre d’une panoplie d’associations à l’instar de SOS Village…de participer à l’organisation de plusieurs événements (le Forum des entreprises de l’ENCG Settat par exemple). Ce dévouement et cette volonté ne pouvaient prendre fin à la sortie de l’école. Au contraire, en s’y investissant davantage on ne peut que voir ses aspirations, son potentiel et son impact s’agrandir.

Actuellement j’ai l’honneur d’être Vice-Président de l’Association Burkinabè de l’Innovation et de l’Intelligence Economique (ABIIE), qui se présente comme première association de professionnels qui s’intéresse à l’intelligence économique et l’innovation au Burkina Faso, pas uniquement mais en Afrique.

Principalement on vise la promotion de l’intelligence économique et l’innovation au Burkina Faso et en Afrique, le soutien de l’entrepreneuriat…je vous invite à visiter notre site web pour plus de détails.

Quels sont vos projets à venir ?

Pour le moment, je me focalise sur ma carrière, aussi bien sur mes actions associatives que sur l’achèvement de mon projet de recherche…En attendant l’éclipse de ce climat morose et l’éclaircissement du ciel d’idées et de projets insha Allah, pour pouvoir mener notamment nos actions, séminaires et colloques prévues mais toujours en stand-by.

Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Avant de m’étaler sur des conseils pour réussir, dont je m’inspire aussi dans ma quête. Je tiens à préciser que la réussite est un concept très subjectif, qui ne représente pas forcément une ascension vers quelque chose chez tout le monde.

Par ailleurs, et pour répondre à la question en se basant sur la définition la plus commune de nos jours de la réussite. Le premier conseil (que j’essaye de garder devant moi à chaque pas) que je veille à donner est de ne pas se laisser piétiner, son vrai-soi dans la compétition acharnée vers la réussite. Il faut réussir en respectant les règles du jeu tout en préservant son authenticité.

Réussir c’est aussi marier pour la vie ses objectifs à sa ténacité ; la persévérance est indispensable pour pouvoir se relever après chaque échec momentané.

Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ?

Généralement les réponses à cette question commencent par des chiffres, textes de lois et statistiques.

Personnellement je préfère mener ma réponse à travers mon vécu, mon expérience et mon ressenti en tant que jeune femme marocaine. Heureusement pour moi, j’ai eu l’occasion de grandir et de mener un parcours académique réussie, qui s’est couronné par l’accès à un poste dans un Ministère prestigieux du Royaume, qui est le cas de plusieurs autres femmes. Hélas, ce n’est pas le cas pour une grande partie des femmes marocaines, qui sont toujours obligées de quitter les bancs de l’école pour une raison ou pour une autre et qui n’arrivent encore pas de décider de leurs vies. Alors que d’autres même après avoir décroché un diplôme et un job n’arrivent pas à évoluer sous l’emprise d’une gestion sexiste.

La situation de la femme au Maroc est un vaste champ qui mérite d’être traité sous plusieurs angles avec détail, intérêt et implication des parties prenantes concernées, non pas uniquement un 8 mars mais chaque jour de l’année.

Votre avis sur le site ?

Bravo, je vous félicite pour l’idée et l’originalité et surtout pour ce dévouement à la femme marocaine.

Toute femme marocaine est une richesse et une réussite en soi, une vraie source d’inspiration. Je vous remercie d’avoir veillé à véhiculer ce message.

Dernier mot ?

Merci pour votre invitation à laisser mon empreinte dans cet espace dédié à la femme marocaine. A bientôt j’espère avec encore plus d’inspirations à partager.

 

Entretien réalisé par Aziz HARCHA
Avril 2021

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