Samia Atmane

Partager l'article

– Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?
Samia Atmane, 31 ans, marocaine née à Meknès et vivant actuellement à Paris.
Depuis toute petite, j’ai pris le parti de considérer que les opportunités ne se présentent que lorsque notre volonté est manifeste. Je n’aime pas le fatalisme lorsqu’il n’offre d’autre alternative que le défaitisme. Je crois fermement à la chance de réussite de chacun dont nous disposons tous au départ.


– Racontez nous un peu votre parcours et votre vie professionnelle.
J’ai suivi mes premières années de scolarité à Meknès, d’abord à l’école primaire Notre Dame ensuite au Lycée Paul Valéry jusqu’à l’obtention de mon Baccalauréat puis cap sur la France où j’ai obtenu, à l’issue d’un cursus universitaire, un Master en Sciences de Gestion spécialisé en Finances de Marché à l’université Paris 1 – Sorbonne.
J’ai alors rejoint le Groupe BNP Paribas pour quatre années en tant qu’analyste en risques opérationnels avant d’être à mon poste actuel, risk manager chez Mondial Assistance.
Baignée dans une culture familiale d’engagement patriotique et de défense des droits de l’homme, j’exècre l’injustice que s’infligent les humains entre eux.
La vie m’a fait un cadeau douloureux mais combien salutaire, de passer mes premières vingt six années loin de mon père qui était prisonnier de guerre à Tindouf. Cette sentence que j’ai reçue aux premiers jours de mon existence, a été déterminante pour le reste de mon parcours. J’ai d’abord vu ma mère se battre tous les jours pour défendre les droits fondamentaux de sa famille et des familles touchées par ce malheureux destin. Cette énergie étourdissante qu’elle dégageait m’a portée toutes ces années et m’a conduite à défendre le droit d’un enfant d’avoir son père et le droit d’un défenseur de notre pays d’être reconnu parmi les siens.


– Quels sont vos projets d’avenir ?
Bien que je ne vive pas actuellement au Maroc, mon attention est toujours portée en premier lieu sur mon pays que je veux toujours voir s’élever et rayonner.
Je démarre en ce moment un projet de livre autobiographique. Je voudrai transmettre par ce biais le message que les difficultés que sème malicieusement la vie sur notre chemin, sont là pour nous construire, forger notre personnalité et notre esprit critique, nous ouvrir au monde des possibles, nous apprendre le vrai sens du bonheur lorsque celui-ci se présente pour mieux l’apprécier et par-dessus tout, nous faire prendre conscience de toutes les belles capacités qui sont en chacun de nous.


– Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?
La réussite est asexuée, que l’on soit femme ou homme, elle vient d’abord de soi.
Ses ingrédients sont sans miracle, la rigueur, la ténacité et la confiance en soi.
Lorsqu’une difficulté surgit, celle-ci ne doit pas être perçue comme un échec mais comme une remise en question qui invite à identifier les failles de son projet pour les corriger.
Il n’y a pas d’échec en soi, il s’agit toujours d’un ajustement qu’il est nécessaire d’opérer pour avancer dans de bonnes conditions. Cet ajustement peut bien sûr amener à revoir dans sa globalité ou partiellement son projet mais en tout état de cause il ne doit pas ébranler l’estime de soi.


– Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ?
La situation de la femme au Maroc vit en ce moment même une phase majeure dans sa mutation. La moudawana a été le premier véritable jalon en termes de reconnaissance des droits et de la liberté de la femme de disposer elle-même de sa vie au même titre que l’homme.

Il est cependant nécessaire de garder à l’esprit qu’autant l’inégalité est un frein à l’épanouissement de la femme qui finit toujours par rejaillir sur l’homme, autant la liberté est avant tout une responsabilité que nous nous devons mutuellement et envers les générations futures.
Dans cette dynamique de hisser la femme au firmament des droits de l’homme, nous gagnerons beaucoup à penser surtout Complémentarité entre la femme et l’homme et à faire une analyse critique des expériences de nos prédécesseurs en la matière dans le monde arabe et occidentale, pour en tirer les enseignements qui nous éviteraient de reproduire les erreurs escomptées.


– Votre avis sur lamarocaine.com ?
Une belle initiative qui permet à la société marocaine de prendre conscience de l’évolution de la femme marocaine.
Dans un esprit d’égalité, il serait intéressant de partager cet espace avec l’homme marocain pour recueillir son avis.


– Dernier mot
Il ne faut pas craindre les embûches car confrontées à une véritable détermination, très vite elles s’évanouissent.

La citation suivante de Marcel Proust tirée de son livre A la recherche du temps perdu résume mon parcours :
« Le bonheur est salutaire pour les corps, mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit »


Par : Aziz HARCHA

Bouton retour en haut de la page