Sajida Zouarhi

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Après avoir quitté ses études de médecine pour devenir ingénieure, elle découvre cette technologie de stockage et de transmission d’informations… Et, en quelques mois, claque la porte des bibliothèques, met sa thèse en pause, intègre une entreprise internationale et se lance dans le déploiement de cette base de données dénuée de tout organe de contrôle.

Popularisée par Bitcoin, la blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations transparente, sécurisée et décentralisée. Elle fonctionne comme un registre numérique des échanges, inaltérable et vérifiable par tous les utilisateurs.

« J’ai rapidement perçu l’intérêt de la technologie blockchain et je me suis passionnée pour ce sujet, indique Sajida Zouarhi. Internet est une révolution qui a touché tout le monde en relativement peu de temps, et je pense que la blockchain a le potentiel d’avoir le même impact sur la vie des gens. » Selon la chercheuse, la blockchain pourrait contribuer à renforcer la confiance numérique en redonnant aux utilisateurs la main sur leurs données. « C’est une innovation technique avec une dimension humaine forte. »

Sajida Zouarhi est très investie dans la communauté française qui se constitue autour de la blockchain. Cofondatrice de l’association Chaintech, elle a créé la communauté Magmateek avec un « meetup blockchain » à Grenoble qui rassemble plus de 260 personnes autour de différents sujets (impacts et défis de la blockchain, projets de demain, etc.).

À Paris, elle contribue à l’organisation du BlockFest 1.0, le premier festival pédagogique des blockchains, qui s’est déroulé à l’école 42 en juin 2016. Elle participe également à différents projets basés sur la blockchain en mode collaboratif, à l’image de KIDNER, une plateforme open source qui permet de « matcher » donneurs et receveurs en vue d’une transplantation rénale.

Convaincue que la blockchain peut avoir un impact social positif, elle s’attelle à vulgariser et promouvoir la technologie auprès du grand public. Pour elle, cela fait partie intégrante du travail de chercheur, basé sur la transmission et le partage : « Les chercheurs ne devraient pas rester enfermés dans leurs bureaux, ils devraient prendre le temps d’expliquer leur travail aux gens, les aider à s’approprier des concepts et des technologies qui semblent de prime abord complexes. ».

Elle est devenue l’une des figures de l’écosystème blockchain, Sajida Zouhari, 27 ans, rêve de voir aboutir son projet Kidner, une plateforme décentralisée de dons croisés de reins.

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Vous l’entendrez beaucoup parler d’échecs (petits ou plus grands) : s’il y a quelque chose qu’elle a à coeur de partager avec celles qui vont se lancer à leur tour, c’est que se planter, ce n’est pas si grave. « Il ne faut pas hésiter à y aller et à se planter, pour mieux recommencer, parce qu’une fois qu’on l’a fait une fois, deux fois trois fois, c’est rien du tout. »

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