Nihal Djebli

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Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?

Nihal Djebli, une marrakchie qui a migré à Casablanca, épouse et maman de 3 enfants. J’aime m’engager dans des causes et des projets qui me passionnent. La nature reste mon refuge pour retrouver l’équilibre qu’on tend quelquefois à perdre.

Depuis 2019, j’ai l’honneur de diriger l’AUSIM – Association des Utilisateurs des Systèmes d’Information au Maroc.

Racontez-nous un peu votre parcours

Après le bac, j’ai entamé des études en management et gestion dans une école de commerce pour me spécialiser après en marketing stratégique. Mais très jeune, j’avais développé une curiosité et un intérêt particulier pour le monde des médias et de la communication.

J’ai au fil des années acquis une expertise dans les domaines de la Communication et de l’événementiel : plus de 18 ans à pratiquer où j’ai eu l’opportunité d’aborder tous les aspects : de l’événementiel, au média en passant par la créa pour compléter ce parcours par une expertise en digital.

J’ai grandi à Marrakech, la ville qui abrite les événements par excellence. A l’âge de 19 ans, on m’a confiée la gestion de tout l’aspect opérationnel d’un festival organisé à l’occasion de la fête de la musique où se produisaient des groupes et des stars marocaines et françaises avec couverture des média nationaux et internationaux (TV5, radios françaises…). S’en est enchaînées après des expériences dans l’organisation du Festival International du Film de Marrakech (FIFM). Tout ceci en parallèle avec mes 5 années d’études.

En 2003, j’ai effectué un stage au sein de l’UNIFEM (l’ONU) et travaillé sur le sujet de la e-parité dans le domaine des NTIC.

J’ai été aussi très active dans les associations : présidente et membre fondateur d’un club Rotaract (Rotary), VP de la JCI, membre du CJD…Tout ceci a façonné ma personnalité et a contribué d’une manière ou d’une autre à devenir la femme que je suis aujourd’hui.

Comment est née cette passion pour le business ?

Elle n’est pas récente. J’ai toujours aimé créer, lancer de nouveaux projets, donner vie à des idées, innover…

Pour ma 1ère expérience professionnelle en tant que salarié, je me suis présentée à un entretien où le poste de responsable marketing et communication n’existait même pas. Il s’agit d’un promoteur immobilier installé à Marrakech à l’origine du projet « Carré Eden ». Quelques mois plus tard, j’ai chapeauté le service communication.

Mon besoin d’apprendre et de travailler sur des projets à forte valeur ajoutée m’a poussée à quitter ma ville natale et à m’installer dans la capitale économique où après avoir passé plusieurs entretiens, j’avais fait le choix de capitaliser sur mon expérience dans la promotion immobilière et de rejoindre une « big » référence dans le domaine.

J’ai rejoint donc une nouvelle équipe, un nouveau département en place et une nouvelle organisation dans laquelle j’ai été chargée de la Communication projets et événementiel du groupe. 6 mois plus tard, on lance une nouvelle BU Haut standing où j’ai géré toute la communication événementielle de la marque et de la BU.

Et puis arriva l’événement qui changea ma vie : la naissance de mon fils aîné en 2011 et la naissance avec de ma 1ère startup.

Parlez-nous de l’AUSIM ?

Mes choix d’ouvrir de nouveaux chapitres dans ma vie est souvent animé par le rôle et la mission dont je serai en charge (Vous l’avez certainement compris dans mon parcours )

J’avais pris ma décision de rejoindre cette grande institution dès que j’ai réalisé l’énorme travail accompli par des personnes engagées et passionnées par leur métier et par le Digital pour servir une grande cause : celle de rendre notre Maroc une « Digital Nation ».

Cette institution, qui a plus de 28 ans d’existence joue son rôle de locomotive et œuvre activement dans l’esprit de développer et de vulgariser l’usage des technologies et du digital. L’AUSIM compte plus d’une centaine d’organisations adhérentes (PME et grands groupes nationaux) représentant les 3 secteurs (Primaire, secondaire et tertiaire). C’est un réseau de plus de 115 000 collaborateurs, représentés souvent par les DSI et CDO et c’est une communauté d’influence pour faire du digital un levier de croissance pour l’économie nationale, et un outil de performance et de compétitivité pour les entreprises.

J’invite les lectrices et lecteurs à visiter le site pour plus d’information sur les programmes et les projets de l’association : www.ausimaroc.com ou à me contacter sur mon profil Linkedin.

Quels sont les événements qui ont changé votre vie

Comme beaucoup de maman, je dirai d’abord l’arrivée de mon fils aîné. Moi qui aime créer, donner naissance à de nouveaux projets et lancer de nouvelles choses, je ne pouvais qu’être comblée par cet événement.

Sa naissance m’a poussée à concrétiser un autre rêve : me lancer dans l’aventure entrepreneuriale.
J’ai travaillé des mois sur des Benchmarks et business plan pour lancer un projet de site E-commerce, qui en fin de compte s’est avéré trop risqué. J’ai dû donc laisser tomber ce projet pour lancer un autre: un site d’adresses dédié au mariage et aux événements de vie.

J’ai entrepris en 2 ans d’autres projets : une agence de Wedding planner puis un magazine en ligne. Ces 2 expériences étaient enrichissantes mais très éprouvantes d’autant plus que je devais me concentrer sur ma 2ème grossesse.

La passion d’entreprendre, l’adrénaline ressentie à chaque petite réussite a fait que 3 mois après l’accouchement de ma fille, j’ai signé le contrat pour lancer le développement de la 1ère plate-forme 100% dédiée aux mariages et aux événements wwhicadresse.ma. Il s’agit d’une plate-forme de booking des prestataires, opérant dans

le secteur du wedding et des événements. Une industrie qui représente aujourd’hui plus de 3 milliards de dhs.

Quels sont vos projets à venir ?

Je ne planifie pas. Je reste souvent à l’écoute des différentes opportunités qui s’offrent. Je ne suis pas dans une logique de « carrière » tracée et bien définie. Je suis plutôt quelqu’un qui aime l’aventure et les nouveaux défis, qui fait confiance à son cœur et à son instinct ; pourtant, j’adore les to do list et les check list, cela peut sembler contradictoire, mais c’est la vérité.

Je viens de faire un Executive Certifcate en Transformation Digitale avec l’école Centrale de Casablanca.

Je continue donc d’apprendre et je considère qu’on n’a jamais acquis suffisamment de connaissances et de skills. Je partage avec vous d’ailleurs une citation qu’on aime beaucoup à l’AUSIM et qui reflète cet état d’esprit :

« Les analphabètes du XXIe siècle ne seront pas ceux qui ne savent ni lire ni écrire. Ce seront ceux qui ne savent pas apprendre, désapprendre et réapprendre ». Alvin Toffler.

J’espère aussi qu’on pourra organiser en 2022 les Assises de l’AUSIM, reportées à cause de la pandémie. Il s’agit du plus grand rassemblement de DSI et acteurs du digital (Plus de 700 participants). Un événement très attendu par la communauté.

Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Commencer déjà par définir ce que « Réussite » veut signifier.

S’agit-il d’occuper un poste de responsabilité, de gagner mieux sa vie, de gérer une grande équipe et prendre le lead, de réussir l’équilibre vie perso/pro, d’être épanouie et bien entouré, de vivre de sa passion…Chacun a sa propre conception de la réussite selon son référentiel et son système de repère, mais le plus important quel que soit cette « réussite » à atteindre, la définir clairement comme objectif, la visualiser, y croire, se donner tous les moyens pour y arriver et célébrer la victoire. Et pour les femmes, j’ajouterai avoir le courage de crier haut et fort « j’ai réussi ». (Le fameux syndrome de l’imposteur).

 

Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ?

Encore du chemin à faire malgré toutes les magnifiques avancées et réalisations.

Je pense que cela est lié avant tout à une question d’éducation. Je suis maman de 2 garçons et 1 fille. Il est de ma responsabilité et de celle de mon conjoint d’éduquer nos garçons à respecter leur sœur, la traiter correctement et faire pareil avec toutes les autres filles, camarades, voisines, plus tard collègues, épouse…

C’est aussi notre rôle en tant que parents d’encourager notre fille à avoir confiance en elle et dans ces choix, de ne pas se sentir coupable face à une situation injuste et d’être plus tard une femme épanouie selon ses convictions et ses propres valeurs.

La famille doit donc jouer son rôle, l’école doit jouer son rôle dans l’acquisition des principes de la parité et de l’égalité face aux droits et les institutions doivent accompagner par des lois.

 

Votre avis sur le site ?

Accorder une tribune et une vitrine aux femmes pour partager leurs réflexions et retours d’expérience est une initiative très louable. Je souhaite à lamarocaine.com une longue vie.

Dernier mot ?

La période que nous traversons en ce moment de crise sanitaire est riche en leçons et en enseignements. Nous sommes face à un grand défi, celui de survivre. Alors à toutes les lectrices et lecteurs de lamarocaine.ma, je leur souhaiterai d’abord et avant tout une bonne santé et une longue vie. Et puis pour celles qui sont à la tête d’une entreprise, continuez à être courageuses, résilientes et surtout osez prendre le train de la digitalisation.

Le monde change, notre pays se développe et s’oriente vers un modèle de croissance plus inclusive. Nous avons donc toutes et tous un rôle à jouer en cette période pour assurer un avenir meilleur pour les générations futures.

Merci à lamarocaine.com pour cette interview.

 

Entretien réalisé par Aziz HARCHA
Août 2021

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