Nawar Mounchit

Conseillère juridique et fiscale, associée fondatrice au sein d'un Cabinet de conseil spécialisé en Droit des affaires et en fiscalité.

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Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?

Je suis Nawar Mounchit, jeune femme marocaine, native de Casablanca, installée à Rabat depuis de longues années. Je suis issue d’une famille monoparentale où ma mère a assumé toutes les responsabilités depuis le décès de mon père en 2001. Elle a été pour moi l’incarnation de la force, de la persévérance et de l’honnêteté en toute circonstance et c’est grâce elle que je suis aujourd’hui conseillère juridique et fiscale, associée fondatrice au sein du Cabinet Daim Rousseau, un cabinet de conseil spécialisé en Droit des affaires et en fiscalité. Je suis également doctorante en droit social à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de Rabat – Agdal.

Racontez-nous un peu votre parcours

J’ai obtenu mon baccalauréat en sciences économiques et sociales au lycée français de Koweit. À l’époque j’habitais au koweit car ma mère avait été nommée au sein de l’Ambassade du Maroc. C’était une expérience très enrichissante dans la mesure où j’ai eu la chance de côtoyer des camarades de plusieurs nationalités différentes et donc de cultures diverses.

Après l’obtention de mon baccalauréat j’ai intégré HEC, avant de réaliser que ma seule et unique passion est le Droit. Ma famille est d’ailleurs composée uniquement de juristes, d’avocats et de magistrats à quelques exceptions prêt. J’ai donc opté pour la faculté de Rabat Agdal où j’ai obtenu ma licence en Droit privé. Je me suis ensuite envolée vers la France, un bref laps de temps, afin de me former en Droit romano-germanique au sein d’ASSAS Paris 2.

J’ai tout de suite enchaîné avec un Master en sciences Juridiques et Droit des affaires au sein de la faculté Rabat Agdal que j’affectionne particulièrement, j’y poursuis d’ailleurs encore mon doctorat en Droit social.

Après mon master, j’ai eu plusieurs expériences en qualité de juriste d’entreprise mais aussi en cabinet. L’expérience la plus pertinente est celle que j’ai eu au sein du Cabinet d’avocat CMS Francis Lefebvre.

C’est quasi-naturellement que j’ai fait le choix du Droit. J’ai toujours été passionnée par les grandes causes, les grands débats et l’argumentaire est mon point fort. J’ai tout de suite compris que les règles de droit régissent la vie de tout un chacun mais aussi les activités de toute entreprise. Un organisme quelconque peut aujourd’hui être impacté positivement ou négativement par le changement de la réglementation ou de législation relative à son activité. A cela s’ajoute aussi la réglementation sociale et fiscale dont il ne peut plus, aujourd’hui, être fait abstraction.

Au-delà de cet aspect, il y a aussi le volet relationnel, dans la mesure où j’ai tissé des liens très étroits avec mes partenaires et mes clients. Il y a une relation de confiance très particulière qui s’est instaurée et j’adore ça. Si beaucoup de métiers peuvent être remplacés par une machine, le conseiller lui sera toujours choisi non-seulement pour ses compétences techniques, mais aussi pour sa personne.

Et votre vie professionnelle ?

Ma vie professionnelle n’a pas toujours était ce qu’elle est aujourd’hui. Ca été très difficile au début, mais je me suis accrochée, notamment lorsque j’ai décidé, avec mes associés, de fonder le Cabinet Daim Rousseau, un cabinet dédié au conseil juridique en droit des affaires. J’ai connu des hauts et des bas, mais grâce à Dieu, nous sommes aujourd’hui une référence à notre échelle. J’ai su faire preuve de sérieux, d’implication et de disponibilité. J’ai fait le choix de mon pays, celui du Maroc, et j’ai décidé de m’ouvrir sur l’Afrique. Nos partenaires avaient besoin d’un interlocuteur de confiance et on a été là pour ça.

Quels sont les événements qui ont changé votre vie

« Que chaque évènement de votre vie vous apprenne quelque chose !  »

C’est une citation de Osho Rajneesh que j’affectionne particulièrement et qui pour moi à tout son sens. Il faut impérativement ressortir avec quelque chose, de bon ou de mauvais, de tout ce que nous traversons. Beaucoup d’évènements ont marqué ma vie tant sur le volet professionnel que personnel.

Du point de vue personnel, ma vie a basculé plusieurs fois d’une extrême à l’autre, mais on m’a appris à m’adapter. Ma plus grande blessure restera à jamais le décès de mon père, c’était pour moi un événement dévastateur. D’autant plus que quelques années plus tard, j’ai connu deux autres disparitions douloureuses. Je retiens toutefois que ce sont ces événements difficiles qui nous forgent et qui nous permettent de découvrir la force que l’on a en nous, de garder et de chérir les gens qui nous aiment et de se séparer des personnes néfastes.

Il y a bien plus d’évènements heureux que d’évènements tristes, heureusement, et ces événements nous font évoluer également, la rencontre avec mon mari a été de loin pour moi l’événement le plus heureux de mon existence.

Sur le plan professionnel, j’ai eu la chance de croiser à la Faculté de Rabat Agdal le professeur Ilham HAMDAI, très inspirante, pleine de charisme, et à mon jeune âge, c’était et c’est toujours, un exemple pour moi. Je rêvais déjà d’être encadrée par elle pour mon doctorat alors que je n’étais qu’en deuxième année de licence.

Quels sont vos projets à venir ?

Je suis passionnée par le droit et sa technicité, mais aussi par le monde universitaire et par la doctrine, alors j’aimerai dans un futur proche développer une carrière universitaire. J’aimerai apprendre aux étudiants à aimer le droit, à vivre le droit.

Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Ne vous arrêtez pas au premier obstacle. Ayez de la persévérance et croyez en vous et en vos rêves. Il faut oser concrétiser ses ambitions et s’armer de patience. N’attendez rien des autres, c’est votre réussite alors c’est à vous de la réaliser.

Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ?

Il y a aujourd’hui tout un arsenal juridique en faveur de la femme au Maroc, qu’il s’agisse des violences à l’égard des femmes, de la discrimination basée sur le genre ou de la protection des droits de manière générale . C’est une avancée majeure qui s’est opérée ces dernières années, on peut citer à titre d’exemple la loi 103-13 relative à la lutte contre les violences à l’égard des femmes, la loi relative à la non discrimination, les modifications apportées au code du travail et au code de la famille. Cela étant, bien que l’évolution est là, beaucoup reste à faire sur le plan législatif et règlementaire car de nombreuses lacunes restent à combler. Pour ne citer qu’un seul exemple, il est aberrant de voir que les mamans ne sont toujours pas tutrices de leurs propres enfants.

Cela étant, je pense qu’un réel travail doit être effectué au niveau de la sensibilisation. L’égalité, la parité, et le respect des femmes doit être inculqué aux citoyens de demain dès le plus jeune âge. La sensibilisation doit aussi se faire au sein des entreprises et des différents organismes car beaucoup ne savent pas ce qu’ils encourent et ne mesurent pas la gravité de leurs actes ou de leurs propos.

Il est rassurant, toutefois, de voir que le Maroc se développe dans le bon sens, que nous avons réalisé de belles avancées, que les lois garantissent aux femmes leurs droits, et que les politiques publiques prennent les femmes en considération. D’ailleurs, nous avons récemment vu l’ascension des femmes à des postes de management dans tous les secteurs, occupants désormais des fonctions stratégiques même au sein des organes de gouvernance. Le meilleur exemple est celui du gouvernement actuel où nous avons six femmes investies de portefeuilles ministériels clés, il ne s’agit plus de postes de subalternes.

Votre avis sur le site ?

C’est une belle découverte, le concept est intéressant et met en avant l’énorme potentiel des femmes marocaines. En parcourant le site, j’ai eu envie de toutes les rencontrer, d’échanger et de partager nos ondes positives.

Dernier mot ?

Merci Aziz HARCHA !!

 

Interview réalisé par Aziz HARCHA
Octobre 2021

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