Leila Benjelloun Touimi

Psychothérapie/ Thérapie de couple/ Art-thérapie/ Thetahealing

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Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?

Je suis qui je suis et je pense que nous nous limitons lorsque nous nous définissons mais je vais jouer le jeu. Mon père m’a appelé Leila et je pense que nos prénoms sont prédestinés. Cela fait bientôt 40 ans que je vis cette expérience sur Terre. Et quelle expérience tellement riche ! Faites de rencontres et de synchronicités qui m’apprennent un peu plus chaque jour sur qui je suis. La vie est une grande école ou j’apprends énormément à être, à me connecter à mes besoins pour vivre ma vie et je suis déterminée à le faire ! Il y a eu des hauts et des bas et j’ai beaucoup de reconnaissance envers les bas car ils m’ont appris à aller encore plus loin.

Racontez-nous un peu votre parcours

Depuis les plus lointains souvenirs que je peux avoir, je me souviens de tous mes questionnements existentiels et de ce qui m’a relié à la nature, du visible et de l’invisible… me demandant ce que je faisais là et persuadée que nous vivons dans une sorte de réalité parallèle. Je le pense toujours aujourd’hui. La vie m’a toujours fascinée ainsi que l’être humain. Je suis passée par une phase d’incompréhension, je me suis demandée ce que je faisais là, je ne me sentais pas en phase avec ce monde qui me paraissait tellement brutal et cruel. Selon l’image que je percevais du monde, les famines, les guerres, les injustices, les violences envers les animaux… Je percevais l’humain comme un être malveillant et je ne souhaitais pas m’identifier à lui alors je me suis inventée des histoires en me persuadant que je n’étais pas humaine. Malgré cela j’éprouvais de l’amour pour l’être humain. Malgré son côté sombre, je pouvais percevoir de la lumière. Je voulais mieux le comprendre, surement pour mieux me comprendre moi-même alors j’ai souhaité étudier la psychologie. Mon conditionnement et mes croyances d’autrefois ont fait que j’ai choisi ce que j’ai cru être un juste milieu entre ce que je voulais et ce qu’auraient aimé mes parents.

Alors j’ai choisi un entre les deux pour ne pas les trahir ni me trahir moi-même, comme j’ai pu le croire à ce moment-là. Le temps est passé et après avoir étudié la communication, le management et les ressources humaines, j’ai intégré l’entreprise familiale dans laquelle j’occupe aujourd’hui le poste de DRH, depuis 15 ans. De temps en temps, une petite voix en moi se demandait comment aurait été ma vie si j’avais étudié la psychologie. Voix que je balayais. Je me disais que J’avais fait mon choix, que c’était mon destin, que je n’étais pas capable de reprendre des études et que j’avais beaucoup de gratitude pour la vie que je vivais. Et un jour, pendant une discussion avec mon mari dans laquelle on refaisait le monde, j’ai évoqué cette idée. Il m’a encouragé. J’ai fait quelque recherche sur internet et j’ai découvert l’IMPR (Institut Marocain de Psychothérapie Relationnelle). J’ai rencontré la Directrice, et je suis sortie de là animée par une énergie nouvelle ou quelque chose qui a réveillé ce rêve en moi. Je me suis demandée « et si c’était possible » ? Cette formation implique que je pouvais continuer à travailler car elle se déroule les week-ends, du vendredi au dimanche, au moins une fois par mois pendant 4 ans. Ce qui implique de laisser mon mari avec mes enfants de 5 et 2 ans à l’époque, sans nounous à cette période, de trouver l’argent, de pourvoir me libérer au travail sachant que je travaille même samedi matin… et si c’était possible ? j’avais deux choix : me convaincre de ces limitations ou oser ? J’ai osé. Et quand j’ai osé, tout c’est ouvert.

Mon mari m’a encore une fois encouragé et s’est occupé de nos enfants pendant mes absences avec ou sans nounou. L’entreprise a financé Ma formation et j’ai ainsi démarré cette merveilleuse aventure en mai 2017. Depuis, tellement de choses ont changé, évolué… je me suis libérée de tant de conditionnements, de croyances et de peurs… j’ai appris à mieux me connaitre et à transformer ma vie sans avoir peur des imprévus ou de l’inconnu. Pour moi, aujourd’hui, ce sont des opportunités qui me renouent à qui je suis vraiment, à qui je veux être et à ce que je veux vivre. J’ai continué à me former : art thérapie, thérapie de couple, thetahealing…

Mon intention de départ était d’aider les autres et je me suis retrouvée à m’aider moi-même et à prendre conscience que je ne suis pas une sauveuse mais que je peux accompagner en toute humilité les autres à mieux se connaitre, à se connecter à leurs ressources pour que eux aussi puisse vivre la vie qu’ils souhaitent et être qui ils veulent être. J’ai également pris conscience que le travail sur soi ne finit jamais car nous sommes comme un livre. Chaque nouvelle page est blanche et chaque instant nous écrivons notre histoire jusque qu’au jour de notre mort qui sera une renaissance et l’occasion d’ouvrir un nouveau livre. Cette expérience a ouvert aussi un champ qui m’a relié à des êtres extraordinaires. Je suis reliée aujourd’hui à moi-même mais aussi à des êtres exceptionnels qui font partie de ma famille d’âme. Et cette famille s’agrandit de jour en jour. J’ai appris que les bas nous permettaient de nettoyer et de guérir la partie de nous qui en a besoin pour s’élever avec de nouvelles ressources qui étaient là. Elles attendent que nous leur tendions la main pour nous relever. Aujourd’hui, quand je vis une période difficile, je sais que je vais recevoir un merveilleux cadeau de la vie. Alors les miracles apparaissent et la vie prend une autre dimension. Ce qui m’a toujours aidé c’est la Gratitude, dans tous les moments. Elle m’a toujours aidé à relativiser et à dépasser les moments difficiles. Aujourd’hui cette Gratitude a grandi et l’amour de soi, des autres, de tout ce qui Est a énormément grandi aussi car j’ai compris. Nous avons tous le droit d’être qui nous sommes, de faire nos choix, de vivre ce que nous avons à vivre. Il y a tellement de choses qui se passent à tellement niveaux que nous ne pouvons pas concevoir, que je ne peux que comprendre que chacun, à son rythme vis ce qu’il a à vivre. Que dans l’absolu il n’y a pas de bien ou de mal. De gentils ou de méchants. De camps. Nous sommes tous ensemble dans ce qui fait de nous une conscience individuelle et une conscience collective. Nous sommes beaucoup plus reliés que ce que nous pouvons imaginer.

 

Quels sont les événements qui ont changé votre vie

Il y a tellement d’évènements qui changent nos vies. De ma naissance à toutes les étapes de ma vie. Lorsque j’ai dû déménager à l’âge de 8 ans dans une autre ville, lorsque j’ai commencé à travailler, lorsque j’ai repris le chemin des études pour ma reconversion professionnelle. Lorsque je me suis mariée, devenue maman… mais au-delà de ces évènements il y a les évènements du quotidien. Et ce que nous pouvons apprendre au quotidien nous change aussi un peu plus chaque jour. Le dernier évènement assez particulier qui m’est arrivé est d’être resté bloquée au Sri Lanka avec mon mari, sans nos enfants, pendant 4.5 mois, sans avoir de visibilité sur notre date de retour. Cette expérience a été tellement riche, je dirais même extraordinaire ! Un énorme cadeau de la vie qui m’a permis entre autre de prendre du recul et de faire un point sur ma vie. Sur ce que j’ai intégré. Sur ma relation avec moi-même et avec les autres. Une expérience indescriptible qui m’a encore plus reliée à la vie, au divin, à ce qui est plus élevé et qui sait mieux que moi ce qui est bon pour moi. J’ai pris conscience de la confiance que j’avais en la vie et elle m’a appris qu’il est important aussi que j’ai confiance en moi. Elle m’apprend tous les jours comment devenir mon propre guide. J’ai cultivé la gratitude encore davantage et j’ai reçu avec une gratitude infinie les cadeaux de la vie. Elle m’a appris aussi que je les mérite et que je me dois tout ce que je vis dans ma vie car je la créée.

Quels sont vos projets à venir ?

Aujourd’hui, j’accueille ce qui vient, je développe mon activité de thérapeute en pratiquant et en continuant à me former. Ecrire et retourner vivre au Sri Lanka, quand le bon moment sera venu…

Entre temps tellement de choses peuvent arriver… Qui sait ce que me réserve la vie… j’ai hâte de le découvrir.

Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Mon conseille pour les femmes qui veulent réussir ? c’est d’arrêter de vouloir réussir parque réussir implique la possibilité d’échouer et je pense que dans la vie on n’échoue jamais. On apprend juste à nous connaitre. A savoir ce qui nous convient ou non, ce qu’on aime ou non, ce qui nous est utile ou non, quelle façon d’atteindre ce que nous souhaitons nous correspond le plus… Si une chose ne fonctionne pas c’est qu’une autre existe qui fonctionnera encore mieux. La réussite implique la peur de l’échec. La culpabilité en cas d’échec… Pourquoi s’infliger cela ? Mon conseil pour la femme c’est d’œuvrer tous ensemble, hommes et femmes, pour être qui on veut être, vivre la vie qu’on souhaite pour un monde qui nous ressemble, dans lequel nous pourrons œuvrer tous ensemble pour le bien de tous. Alors je leur dis osez être qui vous êtes vraiment, celle que vous voulez être.

Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ?

La situation de la femme évolue et de mon point de vue s’améliore dans l’ensemble. Nous arriverons à nous détacher de tous nos conditionnements pour nous épanouir, et pour cela je pense qu’il faut sortir de la séparation hommes/ femmes avec tous ce qu’elle implique comme croyances et conditionnements pour grandir et construire ensemble dans l’intérêt de tous.

Votre avis sur le site ?

Merci d’offrir aux femmes la possibilité de s’exprimer et ainsi de révéler qui elles sont, de se montrer et de s’assumer.

 

Dernier mot ?

Un jour nous n’aurons plus besoin de parler des femmes ou des hommes. De se comparer ou de montrer qui est le meilleur ou qui a raison. Un jour nous vivrons tous ensemble dans la paix et l’harmonie de qui nous sommes vraiment. C’est mon plus grand rêve de terrienne

 

Entretien réalisé par Aziz HARCHA
Octobre 2021

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