Latifa CHAY

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– Bonjour Latifa, avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?

Je m’appelle Latifa CHAY. J’ai 36 ans et suis consultante en développement et stratégie après 11 ans de carrière dans les assurances. J’ai été élue au conseil municipal de Romans sur Isère pendant 12 années et même si je ne suis plus aujourd’hui, je suis toujours une femme politique engagée, notamment dans un nouveau parti que j’ai cofondé et dont je suis la porte parole : Les Nouveaux Démocrates. Je suis également l’heureuse auteure du roman « Sois une femme ma fille, d’une tour HLM au deuxième tour d’une élection nationale ».

– Racontez nous un peu votre parcours

J’aime commencer mon propos en rappelant de qui je suis l’héritière. Je suis la fille de Moumna et Mohamed CHAY à qui je rends hommage dans mon roman. Ils sont nés de l’autre côté de la méditerranée, précisément au Maroc et sont venus s’installer en France quand elle avait besoin d’une main d’œuvre peu chère.

Mon engagement citoyen, s’il est sans faille, est d’abord lié au leur et à leur histoire vie. C’est d’eux dont je tiens ma volonté d’agir collectivement. Cette volonté s’est renforcée en moi, au fil des ans, au point de devenir une conviction forte dans tout ce que j’entreprends.

Militante associative dans mon adolescence, j’ai officiellement adhéré au Parti Socialiste en 2007. En 2008, j’ai intégré le conseil municipal de Romans sur Isère, ma commune de naissance. A 23 ans, devenant la plus jeune maire-adjointe que la ville ait eue, chargée de la Culture et Patrimoine, Jeunesse et Relations Internationales, puis vice-présidente à l’agglomération chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Sports, j’ai appris à développer une connaissance précise de mon territoire et des attentes des habitants et entreprises.

Investie pleinement dans la vie locale depuis mes deux mandats électifs, j’ai toujours eu à cœur de continuer à travailler pour garder ce lien au monde réel et me confronter, en dehors d’un mandat politique, au quotidien de nos concitoyennes et concitoyens. Forte de mes onze années de carrière après un BTS Assurances, j’ai décidé d’amorcer une reconversion professionnelle, en retournant sur les bancs de la fac et à la suite de quoi, j’ai crée ma propre activité de conseil en capitalisant sur mon double cursus privé et public.

Je suis aussi l’auteure du livre « Sois une femme ma fille, d’une tour HLM au deuxième tour d’une élection nationale », qui au moment de sa sortie il y a 6 mois est arrivé en top 3 des ventes autobiographies entre Elon Musk et Michèle Obama. Il est actuellement, entre autre public, étudié par des classes de premières et de terminales en Sciences Economique et Sociale.

– Comment vous définir ? Consultante ? Militante associative ? Ecrivaine ? Politicienne ?

J’ai un parcours atypique. Je suis tout cela à la fois et ne rentre dans une case pour autant ! Je suis avant tout une femme libre et curieuse. Un journaliste disait cela à la lecture de mon roman « Sois une femme ma fille, d’une tour HLM au deuxième tour d’une élection nationale » :
« J’en sais un peu plus sur toi que les communiqués officiels ou les interviews classiques que tu as pu m’accorder, mais j’ai bien conscience que ni moi ni personne qui lit ce livre n’en saura assez pour t’enfermer dans une case quelconque ou l’affirmer avec certitude(…). »

– Parlez nous un peu de toutes ses activités

Toutes ces activités sont liées. Elles ont un point de départ : la rencontre avec le racisme lorsque j’étais enfant. Et elles ont toutes un point commun : la justice.

– Quels sont vos projets à venir ?

Je n’ai qu’une certitude : je continuerai, qu’importe la forme que cela prendra, à accompagner la formation citoyenne des jeunes et des moins jeunes de notre pays. J’appartiens à cette génération venue au monde avec la certitude que la démocratie était là pour de bon. Aujourd’hui, nous devons collectivement nous battre pour la protéger et la renforcer.

– Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Il n’y en a qu’un : se faire confiance, rester fidèle à soi même et foncer. L’audace est toujours récompensée.

– Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ?

Je suis avec intérêt et une certaine tendresse ce qui passe dans mon autre pays, celui qui a vu naître la gauche et la droite de mon cœur : le Maroc. Particulièrement concernant la situation des femmes. Cela évolue dans le bon sens et je m’en réjouis chaque fois que je retourne dans ma famille à Meknès.
S’il est plaisant de constater une réelle amélioration des conditions de vie des femmes dans notre société marocaine, je ne saurais m’en satisfaire tant qu’il y aura encore besoin de rappeler l’égalité entre les sexes. A ce jour encore, la discrimination est le principe et l’égalité reste l’exception. Le Maroc – comme la France d’ailleurs – ne sont malheureusement pas l’exception à la règle du patriarcat. Nous devons rester collectivement et individuellement mobilisés sur cette question. C’est ensemble que nous y arriverons. Je suis confiante pour l’avenir !

– Votre avis sur le site ?

Les portraits des femmes sont très inspirants et je salue cette initiative car elle m’a permis de découvrir toutes les femmes et leurs parcours qu’il met en lumière.

– Dernier mot ?

Lisez les portraits ! Ces femmes sont merveilleuses. Vous en trouverez quelques-uns dans mon propre livre que je vous invite également à découvrir.

Interview réalisé par Aziz HARCHA

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