Lalla Aïcha

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La princesse Lalla Aïcha, née le 17 juin 1930 à Rabat, morte le 4 septembre 2011 dans la même ville, était une des sœurs du roi Hassan II. Son père était Mohammed V du Maroc, sa mère Lalla Abla.

Lalla Aïcha a été ambassadrice du Maroc au Royaume-Uni (1965 – 1969), en Grèce (1969 – 1970), et en Italie (1970 – 1973). Elle fut aussi active auprès du Croissant-Rouge.

La Fille du Roi Mohamed V, et issue de la première cohorte de Marocaines à obtenir un certificat d’études primaires, Lalla Aïcha devient rapidement un modèle de la cause des femmes. En 1943, Malika el Fassi la présentait déjà comme un exemple, et pressait les pères d’imiter le Sultan en envoyant leurs filles à l’école. Parcourant le Maroc à la demande de son père afin de rencontrer des parents pour qu’ils abandonnent leurs préjugés quant à l’éducation des filles, la Princesse Lalla Aïcha a incontestablement contribué à la cause. De par son ascendance sur la population marocaine, elle est devenue un véritable symbole des luttes des femmes pour l’émancipation et le nationalisme. Elle prononçait d’ailleurs, en avril 1947 à Tanger et aux côtés de son père, un discours à forte saveur patriotique.

Première femme à prendre la parole en public dans l’histoire du Maroc contemporain, Lalla Aïcha rappelait l’importance de travailler pour la nation, et disait percevoir le Maroc comme prêt à réaliser « de grandes aspirations. » Félicitant les Égyptiennes, qu’elle considérait comme les instigatrices du mouvement pour l’éducation et l’émancipation des femmes au Moyen-Orient, elle poursuivait son allocution en exprimant l’importance pour les filles d’aller aux écoles qui leur sont ouvertes, et dont elle attribue l’existence, par ailleurs, à son père. Comme Malika el Fassi, Lalla Aïcha croyait que : « C’est au niveau de l’éducation que se mesurent la civilisation et le progrès d’une nation. Elle est la clé de la réussite du programme de réformes royales qui conduira le Maroc au progrès et réduire la distance qui nous sépare de la prospérité. »

Ce discours patriotique a incontestablement contribué à la promotion de l’éducation des femmes présentée, encore une fois, comme une nécessité nationale. Devenue une icône, la princesse, comme d’autres Marocaines de sa génération qui ont été scolarisées, a ensuite milité pour l’amélioration des conditions d’existence, et l’émancipation des femmes.

Elle a continué ses actions après l’indépendance en étant à la tête d’une délégation de femmes s’étant rendue à Damas en 1957 dans le cadre du premier Congrès des femmes arabes; de même que par sa position d’ambassadrice du Maroc dans différents États européens.

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