La dyscalculie

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La dyscalculie est un trouble spécifique du développement qui intéresse le calcul et le raisonnement logico-mathématique. La dyscalculie se rapproche de la dyslexie qui se manifeste par une difficulté à apprendre à lire.

Moins connue que la dyslexie, la dyscalculie est pourtant un trouble également répandu. Elle se définit par une mauvaise perception des nombres, et une difficulté à réaliser des calculs élémentaires, comme cette soustraction : 7 – 3.

Bien que ne présentant aucun problème intellectuel, les enfants souffrant de dyscalculie ne parviennent pas à utiliser ou à reconnaître les chiffres, aussi bien pour réaliser des calculs simples, que pour évaluer des distances proches, et ces enfants ont souvent du mal à comprendre que certains nombres soient plus grands que d’autres.

Les causes de la dyscalculie

Les causes sont complexes, et bien souvent liées à plusieurs facteurs. On retrouve fréquemment une difficulté à structurer la pensée dont l’origine peut-être une carence, un retard de développement ou un retard suite à des difficultés d’ordre scolaire…

Les signes d’alerte

Plusieurs comportements ou difficultés peuvent vous mettre en garde, et peuvent faire évoquer une dyscalculie. Ce sont très souvent des difficultés scolaires en mathématiques, des difficultés à raisonner ou à exprimer son raisonnement, des difficultés d?organisation dans la vie quotidienne, des difficultés de compréhension, des difficultés dans les activités temporelles ou spatiales, un rejet des activités scolaires.

Voici quelques exemples qui peuvent vous alerter :

Difficultés dans les tâches quotidiennes, comme vérifier sa monnaie et lire l’heure.
Difficultés fréquentes en mathématiques, confusion dans les signes : +, -, ÷ et ×.
Difficultés à comprendre le concept du temps et à estimer le temps qui passe. Peut être souvent en retard ou en avance.
Peut avoir certaines difficultés à estimer mentalement la taille d’un objet ou une distance.
Incapacité à lire une suite de nombres, ou peut à force de le répéter, l’inverser (dire 56 pour 65 ).
Difficulté à garder le score pendant les matchs.
Ecrire « 40042013 » à la place de « quatre cent quatre-vingt treize ».
Difficultés de compréhension des énoncés, des problèmes.

Les différents degrés de la dyscalculie

Il n’y a pas réellement différentes sortes de dyscalculie. Cependant, le trouble dyscalculique ou du raisonnement logico-mathématique n’est pas le même pour chaque patient (enfant ou adulte), en fonction de ce qui est troublé (les différentes structures logiques, le nombre, le raisonnement, le langage, les opérations, la logique?) et du stade de développement.

Le diagnostic

C’est l’orthophoniste qui réalise le diagnostic de dyscalculie.

Pour cela, il réalise un bilan qui consiste à étudier les capacités logiques du patient grâce à l’analyse de structures logiques : les classes, les mises en relation, les conservations, la combinatoire – qui permettent la construction mathématique, l’étude du nombre et des opérations.

Mais la dyscalculie se diagnostique aussi par l’étude du langage dont l’élaboration est un indice du fonctionnement de la pensée.

Au début du bilan, le patient retrace ses antécédents médicaux, de développement et de sa scolarité, à propos de sa dyscalculie.

Pendant le bilan, l’orthophoniste fait passer différents tests pour comprendre où se situent les difficultés, où se situe le patient par rapport à son âge.

Si l’orthophoniste diagnostique un trouble de type dyscalculique et/ou du raisonnement logique, il proposera une prise en charge rééducative.

Le bilan orthophonique et la prise en charge des troubles du calcul et du raisonnement logico-mathématique sont des actes de diagnostic et de rééducation, qui sont inscrits à la nomenclature générale des actes des orthophonistes.

La prise en charge d’une dyscalculie

Après le bilan initial permettant de diagnostiquer la dyscalculie et de la caractériser, l’orthophoniste met l’enfant ou l’adolescent en situation de travailler en fonction de son niveau, sur ce qui lui pose des problèmes (tout en respectant une progression sous-tendue par des connaissances théoriques et un savoir-faire).

La prise en charge orthophonique des troubles du calcul et du raisonnement logico-mathématique a une durée variable en fonction du type et de l’importance des troubles.

Il est très difficile de donner une durée de traitement pour une dyscalculie, il n’y a pas de généralité, puisque chaque patient est différent, la durée varie en fonction de chacun.

Conséquences d’une dyscalculie non traitée

Si on ne prend pas en charge une dyscalculie, le risque est de souffrir de difficultés de raisonnement, de difficultés plus ou moins importantes en calcul et en mathématiques, d’un langage souvent peu élaboré – notamment pour tout ce qui concerne les liens logiques, de difficultés à comprendre les liens grammaticaux… mais aussi d’un rejet du scolaire.

Quand traiter ce trouble ?

Il est évident que plus on intervient tôt pour traiter une dyscalculie, et plus on accompagne un jeune à construire sa pensée, à élaborer ses connaissances (surtout lorsqu’il souffre de problèmes tels que les troubles logiques et du raisonnement), moins il va être difficile pour lui d’apprendre à l’école.

Mais pour autant, l’accompagnement rééducatif que propose l’orthophoniste pour traiter une dyscalculie, ne se limite pas aux enfants. Les adolescents et parfois les adultes qui en éprouvent le besoin dans leur vie professionnelle, peuvent être aidés si le raisonnement logique et/ou mathématique est troublé, et perturbe le travail quotidien ou l’évolution scolaire et/ou professionnelle des intéressés.

Un des objectifs de la rééducation orthophonique de la dyscalculie, vise également à réduire le décalage entre les capacités d’un enfant et ce que l’on attend de lui en classe. L’orthophoniste va aider l’enfant vers cette autonomie de penser par lui-même, pour qu’il puisse élaborer ses propres raisonnements, et comprendre les contenus scolaires.

Rééduquer pour compenser

On ne parle pas de disparition, pas plus qu’on ne parle d’ « apparition » d’un trouble du développement, comme la dyscalculie ou les troubles du raisonnement logique.

Le trouble est présent, la rééducation permet au patient de compenser ses difficultés, mais aussi d’être autonome dans ses raisonnements et dans l’utilisation des nombres et des opérations mathématiques.

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