Habiba BERRANNOUN

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Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?

Il est très difficile de me mettre dans une “boîte”. D’ailleurs, je n’aime pas les boîtes, je m’en sépare le plus possible, pour m’alléger. Habiba BERRANNOUN, je suis un vrai couteau Suisse, mais née au Maroc en 1984. Je suis une personne dynamique au travail, positive et comme diraient les anglo-saxons « easy to work with ». J’aime co-construire, apporter du sens, embarquer et développer les équipes.

 

Racontez- nous un peu votre parcours

Toute jeune, j’ai suivi mes parents à Paris, les navettes estivales vers le Maroc, m’ont énormément marquée jusqu’à aujourd’hui. Je crois profondément en la richesse et l’apport des différentes cultures qui permettent d’élargir ses horizons et de faire face très tôt, à différents contextes sociaux et économiques.

Après un cursus au Lycée Lyautey, je suis de nouveau reparti en France mais cette fois-ci dans le Sud, à Toulouse. J’ai suivi un parcours en droit, à l’Université Arsenal, et je me suis spécialisée en droit du travail et puis en juriste d’entreprise. De retour au Maroc, en 2011, j’ai vite été “piquée” par les ressources humaines et particulièrement par le métier de consultante en recrutement.
Tout a commencé, en intégrant un cabinet conseil RH de haut vol- IDOINE- géré par Saad Benkirane, qui m’a montré les ficelles du métier, en renforçant davantage mes valeurs d’éthique et de professionnalisme par l’exemplarité. Ayant appris sur le terrain, 3 ans plus tard, pour plus de crédibilité et de complémentarité, je décide de me former en management des ressources humaines, pour sortir de ma zone de confort, et aller dans les coulisses des entreprises, en tant que RRH au sein d’organisations très diverses, allant du secteur industriel au secteur des services IT.

10 ans plus tard, et profitant de ma double-casquette pour cerner les enjeux RH, je me mets à mon compte en créant “Mille et un Recrutement“, qui se veut comme la task-force du recrutement durable, pour servir la singularité des organisations et des candidats(es). Je développe depuis des années des actions simples, réactives et innovantes capables de s’adapter aux entreprises de tous secteurs, sur le territoire national et au-delà des frontières, avec de nombreux partenaires à l’étranger.
En une phrase mon métier de consultante RH consiste à identifier, écouter (avec la troisième oreille), évaluer, recruter et surtout accompagner dans la durée, d’égal à égal, aussi bien les clients que les candidats(es). (qui sont le plus souvent mes futurs clients).

 

Pourquoi les ressources humaines ?

Dans le passé, j’ai longtemps hésité entre le métier d’avocat et celui des ressources humaines. 10 ans plus tard, plus aucun doute ! Quel beau métier que de réunir celles et ceux qui sont faits pour travailler ensemble ! Je suis passionnée par la mise en relation. Mais également, par les préoccupations managériales, la qualité de vie au travail des collaborateurs et les problématiques RH de mes clients.

Ma valeur ajoutée est ma capacité de catalyser le plein potentiel des candidats(es) et de matcher l’environnement adéquat pour les uns et pour les autres. Je suis positionnée en apporteuse de solution aussi bien auprès des candidats(es) que des clients.

Le capital humain est la pierre angulaire de la performance de toute entreprise au sens large, quelle qu’elle soit, sous forme de Startup, de PME, ou de grande multinationale. Ce qui me passionne dans ce métier, c’est que je conserve une fraîcheur et un enthousiasme intacts à chaque nouvelle mission ou nouveau projet. Aujourd’hui, les nouvelles formes de travail et d’emploi qui ne cessent d’évoluer, arrivent en force au Maroc. Qu’ils s’agissent de l’environnement numérique des collaborateurs avec la Digital Workplace ou encore du mangement de transition, y compris dans la fonction RH, qui permet d’externaliser et de s’entourer ponctuellement d’experts RH aguerris.

Quels sont vos projets à venir ?

Multi-casquette, je suis juriste-consultante RH, rédactrice de contenus et entrepreneur. Je m’investit fortement dans tout ce que j’entreprend. Mais qui a dit que l’on ne pouvait pas avoir plusieurs vies et plusieurs carrières professionnelles?

Je suis une personne qui prend à bras le corps les missions qui me sont confiées avec beaucoup de professionnalisme et d’enthousiasme. J’aime faire ressortir chez le collaborateur ou le dirigeant, les besoins cachés sous un quotidien pour le moins mouvementé. Ma méthode allie conseil, coaching et accompagnement RH.

Prochainement, un nouvel entrant dans le secteur du recrutement au Maroc, qui se veut disruptif fera son entrée. A ce stade, je ne peux vous en dire plus, si ce n’est projet à suivre.

Je suis également une personne très engagée dans l’associatif. Je suis bénévole à la Banque Alimentaire, qui ne cesse d’apporter son soutien aux plus démunis, en prenant en charge une trentaine de foyers de jeunes filles en milieu rural, en leur assurant, aussi bien l’approvisionnement en denrées non périssables, en produits d’hygiène, en vêtements chauds mais aussi l’équipement des dortoirs. Je suis également membre de l’association Rose 66, « A road to empower women in Africa », entreprise sociale qui offre une panoplie de programmes, articulés autour de compétences en leadership, en aptitudes entrepreneuriales pour aider les femmes marocaines à garantir leur autonomie financière.

Je travaille d’arrache-pied pour monter mon premier projet à caractère non lucratif, dans le domaine de la santé dans les douars enclavés de notre Royaume. (Projet à suivre).

Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir?

Mesdames, nous pouvons être épanouies dans nos nombreuses vies, professionnelles et personnelles, tout en étant productives au travail. Pas besoin d’être nécessairement barbu ou poivre et sel pour réussir !

Rappelez-vous, Mesdames que vous êtes uniques ! Ne laissez personne vous faire croire le contraire.

Nous sommes ce que nous disons, en positif ou en négatif. Choisissez-bien vos mots au quotidien. Nous sommes la moyenne des 5 personnes avec qui nous passons le plus de temps… et figurez-vous que nous sommes aussi la moyenne des 5 lieux que nous fréquentons le plus. N’hésitez pas à diversifier vos interactions, c’est le gage de la créativité.

L’avenir n’est jamais ce que nous avons prévu. Je l’ai su très tôt à mes dépends. La vie nous invite à relativiser nos projets, y compris les projets professionnels. Nous avons des choix à faire mais il faut surtout apprendre à nous adapter en fonction de nos responsabilités, de notre santé, de notre environnement, des événements qui se produisent dans notre vie et sur lesquels nous n’avons pas toujours le contrôle. Parfois, il est bon et salvateur de lâcher prise. Le challenge c’est de rebondir, de nous adapter, d’arriver à transformer le négatif en positif. On ne réussit pas seul, c’est le plus souvent, en équipe que nous gagnons.

Il est important de connaître nos biais cognitifs, tant au niveau personnel que professionnel. Aucun être, n’est épargné par les biais cognitifs. On ne peut pas sortir d’un piège tant que l’on a pas conscience d’être tombé dedans : c’est une première étape. Par la suite, une fois le piège cerné, il faut décider de sortir de ce cercle vicieux. Pour moi, un coach ne peut-être d’aucun soutien si la personne elle-même, ne décide pas de changer dans la durée et d’être accompagnée.

Je vous conseille vivement d’écouter les nombreux podcasts bienveillants et riches en enseignement et en particulier celui de ma chère amie Leila Bazzi, « les Inspiratrices- le chemin vers votre réussite », qui fait des choses incroyables en allant aux quatre coins du moins à la rencontre de femmes inspirantes de différents horizons. Elle aborde les sujets sous l’angle du genre, entre femmes, sans tabous et sans complexe mais avec bienfaits immédiats. Elle permet aussi à de nombreuses femmes de reconnaître et de neutraliser ses croyances limitantes avec des exemples concrets et ainsi d’avancer.

Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ?

Je suis par nature une optimiste-sceptique. On ne peut nier les nets progrès de la question du genre en matière d’inclusion économique des femmes, de ces dernières années et surtout grâce à l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, toujours en faveur de la promotion de la condition de la femme au Maroc.

Toutefois, les défis sont encore nombreux, pour casser les stéréotypes bien ancrés à leurs égards et consolider leurs droits sociaux et économiques.

La 1ère place dans la région MENA, en termes du respect de l’égalité hommes-femmes, occupée par le Maroc, n’est en rien une prouesse qui nous permet de nous reposer sur nos lauriers !

Nous avons besoin de plus d’acteurs « actifs » -hommes et femmes- œuvrant aux changements de mentalités et de mœurs, pour consolider les valeurs d’équité et pour prévenir et réduire les inégalités salariales dans le monde professionnel. La formation des recruteurs est aussi une manière de réduire les inégalités en amont, en cassant la mécanique « poste versus genre » ou encore la promotion masculine aveuglement, indépendamment des compétences retenues.

Fort heureusement, la société civile- plus que les élus- est devenue ces dernières années une force de proposition incomparable et un incontournable catalyseur de changement. Il ne tient qu’à nous de faire changer les choses!

Votre avis sur le site ?

Des interviews très hétéroclites, je vous félicite. La mise en valeur de la femme marocaine plurielle, ne peut-être que positive dans une démarche de valorisation et d’amélioration continue. Cela étant, seul bémol si je puis me permettre, ce sont les raccourcis entre onglets et représentations induites de la femme : Beauté/Santé/Couple/Maman… L’idéal serait de mixer avec des onglets représentés comme étant « plus masculins ». La femme ne peut-être cantonnée à ces rubriques réductrices. Mais je suis sûre que vous allez faire le nécessaire, étant donné votre démarche positive !

Dernier mot

Posez-vous cette question, le plus possible : Mais qui a dit que…. ?:)
Je finirai avec ces 2 citations qui m’accompagnent toujours et que j’ai appris à switcher en positif et toujours rebondir après un échec :
« Une vision sans action n’est qu’une hallucination.” – Henry Ford
« Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors » Tagore

 

Interview réalisé par Aziz HARCHA
Mars 2021

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