Fatima Ouassak

Partager l'article

Fatima Ouassak, née au Maroc et ayant grandi dans la métropole Lilloise, Fatima Ouassak poursuit son cursus à Sciences Po Lille et finit par obtenir un doctorat.

Militante dès son plus jeune âge dans des associations de quartiers féministes, elle découvre de grandes figures de la résistance algérienne telle que l’étoile Djamila Bouhired. Son engagement pour une écologie politique l’amène à remettre en question l’industrie capitaliste. Pour Fatima Ouassak, il existe une convergence des luttes : elle milite alors pour un féminisme intersectionnel écologique et anti-raciste.

Politologue et cofondatrice du collectif Front de Mères, premier syndicat de parents d’élèves des quartiers populaires, elle mène des luttes écologiques dans les cantines scolaires. Ce front milite pour une réappropriation du pouvoir de mère; non pas en tant que mère au foyer mais en tant que sujet politique qui gère l’éducation et la parole politique. Adopter cette posture sur l’ensemble des questions politiques est une véritable démarche révolutionnaire.

La question écologique s’est répandue dans les classes aisées, et pour Fatima Ouassak cette question doit être réapproprié par les banlieues. Sur les questions écologiques le combat du Front des Mères a presque été invisibilisé, d’où la nécessité de médiatiser les luttes menées par les banlieues.

Fatima Ouassak préside aussi un réseau appelé Classe/Genre/Race, qui a pour vocation la lutte contre les discriminations subies par les femmes issues de l’immigration post-coloniale.

Loin d’être seulement une femme issue de l’immigration engagée dans certaines luttes, Fatima Ouassak est une lumière qui a permis d’ouvrir le chemin des luttes aux banlieues à travers la construction d’un discours politique.

“Les luttes des mères sont des luttes féministes, aussi”

Au-delà de son vécu, Fatima Ouassak s’appuie également sur des faits marquants et notamment les histoires de Fatima Bedar ou Malika Yazid, deux enfants victimes de racisme. Des éléments qui, combinés à son récit personnel, font de La puissance des mères, une œuvre complète.

Son essai a aussi pour ambition d’inciter les mères à se défaire des stéréotypes sociétaux liés à la maternité. Des clichés qui, selon l’autrice, les priveraient de toute forme de pouvoir ou d’émancipation. Si elle déplore l’invisibilisation des luttes des mères dans les mouvements féministes, la politologue en est convaincue : “le féminisme pourrait être pour les mères un puissant outil d’émancipation et de libération”. Pour elle, il s’agit de “redonner de la valeur sociale, symbolique et politique à ce que les mères sont et font déjà. Et de conquérir le pouvoir politique que les mères n’ont pas.” En citant les deux pans majeurs des combats des mères, à savoir refuser l’injonction à être mère d’un côté et se battre en tant que mère de l’autre, elle démontre en quoi les luttes des mères sont aussi des luttes féministes.

Dès lors, imaginer un projet politique dans lequel “les mères constitueraient un véritable levier révolutionnaire, projet décliné en stratégies, modalités d’action et perspectives politiques”, devient possible. Mais derrière l’idée de reprise du pouvoir, se devine la nécessité, pour elles, de reconquérir le territoire, “En luttant collectivement et concrètement là où nous sommes, là où nous vivons, sur nos territoires, dans nos quartiers”.

Ainsi, La puissance des mères se lit comme “une montée en puissance, et non une assignation”, un message d’espoir et la reconnaissance des mères comme d’un sujet politique majeur.

La puissance des mères, Pour un nouveau sujet révolutionnaire, de Fatima Ouassak, éd. La Découverte, 272p

Fatima Ouassak, politologue : “Les mères ont la possibilité de faire le monde de demain” sur france Inter

Voir Aussi
Fermer