Fadila El Gadi

Partager l'article
Avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?

Fadila El Gadi, styliste, designer, native de Salé entre des métiers à tisser et des ateliers de broderie. Passionnée, par tout ce qui est tissu et costumes traditionnels. Très tôt, j’ai baigné dans cette ambiance féminine simple et raffinée, faite de beaucoup d’élégance.


Comment est née cette passion pour la mode ?

J’avais 10 ans. J’étais émerveillée par tout ce qui m’entourait : La finesse des costumes traditionnels, les tissus soyeux, le savoir-faire des femmes du quartier.
Petite, j’allais souvent pendant les vacances scolaires dans les ateliers de broderie à Salé. C’était dans les habitudes de l’époque que les mamans envoient leurs filles apprendre toutes sortes de broderie : r’bati, zemmouri, fassi… Je pense que ma passion pour la couture et la création est née dans ces années-là.


Racontez nous un peu votre parcours et votre vie professionnelle ?

Les femmes de ma famille ont toujours été très manuelles, très portées sur les belles matières et les belles robes.
C’est tout naturellement donc que je me suis inscrite dans une école de stylisme à Rabat, en 1990. Juste après mon diplôme, j’ai installé un petit atelier, chez moi, dans le but de commencer très vite à créer.
Mes premières collections ont vu le jour dans cet atelier-là. Mais je n’étais pas très assidue, essentiellement pour des raisons familiales. Puis les choses ont évolué petit à petit, à force d’exigence, de rigueur et de travail.

J’ai commencé par vendre mes collections en Italie et ailleurs. J’ai développé, par la suite, mes activités au Maroc, notamment à Rabat, à Tanger et Marrakech.


Votre avis sur le secteur de la mode au Maroc ?

Il y a une véritable effervescence dans le monde de la mode, en termes de créativité il ya beaucoup de jeunes et de moins jeunes dont le talent reconnu ici et ailleurs mais il s’agit encore de structures artisanales.
La jonction avec l’industrie du textile ne s’est pas encore faite, ce qui limite nos perspectives pour le marché étranger.


Quels sont vos projets d’avenir ?

Contribuer à faire connaitre le vêtement marocain a l’échelle internationale, et protéger notre héritage ancestral … Vaste programme, car il y a plus de choses à faire qu’à dire. Nous avons pourtant un patrimoine exceptionnel qui ne demande qu’à être exploité.


Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Travail, Indépendance et persévérance ! La femme doit compter sur elle ne compter que sur elle-même. D’ailleurs l’histoire nous apprend que la marocaine a toujours été active. Elle a toujours prouvé son efficacité, chaque que l’occasion lui a été donnée. Mais, j’irai plus loin en demandant à la femme d’attendre qu’on lui donne « l’occasion ». Elle doit aller au devant des choses.


Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ? 

La situation de la femme au Maroc a fait un grand pas avec la nouvelle Moudawana, mais il faut que cette transformation atteigne les mentalités qui sont réfractaires à tout changement. Et puis il existe un grand fossé entre le monde rural et la ville. Les situations sont très inégales


Votre avis sur lamarocaine.com ?

C’est une bonne fenêtre pour la femme marocaine qui a désormais une tribune qui lui est dédiée. C’est un espace qui offre plein d’opportunités, très instructif. De pareilles initiatives devraient être multipliées pour que nos voix aient plus d’échos. Ceci dit manque par exemple, un espace « Forum», réellement interactif.


Par : Aziz HARCHA

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page