Deux chercheuses marocaines parmi les lauréates de L’Oréal-UNESCO 2020

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Deux chercheuses marocaines parmi les lauréates de L’Oréal-UNESCO 2020

Deux chercheuses marocaines, autant de tunisiennes et une algérienne ont été sacrées lauréates de l’édition 2020 du programme L’Oréal-UNESCO « Pour les femmes et la science », qui vise à promouvoir la participation des jeunes talents féminins du Maghreb dans le domaine de la recherche et des sciences.

Le programme, lancé en 1998 à l’échelle planétaire, récompense de jeunes femmes chercheuses dans les domaines suivants: science de la terre et de l’environnement, sciences informatiques et techniques, biotechnologie médicale et science biologique.

Au titre de cette 14ème édition au Maroc et la 7ème au niveau du Maghreb, les 5 lauréates recevront, ainsi, une dotation d’une valeur de 10.000 euros chacune, qui leur permettra de mener à bien leurs projets post-doctorat.

En raison de la situation sanitaire actuelle liée à la pandémie du nouveau coronavirus, la cérémonie officielle de remise des bourses a été reportée à l’année 2021, si la situation le permet, indique un communiqué des organisateurs.

La première lauréate marocaine est Jihane Ouchrif (Faculté des sciences et techniques de Mohammedia), dont la recherche porte sur la conception de prototypes de photodétecteurs à base du phototransistor pour les systèmes de télécommunications par fibre optique.

L’objectif de cette étude est d’améliorer la performance des systèmes de télécommunications par fibre optique, tout en assurant une haute qualité de photo-détection, ce qui garantit par la suite une meilleure transmission des données dans ces systèmes avec la moindre erreur d’interprétation.

Sa compatriote Najlaa Fathi (Université Cadi Ayyad, Marrakech) a travaillé sur la question de « l’îlot de chaleur urbain » qui est devenu l’un des problèmes majeurs des grandes villes, induisant un réchauffement local souvent intolérable en saison de l’été, en plus de ses effets négatifs sur la santé publique, la qualité de vie et la consommation d’énergie.

L’étude se focalise sur les stratégies de réduction de l’ilot de chaleur, et permettra d’améliorer la qualité de l’air et de limiter les maladies respiratoires, ce qui est encore plus pertinent dans le contexte des changements climatiques

Les deux Tunisiennes sont Aida Lahmer (Université de Monastir), dont la recherche concerne la conception de substituts dermiques à base de collagène marin et d’une plante médicinale, et Raoudha Dziri (Université de Tunis El Manar), dont le travail s’attaque à l’inefficacité des remèdes existants face à l’évolution continue et rapide du monde, à l’image des antibiotiques qui ne sont plus actifs sur les bactéries multi-résistantes.

La lauréate algérienne, Sarra Benlheifa (Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene), consacre ses recherches à l’identification de nouveaux biomarqueurs pronostiques et prédictifs de l’efficacité thérapeutique dans le cas du cancer colorectal (CCR) et ce, afin de proposer un traitement spécifique et adapté selon le type de CCR.

La Fondation L’Oréal et l’UNESCO assurent que leur partenariat a permis, à ce jour, d’accompagner plus de 3.500 femmes scientifiques dans 117, parmi lesquelles 5 ont reçu un Prix Nobel.

Elles estiment que « pour que les femmes puissent vraiment s’épanouir dans les sciences, l’excellence en recherche n’est qu’un premier pas », du fait que « la question du leadership est essentielle pour venir à bout des discriminations qui empêchent trop souvent les femmes de gravir les échelons ».

« C’est pourquoi, en plus d’un financement et d’une reconnaissance essentiels, elles s’engagent à offrir aux lauréates et boursières du programme la possibilité d’acquérir de solides compétences en leadership et d’établir des contacts et des liens avec d’autres femmes scientifiques », souligne-t-on.