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Femmes Inspirantes 30 mai 2001 2 min de lecture

Samira BENNANI, pilote automobile : « Conduire une voiture à plus de 200 km à l’heure n’est l’exclusive de personne. »

Samira Bennani est pilote automobile, présence rare dans un univers très masculin. Elle se présente comme l’une des seules femmes marocaines, arabes et africaines à pratiquer le sport automobile sur circuit fermé, et…

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Rédaction La Marocaine

Samira BENNANI, pilote automobile : « Conduire une voiture à plus de 200 km à l’heure n’est l’exclusive de personne. »

Samira Bennani est pilote automobile, présence rare dans un univers très masculin. Elle se présente comme l’une des seules femmes marocaines, arabes et africaines à pratiquer le sport automobile sur circuit fermé, et revendique une double nature, très virile et très femme. Deux plaisirs cohabitent : celui d’être une vraie femme face aux hommes, avec une certaine sophistication, et celui de la compétition, qu’elle qualifie de typiquement masculin. Elle se dit battante, au physique comme au moral.

Sa première passion n’était pourtant pas l’automobile, mais la moto. Juste après le baccalauréat, mariée depuis trois ans et enceinte de son premier enfant, elle ne peut poursuivre ses études. Le 25 mai 2000, elle ouvre son agence de location de voitures, qu’elle gère et baptise INDYCAR, en référence aux formules qui courent à Indianapolis. Le métier la passionne, et la piste s’impose : courir, pour elle, c’est d’abord se mesurer, non se promener. Le métier est dur, mais il forge le caractère et une confiance en soi considérable ; affronter les hommes sur leur territoire finit par rendre intimidant très peu de choses.

Sa première course a lieu sur terre battue, à Benslimane, en 1988. Depuis, elle ne manque aucun circuit du pays et aligne plus de trente premières places. Le 11 juillet 1999, le prince Moulay Rachid la décore du ouissam du sport de première catégorie. La même année, elle s’engage pour la première fois à l’étranger en Coupe Mégane : dix-neuvième à Carthagène, onzième à Jarama, sixième à Estoril, quatrième à Valence, chaque fois seule femme au départ. Son entourage n’a pas toujours suivi : sa mère, à qui elle a imposé ce sport, ne l’a jamais accepté et le tient pour fatal, tandis que son mari, passionné de courses, refuse qu’elle s’arrête. Sa fille Mouna et son fils Mehdi vivent chaque épreuve dans des camps opposés, rituel qu’elle trouve amusant.

Le Paris-Dakar la tente, mais le parrainage manque ; un stage en formule 1 l’attend à Magny-Cours. Elle le dit sans détour : « Conduire une voiture à plus de 200 km à l’heure n’est l’exclusive de personne. »

Thématiques : #Samira BENNANI
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