Naïma Moussa, responsable d’un dépôt de tram en Belgique : « Qui a dit que nous étions le sexe faible ? »
Responsable d’un dépôt de tram en Belgique, Naïma Moussa appartient à ces Marocaines de la diaspora dont le parcours professionnel s’est construit dans la durée et la discrétion. Mariée et mère de trois enfants, elle…
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Responsable d’un dépôt de tram en Belgique, Naïma Moussa appartient à ces Marocaines de la diaspora dont le parcours professionnel s’est construit dans la durée et la discrétion. Mariée et mère de trois enfants, elle dirige aujourd’hui, avec quatre autres chefs de service, une équipe de cent trois agents de conduite.
Son histoire commence par une migration d’enfance. Arrivée en Belgique à l’âge de dix ans, elle y termine ses études, puis ajoute une année aux États-Unis après son baccalauréat pour parfaire son anglais. Elle parle aujourd’hui couramment français, anglais et néerlandais, un atout qui accompagne une carrière de dix-huit années dans une société de transport en commun. La coïncidence ne manque pas de sel : c’est cette même entreprise qui avait été choisie pour lancer le projet de tramway à Rabat.
Ce choix de vie, elle le doit à son père, qui a décidé de quitter le Maroc pour offrir à ses enfants la possibilité de faire des études et de bâtir une carrière. Elle mesure la portée de cette décision, qui lui a permis de s’épanouir comme femme et de faire ses propres choix. Son horizon professionnel reste celui d’une progression hiérarchique, à laquelle s’ajoute un souhait plus intime, voir grandir ses enfants en bonne santé.
Sur la place des femmes, elle défend une idée simple : la vie active leur appartient aussi, et le premier mot d’ordre est de croire en soi et d’avancer. Elle rappelle que la conciliation entre vie de femme, obligations de mère et travail professionnel reste une compétence que nul ne peut exercer à leur place. Sur le Maroc, elle constate une évolution positive de jour en jour, tempérée par une réserve : sans changement de mentalité, l’accès plein et entier aux droits prendra encore du temps. Son vœu le plus cher est que chaque mère se batte pour que sa fille fasse des études et trouve sa place dans la société avant de fonder une famille. « Qui a dit que nous étions le sexe faible ? »
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