Nadia Lamlili, journaliste et rédactrice en chef : « Nous avons besoin d’une véritable révolution culturelle pour réhabiliter la femme au Maroc. »
Nadia Lamlili est journaliste et rédactrice en chef du mensuel « Économie & Entreprises ». Mariée et mère d’un petit Mehdi, elle appartient à cette génération de professionnelles qui ont gravi les échelons d’une…
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Rédaction La Marocaine
Nadia Lamlili est journaliste et rédactrice en chef du mensuel « Économie & Entreprises ». Mariée et mère d’un petit Mehdi, elle appartient à cette génération de professionnelles qui ont gravi les échelons d’une rédaction sans rien céder de leur exigence, dans un métier où la parole se libère et où les femmes gagnent du terrain.
Elle a débuté en 1998 au quotidien « L’Économiste », où elle est restée sept ans et a assumé différentes responsabilités. Elle en parle comme d’une véritable école, le lieu où se sont forgés ses réflexes de reporter. En 2005, une enquête sur l’émigration clandestine lui vaut le prix de la meilleure journaliste africaine de la presse francophone. L’année suivante, elle rejoint la rédaction de l’hebdomadaire « Tel Quel » pour un passage de deux ans et demi qu’elle qualifie d’épanouissant, avant d’être nommée, en juin 2008, rédactrice en chef d’« Économie & Entreprises ». Elle est également correspondante du Club de la presse méditerranéenne, qui œuvre à une meilleure compréhension entre les médias du Nord et du Sud.
Son diagnostic sur la condition féminine marocaine se refuse aux raccourcis. D’un côté, des femmes accèdent de plus en plus aux postes de responsabilité ; de l’autre, une large partie de la population féminine plie sous le poids de l’analphabétisme, de la pauvreté et de schémas sociaux rétrogrades. De là sa conviction qu’une révolution culturelle est nécessaire pour réhabiliter la femme, la sortir des stéréotypes de l’épouse soumise, vouée au plaisir, à la procréation et aux tâches ménagères — et que ce changement doit d’abord s’opérer dans l’esprit des femmes elles-mêmes, qui entretiennent parfois ces préjugés sans le savoir. Tout, pour elle, repose sur l’éducation.
Côté carrière, elle vise d’abord le perfectionnement de son anglais, devenu une nécessité au vu de ses responsabilités, et la poursuite de son ouverture internationale. Aux plus jeunes, elle transmet une formule à laquelle elle croit : « Nous avons besoin d’une véritable révolution culturelle pour réhabiliter la femme au Maroc. »
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