Ibtissame El Hannachi, enseignante-chercheuse en sciences de l’ingénieur : « La femme est puissante, elle ne sait pas à quel point elle est forte. »
Ibtissame El Hannachi a 32 ans et mène deux vies savamment entremêlées : elle est enseignante-chercheuse à l’École marocaine des sciences de l’ingénieur et enseignante vacataire à l’université Ibn Tofail. Autour de ce…
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Rédaction La Marocaine
Ibtissame El Hannachi a 32 ans et mène deux vies savamment entremêlées : elle est enseignante-chercheuse à l’École marocaine des sciences de l’ingénieur et enseignante vacataire à l’université Ibn Tofail. Autour de ce métier, la lecture occupe toute la place : elle ne regarde ni télévision ni films. Les livres lui composent un monde à part, où l’on parle poliment et galamment, et elle avoue s’y sentir de plus en plus anachronique, en retrait de son époque. Elle aime la poésie, la peinture, la métaphore et les jeux de langage. Le sport, plusieurs fois par semaine, et une attention constante à son corps complètent cet équilibre.
Cette vie intellectuelle s’est dessinée après un détour. Elle enseignait dans deux établissements publics à Bilbao, en Espagne, une expérience qu’elle qualifie de belle aventure, lorsqu’elle a choisi de rentrer au Maroc pour poursuivre des études supérieures dans le domaine de l’enseignement et des sciences de l’éducation. Un master de didactique du français à la faculté des sciences de l’éducation de Rabat a suivi, puis une inscription en doctorat. Elle prépare aujourd’hui une thèse consacrée à la didactique des langues et de la littérature, deux disciplines exigeantes qui réclament une recherche permanente.
L’enseignement, elle le décrit comme un territoire sans frontières définies, où le contact avec les élèves permet de construire le savoir à plusieurs. Cette relation nourrit son esprit et satisfait aussi un ego qui en demande toujours davantage. À ses yeux, le métier impose une auto-formation continue et fait de l’enseignant un acteur social capable de s’adapter aux profils psychologiques de ses apprenants. Elle y trouve moins un gagne-pain qu’un enthousiasme, une difficulté qui l’amuse et entretient sa vie cérébrale, au point de réfléchir parfois en dormant.
Un seul objectif accapare son esprit : achever sa thèse et devenir docteure, une satisfaction personnelle avant d’être un diplôme. « La femme est puissante, elle ne sait pas à quel point elle est forte. »
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